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Thème : fiscalité

Le leurre et l’argent du leurre

Pierre LEVY

La surprise est totale, l’information inédite, le scoop incroyable : la fraude et l’évasion fiscales séviraient aux quatre coins de la planète, via des paradis fiscaux.

Il n’a pas fallu moins d’un consortium de 96 médias internationaux et de 400 journalistes pour étayer une telle révélation, désormais connue sous le terme (forcément) anglais de « Paradise papers ». Plus encore que dans les affaires précédentes (printemps 2016, automne 2016), un torrent éditorial a déferlé, listant les secrets des multinationales concernées, couvrant d’opprobre les milliardaires impliqués. A la suite des grands médias, les responsables politiques, toutes tendances confondues – en France et ailleurs – ont été prompts et (presque) unanimes à s’indigner. Les ministres des Finances des Vingt-huit se sont immédiatement engagés à renforcer la lutte contre les « pratiques fiscales agressives », fussent-elles légales. La Commission a pointé à demi-mots les Etats membres qui traînent les pieds car soupçonnés de dumping fiscal inélégant (Malte, l’Irlande, le Luxembourg...). A Bruxelles, de bons esprits ont opportunément saisi l’occasion pour marteler que la règle de l’unanimité qui subsiste dans le seul (...) Lire la suite »
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Ça ruisselle de partout...!

MONTAUBA
Ça ruisselle de partout... ! Ils vous l’avaient bien dit, les Macron et les Philippe et toute la bande : les riches (les « premiers de cordée »), comme ils ont pas assez de fric, comme ils paient trop d’impôts (sic, interdit de rire !) ils attendent qu’une chose, c’est qu’on leur en donne encore un peu plus « pour investir » (si, si, ce coup-là, c’est sûr !) et là, vous allez voir, comme par miracle, ils vont en placer partout dans l’économie, dans les entreprises. Et tout cet argent qui va jaillir de partout, s’accumuler sur les travailleurs (excusez, les « fainéants cyniques »), ça va leur donner du boulot, ils vont plus chômer, vous allez voir, qu’ils disaient, ça va être super, le jackpot ! Eh bien c’est exactement ça qui se passe, ou à peu près : les riches, comme ils savent plus quoi faire de tout leur fric, ils vont le mettre au chaud dans les paradis fiscaux, ils le planquent dans les terriers que l’UE leur a soigneusement entretenus, dans des îles lointaines à l’abri des regards. Comme ça ils paient (...) Lire la suite »
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Réforme ou Révolution fiscale ?

Fabrice AUBERT
Présentation : A chaque élection présidentielle, c’est la même ritournelle qui nous est récité. « Dettes publiques » excessives qui mettent l’Etat au bord de la faillite et « pression fiscale » insupportable qui fait de notre Pays le champion des « prélèvements obligatoires ». Cette pression excessive rendrait les citoyens hostiles à l’impôt, nécessitant sa baisse, ce qui est régulièrement fait à chaque fin de mandature, en vue d’acheter des voix… Dans les programmes à ce moment-là, montent les incantations à la « réforme fiscale », en vue d’en faire un système plus juste et moins pénalisant pour le « consommateur » [1], d’où les propositions de réduction du budget public (100 milliards pour M.Fillon) et de réduction des emplois publics (- 500.000), censé permette de baisser la dépense publique et par là même relancer la consommation. Indiquons que, le citoyen dans cette histoire perd à tous les coups, puisque ce qu’il ne va plus trouver dans la sphère publique, il sera obligé de l’acheter dans la sphère privée, toujours (...) Lire la suite »

"L’impôt est un tribut que le peuple se verse à lui-même"

Philippe ARNAUD
J'ai suivi, sur le journal télévisé de 13 h de France 2, ce jour, le sujet suivant : "Une baisse d'impôts dès janvier 2017, une mesure polémique". Le journaliste : "Surprise fiscale en vue, la baisse d'impôts sur le revenu attendue pour l'été 2017 arrivera finalement dès janvier pour les contribuables mensualisés, en février pour les autres. Avis divergents dans les rues de Toulouse (Haute-Garonne) sur cette mesure anticipée. "Ça ne servira pas à sauver le bilan de ce gouvernement, mais c'est toujours ça de pris", explique un Toulousain. "On ne va pas dire non, ça nous fera plus de pouvoir d'achat pour partir en vacances ou autre chose", estime un autre homme. Une femme dit : "De toute façon, même s'ils baissent, pour une petite partie des classes moyennes, de toute façon on a de plus en plus d'impôts locaux". Le journaliste de nouveau : "Concrètement, cinq millions de contribuables seront concernés. Dans le détail, un célibataire sans enfant touchant 1 700 euros par mois verra ses mensualités (...) Lire la suite »

De Sarkozy à Hollande, les indulgences françaises avec le paradis fiscal panaméen

Jérôme DUVAL

En matière de délinquance financière et d’hypocrisie fiscale, les rapports des dirigeants français – présidents en tête – avec le petit État d’Amérique centrale sont jalonnés d’indulgences coupables.

