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Auteur : Gérard COLLET

Harvey Weinstein & Co, les arts et lettres et le théâtre des pouvoirs

Gérard COLLET

Tout ou presque a été dit ces dernières semaines sur l'ampleur du phénomène de harcèlement sexuel, et l'on a vu enfin révélées l'omerta, si ce n'est la complicité, qui ont permis son éclosion au sein de diverses sphères de pouvoir et ont longtemps protégé les coupables de ces actes. A ce titre d'ailleurs, harcèlement sexuel, harcèlement au travail et mépris de classe, s'ils n'ont pas toujours la même gravité dévastatrice, relèvent de catégories proches. Qui parfois se rejoignent comme ce fut longtemps le cas (1) dans les grandes maisons dont le maître pouvait aisément disposer selon son bon plaisir de ses domestiques hommes ou femmes, et s'en défaire à sa volonté. Comme à chaque événement révoltant, on a alors assisté à une « soudaine prise de conscience » de tous les personnages en vue, des médias aux responsables politiques, tous clamant leur surprise et jurant que cela ne se produirait plus.

Mais bien peu a été dit sur les ressorts exacts de la proximité affichée entre les divers détenteurs de pouvoir, qui conduit magnats de la presse, milliardaires, politiques à s'afficher ensemble ostensiblement aux yeux du peuple (2). Qui exige de bien des hommes publics, de beaucoup de grands industriels, qu'ils démontrent leur intérêt pour les arts et les lettres... Peu a été dit sur ce spectacle par lequel se renforcent les différents acteurs de cette scène, et la manière dont ils construisent le théâtre de grandeur qui a pour but de nous soumettre depuis des temps immémoriaux. Et sur le peu de discernement qu'ils démontrent quant aux errements moraux de leurs pairs. Alors, ça y est. Après Weinstein, puis un présentateur de JT, puis des stars, puis des militaires et un « islamologue » médiatique, voici venu le tour de Roman Polanski. Voici que les accusations portées contre le grand cinéaste ressurgissent lors de la rétrospective proposée par la Cinémathèque de Paris. Et voici encore que les arguments (...) Lire la suite »

Le capitalisme libéralisé brûle ses vaisseaux

Gérard COLLET

Les classes dirigeantes se sentent si puissantes et inattaquables qu'elles n'hésitent plus à tomber le masque et à révéler leur hypocrisie. Au risque de sous-estimer la rage de ceux qui ne sont rien et de ceux qui "foutent le bordel"...

Voici des temps révélateurs où éclatent au grand jour, au hasard de faits fortuits ou de la publication de longues enquêtes, la perversité incurable du « système » économico-politique et la collusion entre toutes les strates des possédants et profiteurs. On y apprend sans surprise la tolérance bienveillante des puissants à l'égard des divers aspects de la domination, dont le harcèlement sexuel n'est qu'une des facettes, puis on découvre toujours sans surprise les noms des entreprises et des dirigeants qui grâce à des montages aussi invraisemblables dans leurs détails que limpides dans leurs objectifs, dissimulent au cœur même de l'Europe leurs milliards, leurs villas provocantes et leurs yachts inmanœuvrables. L'apogée est évidemment atteinte avec la découverte des acrobaties de l'entreprise Whirlpool, déjà rendue célèbre pas ses récents plans sociaux qui ont fourni à E. Macron une des premières occasions de se mettre en avant. Des ouvriers découvrent ainsi qu'après – ou avant, ou pendant – qu’elle (...) Lire la suite »
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Pathétique et inquiétante prestation que la leçon de choses à vocation « pédagogique » du président Macron dimanche 15 octobre.

Macron premier de cordée

Gérard COLLET
Cette longue interview, très conventionnelle pour le marcheur que vous êtes, a offert aux commentateurs une de ces formules conçue pour faire leurs choux gras. Ils ne s'en sont pas privés. Mais hélas, c'est une métaphore bien malheureuse et bien pauvre, que cette histoire de cordée que vous inventâtes dimanche soir. Figure de style qui a certes pour vous le mérite de ressusciter la mystique du Guide. Mais comment diable avez-vous pu vous fourvoyer dans cette impasse ? Votre si beau cerveau l'a-t-il improvisée derechef en plateau, ou aucun de vos conseillers n'a-t-il jamais grimpé en cordée ? Voilà des errements que votre concurrent malheureux [1] vous aurait aisément évités, lui qui tutoie les cimes quand les affaires lui en laissent le temps. Car enfin, ni vous ni vos communicants n'ont donc réalisé à quel point il est difficile, hasardeux et à double tranchant de lancer des cailloux sur le premier de cordée ? Les lois de la gravitation sont plus tenaces que celles de l'économie... Laissons cela, (...) Lire la suite »

