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Auteur : Marco TERUGGI

Comment les communes font face à la guerre de l’alimentation au Venezuela

Marco TERUGGI
Un samedi matin. Loin des informations nationales et des chaînes de télévision, la commune s’organise pour réaliser un marché communal dans la partie haute du quartier de Lidice à Caracas. Plus on monte sur la colline, plus les maisons, les infrastructures et les revenus deviennent modestes. Il en est de même dans toute la capitale, dont le centre a été réservé à la minorité des classes supérieures et moyennes ; les grands quartiers populaires, eux, ont été construits sur les hauteurs, avec des maisons les unes au-dessus des autres, des escaliers étroits, des labyrinthes, et pas mal d’efforts. D’en haut, on voit presque tout Caracas. Le marché est installé dans le secteur de Nuestra Señora del Rosario, organisé par la Commune Socialiste des Hauts de Lidice. Ce samedi est inauguré le second marché communal. C’est un des principaux paris qui motivent les hommes et les femmes membres de la commune, en ces temps de guerre des prix, de guerre économique et de blocus financier international contre le Venezuela. (...) Lire la suite »

Venezuela : entre bluff et intervention extérieure (Pagina12)

Marco TERUGGI

La relative normalité qui règne à la frontière colombo-vénézuélienne a de quoi déconcerter L’hypothèse d’une intervention militaire des responsables US et de l’opposition vénézuélienne semble de plus en plus crédible. « Les jours de Maduro sont comptés », a déclaré le secrétaire d’État Mike Pence

San Antonio, frontière avec la Colombie - Il y a quelque chose qui cloche quand on examine la situation du 24 février à la frontière colombo-vénézuélienne. Il y a une « normalité anormale » qui ne cadre pas avec le scénario dessiné par les déclarations internationales et celles de la droite vénézuélienne. La distance est telle qu'une question claire se pose : soit on fait face à un énorme bluff, soit une intervention internationale est en préparation. « Les jours de Maduro sont comptés » , a déclaré Mike Pompeo, secrétaire d'État US ; Marco Rubio, sénateur de Floride, a tweeté une image de Muamar Khadafi souriant puis lynché, et Miguel Pizarro, du parti Justice d’abord, a déclaré dans une conférence de presse avec d'autres forces d'opposition qu’on est en train de vivre « un dénouement, une étape finale ». En suivant le fil des déclarations, il n’y aura pas de marche arrière dans l'assaut. Les portes de la négociation ne seront pas ouvertes, « ils usurpent le pouvoir, il n'y a rien à négocier, il n'y a pas (...) Lire la suite »

Venezuela : Le jour J, les camions n’ont pu entrer (Pagina12)

Marco TERUGGI

Malgré le déploiement permanent d’affrontements sur les ponts Bolívar et Santander, l’opposition, outre une tentative d’occupation de l’aéroport de San Antonio désactivé, a cherché à faire un usage politique de l’aide humanitaire.

Ureña, Táchira, Venezuela - Le 23 février, jour de l'entrée annoncée de l'aide humanitaire au Venezuela, est arrivé et s'est terminé. Les prévisions apocalyptiques ne se sont pas réalisées, Nicolás Maduro n'est pas tombé, Juan Guaidó est resté à Cúcuta, le pays n'est pas entré dans une confrontation hollywoodienne. Haute tension ? Oui, en particulier dans la zone frontalière qui sépare les deux pays par trois ponts sur une rivière presque à sec : Simón Bolívar, Tienditas, et Santander. D'un côté la Táchira, les villes de San Antonio et Ureña, de l'autre le Nord de Santander, avec la ville de Cúcuta. La journée a commencé tôt avec ce qui était attendu : une pression frontale avec impact médiatique sur les ponts. Les actions ont eu des moments d'euphorie, due par exemple au fait qu'une poignée de membres de la Garde nationale bolivarienne (GNB) ont décidé de rejoindre les troupes de Trump-Rubio-Duque-Guaidó. L'euphorie s'est dissipée et au fil des heures, la certitude s'est installée que ni les gens ni les camions (...) Lire la suite »

Le président 2.0 (Pagina12)

Marco TERUGGI
Le 30 janvier 2019 a confirmé le caractère inédit du champ où se trouve le Venezuela : une nuée de caméras du monde entier à la recherche du “président de transition Guaidó” dans une ville qui aurait dû déborder de sympathisants pour voir exaucé leur désir de voir le “nouveau président” se trouver là où il devrait être, c’est-à-dire au Palais Présidentiel de Miraflores. La réalité, une fois de plus, a déconcerté ceux qui y croyaient : quelques poignées – littéralement – de manifestants circonscrits aux quartiers riches et une courte apparition de Guaidó entouré d’une cinquantaine de personnes, à l’Hôpital de l’Université Centrale, entouré par un peu moins d’une centaine d’étudiants et de professeurs en médecine, vieux antagonistes des politiques de santé gratuite pour la majorité sociale. Les journalistes des grands médias se regardaient sans comprendre. Tout ça pour ça ? Les médias ont dû se contenter de quelques plans serrés. Après quoi Guaidó a écrit sur son compte Twitter : “Aujourd’hui #30Janvier, nous, vénézuéliens, (...) Lire la suite »
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Quelle forme aurait une intervention militaire nord-américaine au Venezuela ? (Hasta el Nocau)

