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Interview de l’artiste cubain que Plantu essaya d’instrumentaliser

Angel Boligan : «  Mes histoires et mes dessins d’humour sont universels et intemporels » (Rebelion)

LGS : En janvier 2011, Plantu commet un dessin insinuant que la fille de Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c’est pareil. Devant le tollé, assez général, Plantu explique alors qu’il reproche à JLM d’avoir refusé de qualifier Cuba de dictature. Et il met Mélenchon au défi de rencontrer Angel Boligan, dessinateur cubain « réfugié au Mexique », alors présent en banlieue parisienne pour une exposition internationale de dessins organisée par Plantu. (lire ici). Parce que le Grand Soir et ses lecteurs n’ont pas forcément la mémoire courte, voici une interview récente de l’artiste où on constate que Plantu s’est (encore) planté.

Au cours d’une interview exclusive qu’il a accordée à Clarà­n.cl, à ngel Boligán (1965) nous parle du dessin d’humour à Cuba et de ses souvenirs de l’Europe de l’Est. «  Est prédominant le style des dessinateurs qui s’expriment sans avoir recours aux paroles, qui ont recours à la métaphore et qui conçoivent le dessin d’humour comme une sorte de poésie, qui disent tout conceptuellement, sans avoir recours au cliché de la bande dessinée. J’ai été influencé par l’école de l’Europe de l’Est, cependant, à Cuba, nous avons adapté ce modèle à notre style caribéen ». Par ailleurs, Boligán reconnaît : «  Le Mexique est un grand pays du dessin d’humour en raison du grand nombre de bons dessinateurs depuis l’époque de Guadalupe Posada, el Chango Cabral et Abel Quezada. J’avais 13 ans lorsque j’ai connu les grands dessinateurs latino-américains : Palomo, Quino, Fontanarrosa, Rius, Naranjo, Helioflores et Kemchs  ».

M. C. " Où as-tu appris à dessiner aussi joliment ?

A. B. " Je suis né à San Antonio de los Baños, une petite ville qui se situe à 45 kilomètres de La Havane, connue, à Cuba, comme «  La vigne de l’humour » ; les principaux dessinateurs d’humour de Cuba sont nés à San Antonio de los Baños ; en 1979, on y a fondé le premier Musée International de l’Humour, la Biennale et un Festival international du Dessin d’Humour. J’avais 13 ans lorsque j’ai commencé à fréquenter le Musée et j’ai connu les grands dessinateurs latino-américains : Palomo, Quino, Fontanarrosa, Rius, Naranjo, Helioflores et Kemchs  ; depuis tout petit, j’ai été en contact avec le dessin d’humour.

Avec le temps, je me suis rendu compte qu’il faut être très observateur et beaucoup travailler ; on ne vient pas au monde avec un style déterminé ; on crée son style en chemin, avec un mélange de ce qu’on prend chez d’autres dessinateurs et avec ce qu’on apporte de sa propre récolte ; le style ce n’est pas seulement le trait, mais c’est aussi la manière de dire les choses ; c’est ainsi que j’ai créé un profil pour m’exprimer graphiquement et un concept ; un bon dessin d’humour est un équilibre entre la forme et le contenu.

M. C. " Quand as-tu adopté cette technique qui te fait utiliser l’aquarelle et le crayon ?

A. B. " A Cuba, j’ai étudié les Arts Plastiques ; ma formation a été plus académique que chez beaucoup de mes confrères ; je ne me considère pas comme journaliste " contrairement à beaucoup de dessinateurs d’humour, au Mexique ", je me considère comme un artiste plasticien dans le cadre du journalisme ; j’ai toujours aimé étudier le graphisme ; j’ai fait de la peinture à l’huile ; et aussi de la sculpture et de la céramique ; j’ai étudié toutes les disciplines de l’École des Beaux Arts pour obtenir un diplôme d’artiste plasticien. L’aquarelle est la technique que j’ai sentie la plus proche de mon style pour dessiner ; avec le temps, je lui ai incorporé la technologie du photoshop  ; sans doute, l’aquarelle a-t-elle la spontanéité et la transparence dont j’ai besoin pour m’exprimer.