De l’état d’urgence et du maintien d’une société injuste

Gérard COLLET
Ainsi donc l'été n'a pas porté conseil à M. Macron et à son gouvernement, et la nouvelle Assemblée Nationale a adopté en juillet la sixième prolongation de cet état d'exception, passant outre les nombreuses réticences et oppositions exprimées tant par des juristes que par des associations défendant les libertés publiques (Libération, 6 juillet 2017). Qui plus est, la « version consolidée de la Loi relative à l'état d'urgence, qui traduit les intentions du nouveau pouvoir de sortir de l'état d'urgence tout en conservant des mesures exceptionnelles (Le Figaro, 8 juin 2017) recèle des conditions d'application permettant une très large interprétation : « atteintes graves à l'ordre public » ; « événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique »... (Légifrance, 27 août 2017). On sait d'ailleurs que les dispositions en vigueur ont avant tout permis de restreindre la liberté de manifester. Les perquisitions de nuit, souvent violentes et humiliantes, et les assignations à résidence, (...) Lire la suite »

Les petits soldats du journalisme nous racontent la manif de la France Insoumise

Gérard COLLET
Samedi 23 septembre, place de la Bastille, c'est la manif de « La France Insoumise ». J'y suis avec mon frère ; le soleil inonde Paris, et la place bruit de joie. En bons provinciaux, nous sommes tout de suite impressionnés par la densité, par la foule innombrable... mais qui sera évidemment dénombrée avec des intentions diverses. Combien ? demandons nous à nos voisins, pas parisiens non plus et pas habitués à estimer les rendez-vous de la capitale. Ils ne savent pas. Pour avoir tout de même une vague idée, nous comptons « au pifomètre » le nombre de gens sur un mètre dans toute la largeur de la chaussée à l'entrée du Bd. Beaumarchais, cela en fait une bonne centaine. Je sors le GPS : la longueur du boulevard dépasse 1km, et les drapeaux se voient jusqu'au point où le boulevard fait un angle, continuent au delà... 100 000 personnes sans compter celles qui s'entassent sur la place elle même... On piétine sur place, ce qui laisse le temps de voir, d'écouter, de parler. Et ce qu'on voit, ce qu’on (...) Lire la suite »
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Pou La fusée Ariane pa Dékolé

Gérard COLLET
Les mouvements sociaux dans le département de Guyane, nous dit-on, auraient fait perdre à l'entreprise Arianespace des millions d'euros... A combien se chiffrent les pertes financières pour le spatial depuis le début de la crise sociale en Guyane ? Dimanche 26 mars, le directeur général délégué du Cnes, Joël Barre, avait donné ../.. le chiffre de « 500 000 euros engagés par jour » (Source : https://www.guyaweb.com/toutes/pertes-spatiales/) Ainsi voilà que dans ce département se côtoient l'innovation technologique de pointe et le retard social, les profits du futur et les reliquats de colonialisme attardé. Et voilà que la société Arianespace découvre, en affectant de ne pas le comprendre, en quoi ses succès sont dépendants de l'état social du département où elle opère, de la capacité de l'État à protéger ses « intérêts ». Voilà qu'il devient évident que l'un ne peut avancer sans l'autre. Qu'on ne peut lancer des satellites aux profits juteux et rêver d'exploiter le ciel et qui sait la planète Mars ou quelque (...) Lire la suite »

