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Auteur : Jean-Claude PAYE

Gilets jaunes : Le RIC ou la « parabole des aveugles ».

Jean-Claude PAYE
La question de la représentation est devenue centrale dans le discours des gilets jaunes, alors qu’au départ, seules des revendications salariales, la défense du pouvoir d’achat, (« pouvoir remplir le frigo ») étaient émises par les manifestants. Le Référendum d’Initiative Citoyenne s’est progressivement imposé à travers les médias. Ainsi, le pouvoir est parvenu à occulter les priorités des manifestants, en faisant de la représentation la condition pour pouvoir entendre leurs voix. S’opère ainsi une opération de déplacement, de la lutte salariale à une demande de réforme de légitimation du pouvoir. Le déplacement, en ce qui concerne la nature des revendications, permet un renversement de celles-ci en leur contraire. Elle permute une lutte sur le salaire, une lutte politique qui s’attaque directement aux nouveaux mécanismes d’exploitation, en une revendication de réforme de l’État qui, en ouvrant la possibilité à un renforcement du pouvoir, vide le caractère de contestation sociale du mouvement. Résultat de (...) Lire la suite »
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Guerre économique ou « guerre absolue » ?

Jean-Claude PAYE
Dans le texte précédent « Impérialisme contre super-impérialisme [15] », nous avons soutenu que, en désindustrialisant le pays, le super-impérialisme étasunien avait affaibli la puissance des USA en tant que nation. Le projet initial de l’administration Trump était de procéder à une reconstruction économique sur une base protectionniste. Deux camps s'affrontent, celui porteur d’un renouveau économique des USA et celui en faveur d'une conflictualité militaire de plus en plus ouverte, option qui semble être principalement portée par le parti démocrate. La lutte, entre les Démocrates et la majorité des Républicains, peut ainsi être lue comme un conflit entre deux tendances du capitalisme étasunien, entre celle porteuse de la mondialisation du capital et celle prônant une relance du développement industriel d’un pays économiquement déclinant. Ainsi, pour la présidence Trump, le rétablissement de la compétitivité de l’économie US est prioritaire. La volonté de son administration d’installer un nouveau (...) Lire la suite »

Etats-Unis : Impérialisme contre ultra-impérialisme.

Jean-Claude PAYE
La dernière réforme fiscale US, promulguée le 22 décembre 2017, s’inscrit en droite ligne des précédentes : elle procède à une redistribution de richesses vers les revenus les plus élevés. Les contribuables les plus riches, représentant 1 % du total, ceux déclarant un revenu supérieur à 500.000 dollars, verront leurs impôts diminuer de 60 milliards de dollars par an, autant que 54 % des américains, ceux gagnant entre 20.000 et 100.000 dollars. Ceux qui ont un revenu compris entre 100.000 et 500.000 dollars bénéficieront d’une baisse de 136 milliards de leurs impôts. Ces contribuables représentent 22,5 % de la population taxable, le même nombre que ceux qui gagnent moins de 20.000 dollars et qui ne pourront se partager que 2,2 milliards, c’est à dire 0,15 % des rentrées fiscales. [32] Quant à la taxation des profits internationaux des multinationales, elle s’aligne sur les procédures européennes. Elles ne seront désormais imposées que sur leurs revenus américains et non plus mondiaux. L’objectif est que ces (...) Lire la suite »

La « fin de l’histoire » ou le temps messianique.

Jean-Claude PAYE
En l'absence de tout questionnement, la « fin de l'histoire », théorisée par Fukuyama, [39] le « choc des civilisations, » mis en avant par Samuel Huntington, [40] comme la notion de violence originaire réhabilitée par René Girard, apportent une réponse sur le devenir d'une société régie par l'image. Ces notions sont complémentaires. La première opère un déni de toute négativité, donc de tout devenir. La seconde indique le chemin à suivre pour d'obtenir une telle finalité : transformer les conflits politiques en guerres d'images, c'est à dire en hostilité des civilisations et en guerres de religions. Quant à la sacralisation présente de la violence, elle nous indique un retour de nos sociétés vers l'idolâtrie. Le « temps qui reste ». Les prédications de la fin de l'histoire et de la guerre des civilisations forment une religion civile faisant écho à l'emprunte théologique du fondateur du christianisme, Paul de Tarse. Ces visions sécularisées post-modernes s'inscrivent dans la perspective paulinienne du temps (...) Lire la suite »

Que rien ne change, pour que tout change !

Jean-Claude PAYE
L’élection du candidat « anti-système » Emmanuel Macron, au poste de président de la République, ne révolutionne pas le système, ni les « valeurs » politiques. Les réformes présentées s’inscrivent dans une tendance existante depuis des dizaines d’années, telle l’absence de toute alternative possible à la mondialisation libérale. Cette politique est consacrée par la primauté des marchés et des organisations internationales sur les politiques nationales, ainsi que par la volonté d’être, en même temps, de gauche et de droite , une modernisation du « ni gauche, ni droite » de la « troisième voie », déjà en partie adopté par les partis continentaux. Surtout, cette élection finalise une crise aiguë de la représentation partisane. L’organisation des primaires enlevait déjà aux membres d’un parti la possibilité de désigner leur candidat. En outre, nombre de dirigeants socialistes réclamaient le démantèlement de leur propre parti. L’effondrement du système de représentation politique, ainsi que sa « réorganisation » par le (...) Lire la suite »

Macron : La fin du système des partis.