M. C. - J’imagine que le blocus dont Cuba est victime a limité ton accès à des bandes dessinées et à des livres d’art graphique ; quelles influences ont agi sur l’humour graphique cubain ?

A. B. - Depuis le début, le Musée de l’Humour a bénéficié de donations, pour la plupart provenant des dessinateurs de presse des pays de l’Europe de l’Est " spécialement de l’Union Soviétique, de Bulgarie, de Tchécoslovaquie " nous avions une grande quantité de documentation, de revues et de livres des collègues du bloc socialiste. Le style prédominant dans les concours de dessins d’humour c’est celui des dessinateurs qui ont un art de dire les choses sans paroles ni textes, ceux qui utilisent la métaphore et conçoivent le dessin d’humour comme une sorte de poésie, qui disent tout conceptuellement, sans avoir recours au cliché de la bande dessinée. C’est cette influence qui m’a marqué et qui aujourd’hui fonctionne ; peut-être suis-je le seul dessinateur d’humour, au Mexique, qui n’a pas recours aux bulles avec texte ni aux dialogues entre les personnages ; l’influence vient de l’école de l’Europe de l’Est ; cependant, à Cuba, nous l’avons adaptée à notre style caribéen.

M. C. Le dessinateur «  Ahumada » n’utilise pas non plus de dialogues ; je me souviens que le dessinateur de presse «  Patricio » m’a dit : «  Boligán et Ahumada sont des poètes graphistes »…

A. B. J’aime énormément ce que fait Ahumada. C’est difficile d’être fidèle à ton style et à ton concept, parce que les lecteurs des journaux, au Mexique et en Amérique Latine, sont habitués, devant un dessin d’humour, à chercher aussitôt les dialogues pour comprendre la blague. Ahumada est un maître dans la bande dessinée poétique ; il n’est peut-être pas le dessinateur le plus populaire au Mexique, parce qu’ici on aime le double sens, le papotage et la critique politique ; je crois que, lui et moi, nous personnifions une voie différente ; nous sommes une alternative ; il n’est pas facile d’essayer de dire les choses sans paroles.

M. C. - Quand es-tu arrivé au Mexique ?

A. B. - En 1992 ; Kemchs était le président de l’Association des Dessinateurs de Presse du Mexique et il m’avait invité à participer à une exposition au Musée du Dessin de Presse du District Fédéral ; Kemchs publiait dans El Universal  ; il me demanda de lui rendre le service de l’accompagner à la rédaction où il allait remettre son dessin ; nous sommes montés dans le bureau de Paco Ignacio Taibo I " à l’époque responsable de la Section Culture ", il nous présenta et Paco Taibo me posa des questions sur mes dessins " je les avais avec moi pour l’expo " et je lui en laissai deux copies. Le lendemain, Kemchs m’apporta, à l’hôtel, le numéro de El Universal avec mon dessin publié ; je me souviens que Paco Taibo me questionna sur mon séjour au Mexique ; je lui dis que je pensais rester un mois ; c’est donc à cause de Kemchs et de Paco Taibo que j’ai commencé à travailler à El Universal. En 1992, Cuba vivait la «  période spéciale », moi, j’avais 25 ans et, à Cuba, il y avait peu d’espace pour publier, par contre, le Mexique offrait mille possibilités et c’est comme ça que depuis 19 ans je suis au Mexique.

M. C. - Tu as sympathisé immédiatement avec les dessinateurs de presse mexicains ? Avez-vous été sur la même longueur d’onde humoristique dès votre première rencontre ?

