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Auteur : Jean-Claude PAYE

Coronavirus : Pandémie ou le retour du grand Pan.

Jean-Claude PAYE, Tülay UMAY
Au cours des deux dernières décennies, les publications médicales n’utilisaient pas la notion de pandémie. Dans le cas du Covid-19, ce terme a été introduit par l’OMS, en date du 11 mars 2020. L’organisation sanitaire avait alors déclaré que « la Covid-19 pouvait être qualifiée de pandémie », ajoutant « qu’il s’agit de la première pandémie causée par un coronavirus [1] . » Ce choix permet de lui donner un caractère de démesure, d’exceptionnalité. Dans le cas du coronavirus, l’existence immédiatement mondiale de la maladie, a permis de créer une confusion entre sa sévérité et son ampleur, entre le mot et la chose. La métonymie, le déplacement d’un mot à un autre, de celui d’épidémie à pandémie, ne permet pas d’observer la réalité, mais de « convoquer le réel », afin de le mettre au service d’une mutation contrôlée de la société. Ce déplacement fabrique la chose qui nous regarde dans notre intimité : la pandémie. A travers ce cadrage, les objets se chargent d’une inquiétante étrangeté : nous ne percevons plus les objets, mais (...) Lire la suite »
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Coronavirus : Une mutation anthropologique.

Jean-Claude PAYE, Tülay UMAY
La notion d’état d’urgence juridique nous est familière. Elle fait partie de notre vie depuis une vingtaine d’années, que l’état d’urgence ait été déclaré comme en France ou qu’il résulte simplement d’une transformation constante du droit pénal détruisant, au nom de la « lutte contre le terrorisme », l’essentiel des libertés collectives et individuelles. Ce processus, ayant pour objet la suppression de l’État de droit, a été nommé « état d’urgence permanent ». A cette transformation, au niveau du droit, s’ajoute aujourd’hui une notion « d’état d’urgence sanitaire ». Ici, dans l’état d’urgence sanitaire, le droit n’est pas suspendu, ni même supprimé, il n’a plus lieu d’être. Le pouvoir ne s’adresse plus à des citoyens, mais seulement à des malades ou à des porteurs potentiels de virus. Lorsque le droit est suspendu dans l’état d’urgence ou supprimé dans le cadre de la dictature, sa place demeure, même si elle reste inoccupée. Dans « l’état d’urgence sanitaire », c’est sa place même qui disparaît. Le droit n’est plus simplement (...) Lire la suite »
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Gilets jaunes : Le RIC ou la « parabole des aveugles ».

Jean-Claude PAYE
La question de la représentation est devenue centrale dans le discours des gilets jaunes, alors qu’au départ, seules des revendications salariales, la défense du pouvoir d’achat, (« pouvoir remplir le frigo ») étaient émises par les manifestants. Le Référendum d’Initiative Citoyenne s’est progressivement imposé à travers les médias. Ainsi, le pouvoir est parvenu à occulter les priorités des manifestants, en faisant de la représentation la condition pour pouvoir entendre leurs voix. S’opère ainsi une opération de déplacement, de la lutte salariale à une demande de réforme de légitimation du pouvoir. Le déplacement, en ce qui concerne la nature des revendications, permet un renversement de celles-ci en leur contraire. Elle permute une lutte sur le salaire, une lutte politique qui s’attaque directement aux nouveaux mécanismes d’exploitation, en une revendication de réforme de l’État qui, en ouvrant la possibilité à un renforcement du pouvoir, vide le caractère de contestation sociale du mouvement. Résultat de (...) Lire la suite »
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Guerre économique ou « guerre absolue » ?

Jean-Claude PAYE
Dans le texte précédent « Impérialisme contre super-impérialisme [49] », nous avons soutenu que, en désindustrialisant le pays, le super-impérialisme étasunien avait affaibli la puissance des USA en tant que nation. Le projet initial de l’administration Trump était de procéder à une reconstruction économique sur une base protectionniste. Deux camps s'affrontent, celui porteur d’un renouveau économique des USA et celui en faveur d'une conflictualité militaire de plus en plus ouverte, option qui semble être principalement portée par le parti démocrate. La lutte, entre les Démocrates et la majorité des Républicains, peut ainsi être lue comme un conflit entre deux tendances du capitalisme étasunien, entre celle porteuse de la mondialisation du capital et celle prônant une relance du développement industriel d’un pays économiquement déclinant. Ainsi, pour la présidence Trump, le rétablissement de la compétitivité de l’économie US est prioritaire. La volonté de son administration d’installer un nouveau (...) Lire la suite »

Etats-Unis : Impérialisme contre ultra-impérialisme.

Jean-Claude PAYE
La dernière réforme fiscale US, promulguée le 22 décembre 2017, s’inscrit en droite ligne des précédentes : elle procède à une redistribution de richesses vers les revenus les plus élevés. Les contribuables les plus riches, représentant 1 % du total, ceux déclarant un revenu supérieur à 500.000 dollars, verront leurs impôts diminuer de 60 milliards de dollars par an, autant que 54 % des américains, ceux gagnant entre 20.000 et 100.000 dollars. Ceux qui ont un revenu compris entre 100.000 et 500.000 dollars bénéficieront d’une baisse de 136 milliards de leurs impôts. Ces contribuables représentent 22,5 % de la population taxable, le même nombre que ceux qui gagnent moins de 20.000 dollars et qui ne pourront se partager que 2,2 milliards, c’est à dire 0,15 % des rentrées fiscales. [66] Quant à la taxation des profits internationaux des multinationales, elle s’aligne sur les procédures européennes. Elles ne seront désormais imposées que sur leurs revenus américains et non plus mondiaux. L’objectif est que ces (...) Lire la suite »

La « fin de l’histoire » ou le temps messianique.