Puisque le Panama revient sur le devant de l’actualité avec le scandale des « Panama Papers », rappelons que les politiciens et grandes instances internationales nous mentent régulièrement lorsqu’ils mettent en avant le combat contre ce fléau. En France par exemple, Nicolas Sarkozy se moquait de nous quand, fanfaronnant, il déclamait le 23 septembre 2009 sur TF1 et France 2, « Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est terminé ». Faut-il lui rappeler que l’évasion fiscale coûte de 60 à 80 milliards d’euros par an au budget de la France ; que la principale banque française, la BNP Paribas, détient pas moins de 170 filiales dans les paradis fiscaux (dont 29 filiales au Luxembourg, 10 à Hong-Kong, 7 en Suisse, 7 à Singapour et 7 aux Îles Caïmans) et que toutes les entreprises du CAC 40 fraudent allègrement le fisc en échappant à l’imposition via leurs filiales implantées dans ces territoires à faible fiscalité ? Paradoxalement, après la décision prise par le G20 de Londres de sanctionner les États non (...) Lire la suite »

Evadés de tous les pays…

Yann FIEVET

Les économistes n’ont-ils jamais été assez naïfs pour imaginer qu’il leur soit possible un jour d’avoir une représentation exacte du système global des relations économiques tissées par leur congénères ? Si la question a pu être posée autrefois, elle est aujourd’hui un peu plus saugrenue à chaque jour qui passe

La « mondialisation heureuse » si chère ( !) à l’impayable Alain Minc a tellement contribué au développement des flux financiers occultes que les chiffres officiels quantifiant le « monde des affaires » sont de plus en plus éloignés de la réalité des affaires du monde. Le capitalisme mondialisé a banalisé la fraude fiscale au point que certains Etats démocratiques en usent comme moyen de gouvernement au service de leur économie nationale. Ainsi, le poids de l’économie souterraine est désormais tel que les chiffres rendus publics par les instituts de statistiques ne veulent plus dire grand-chose pour nombre de pays. Cependant, l’économie souterraine est fortement imbriqué dans l’autre, l’officielle, puisqu’elle en découle en large partie et la seconde ne peut sans doute déjà plus vivre sans la première. Il est donc probable que la volonté politique de s’attaquer à l’évasion massive des capitaux restera des plus timides. De l’esbrouf à gogos, rien de plus. L’Internationale capitaliste est une nébuleuse (...) Lire la suite »

« La France est le dernier pays communiste avec la Corée du Nord »

Pascale PASCARIELLO
Cofondateur du groupe Teleperformance, leader mondial des centres d’appels, Jacques Berrebi a reçu Arte Radio dans ses bureaux à Uccle, quartier huppé de Bruxelles. Entre la photo de son ami Ben Ali et celle de sa femme Dominique, il explique son amour de la Belgique, de l’Europe et de ses exemptions d’impôts. Non loin de là, Pierre Cornette de Saint-Cyr, commissaire priseur et président du Palais de Tokyo, a ouvert une salle de vente d’art contemporain. Les SDF européens, "sans domicile fiscal" ou "sans difficulté financière", s’y retrouvent pour le brunch. Pierre Cornette de Saint-Cyr partage avec ses amis exilés les douceurs de la Belgique : pas d’ISF et pas de taxation des plus-values mobilières... « « La France est le dernier pays communiste avec la Corée du Nord » » est réalisé par Pascale Pascariello. Il a été initialement publié par Arte Radio, en partenariat avec Mediapart, sous licence Creative Commons. Ecouter un entretien édifiant ici. Enregistrements : 25, 26 avril 14 Mise en ondes & mix (...) Lire la suite »
On peut facilement commander ses livres ailleurs...

Offres d’emplois chez Amazon pour Noël : un cadeau empoisonné ?

Viktor M.