A. B. - Je connais Rius depuis que j’avais 13 ans. C’est moi qui le conduisais à la plage, à ses moments de loisir, durant la Biennale du Dessin d’Humour ; je n’avais aucune idée de l’importance ni du parcours de Rius  ; pour moi c’était un ami mexicain ; Quino était simplement l’Argentin et Palomo le Chilien. Le Mexique est un très grand pays du dessin de presse à cause du très grand nombre de bons dessinateurs depuis l’époque de Guadalupe Posada, de El Chango Cabral et d’Abel Quezada. Lorsque je suis arrivé au Mexique, j’ai connu les autres dessinateurs, mais j’avais déjà des liens d’amitié avec certains ; au début, ça n’a pas été facile pour moi parce qu’ici le dessin d’humour est essentiellement politique, avec peu d’espaces pour l’humour blanc ; et puis je ne comprenais pas l’argot mexicain… il me manquait aussi la connaissance de bon nombre de faits antérieurs de la vie politique mexicaine. Aujourd’hui, je me considère comme un artiste ; je n’ai de conflit avec personne ; je m’entends parfaitement avec les autres dessinateurs d’humour.

M. C. - As-tu acquis la nationalité mexicaine ? T’est-il arrivé d’avoir des ennuis en vertu de l’application de l’Article 33 ?

A. B. - Oui, j’ai la nationalité mexicaine. Au début, je faisais attention. Les éditeurs et les collègues me mettaient en garde et me disaient qu’un étranger ne pouvait pas exprimer d’opinions politiques " selon ce que stipule l’Article 33 " sous peine d’être expulsé. Cet Article 33 de la Constitution de l’État Mexicain est absurde parce qu’un journaliste n’a pas de frontières et, en outre, si je paye des impôts au Mexique, j’ai le droit d’avoir une opinion.

M. C. - Avais-tu déjà connu un rassemblement de dessinateurs de presse aussi important que celui qui s’est fait autour de la campagne «  NO+sangre » («  jamais + 2 sang ») ?

A. B. - Le Mexique est l’héritier d’une grande tradition dans ce sens-là  ; la campagne «  No + Sangre » a eu un retentissement inouï ; à une cadence déterminée, à l’initiative de Rius ou de Naranjo, nous proposons que tous les dessinateurs de presse introduisent en même temps une tache noire dans leur dessin " pour évoquer la mort d’un journaliste - mais cette fois le «  No + Sangre  » a dépassé les frontières et c’est devenu un symbole international ; l’idée est venue de Rius et le dessin est d’Alejandro Magallanes et nous l’avons propagé nous tous qui travaillons dans la revue El Chamuco ; le «  No + Sangre  » a donné le ton ; il y a peu de temps, j’étais en Hollande et toutes les questions tournaient autour de la portée du «  No + Sangre  ».

M. C. - Que représente pour toi El Chamuco ? Je te pose cette question parce que sa ligne est à 99 % politique. El Chamuco ouvre son espace aux dessinateurs de presse qui sont censurés dans les journaux qui ont une diffusion nationale…

A. B. - El Chamuco est un espace libre ; là il n’y a pas de limites. Il existe une ligne imaginaire en deçà de laquelle on a une crédibilité et si on franchit cette ligne étroite on court le risque de perdre sa crédibilité ; l’excès de liberté peut créer des doutes chez le lecteur ; par exemple, si je veux critiquer une décision du gouvernement de Felipe Calderon, je cherche une idée précise qui ruine avec force cette décision du gouvernement, mais si je fais ressortir seulement que Calderon est laid, de petite taille et qu’il boit, je peux perdre ma crédibilité. C’est ce qui arrive avec les dessinateurs de presse cubains qui sont à Cuba et avec nos compatriotes de Miami ; ceux de Cuba dessinent l’impérialisme laid et ceux de Miami dessinent Fidel Castro encore plus laid ; des deux côtés, ils se cantonnent à un concours de haine ; moi je suis dans une situation qui me permet de «  voir les taureaux depuis la barrière » (de me situer en marge de la bagarre) ; je peux exprimer un avis et dire des choses avec force sans tomber dans l’insolence ou les attaques personnelles.

