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Thème : Droits de l’Homme/Droits humains

Universalité des "droits universels" ?

Bruno VITALE
A l'occasion du 70ième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), une orgie d'articles a été publiée, en général concordant sur l'appréciation de la DUDH comme "un outil incomparable pour s'insurger face à l'inacceptable" ou – selon la page Internet réservée par les Nations Unies à la DUDH – comme la déclaration qui "a aidé un nombre incalculable de personnes à gagner leur liberté et leur égalité". Je suis d'un tout autre avis, et j'aimerais présenter brièvement ma lecture du texte du 1948, comme une tentative pitoyable de réaffirmer la suprématie morale de l'Occident, alors que les empires coloniaux s'effondraient. Ici, quelques exemples : a : éthiques proclamées : art.2.1 : Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration De quel ciel ces 'droits' sont tombés sur l'humanité ? Choisis par des intellectuels représentant les puissances victorieuses d'une guerre qui s'était glorieusement terminée par le massacre de (...) Lire la suite »

L’Aide publique au développement détournée pour durcir les politiques migratoires

Jérôme DUVAL
L’Aide publique au développement doit en principe financer des projets dans les pays du Sud pour lutter contre la pauvreté et appuyer leur essor économique. De plus en plus, les budgets alloués sont en fait utilisés pour des politiques de contrôle migratoire. L’augmentation de façade de cette aide s’explique ainsi en partie par son détournement pour stopper les personnes migrantes aux portes de l’Europe. Un nouvel exemple en est le « Fonds fiduciaire d’urgence » de l’Union européenne [1]. Explications de Jérôme Duval, du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) L’aide publique au développement (APD) est l’ensemble des dons et prêts à conditions normalement favorables accordés par des organismes publics de pays parmi les plus riches de la planète à des pays parmi les plus pauvres [2] Cette aide a atteint 146,6 milliards de dollars en 2017. La France fait partie des cinq premiers pays donateurs (avec les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon). Mais à quoi cette aide est-telle (...) Lire la suite »

Les militantes saoudiennes détenues pourraient être condamnées à la peine de mort.

Middle East Eye

Les accusations de trahison et de conspiration contre l’État pourraient mener à la peine capitale, avertissent les experts juridiques.

Sept militantes saoudiennes détenues, qui ont fait campagne pour la levée de l'interdiction de conduire des femmes, risquent la peine de mort, a rapporté le journal Okaz dimanche. Selon les avocats et les juges saoudiens, les militants des droits des femmes, qui ont été arrêtés la semaine dernière et qualifiés de "traîtres" par les médias pro-gouvernementaux, pourraient être condamnés à mort si les enquêtes aboutissent à des accusations de trahison et de complot contre l'État. Un activiste saoudien, qui souhaitait garder l'anonymat par crainte pour sa propre sécurité, a déclaré à Middle East Eye : « Ce que nous voyons, c'est qu'il n'y a aucune tolérance d'aucune sorte pour tout type d'activité [militante]. » « L'objectif est d'envoyer un message clair au peuple, que personne n'est censé parler des affaires publiques, personne n'est censé s'engager dans la société autre que l'État. » Selon un communiqué du gouvernement saoudien, ces sept personnes ont été arrêtées pour avoir offert un soutien financier à (...) Lire la suite »

L’isolement de Julian Assange nous réduit tous au silence

John PILGER

Dans cette lettre, vingt-sept écrivains, journalistes, cinéaste, universitaires, anciens agents du renseignement et démocrates appellent le gouvernement équatorien à permettre à Julian Assange d’exercer son droit à la liberté d’expression.