LGS est heureux de vous donner à choisir ici entre une librairie états-unienne dont la branche française, subventionnée, fuit l’impôt (voir : http://www.legrandsoir.info/bientot-noel-nos-cadeaux-directement-payes...), et une librairie indépendante, fondée à la Libération par des résistants, écrivains, intellectuels et enseignants, qui voulurent remettre en circulation les livres que les occupants avaient interdits ou brûlés : la librairie de la Renaissance dont le versant Internet vous offre de recevoir chez vous les livres que vous choisirez parmi 1 million de titres référencés.
En même temps, vous rejetterez une forme de management et vous sanctionnerez des fuyards fiscaux.

Le Grand Soir.


Amazon veut recruter 2500 personnes pour la période de Noël. De quoi ravir le gouvernement en perdition face à un chômage galopant et des Français de plus en plus mécontents. Mais sur le papier seulement. Dans les entrepôts confidentiels du géant étasunien de la distribution en ligne, ces emplois sentent le soufre. L’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) imprègne désormais le monde de l’entreprise. Les méthodes de travail ont été remodelées, les bonnes pratiques du management redéfinies. Les impacts sur les conditions de travail sont tangibles, et parfois pas pour le meilleur. À tel point que l’INRS a mis en place une démarche de veille dans le but d’évaluer le rôle potentiel des TIC en matière de santé au travail. « Les utilisateurs sont globalement insuffisamment formés sur les matériels et logiciels qu’ils utilisent, et les évolutions du système d’information des entreprises ne prennent pas suffisamment en compte leurs contraintes et leurs besoins. Alors que le numérique va (...) Lire la suite »

Les données reçues par Assange en 2011 proviennent de la Standard Bank de Jersey

David Leloup

EXCLUSIF MBelgique. Les mystérieuses données remises en 2011 à Julian Assange par l’ex-banquier suisse Rudolf Elmer proviennent de la Standard Bank à Jersey. Via cette filiale, quelque 2.000 clients de la banque sud-africaine se cachent derrière d’opaques trusts et sociétés offshore enregistrés à Jersey, l’île de Man et aux îles Caïmans.

C’était le lundi 17 janvier 2011, au Frontline Club de Londres. Rudolf Elmer, un ancien banquier suisse devenu lanceur d’alerte en matière d’évasion fiscale internationale, remettait avec emphase à Julian Assange, devant une presse internationale médusée, deux CD-ROM censés contenir des données bancaires explosives concernant 2.000 personnes ayant des comptes offshore potentiellement non déclarés. Parmi celles-ci figurent « environ 40 politiciens », avait affirmé Elmer la veille de l’événement, dans un article de The Observer qui avait mis le feu aux poudres. Pourtant, cet OffshoreLeaks avant la lettre n’a jamais éclaté au grand jour. Et ce n’est pas parce qu’il pleuvait des cordes sur la City ce matin-là. Ni parce que les deux CD brandis devant les caméras du monde entier étaient vides, comme l’affirmera Elmer par la suite. Non, les données – bel et bien transmises à Assange avant la conférence de presse – n’ont jamais été publiées par WikiLeaks afin de protéger Elmer. Car deux jours après le show (...) Lire la suite »
L’impôt est toujours un instrument au service d’objectifs politiques

Transferts

Pierre LEVY

Le premier ministre a annoncé une « remise à plat » du système fiscal. Jean-Marc Ayrault a bien pris soin de rappeler que cette perspective s’inscrivait dans l’obligation de réduire les dépenses publiques : pour chacune des quatre prochaines années, de 15 milliards d’euros – « au moins ». Un montant qu’aucun gouvernement n’avait jamais osé programmer.

L’impôt est toujours un instrument au service d’objectifs politiques, notamment dans deux domaines : le financement d’investissements et de services publics ; la répartition de la richesse nationale produite. Sur ce dernier aspect, le transfert des revenus du travail vers le capital se poursuit et devrait s’accélérer (« Crédit d’impôt compétitivité emploi », hausse de la TVA prévue en janvier…). La réduction des déficits publics – c’est-à-dire en réalité des dépenses publiques – n’est pas une contrainte temporaire avant retour à meilleure fortune. Elle constitue un choix structurant et permanent au centre du modèle de société autour duquel a été conçue et construite l’intégration européenne, depuis son origine. Il en va de même pour l’autre volet budgétaire : l’utilisation des ressources. Privilégie-t-on l’organisation publique de la réponse aux besoins collectifs ? Ou bien fait-on la part belle aux individus-consommateurs, confrontés à l’offre privée et concurrentielle du marché ? Là encore, on connaît la réponse (...) Lire la suite »