auteur Christian DELARUE

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L’aile gauche du bloc bourgeois participe de la thatchérisation historique mondialisée

Christian DELARUE

La thatchérisation est le contre-mouvement réactionnaire historique, installé durablement depuis le début des années 80 (83 en France) et favorable aux classes dominantes et aux riches du 1% et donc contre chaque peuple-classe (les 99%) et anti classes sociales populaires (les pauvres, les modestes, les moyennes). Pour nous, l’aile gauche du bloc bourgeois participe de la thatchérisation historique mondialisée.

Les économistes critiques ou hétérodoxes et beaucoup d'autres derrière eux parlent de néolibéralisme mais nombre de syndicalistes – actifs ou en retraite au plan salarial – ayant environ 30 ans de luttes derrière eux et ne voulant pas s'en tenir à la critique de l'actuel (tendance bien ordinaire au "regard dans le guidon") parlent de thatchérisation (1) comme long processus destructeur des appuis sociaux car derrière de toutes petites « conquêtes » ils ont vu de grosses casses sociales soit dans le privé soit dans le public. Cette aile gauche (du bloc dominant) est dite intra-systèmique car elle n’entend nullement remettre en cause les logiques dominantes du capital tant celles contre les travailleurs et travailleuses que celles contre la nature. Cette aile gauche est donc dite aussi de simple alternance car sans perspective d’alternative extra-systémique. Une alternative est nécessairement extra-systémique mais il est bon de le préciser lorsqu'on évoque des mesures franches de (…)

Préparer la riposte syndicale post-pandémie

Christian DELARUE

Le monde d’après est déjà là, dans toute sa conflictualité. Qui va s’opposer aux tendances réactionnaires et classistes qui s’annoncent ?

Exposons sans être long (cf liens ) une suite attendue : 1) - Ce qui s’annonce 2) Qui riposte et comment et 3) Le contenu général ici succinct (développé plus tard) qui peut être mis en avant. I - Des mesures réactionnaires à combattre La droite, les riches et le patronat vont enclencher en France et partout en Europe un processus de récupération de ce qui a été perdu ces semaines de confinement de mars et avril 2020 (au pif ) pour leur économie, perdu pour la « santé » de leur profit quitte a abîmer plus qu’avant la santé des travailleurs et travailleuses, quitte à laisser dans le chômage la précarité celles et ceux qu’il faudrait précisément sortir de l’impasse ! Il n’y a qu’à entendre Muriel Pénicaud et son discours d’extrême-droite économique de (re)mise au travail contre le confinement préconisé par Emmanuel Macron et les scientifiques (sauf un) aujourd’hui et entendre aussi d’autres, comme elle, en faveur d’une surcharge de travaillisme demain (45 heures hebdo samedi (…)
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Anti-racisme à gauche et signes religieux.

Christian DELARUE

Du 15 mars (2004 - date importante) au 21 mars (antiracisme)

Puisque, depuis novembre 2019 (et la manifestation contestée contre l’islamophobie) la question de l’islamophobie revient ici ou là fin février 2020, et ce après plus de deux mois de silence (du fait mouvement syndical et social contre la retraite à points et de l’affaire Mila) . Trois points seulement vont être évoqués. Les gauches et la promotion des émancipations avec des débats. L’antiracisme ferme et sous toutes ses formes fait manifestement partie des priorités de la gauche ou des gauches ainsi que de plusieurs syndicats, tout comme d’ailleurs l’antisexisme (cf livre « CGT féministe » même si il y a des efforts à faire) et l’anti-homophobie aussi (même si l’affaire Mila qui est lesbienne génère des doutes) et ce en plus del’émancipation sociale générale du monde du travail et plus globalement du peuple-classe (les 99% d’en-bas) contre toutes les régressions économiques, sociales et écologiques du néolibéralisme soit l’anti-classisme (pour résumer en un mot) sorte de (…)

Contestation antisystème et populisme.

Christian DELARUE

« La protestation antisystème se ventile entre la gauche radicale et la droite populiste » écrivent les auteurs de « Les origines du populisme » sous-titré « Enquête sur un schisme politique et social » (1).

Ces expressions sont floues mais derrière l’ambiguïté il y a, pour le dire en quelques mots, un « fond » de perte de confiance contre les élites incapables de protéger le peuple. Mais de quelle protection s’agit-il ? De quoi ? Comment ? Avec des frontières et des polices ou avec des droits pour tous et toutes et des services publics pour les rendre effectif ? Populismes : lequel ? Le terme d’antisystème, fort ambigu du fait de cette ventilation, est moins employé que celui de populisme qui lui a fait l’objet de nombreux débats depuis quelques années à cause de la promotion des positions théoriques de Chantal Mouffe et du populisme de gauche revendiqué par certains partis politiques progressistes de gauche en France et en Espagne. Le populisme de gauche ne se réduit donc pas à ce qu’écrit ou dit Chantal Mouffe. Il est divers et ne signifie pas nécessairement absence des autres dominations que celle de la classe dominante contre le peuple-classe. On pense ici aussi bien à (…)

Le peuple-classe de France tient à l’Etat social.

Christian DELARUE

Et à sa démocratie ? Laquelle ? Le peuple-classe de France, du moins une large fraction de ce peuple, semble tenir au « capitalisme social » (1) et ce beaucoup plus qu’à la démocratie libérale actuelle, du moins telle qu’elle s’exerce réellement, car elle est jugée trop permissive à l’égard des grands possédants, des riches.

Le problème n’est pas en soi la démocratie mais certainement un type de démocratie, une gouvernance des élites qui finit toujours par favoriser les puissants et les riches. Par ailleurs, il semble falloir admettre que l’Etat social, soit ce « capitalisme social » post Deuxième Guerre mondiale de 1946 (jusqu’au néolibéralisme de privatisation 40 ans plus tard) relève de « l’institution d’un imaginaire » (Castoriadis) social et national. Il s’agit d’un socle plus que d’une construction théorique cohérente. Ce socle imaginaire « fait tenir une société » et ici la société française. Ce socle, quoique assez flou pour un grand nombre de personnes de ce pays, est plus puissant comme fondation que « l’économique-concurrentiel » du néolibéralisme qui n’a sûrement pas cette fonction de cohésion et de fondation, bien au contraire puisque le « concurrentialisme » ne cesse d’opérer des clivages et de créer des exclusions, des inégalités économiques et sociales de plus en plus grandes. I - (…)