Si certains doutaient encore du fait que l’affaire Julian Assange n’a jamais uniquement été une affaire judiciaire, mais une lutte pour la protection des droits fondamentaux de l’homme, le doute est désormais levé. Invoquant ses tweets critiques à l’encontre de la récente incarcération de Carles Puigdemont en Allemagne, et suite à des pressions exercées par les gouvernements étasunien, espagnol et britannique, le gouvernement équatorien a installé un brouilleur électronique afin d’empêcher Assange de communiquer avec le monde extérieur via internet et son téléphone. En plus d’avoir organisé son isolement total, le gouvernement équatorien lui refuse également le droit de recevoir des visiteurs. Malgré deux décisions de l’ONU qualifiant sa détention d’illégale et ordonnant sa libération immédiate, Assange est effectivement emprisonné depuis sa première mise en isolement dans la prison londonienne de Wandsworth en décembre 2010. Il n’a jamais été inculpé de crime. L’affaire suédoise s’est écroulée et a été (...) Lire la suite »

Du point de rencontre à point de rencontre

Eric Charclod
Samedi matin, 9 heures, quelque part en France, dans un coin excentré de la grande ville. Que ce soit jour de fête ou non, des femmes et des hommes préparent les lieux pour accueillir d'autres femmes et hommes que la justice, parente pauvre d'une société trop riche, a condamné, faute de temps d'écoute, faute de moyens de conciliation à ne voir leurs enfants qu'en pointillé. Histoires de famille obscures, violence, colère, confrontation culturelle, dysfonctionnements que ne peuvent démêler les speed dating judiciaires finissent là, dans une banlieue morne et coite. Il n'est pas encore 10 heures et, dans l'espace clos, vieux vélos et ballons dégonflés sont encore les seuls à régner sur le bitume sombre qui servira aux jeux et aux drames. Premiers cafés, mises au point, discussions et ouverture des locaux avant que n'arrivent les premiers parents, ceux qui viennent de loin, en bus en train, en stop, ceux qui ont dormi dans un hôtel à 10 balles, parfois dehors, ces mères et ces pères que l'argent fuit (...) Lire la suite »
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Trump et ses inconséquences

Jean-Michel HUREAU
Le gouvernement de Donald Trump s’est opposé à une résolution au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en compagnie de grands états démocratiques et soucieux des Droits Humains que sont le Bengladesh, l’Egypte, la Chine, le Burundi, l’Inde, le Japon, le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Iraq ou l’Ethiopie. Il s’agit, en fait, d’une résolution visant à condamner l’usage injustifié de la peine de mort à l’encontre des femmes, des personnes handicapées, sur des critères ethniques ou pour homosexualité. Il va sans dire que la France qui a aboli la peine de mort en 1981 a voté pour. Que ce soit clair. Il ne s’agissait pas d’interdire la peine de mort pour les personnes concernés mais, très modestement, de s’assurer qu’elle ne serait pas exercée de manière discriminatoire. Que les Etats-Unis, comme d’autres États, pratiquent encore la peine de mort est une chose mais qu’ils affichent leur droit à l’appliquer de manière subjective et arbitraire est un pas supplémentaire qui révèle, s’il était (...) Lire la suite »

En Arabie saoudite, on achève bien les défenseurs des droits de l’Homme

Philippe NGUYEN

Un échec, célébré en grande pompe. Le weekend du 15 septembre dernier, la twitosphère saoudienne triomphe, relayant plus de 300 000 fois, selon la BBC Arabic, un message selon lequel le « mouvement du 15 septembre a failli ». Le mouvement du 15 septembre ? Un appel à manifester lancé par une poignée d'activistes saoudiens, dont certains sont en exil, qui espéraient rassembler leurs compatriotes après la prière du vendredi 15. Leur objectif : dénoncer de manière pacifique la dégradation des conditions de vie, le chômage ou encore le non-respect des droits de l'homme au sein de la pétromonarchie.

Las, l'impressionnant dispositif de sécurité déployé par le régime aura eu raison des velléités protestataires des Saoudiens opposés à la dynastie des Saoud. Les rues sont restées désertes. De fait, il n'y a pas eu de « mouvement » du 15 septembre. De quoi donner du grain à moudre aux zélateurs du régime, le prince Alwalid ben Talal en tête, saluant sur Twitter un jour de protestation transformé en journée « d'amour de la nation ». Une « campagne de répression » contre les opposants Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans la meilleure des pétromonarchies ? On en est loin. Très loin même : jamais autant qu'aujourd'hui l'Arabie saoudite n'aura montré sa face répressive. A ce titre, les arrestations de dissidents se poursuivent et s'intensifient même. A l'image d'Abdelaziz al-Shubaily et d'Issa al-Hamid, deux Saoudiens fondateurs de l'association Civil and Political Rights (ACPRA), appréhendés au début du mois de septembre. « C'est un moment sombre pour la liberté d'expression en Arabie saoudite, se désole (...) Lire la suite »