Mon espace bi-hebdomadaire dans El Chamuco est une bande dessinée philosophique et métaphorique ; je crois que la vie est en train de changer à cause de la mondialisation et de la société de consommation ; il faut que nous soyons vigilants parce que le système néolibéral a l’intention de nous embrouiller et de nous faire perdre nos repères ; si je me contentais d’épingler la phrase du député Machin ou du candidat du jour pour faire un dessin qui ne fonctionne qu’un seul jour " parce que demain le sujet ne sera plus d’actualité " il me semble que je ferais un dessin jetable et c’est cela que veulent tous les éditeurs pour les espaces d’opinion graphique : «  Dessine-moi quelque chose sur la déclaration du député Untel ou du candidat Truc ». Ahumada et moi, nous traitons d’autres sujets qui n’en sont pas moins des éditoriaux parce que nous nous exprimons sur les nouvelles technologies, sur le comportement social ; nous critiquons aussi la manipulation par la publicité pour nous faire acheter les produits des supermarchés ou les candidats dorés sur tranche.

M. C. - Précisément, tes dessins sont intemporels. Vas-tu en présenter une anthologie pour les Editions El Chamuco ?

A. B. - Nous n’en avons pas discuté ; ça pourrait se faire ; ça me plairait beaucoup ; j’aime les défis ; j’aime briser ce qui est interdit, faire la différence. Je ne dessinais pas beaucoup de bandes dessinées ; j’ai commencé dans El Chamuco avec des dessins politiques, mais je me suis rendu compte que je me répétais ; c’était monotone parce que nous disions tous la même chose ; nous pensions pareil sur la politique. J’ai essayé de faire des bandes dessinées sur des sujets universels ; à ce jour, j’ai fait 80 bandes intemporelles et universelles qui peuvent être publiées dans n’importe quel pays et n’importe quand. J’aime bien aussi déjouer la censure au moyen de la métaphore ; ça me plaît d’affronter les difficultés. J’aime les défis.

M. C. - Pendant plusieurs années tu as travaillé pour la chronique de Carlos Monsivais ; ça ne te manque pas de ne plus illustrer la chronique dominicale de Monsi, dans El Universal ?

A. B. - Oui. Ca a été une expérience merveilleuse ; j’avais l’habitude de dessiner une vignette pour la chronique de Monsivais, mais le contact ne fut pas toujours direct avec Monsi ; il m’envoyait son article ; j’aimais beaucoup le lire parce que Monsi écrivait d’une façon folle et métaphorique. Mon illustration ne répétait pas ce que le texte disait ; j’aimais chercher l’essence et que mon dessin, par lui-même, dise quelque chose. Monsivais m’inspirait beaucoup. Quelquefois j’ai eu l’occasion de lui parler au téléphone pour avoir son commentaire.

J’aime illustrer des reportages parce que j’ai ensuite la liberté du «  pied forcé » " comme nous disons à Cuba à propos du dizain " parce qu’à partir d’une phrase imposée tu construis ton dizain ; en plus je ne suis pas obligé de m’en tenir au classique carré " en termes de verticales et d’horizontales " si je veux sortir du cadre, je peux dessiner une main qui s’allonge ou de gigantesques roues de bicyclette, c’est ensuite le problème du concepteur graphique de caler le texte en fonction de mes dessins (rires) ; de cette façon, la page a plus de fraîcheur, elle a plus de mouvement. El Universal de Méjico a reçu plusieurs prix de graphisme décernés par la Société Internationale de la Presse, l’an dernier ; El Universal a remporté 8 distinctions de dessin graphique avec des illustrations de moi.

M. C. - Tu aimerais illustrer un texte ou un poème de quel auteur ?

A. B. - D’Eliseo Alberto. Nous étions amis. Pour moi, ça aurait été merveilleux d’illustrer la prose de Lichi. Mais lui il travaillait dans Milenio Diario. Ils sont tellement nombreux ceux avec qui j’aimerais collaborer. Sans aucun doute ma liste commence avec Gabriel Garcà­a Márquez.