Jean-Claude PAYE
En l'absence de tout questionnement, la « fin de l'histoire », théorisée par Fukuyama, [73] le « choc des civilisations, » mis en avant par Samuel Huntington, [74] comme la notion de violence originaire réhabilitée par René Girard, apportent une réponse sur le devenir d'une société régie par l'image. Ces notions sont complémentaires. La première opère un déni de toute négativité, donc de tout devenir. La seconde indique le chemin à suivre pour d'obtenir une telle finalité : transformer les conflits politiques en guerres d'images, c'est à dire en hostilité des civilisations et en guerres de religions. Quant à la sacralisation présente de la violence, elle nous indique un retour de nos sociétés vers l'idolâtrie. Le « temps qui reste ». Les prédications de la fin de l'histoire et de la guerre des civilisations forment une religion civile faisant écho à l'emprunte théologique du fondateur du christianisme, Paul de Tarse. Ces visions sécularisées post-modernes s'inscrivent dans la perspective paulinienne du temps (...) Lire la suite »

Que rien ne change, pour que tout change !

Jean-Claude PAYE
L’élection du candidat « anti-système » Emmanuel Macron, au poste de président de la République, ne révolutionne pas le système, ni les « valeurs » politiques. Les réformes présentées s’inscrivent dans une tendance existante depuis des dizaines d’années, telle l’absence de toute alternative possible à la mondialisation libérale. Cette politique est consacrée par la primauté des marchés et des organisations internationales sur les politiques nationales, ainsi que par la volonté d’être, en même temps, de gauche et de droite , une modernisation du « ni gauche, ni droite » de la « troisième voie », déjà en partie adopté par les partis continentaux. Surtout, cette élection finalise une crise aiguë de la représentation partisane. L’organisation des primaires enlevait déjà aux membres d’un parti la possibilité de désigner leur candidat. En outre, nombre de dirigeants socialistes réclamaient le démantèlement de leur propre parti. L’effondrement du système de représentation politique, ainsi que sa « réorganisation » par le (...) Lire la suite »

Macron : La fin du système des partis.

Jean-Claude PAYE
La déclaration d’Emmanuel Macron, se présentant comme le candidat « anti-système », a surpris les Français, car il avait été nommé secrétaire général adjoint auprès du Président Hollande en 2012, puis ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Manuel Valls II en 2014. Il n'a d'ailleurs démissionné de cette dernière fonction que pour avoir les mains libres, afin de se présenter à l'élection présidentielle. Cette auto-désignation nous dit cependant quelque chose d'important sur l'évolution de la structure politique. Que E. Macron se sépare du régime des partis politiques comme mode de gouvernance du pays est une évidence. Pourtant, cette prise de distance, vis à vis des partis constitués, ne fait pas de lui un candidat anti-système, car le « système » qui se met en place n’est plus celui des partis, mais bien celui d’une gouvernance politique directe des États nationaux par les acteurs économiques dominants et les structures politiques internationales. D’ailleurs l’intervention de l’« (...) Lire la suite »

Belgique. Etat d’exception sans état d’urgence.

Jean-Claude PAYE
La « lutte contre le terrorisme » bouleverse en permanence l’environnement juridique. En Belgique, ce 1er décembre 2016, la Chambre vient, dans l’indifférence générale, d’adopter la loi « modifiant le code pénal en ce qui concerne la répression du terrorisme », une législation qui accentue fortement la subjectivation du droit. En détachant l'incrimination de la matérialité de l'acte, les législations antiterroristes constituent une rupture dans l'écriture du droit pénal. Il s'agit moins de s'attaquer à des faits qu'à des intentions. Toute l'évolution législative va consiter à abstraire toujours d'avantage l'objet véritable de l'incrimination du terrorisme, son élément intentionnel, d'en faire une chose en soi détachée de la réalité des faits. C'est dans cette perspective, de mise en place d’incriminations politiques, qu'il faut lire les notions successives de participation, de préparation ou d'incitation « indirecte » au terrorisme, en Belgique ou dans tout autre pays membre de l'Union européenne. Le 13 et 15 (...) Lire la suite »

Les pleins pouvoirs du président étasunien ?

Jean-Claude PAYE
Après des élections étasuniennes, dont les résultats ont créé la surprise chez la plupart des observateurs, le moment est opportun de rappeler de quels pouvoirs réels dispose le président des Etats-Unis. Suite à cet évènement, opposé à leurs attentes, de nombreux « analystes », après avoir fait une campagne unilatérale contre Donald Trump ont tenté de se rassurer, en stipulant que les prérogatives du président des Etats-Unis sont strictement limitées par la Constitution et que, ainsi, celui-ci « n’a pas tous les pouvoirs [134] ». Cette perception d’une séparation rigoureuse des pouvoirs aux Etats-Unis pourrait s’appuyer sur le fait que, contrairement aux pays membres de l’Union européenne, l’institution parlementaire est formellement valorisée. Valorisation de l’image du pouvoir législatif étasunien. En opposition aux pays membres de l’Union européenne, l’institution parlementaire apparaît davantage mise en avant. Ainsi, des membres du Congrès peuvent être directement associés aux négociations d’accords (...) Lire la suite »
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