La supercherie du droit-de-l’hommisme

Bruno GUIGUE

La sélectivité du droit-de-l’hommisme permet aussi de comprendre pourquoi la condamnation des violations incriminées épouse toujours un axe nord-sud. Aucune ONG vénézuélienne ne mène campagne contre la mainmise d’une poignée de milliardaires sur la quasi-totalité des médias en France ou aux USA. En revanche, les ONG occidentales dénoncent sans relâche les violations de la liberté de la presse au Vénézuéla, alors que la presse, loin d’y être opprimée par le pouvoir, appartient à une poignée de capitalistes qui combattent le gouvernement.

* * * * Hormis les réactionnaires qui pensent que les hiérarchies sociales sont fondées en nature et qu’il y a des hommes faits pour commander et d’autres pour obéir, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut défendre les droits de l'homme. Mais il faut admettre que les uns et les autres ne parlent pas de la même chose. Si l'on entend par cette expression la possibilité pour chacun de jouir du bien commun, alors l'accès à l'emploi, au logement, aux soins et à l'éducation fait partie des droits de l'homme - ou des droits humains, ne jouons pas sur les mots - au même titre que la liberté d'expression ou le choix de son orientation sexuelle. Prendre au sérieux les droits de l'homme, c'est y inclure les droits collectifs, c'est-à-dire la possibilité de vivre dans des conditions matérielles décentes. Les militants des droits de l'homme, pourtant, ne s'intéressent qu'aux droits individuels et délaissent ostensiblement les droits collectifs. Que des individus soient emprisonnés ou empêchés de (...) Lire la suite »

Grève de la faim : Quand la nourriture est plus que de la nourriture (Al Jazeera)

Stanley COHEN

Qu’est-ce que les grèves de Bobby Sands, Nelson Mandela et des prisonniers palestiniens ont en commun ?

Dans les différentes prisons du monde où l’on parle les différentes langues des cruels despotes qui exercent impitoyablement leur pouvoir, à l’aube, les prisonniers politiques sont appelés à sortir de l’isolement de leurs cellules et se tenir debout dans le couloir pour que leurs geôliers puissent s’assurer qu’ils ne se sont pas échappés magiquement pendant la nuit. Ces prisonniers ont préféré leurs principes à la liberté. Chaque collectif, dont les membres n’ont souvent de visage que pour les autres membres du groupe, est devenu un flambeau en luttant pour sa dignité personnelle en même temps que pour la justice pour tous ; Ils sont les symboles d’une quête de liberté ancestrale à travers la résistance et le sacrifice. De Bobby Sands aux grévistes palestiniens en passant par Nelson Mandela, la marche est régulière et continuelle. Elle tire sa force d’une résistance aussi immémoriale que la tyrannie elle-même. Qui se souvient aujourd’hui d’Emmelie et de Christel Pankhurst ? Dans l’Angleterre du début du XXe (...) Lire la suite »

Emmuré(e)s vivant(e)s

Marie BLACHERE
Ce samedi soir, pas mal chamboulée par de mauvais souvenirs qui refaisaient surface, j’avais décidé de m’imposer une discipline drastique pour contrer les effets de mes pensées tourmentées : regarder du début à la fin une émission de télé-réalité, n’importe laquelle, pensant que je tenais là l’antidote. En changeant de chaîne, je tombais finalement sur l’émission The Voice (La Voix), sorte de télé-crochet où de jeunes chanteurs s’époumonent sur des reprises de chansons de variété, tandis que de « grandes pointures » de la chanson française (Zazie, Florent Pagny et deux autres personnes non identifiables) écoutent religieusement la performance, tournant le dos au chanteur et qui, en fins limiers dénicheurs de nouveaux talents, finissent par appuyer, ou non, sur un énorme bouton poussoir pour signifier leur état de grâce. Leur énorme siège se met à pivoter afin de pouvoir découvrir de leurs yeux ébahis la perle rare. Tout le monde applaudit. La soirée se passait plutôt bien. Aucune chanson ne me plaisait, les (...) Lire la suite »
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