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Thème : Langue

Journée mondiale de la langue française – Un enjeu de classe proprement stratégique : la résistance populaire au tout-anglais

Georges GASTAUD

Une analyse et un appel du secrétariat national du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) « A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre les groupes dirigeants et la masse national-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci, fondateur du PC italien, linguiste, résistant antifasciste. « Il ne restait de ce pays que son langage. Un beau langage qui servait à tout. Vous savez, comme on a chez soi une chose précieuse qui est là depuis si longtemps qu’on en use à n’importe quoi, à empêcher la fenêtre de se fermer, et le petit la prend comme une règle pour dessiner, et c’est un presse-papier si commode ! Qui donc se souciait que ce fût un pays, ce pays, et il est indiscutable que c’est un grand progrès que de perdre le sens de la jalousie, cette haine du voisin, cet orgueil de son toit, un grand progrès sur les ténèbres, un grand progrès sur le néant ». Louis Aragon, auteur de La Diane française, animateur des Lettres françaises clandestines

20 mars 2017 – Journée mondiale de la langue française : Un enjeu de classe proprement stratégique : la résistance populaire au tout-anglais. Alors que l’entreprise d’arrachage du français et des autres langues nationales au profit du « Business Globish » franchit un nouveau seuil alarmant en France et en Europe, force est de reconnaître que, jusqu’ici, la résistance des forces progressistes à cette inavouable politique oligarchique reste faible, retardataire, dispersée, voire inexistante. En dehors du PRCF, qui en fait un axe structurant pour sa politique de Front Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologique, en dehors de l’association internationaliste COURRIEL qui produit un travail d’analyse et de mobilisation d’avant-garde, en dehors de quelques groupes, syndicats, personnalités et organisations progressistes très honorables qui tardent cependant à unir leurs efforts sur ce front, le mouvement ouvrier et populaire n’a pas encore saisi que cette stratégie linguistique de substitution du (...) Lire la suite »
Macron, l’homme qui parlait en V.0. à l’oreille des requins de Wall street

Frenglish : résistance ou Collaboration linguistique ?

Georges GASTAUD

C’est l’heure du choix pour les candidats et les électeurs français : face à MM. Macron et Gattaz, chevaux de Troie du tout-anglais en France et en Europe, REPRENONS LANGUE !

Prenant la parole à Berlin dans le cadre de sa candidature à la présidence de la République… française, Emmanuel Macron a prononcé son discours en anglais « pour être compris de tous » (sic)

Le 11 janvier, s’exprimant sur France-Info dans l’émission de J.-M. Aphatie, le chef de file du MEDEF, Pierre Gattaz, a salué ce reniement macronien de la langue française en expliquant laborieusement que l’avenir de la Francophonie passe par l’anglais (M. Aphatie a relevé l’« oxymore »), « langue universelle des affaires » : une assertion à la fois fausse et hors-sujet, sauf à réduire l’activité à venir d’un futur chef de l’Etat à une forme d’affairisme international. Le patron des patrons a même précisé que les jeunes Français devaient apprendre à « lire, écrire, compter » en anglais, même s’il a ajouté, pour adoucir l’énormité de son propos, que bien sûr ils devaient aussi maîtriser le français (on respire !). Dans cette même émission, M. Gattaz a aussi expliqué que pour « gagner », la France devait accepter les délocalisations industrielles, limiter les droits sociaux et les garanties du code du travail qui freinent, selon lui, les entreprises. La question est de savoir si cette prétendue « France qui gagne » à (...) Lire la suite »
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Du français (III)

Bernard GENSANE
La langue d’oïl est la langue romane qui s’est développée au nord de la Gaule, puis dans le sud de la Belgique et dans les îles anglo-normandes. L’appellation « langue d’oïl » vient de « oïl » qui a donné le français « oui ». Dans Vita Nuova, Dante repère deux groupes de langues : celui des langues germaniques dans lequel on dit « jo » et celui des langues romanes qu’il classe en trois langues : une dans laquelle on dit « oïl », l’ancien français, sorte de latin vulgaire où par exemple, l’accent tonique se place sur l’avant-dernière syllabe, avec un amuïssement progressif des voyelles post-toniques (calidus -> caldus), une dans laquelle on dit « oc », une dans laquelle on dit « sì » (l’italien ; à l'époque de Dante, on parlait quatorze dialectes en Italie). L’oïl se subdivise en plusieurs variétés. En Île de France, on parle le français ; à l’est, on parle le lorrain, le champenois, le bourguignon, au nord le picard et le wallon ; à l’ouest le gallo (parlé en Bretagne mais qui n’est pas apparenté au breton, langue (...) Lire la suite »

