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Thème : Agriculture/Aliments

L’institut agro-écologique latino-américain "Paulo Freire" prépare un noyau de production audio-visuelle avec TerraTV

Betzany GUEDEZ

A la demande de porte-paroles étudiants de l’Institut Agroécologique Latino-américain « Paulo Freire » (IALA, Venezuela), Betzany Guedez de Terra TV est allée à leur rencontre entre juin et juillet 2019 pour dialoguer avec eux et jeter les bases d'un travail collectif de visibilisation audiovisuelle de l’énorme travail qui se développe dans cette école intégrale.

« Dans l’État de Barinas, tout près de Sabaneta, se trouve l’IALA, où 60 jeunes de différents États du Venezuela ainsi que d’Haïti, d’Uruguay et d’Équateur, sont actuellement en formation pour cinq ans. Au petit matin, dès que sonne la cloche, le groupe de volontaires se lève pour préparer le petit déjeuner. Ils assument cette tâche par solidarité avec les travailleurs chargés de la cuisine qui ne peuvent arriver très tôt en raison des difficultés de transport. Si par hasard il n’y a pas de gaz, il leur revient d’aller chercher du bois pour cuisiner. Ensuite tout le monde se joint aux activités prévues la veille : visites des communautés voisines où se développe un travail avec les habitants pour partager les connaissances, la recherche et l’échange d’expériences, ainsi que la participation aux plantations avec les familles paysannes. Les Maestros Pueblos apportent également leur contribution à la formation des étudiants. Ce sont des paysannes et des paysans qui pratiquent depuis plusieurs années les techniques (...) Lire la suite »
En offrant une vie bonne et juste, la gratuité est révolutionnaire

Liberté, égalité, gratuité

Paul ARIES

Le site LGS partenaire du Forum national de la gratuité qui aura lieu le samedi 5 janvier 2019 à Lyon publie la conclusion du livre-manifeste Gratuité vs capitalisme (Larousse). Tous les partis et mouvements des gauches et de l‘écologie vous donnent rendez-vous le samedi 5 janvier pour fêter la gratuité ! Construisons la gratuité et l’espoir, construisons la sortie du capitalisme !
Toutes informations sur le site :
Appelgratuite.canalblog.com

La gratuité tire les leçons des échecs des politiques d’émancipation depuis du 20e siècle. Tout appel au sacrifice au nom du bonheur des générations futures se conclut dans le sang. Nous ne croyons plus aux lendemains qui chantent car nous voulons chanter au présent. Cette bonne nouvelle possède à la fois un fondement matériel et un fondement idéel. La planète est déjà bien assez riche pour permettre à sept milliards d’humains de vivre bien. Les nouveaux gros mots de l’émancipation (buen vivir sud-américain, plus vivre négro-africain, écologisme des pauvres en Inde) montrent que les peuples ne désirent pas « toujours plus ». Au terme de ce voyage aussi gourmand que gourmet au sein des expériences de gratuité, qui sont autant de laboratoires d’un monde en gestation, je crois nécessaire d’établir dix grands repères permettant d’avancer, dès maintenant, vers une civilisation de la gratuité. Gratuité ou barbarie La gratuité est une réponse à la crise systémique qui menace l’avenir même de l’humanité. C’est bien (...) Lire la suite »

La « normocratie »

PERSONNE
Vous aimez les grands espaces, vous voulez fuir le tumulte urbain. Vous voulez être le réalisateur de votre vie professionnelle. Vous avez l’esprit d’entreprise, vous voulez semer, voir grandir votre projet et en récolter les fruits. Je vois, vous rêvez d’un retour à la terre. Bienvenue à vous. Et surtout bon courage : il vous faudra faire des sacrifices, ce sera le prix de votre liberté. Un conseil, dépêchez-vous avant qu’il ne soit trop tard. Le monde paysan se meurt. Disons qu’on le fait crever à petit feu. Le paysan se fait rare, l’agriculteur se suicide, les exploitants agricoles sont souvent des exploités. Le monde agricole est un monde déjà bien tourné vers l’avenir : à croire que c’est un laboratoire en plein champ, une expérimentation grandeur nature. Pourtant nourrir ses semblables est une fonction honorable. Mais cette tâche fait à peine vivre une bonne partie de ceux qui s’y consacrent corps et âmes. Un suicide tous les deux jours, telle est la rançon de la modernité. À cause du libéralisme (...) Lire la suite »
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Un paysan qui voulait échapper aux contrôles tué par les gendarmes