Marco TERUGGI
Les États-Unis jouent plusieurs cartes simultanément. Ils parient sur l’une ou l’autre selon l’évolution du scénario, en fonction du résultat du jeu. Ils n’en écartent aucune, même celle qui pourrait sembler la plus lointaine : l’intervention militaire. Donald Trump lui-même s’est chargé de l’annoncer, personnellement et en direct pour le monde entier. La question serait : pourquoi en cet instant du conflit ? Les élections du 30 juillet ont porté un coup à l’accumulation de force insurrectionnelle par la droite. Il s’est agi d’une égalisation du chavisme, d’une reprise d’initiative, comme un boxeur dans les cordes qui rebondit en portant un direct à son adversaire et restabilise le combat. Avec un avantage évident : la subjectivité. Celui qui sentait qu’il allait gagner s’est retrouvé déconcerté, démoralisé. La droite se voyait déjà – du moins sa base y croyait – en train de prendre le pouvoir, dans un déploiement qui semblait ne pas avoir de limite. Il n’a fallu que deux semaines pour qu’elle perde la rue, (...) Lire la suite »

La droite vénézuélienne : cartographie d’une défaite (Hasta el Nocau)

Marco TERUGGI
A cette heure, la droite vénézuélienne devrait, selon ses calculs, se trouver dans un tout autre rapport de forces : elle devrait soit être installée au palais présidentiel de Miraflores, soit en pleine installation d’un gouvernement parallèle accompagné de manifestations de masse et d’une violence civile, voire militaire, accrues. En initiant les violences qui ont fait 130 morts elle avait fait le pari du tout ou rien, du maintenant ou jamais ! Et la voici qui se retrouve à se déchirer sur la voie à suivre pour essayer de survivre et de renaître dans les urnes après ces 100 jours de déchaînement. Ce massacre, étrangement imputé au président Maduro par les médias (1) aurait donc pu être évité : il lui suffisait de rester dans le champ démocratique et dans le calendrier électoral. Qu’est-il arrivé à cette droite ? Ce qui lui arrive d’habitude : une erreur d’analyse. Surestimation de ses propres forces, sous-estimation des chavistes, mauvaise lecture de l’état d’esprit de la population, mauvais calculs des (...) Lire la suite »

Brûler la nourriture : nouvelle tactique de la bataille des trente jours (hasta el nocau)

Marco TERUGGI
Le spectacle est désolant : des colis et des colis de nourriture brûlée. Du beurre, des pâtes, de la viande, du sucre fondus, du lait, du riz, calcinés par tonnes entières. Entre 50 et 60 au total sur les 180 tonnes qui étaient entreposées là quand, dans la nuit de jeudi dernier, deux individus sont entrés dans un dépôt du Mercal (magasin d’alimentation à bas prix de l’État) à Lecheria et y ont mis le feu. C’était le plus grand dépôt de l’État de Anzoategui. L’incendie a duré près d’une heure. Ils sont repartis en laissant derrière eux le bâtiment incendié et trois tags : « sales chavistes », « plus de famine » et « vive Leopoldo » (1). On savait que ce bâtiment était un objectif militaire pour la droite. Pas seulement celui de Mercal, mais aussi ceux de Pdval et du Centre d’approvisionnement Bicentenaire (autres systèmes publics d’alimentation à bas prix, NDLR) déjà attaqués avec des cocktails Molotov. Cette fois-ci, ils ont partiellement atteint leur objectif de détruire l’entrepôt tout entier dans le cadre d’une (...) Lire la suite »

La violence vue de l’intérieur dans un quartier chic de Caracas (La Tabla)

Marco TERUGGI
Ils ne sont pas plus de quatre cents. Ils se divisent en trois : l’avant-garde cherche la confrontation avec la police ; une masse fluctuante court vers les cordons de sécurité quand ils semblent gagner le bras de fer et recule en quatrième vitesse quelques secondes après, face aux gaz lacrymogènes ; et l’arrière-garde qui observe, suce des glaces à l’eau, discute, commente le show qui se déroule. Pour eux ce n’en est pas un : il s’agit d’une bataille contre la dictature qui les réprime. Ils en sont convaincus, ils se sentent dans un « trip » épique, héros du film diffusé jour après jour dans les télés privées de l’opposition, majoritaires au Venezuela. Sans se rendre compte qu’il est en direct, un journaliste d’une chaîne vénézuélienne parle aux manifestants de droite : « aidez-nous, criez des choses ! » : http://www.telesurtv.net/news/Periodista-exige-en-vivo-a-opositores-gr... L’organisation spatiale est la suivante : l’arrière-garde se situe aux environs de la place, sur l’avenue principale ; la masse (...) Lire la suite »

Pour qui vient du sud de l’Amérique avec les morts enterrés dans l’estomac, il faut se contenir en écoutant les fils de la bourgeoisie de Caracas crier « dictature » (La Tecl@ Eñe)

Marco TERUGGI
Non, le Venezuela n’est pas une grande barricade. Ce n’est pas non plus la multitude qui a envahi Caracas. Les médias mentent. Depuis que jeudi dernier a commencé la dénonciation mondiale d’un supposé « coup d’Etat » de Maduro, la ville est pareille à elle-même. Les rues sont les rues de toujours, puissantes, si caraquègnes. Au point qu’on apprenait l’existence du « coup d’Etat » à travers des messages qui parvenaient du dehors, alors que tout était comme d’habitude dans le Centre, autour de l’Assemblée Nationale, du palais présidentiel de Miraflores. Y a-t-il eu ou non un coup d’Etat ? Juridiquement parlant, non. Le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) a émis une sentence sur une Assemblée Nationale (AN) entrée dans l’illégalité parce qu’elle veut maintenir de force trois députés élus de manière frauduleuse, dont la majorité de droite issue des législatives de 2016 a annoncé à plusieurs reprises qu’elle allait en finir avec le président Nicolás Maduro, et qui a tenté en octobre 2016 d’imiter un coup d’État (...) Lire la suite »