Du français (I)

Bernard GENSANE
L’histoire de la langue, c’est l’histoire du peuple. La langue est aussi complexe que le peuple, en synchronie, comme en diachronie. Il y a des formes de langue plus nobles que d’autres. Mes collègues anglicistes aiment à dire à leurs élèves et étudiants que toutes les catégories de la langue anglaise – régionales, sociales – se valent, mais tous s’efforcent de parler et d’enseigner l’anglais de la reine, en tout cas une prononciation standard (« received »). Allez passer l'oral de l’agrégation avec l’accent et le patois de Huddersfield, juste pour voir. Quand on écoute du français de manière empirique, on se place dans une démarche identique en classant les divers français qui nous arrivent aux oreilles selon la culture dominante et selon notre propre histoire. Au sommet, on place le français écrit, peut-être pas celui de Chateaubriand, mais tout de même. Qu’on le veuille ou non, ce français est pour nous le “vrai” français. Plus bas, on trouve le français populaire, c’est-à-dire le français oral de tous les (...) Lire la suite »
Vers une Europe supranationale, une Europe des régions, des communautés ethniques, des décideurs déliés de tout contrôle

Langues régionales ou minoritaires

Françoise OLIVIER-UTARD

La question de la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires devait revenir cet été sur la scène publique, mais le débat a finalement été une fois de plus repoussé.

Plus le temps passe, plus cette charte soulève des questions graves, sur lesquelles le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État ont rendu par trois fois un avis défavorable argumenté. La pertinence de la ratification n’apparaît pas, mais le danger d’y procéder. En tout état de cause, la simple lecture de ce qui est proposé à ratification laisse percevoir qu’il n’y est pas seulement question de linguistique et de culture, comme son titre tendrait à le faire croire, mais aussi d’intégration politique européenne. Il s’agit en effet, pour la France, d’une remise en cause de l’unité nationale par la reconnaissance de minorités, d’une remise en cause de l’égalité en droits des citoyens par l’abandon de la notion de langue nationale au profit de langues officielles diverses, et d’une remise en cause des rouages de notre démocratie par une modification de la Constitution qui rendra possible et facile la ratification d’articles supplémentaires. La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, lancée (...) Lire la suite »
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La France n’aurait plus peur des mots étrangers !

COURRIEL

Cette formule ambiguë est tirée d’une dépêche de l’AFP, et de propos de Mme la ministre Pellerin. C’est ce qui s’appelle en langage imagé « noyer le poisson ».

Il faut, en effet, lire « La France n’a plus peur des mots anglais ». Mme Pellerin lance ainsi de bien curieuse façon la Semaine de la langue française. Serait-ce la Semaine (de l’assassinat ) de la notre langue ? Mme Pellerin ne voit en la Loi Toubon qu’une « loi controversée » : quel mépris pour une ministre de la République, mépris de la loi, de la Constitution et, pour tout dire, de l’État de droit ! C’est ainsi que ceux qui se présentent comme les garants de la démocratie, chaque jour détricotent la République – et pas seulement sur le plan linguistique. Ils applaudissent aux emprunts qui, jadis, venaient d’en bas, en camouflant les substitutions imposées par les multinationales en prémices du Grand Marché Transatlantique en gestation. Si, Mme Pellerin, le français est en danger. Et résister, défendre notre langue, ce n’est pas se battre contre des moulins à vent. Nous n’en sommes plus au franglais raillé naguère par Étiemble, ni à la surdose des emprunts lexicaux à l’anglais : c’est désormais de (...) Lire la suite »

Une revanche des anciennes colonies.

William KOHLER

Les peuples des territoires jadis colonisés ont un avantage linguistique sur les anciens empires. Le plurilinguisme favorise économiquement les habitants des anciennes colonies.