Reporterre
Jérôme Laronze, éleveur bovin de 37 ans, à Trivy en Saône-et-Loire, a été mortellement touché par les tirs des gendarmes qui cherchaient à l’interpeller samedi 20 mai dans l’après-midi. Localisé dans un chemin étroit, il aurait foncé avec sa voiture sur les forces de l’ordre, qui ont tiré. L’agriculteur était en fuite depuis le 11 mai. Il avait alors foncé avec son tracteur sur les forces de l’ordre qui accompagnaient les inspecteurs des services sanitaires. L’enquête sur la mort de Jérôme Laronze est confiée aux militaires de l’Inspection technique de la gendarmerie de Paris, qui entendaient encore les deux gendarmes ayant tiré ce lundi matin. A Trivy, la commune où travaillait et résidait Jérôme Laronze, les voisins le décrivent comme un homme « intelligent », « intéressant et gentil ». Tous sont stupéfaits que la situation ait pu « en arriver là ». « Il faut que toute la lumière soit faite sur ce drame. (...) Au-delà, de cet acte et de ses circonstances propres, nous ne pouvons que nous insurger devant les (...) Lire la suite »
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Le beurre, l’argent du beurre, la fermière et l’industrie financière

Fabrice AUBERT
Il était une fois dans le pays aux cent milles vaches et autant de fermières, une production de lait, sans équivalent en Europe. Les paysans, fiers de leur travail, avaient su par leur dur labeur, répondre au besoin de lait, des nourrissons et enfants de la Nation. Les fermières elles, contribuaient tout autant à cette production ainsi qu’à la transformation de ce lait en beurre et multiples fromages. Au cours des années, pour améliorer la distribution de tous ces produits, une entreprise industrielle proposa ses services…marchands. Il s’agissait pour elle, de récupérer la matière première, le lait, et par un procédé industriel automatique de le mettre en boite puis de le diffuser. Les paysans n’auraient plus ainsi les soucis, ni du transport, ni de la diffusion, ni de la vente de tous ces produits, réduisant d’autant la gestion. La vie aurait pu ainsi continuer longtemps, permettant à chacun de vivre de son travail, paysans et entreprises, aussi dignement que possible. Sauf que l’entreprise (...) Lire la suite »
Comment nourrir 8 milliards d’humains sans détruire les écosystèmes

Une histoire politique de l’alimentation

Paul ARIES

Entretien des Z’indigné(e)s avec notre ami Paul Ariès à l’occasion de la sortie de son livre : Une histoire politique de l’alimentation, du paléolithique à nos jours (Ed. Max Milo).

Les Zindigné(e)s : Paul Ariès, vous publiez un ouvrage que nous étions nombreux à attendre… puisque vous nous en parliez depuis plus de vingt ans et qu’il correspond largement aux enseignements que vous donnez en histoire, sociologie et psychanalyse de l’alimentation… Depuis vingt ans, des urgences politiques, donc éditoriales, vous obligeaient à faire d’autres choix, alors que tout était déjà là, et à ne pas prendre les six mois nécessaire pour finaliser ce qui, à vos yeux, est sans doute le plus important. Les désillusions politiques ont donc parfois du bon… car elles vous ont permis de prendre du recul et le temps nécessaire pour ce retour aux fondamentaux de l’alimentation donc de l’histoire. Pourquoi écrire une histoire politique de l’alimentation, certes savoureuse mais tout de même sacrément copieuse, puisqu’il vous faut 450 pages pour construire cette grammaire politique de l’alimentation. J’avoue qu’après vous avoir lu je ne mangerai plus comme avant… Disons que je sais un peu mieux ce que manger (...) Lire la suite »

La première opposition à l’agriculture intensive court-termiste était soviétique

Guillaume SUING
Dominique Meeus indique dans une réaction à mon article (1) « Lyssenko, un imposteur ? » (mai 2016) : « Je ne suis pas biologiste mais suffisamment cultivé pour savoir que l’épigénétique n’est pas un aveu d’impuissance de la génétique et surtout qu’elle n’est en rien un voie supplémentaire d’hérédité ». L’étant moi-même, je me dois de rappeler une évidence sur le changement de paradigme actuel en génétique, même si c’est toujours à reculons que les savants, à commencer par les héritiers de Jacques Monod, modifient leur manière de penser. L’épigénétique est bien la résultante logique de recherches en génétique qui ont révolutionné la biologie vieillissante du 20ème siècle, mettant à mal finalement les dogmes originels idéalistes de Morgan, Weismann, puis Jacob et Monod, sur le « tout génétique » (ou le « programme génétique », version customisée du « tout génétique » dans les années 70). Non pas que les gènes ou l’ADN n’existent pas bien sur : Au contraire, leur connaissance de plus en plus intime conduit aujourd’hui à des (...) Lire la suite »
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Lyssenko, un imposteur ?