Le temps perdu ne se rattrape pas

Gérard COLLET
Le scénario politique hallucinant qui se déroule sous nos yeux, camouflé sous les décors lumineux et les discours souvent policés des studios de télévision, semble atteindre un point culminant où un candidat largement discrédité par ses pratiques douteuses et son appât du gain et désormais mis en examen, n'hésite pas en mettre en cause publiquement et sans preuve le président de la République lui-même. Brûlant tous ses vaisseaux dans sa frénésie d'ambition personnelle, il parachève sans le moindre doute la destruction du paysage politique tout en sabordant son propre parti dont il révèle les atermoiements et les calculs mesquins. Dans le même temps, les mêmes sordides prospectives ravagent le parti adverse où la panique s'installe et dont les membres les plus éminents n'hésitent pas à trahir l'engagement de la primaire qu'ils avaient présentée comme une si grande avancée. Si ce n'était pas si tragique, on rirait de la marque « La Belle Alliance Populaire ». Mais à vrai dire, ce cataclysme était en germe dès (...) Lire la suite »
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Ils se sont appropriés les concepts, les « solutions », les mots et jusqu’aux hommes de droite

Comment le PS a apporté sa pierre à la « trumpisation » de la France

Gérard COLLET

Ainsi donc la grande affaire de cette fin d’année, en France même, est de commenter, d’analyser doctement, de tenter de comprendre le phénomène Trump. Et bien entendu d’en tirer des leçons savantes pour l’Hexagone et de faire mine de s’inquiéter de la contagion.

Même si ce « phénomène » n'était au fond pas si imprévisible, comme l'atteste la lucidité de ceux qui ont bien voulu se pencher sur la bouilloire politique qu'a créée la fracture sociale abyssale des États Unis [22]. La stupéfaction, au fond, ne semble provenir que de l'aveuglement des média dominants et d'un « politiquement correct », qui en faisant d'Hillary Clinton LA candidate évidemment souhaitable, n'a probablement fait que renforcer les thèses de l'outsider improbable. Alors, puisqu'il est de bon ton de faire le parallèle catastrophiste entre les EU et la France, voyons donc comment la « Gauche » gouvernante a su nous prémunir du risque. A l'heure ou les factions éclatées du PS moribond se débattent encore, et où Manuel Valls feint de nous mettre en garde contre la mort possible de la gauche, on peut risquer un résumé de l'action du gouvernement en particulier et du PS en général au cours de ce quinquennat, et en imaginer les conséquences sur la légitimité du politique en France. Non pas en une (...) Lire la suite »
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Toute la faute à Daech ?

Gérard COLLET
Dix-huit mois se sont écoulés depuis que le coup de tonnerre de Charlie Hebdo a secoué la France. Depuis cette date, tout et le contraire a été dit quant aux causes, aux conséquences, aux parades possibles. Tout a été dit par les politiques, par les Grandes Plumes, par les intellectuels organiques et les experts en tout. Et dans les sphères influentes, chacun a tenté de s'approprier la terrible suite d'événements et d'en tirer le meilleur parti. Cette instrumentalisation a été faite parfois de manière si grossière que le plus simplet des électeurs ne s'y est pas trompé ; cela a été fait jusqu'à l'indécence, au point que politiques et éditorialistes aux ordres y ont laissé leurs dernières onces de crédibilité. Pendant tout ce temps, il a fallu chercher avec obstination pour trouver des points de vue s'écartant de la doxa. Pourtant cette débauche de commentaires et analyses laisse un goût bizarre. Une impression malsaine comme si au fond l'on était, malgré toutes ces contributions, passé à côté de l'essentiel, (...) Lire la suite »

Refusons la marche à la guerre

Gérard COLLET
2014 : Innombrables commémorations de la Grande Guerre, multiples interrogations. Les plus jeunes, ébahis et incrédules, se demandent comment une telle ineptie funeste à été possible. La croient d'un autre siècle. Mais les commémorations, devenues rituelles, ne sont que pures conventions et ne délivrent qu’une version aseptisée et consensuelle. L'histoire officielle qu’elles véhiculent n'aide en rien à comprendre la mécanique qui a broyé l’Europe et ses peuples. Dans le pire des cas elle présente la guerre comme un grand malheur, une fatalité, et conclue que « plus jamais ça ». Mais elle ne précise pas plus jamais quoi. Dans le meilleur, elle mentionne la responsabilité des gouvernants, plus rarement celle des militaires et de l'état major. Si elle rappelle parfois les rôles de Jean Jaurès, de Rosa Luxembourg, rarement elle approfondit leurs arguments politiques, et presque jamais ne souligne la justesse et la clairvoyance de leur lutte. Il faut chercher soi-même les discours de Vaise et du Pré Saint (...) Lire la suite »
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