Pouvoir communiquer avec l’ensemble des habitants de la planète est un exploit que Giuseppe Caspar Mezzofanti était capable de réaliser puisque ce cardinal italien maîtrisait près de 39 langues étrangères. Il parlait couramment des idiomes aussi différents que le perse, le suédois et le polonais. Si tous les êtres humains n’ont pas l’incroyable talent linguistique de Mgr Mezzofanti, il se pourrait que certains se distinguent par leur habilité à jongler avec les langues. On compte près de 3 milliards de bilingues et 800 millions de ces personnes sont même trilingues. Au quotidien, ce multilinguisme est vécu de manières différentes. Un dialecte est parfois associé à une langue nationale, on utilise alors le terme de diglossie. Le bilinguisme peut aussi être pratiqué seulement dans l'enceinte familiale ou à travers le système scolaire. Les personnes ayant la faculté de communiquer dans plusieurs langues montreraient des capacités cognitives supérieures à ceux qui ne parlent uniquement que leur langue (...) Lire la suite »

Controverses autour de la commande par la télévision française d’oeuvres dramatiques en anglais (The Times)

Adam SAGE
Louis XIV, le plus illustre de tous les monarques français, s’est imposé en Europe durant un règne de 72 ans considéré comme triomphal pour la langue et la culture nationales. De nos jours cependant, le Roi-Soleil est en train de devenir un symbole de déclin linguistique quand une chaîne française de télévision annonce à son sujet le tournage d’une « grosse machine » plutôt bas de gamme et en anglais. Les critiques disent que c'est un crime de faire parler dans une langue étrangère le grand monarque de la France du XVIIe siècle ; d'autant plus qu’il a combattu les partisans anglais de Guillaume d'Orange pendant la Glorieuse Révolution. Le mouvement coïncide avec une augmentation du nombre d’artistes français, y compris « Daft Punk », le groupe pop et Luc Besson, le cinéaste qui, en quête de publics internationaux, abandonnent la langue française. Louis XIV sera interprété par George Blagden, 24 ans, un acteur britannique, dans la série en dix épisodes de Versailles, tournée à l'extérieur de Paris. Amira (...) Lire la suite »

La francophonie dans les médias : Un combat culturel et économique

Viktor Miskovik

La conférence internationale sur l’avenir des médias francophones qui a eu lieu à Montréal s’est achevée le 10 octobre. Elle conviait une soixantaine de professionnels venant de 18 pays, afin qu’ils s’expriment sur les médias francophones et leurs enjeux. Ces derniers sont à la fois culturels, la langue française ayant besoin d’être appuyée au sein des réseaux numériques à dominante anglophone ; et économiques, l’industrie des médias français trouvant, en Afrique notamment, de substantielles opportunités de développement.

Développer et mettre en place des médias francophones, dans un monde dans lequel l’anglais prend de plus en plus de place, relève d’une nécessité de préserver la diversité dans un monde dont la mondialisation a tendance à diluer les cultures, et avec elles les richesses linguistiques. « Pour cela, il faut des médias qui reflètent ce pluralisme. Or notre langue est menacée par la mondialisation. Le français perd des parts de marchés. Il court le risque de devenir sur Internet une langue de traduction au lieu d’être une langue de création et de modernité. Pourquoi n’y a-t-il pas de moteur de recherche francophone ? De Netflix francophone ? Nous avons des chances de rebondir si nous prenons conscience de ce risque et si les grands médias savent passer des alliances », faisait valoir Clément Duhaime, Administrateur de l’OIF, qui a présenté les enjeux de la conférence lors d’une conférence de presse le 1er octobre. La régression n’est pas tant à craindre en termes quantitatifs. Le nombre de locuteurs français (...) Lire la suite »
Nombre d’entreprises, de Grandes Écoles et de cycles universitaires se livrent à la langue – non pas de Shakespeare, mais des « traders » et de la City.

Reprenons langue(s) !

Georges GASTAUD, Matthieu VARNIER

« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre les groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci.

Avec toute la perversité idéologique qui les caractérise, le capitalisme euro-mondialisé et ses collaborateurs hexagonaux présentent le basculement de la France au tout-globish et la relégation largement engagée du français, comme une « ouverture » sur la modernité et sur la pluralité des cultures. C’est également au nom de la diversité culturelle que les régionalismes les plus régressifs tentent d’imposer, Charte européenne des langues régionales et minoritaires à l’appui, la « co-officialité » du français – « langue de la République » au titre de la Constitution – et des langues de territoire au risque clairement assumé, voire revendiqué, d’ethniciser la citoyenneté française et de couvrir d’un voile « culturel » le repartage en cours de la France et son redécoupage en euro-Länder taillés sur mesure pour la « concurrence libre et non faussée » entre les « territoires ». Comment alors réagir à cette sournoise agression linguistique qui vise à la fois la langue de Molière, la République une et indivisible issue de la (...) Lire la suite »
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