Guillaume SUING

En réponse au livre récemment publié de Gilles Harpoutian « La petite histoire des grandes impostures scientifiques » (Editions Chêne), le biologiste Guillaume Suing, auteur de « Evolution ; la preuve par Marx » (sous-titre : « Pour dépasser la légende noire de Lyssenko », préface de Georges Gastaud, 2016) aux Editions Delga, revient sur l'histoire controversée de l’agronomie soviétique, sur fond de faillite totale du modèle capitaliste d’après guerre ; l’agriculture intensive, fondée sur les pesticides et les engrais chimiques.

Il y a l’histoire des « Grands Hommes », des « Sagas », celle qui explique par exemple l’origine de la première guerre mondiale par un attentat commis à Sarajevo. Et il y a l’histoire sérieuse, scientifique, collective... Mais on peut aussi en trouver l’équivalent en histoire des sciences, qu’on l’édifie avec celle des « grands génies » ou qu’on la « déconstruise » avec celle des grands « imposteurs ». Ainsi l’exemple de « l’imposteur » Lyssenko, l’agronome « apprenti-sorcier » qui aurait réussi à entraîner des millions de soviétiques, d’agriculteurs, de cadres, dans ses théories aussi fumeuses qu’inefficaces à grande échelle pendant plus de trente ans, fut un véritable prodige en son genre. Mais à force de mêler le caractère sans aucun doute paranoïaque, excessif, impulsif, hargneux du personnage, à la condamnation de ses découvertes, on finit par avoir un doute sur le sérieux et l’impartialité de l’analyse. Car ce sont bien ses premiers succès pratiques, malgré ses défauts personnels justement (à commencer par son (...) Lire la suite »

La spéculation sur la faim

Jérôme HENRIQUES
Des crises alimentaires de plus en plus fréquentes Basé sur un panier de 55 produits de base (céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre), l'indice FAO des prix alimentaires fournit une vue d'ensemble des cours alimentaires mondiaux. En observant sa courbe de variation annuelle (1), on constate un net changement de tendance environ à partir du milieu des années 2000 : jusque là compris dans une fourchette étroite et basse (90-115 points), cet indice évolue désormais dans une tranche beaucoup plus haute et large (125-170 points) avec des pics de plus en plus fréquents (courbe en dents de scie). Pour les populations pauvres, cela n'est pas sans conséquences. selon la FAO, "l’alimentation représente environ 10 à 20 % des dépenses de consommation dans les pays industrialisées, mais au moins 60 à 80 % dans les pays en développement". Tout le monde garde en mémoire la crise alimentaire mondiale de 2007-2008, laquelle a vu les cours des matières premières alimentaires (blé, maïs, riz, soja (...) Lire la suite »

« Sans changements radicaux, l’agriculture française va disparaitre »

Léon LANDINI
D’origine paysanne, je suis probablement plus sensible que d’autres aux souffrances et au stress que subissent les agriculteurs, qui, bien que travaillant comme des bêtes voient chaque jour leurs conditions de vie empirer et s’approcher de plus en plus, le jour où ils devront mettre la clé sous la porte. Pourtant afin de retarder cette heure fatidique ils continuent de travailler d’arrache pieds, tôt le matin et tard le soir. « Pas de dimanches et pas de sorties » comme dit la chanson de Jean Ferrat. Fêtes ou pas fêtes il faut soigner le bétail, rentrer les récoltes, effectuer mille travaux auprès de la ferme et tout cela pour un salaire variant, pour beaucoup d’entre eux, entre 1000 et 1400 euros par mois, alors qu’ils effectuent souvent plus de 10 heures de travail par jour. Malgré toutes ces fatigues et privations, l’horizon au lieu de s’éclaircir, s’obscurcie chaque jour davantage, c’est la raison pour laquelle depuis plus d’une quinzaine de jours, les cultivateurs exaspérés continus à (...) Lire la suite »
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