Jean-Claude PAYE
La déclaration d’Emmanuel Macron, se présentant comme le candidat « anti-système », a surpris les Français, car il avait été nommé secrétaire général adjoint auprès du Président Hollande en 2012, puis ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Manuel Valls II en 2014. Il n'a d'ailleurs démissionné de cette dernière fonction que pour avoir les mains libres, afin de se présenter à l'élection présidentielle. Cette auto-désignation nous dit cependant quelque chose d'important sur l'évolution de la structure politique. Que E. Macron se sépare du régime des partis politiques comme mode de gouvernance du pays est une évidence. Pourtant, cette prise de distance, vis à vis des partis constitués, ne fait pas de lui un candidat anti-système, car le « système » qui se met en place n’est plus celui des partis, mais bien celui d’une gouvernance politique directe des États nationaux par les acteurs économiques dominants et les structures politiques internationales. D’ailleurs l’intervention de l’« (...) Lire la suite »

Belgique. Etat d’exception sans état d’urgence.

Jean-Claude PAYE
La « lutte contre le terrorisme » bouleverse en permanence l’environnement juridique. En Belgique, ce 1er décembre 2016, la Chambre vient, dans l’indifférence générale, d’adopter la loi « modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme », une législation qui accentue fortement la subjectivation du droit. En détachant l'incrimination de la matérialité de l'acte, les législations antiterroristes constituent une rupture dans l'écriture du droit pénal. Il s'agit moins de s'attaquer à des faits qu'à des intentions. Toute l'évolution législative va consiter à abstraire toujours d'avantage l'objet véritable de l'incrimination du terrorisme, son élément intentionnel, d'en faire une chose en soi détachée de la réalité des faits. C'est dans cette perspective, de mise en place d’incriminations politiques, qu'il faut lire les notions successives de participation, de préparation ou d'incitation « indirecte » au terrorisme, en Belgique ou dans tout autre pays membre de l'Union européenne. Le 13 et 15 (...) Lire la suite »

Les pleins pouvoirs du président étasunien ?

Jean-Claude PAYE
Après des élections étasuniennes, dont les résultats ont créé la surprise chez la plupart des observateurs, le moment est opportun de rappeler de quels pouvoirs réels dispose le président des Etats-Unis. Suite à cet évènement, opposé à leurs attentes, de nombreux « analystes », après avoir fait une campagne unilatérale contre Donald Trump ont tenté de se rassurer, en stipulant que les prérogatives du président des Etats-Unis sont strictement limitées par la Constitution et que, ainsi, celui-ci « n’a pas tous les pouvoirs [100] ». Cette perception d’une séparation rigoureuse des pouvoirs aux Etats-Unis pourrait s’appuyer sur le fait que, contrairement aux pays membres de l’Union européenne, l’institution parlementaire est formellement valorisée. Valorisation de l’image du pouvoir législatif étasunien. En opposition aux pays membres de l’Union européenne, l’institution parlementaire apparaît davantage mise en avant. Ainsi, des membres du Congrès peuvent être directement associés aux négociations d’accords (...) Lire la suite »

Stress tests des banques européennes : la méthode Coué ?

Jean-Claude PAYE
Le 29 juillet, après la fermeture des marchés américains, l’Autorité bancaire européenne a remis les résultats du « stress test » administré aux banques de l’UE, afin de mesurer leur vulnérabilité en cas crise. Elle a divulgué des données sur 51 banques européennes, représentant 70% des actifs bancaires du vieux continent. La Banque centrale européenne (BCE) a quant à elle passé au crible 56 autres établissements de la zone euro, sans dévoiler les résultats du test. L’Autorité bancaire ne s’est pas prononcée si chacun des établissements testés pourrait résister à une dégradation brutale de l’environnement économique. L’étude n’est pas suivie d’injonctions adressée aux banques défaillantes. Les données sont simplement transférées aux autorités de supervision, la Banque centrale européenne et les autorités nationales. Cette série de tests est la troisième depuis la crise financière de 2008 qui avait nécessité le renflouement, sur fonds publics, de banques dans plusieurs pays de l’Union européenne. Cette fois, les tests ne (...) Lire la suite »
France : installation d’un Etat policier. 4ième partie

Etat d’urgence : une compulsion de répétition.

Jean-Claude PAYE
Les prolongations de l’état d’urgence se succèdent à la suite d’une série d’attentats. Le nouvel état d’exception, justifié par un massacre précédent, est pourtant incapable de faire face aux nouvelles tueries. C’est pourtant son efficacité présupposée qui justifie chaque prolongation, installant, à chaque fois, de nouvelles mesures attentatoires aux libertés. Dans les faits, les dispositifs liberticides ne suivent pas les massacres, mais anticipent largement ceux-ci. Les premières mutations du code pénal et de procédure pénale, permettant de soumettre les citoyens français à dispositions relevant du contre-espionnage, c’est-à-dire à des mesures qui autrefois étaient réservées aux ennemis du pays, datent du début des années 2000. Une compulsion de répétition. La Loi d’Orientation et de Programmation de la Sécurité Intérieure (LOPSI 1) de 2002 donne déjà à la police l’accès, à distance, aux données conservées par les opérateurs et les fournisseurs d’accès Internet, et annulent le contrôle judiciaire. Vont se (...) Lire la suite »
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