Thème Espagne

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Du Brexit et de Madrid, perplexe mais motivé

Jean-Luc MELENCHON
À la sortie de l’Élysée, je suis revenu chez moi en courant chercher mes affaires puis prendre mon avion pour Madrid où il avait été convenu que je participerais à la soirée électorale avec la coalition Unidos-Podemos. Je ne raconte pas la visite à l’Élysée car Danielle Simonnet et Éric Coquerel, qui m’y accompagnaient, l’ont fait sur leurs blogs respectifs. Et comme je me suis exprimé sur le perron de l’Elysée, je ne vois rien à y ajouter. Je fais un point rapide sur le Brexit, quoique (…)
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L’avenir de l’Espagne passe par « Unidos Podemos »

Jean ORTIZ
« Les résultats ne sont pas satisfaisants, ils ne sont pas à la hauteur de ce que nous attendions (...) Ils ne sont pas bons ». Pablo Iglesias ne cache pas sa déception, entouré des principaux animateurs de « Unidos Podemos », tous visage grave. Aucune démagogie ; un constat lucide, honnête, et une confiance dans l’avenir. Les meetings de l’UP ont drainé un public majoritairement jeune, des foules immenses, venues d’horizons multiples. L’avenir d’une Espagne plurinationale passe par (…)

UN NOUVEAU DREYFUS ? Jamal Zougam, bouc émissaire des attentats de Madrid ?

Cyrille MARTIN
Ce documentaire pose la question de savoir si Jamal Zougam, un marocain condamné pour les attentats de Madrid (200 morts le 11 mars 2004), ne serait pas un bouc émissaire. La plus grande partie du documentaire est consacrée au procès de cette affaire, qui a été filmé, et dont il ressort que les éléments à charge contre Zougam sont bien minces, voire inexistants. Par exemple ses empreintes, dont les médias avaient tant parlées, avaient été inventées. Les 2 témoins qui affirmaient l’avoir vu (…)

L’intense et bref Front populaire en Espagne

Jean ORTIZ
Le 16 février 1936, les élections législatives en Espagne sont marquées par une courte victoire des forces de gauche et républicaines signataires du « Pacte », un programme minimal et réformiste signé un mois auparavant. Sur la réforme agraire, les affrontements se multiplient. Le Front populaire espagnol reste encore un de ces quasi-silences de l’histoire, qu’il faut faire parler. Pour la droite, ces cinq mois de « Frente crapular » demeurent un cauchemar qu’elle tente d’effacer, de (…)

Espagne : près d’un demi-million d’expulsions, le produit d’une loi franquiste

Jérôme DUVAL, Fatima MARTIN
Entre 2008 et le second trimestre 2015, l’Espagne a connu 416.332 ordres d’expulsion de logements. (1) Les expulsions sont une des conséquences de la crise, mais la loi qui les autorise est bien antérieure. Il s’agit de la « loi hypothécaire » imposée par décret sous la dictature de Franco en 1946, et qui demeure en vigueur. La « métaphysique » des expulsions L’Association hypothécaire espagnole (AHE) elle-même, qui rassemble les groupes financiers les plus actifs sur le marché espagnol (…)

Espagne : Le début de la fin du bipartisme ?

Jérôme DUVAL
Malgré le score du PP (Parti Populaire) qui a récolté le plus de bulletins, les élections de ce 20 décembre 2015 en Espagne dessinent un désir de changement, peut-être de rupture avec le régime de 1978 (transition post-franquiste) ou tout du moins de dépassement de l’alternance libérale du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) au PP et vice-versa... Le peuple espagnol se lasse chaque fois plus de vivre sous les mandats de ces deux partis qui se partagent le pouvoir et obéissent à leurs (…)
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Elections en Espagne : un coup contre le régime

Arturo Rodríguez
Après l’annonce des résultats des élections du 20 décembre dernier, un porte-parole du Parti Populaire (PP, droite) a déclaré que l’Espagne était « ingouvernable ». Du point de vue de la bourgeoisie, c’est exact. Les élections ont débouché sur un Parlement fragmenté, reflet de la polarisation de classes dans le pays. En remontant la pente, ces dernières semaines, Podemos (20,7 %) a fragilisé le PSOE (22 %). C’est la fin du bipartisme établi après la mort de Franco, pour assurer le (…)

La Isla mínima inaugure un nouveau genre : le film-Podemos.

Rosa LLORENS
Le film d’Alberto Rodriguez est bien parti au box office, dépassant fin juillet les 150000 entrées ; et fin août encore, la salle où je l’ai vu était pleine, ce qui est remarquable pour un film espagnol portant une signature presque inconnue en France. On peut se féliciter de cette dynamique : La Isla mínima est un bon film, et un bon spectacle, et il était temps de tourner la page du cinéma de papa, le cinéma-Almodovar. Mais on peut se demander, comme le blog La Passeur critique, ce qu’il (…)

30 ans d’Humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire

Michel TAUPIN
Quel plaisir de lire José Fort ! Je pose le livre sur mon bureau. Je ferme les yeux. Je viens de l’avaler d’une traite. Comme je le trouve trop court, je décide de le relire. Même à la seconde lecture, il est captivant. Cette fois, j’imagine ce qu’aurait été ce bouquin illustré par son compère Georges Wolinski comme c’était prévu. Ç’aurait été tout simplement génial. Des tarés fanatiques ne l’ont pas permis. La bêtise a fait la peau de l’intelligence et de l’élégance. De l’élégance, José (…)

FRANCO la « suerte ». FRANCO : une chance (« suerte ») pour le capital.

Jean ORTIZ
Son biographe (facho) Luis de Galinsoga (« Centinela de Occidente », Barcelone, ed. AHR, 1956, p. 302) ; raconte qu’à la fin du repas, au moment du café, Franco survole à la va que je te flingue, avec une froideur de tueur des abattoirs, tous, absolument tous les dossiers de condamnation à mort. Et la sentence tombe, glaciale. De sa main sanglante, il écrit le plus souvent :« enterado » (informé), ce qui condamne à mort le prisonnier politique, communiste, anarchiste, simple Républicain, (…)

Defranquisation : le "Ferrol" n’est plus du "Caudillo"

Jean ORTIZ
De 1938 jusqu’à 1982, la ville portuaire galicienne de « El Ferrol » s’est appelée « El Ferrol du caudillo » (« caudillo » : dictateur militaire) parce qu’elle enfanta, rue de la vierge Maria, l’un des tyrans les plus cruels, bigots et ridicules du 20ième siècle. La ville était supposée plus franquiste que le cheval de Franco et elle portait ce fardeau comme une croix, face à un océan qui vit partir tant d’exils... A tel point qu’à Cuba tout Espagnol est appelé « gallego »... c’est de (…)
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Barcelone, épicentre du changement

Esther VIVAS
Ce « sí se puede » – « oui, c’est possible »,– qui, des mois durant, a résonné sur les places et dans les rues suite à l’inoubliable Printemps Indigné de 2011 arrive aujourd’hui comme un tremblement de terre dans les institutions, ce qui était inimaginable alors. La victoire de Barcelona en Comú – Barcelone en Commun – à Barcelone, avec Ada Colau en tête de liste, a fait voler en éclat l’échiquier politique. Si, des mois durant, nous avons dû subir des accusations de différents acabits (…)