M. C. - A Cuba, on t’invite à publier tes dessins d’humour dans la presse écrite ou bien sur le site internet de La Jiribilla  ?

A. B. - J’entretiens les meilleures relations du monde avec Cuba. Le problème c’est l’espace ; il y a beaucoup d’excellents dessinateurs de presse à Cuba et très peu d’espace disponible pour le dessin d’humour ; Gramma, c’est pratiquement seulement 8 petites pages. Sur les sites internet, oui, je peux publier ; l’an dernier j’ai réalisé la page d’accueil pour le Caiman Barbudo  ; on m’invite surtout à publier sur le site La Jiribilla ; je participe aussi à des expositions, à Cuba " en avril, j’ai exposé avec Ares " et, pour la première fois, j’ai participé à une expo de peinture de la UNEAC (UNION NATIONALE DES ÉCRIVAINS ET ARTISTES DE CUBA). Ca faisait trente ans que je ne peignais pas une toile ; le sujet imposé était le thème de l’humour ; alors, ravi, j’ai envoyé une toile pour l’expo collective.

M. C. - Avec quelle fréquence dessines-tu dans des revues étrangères ? Je te pose cette question parce que j’ai vu le portrait de Javier Sicilia que tu as publié dans Courrier International.

A. B. - Je suis membre de la Agencia Cagle Cartoons (Los Angeles, Californie) et depuis 2003, ils y ont créé un espace pour des dessinateurs d’Amérique Latine. A Cagle Cartoons ils ont 2.000 dessins de moi qui sont distribués à la presse latine aux États-Unis, en Asie et en Europe. Par ailleurs, je suis en contact avec la revue Courrier Internatinal et Courrier Portugal  ; parfois ils me demandent des collaborations exclusives " comme c’est le cas avec le portrait de Javier Sicilia " sporadiquement, ils me demandent des illustrations depuis le Brésil ; il n’y a pas de fréquence déterminée. En outre, au Mexique, nous avons fondé Cartón Club, la première Agence Latino-américaine de Dessinateurs de Presse ; nous voulons rassembler les dessinateurs les plus importants du continent et proposer ainsi notre travail en bloc.

M. C. - Jamais tu n’as ressenti un attachement plus particulier envers un personnage tel qu’il t’ait donné l’envie d’écrire son histoire quotidienne ?

A. B. - N’oublie pas qu’à San Antonio de los Baños il y a deux personnages : El Bobo (Le Niais) " créé par Eduardo Abela " qui critiquait la dictature de Machado et, par la suite, El Loquito (Le Foldingue), créé par René de la Nuez " qui critiquait la dictature de Batista et qui soutenait, en sous-main, le Mouvement du 26 Juillet. Ces deux personnages, El Bobo et El Loquito, sont immortalisés, avec chacun son monument, à l’entrée de San Antonio de los Baños. Je n’ai pas le devoir de créer des personnages du fait que je suis né à San Antonio de los Baños ; s’il leur arrive de voir le jour par la suite ce sera sans pression ; j’ai des noms pour des personnages, mais je sens que cela m’enfermerait dans un créneau ; il faut rester libre de penser et de créer ; j’ai peur de créer un personnage parce que ça me conduirait à me répéter ; si tu observes bien, dans mes bandes dessinées du Chamuco, il y a un type avec une tête minuscule, un petit chapeau et un complet veston, c’est peut-être un personnage, mais je ne veux pas lui donner un nom parce qu’il est le peuple, la société ; il est chacun de nous.

M. C. - Pour finir, sur quel projet travailles-tu ? Ou bien es-tu homme à te contenter de faire un seul dessin par jour ?

A. B. - Je fais tellement de choses ! Je dessine deux fois par semaine pour El Universal ;en plus, parfois, on me demande de couvrir l’espace de Naranjo et de Helioflores. Je fais aussi des illustrations pour des occasions spéciales, dans la Section Internationale ; ma prochaine collaboration aura lieu le 13 août pour l’anniversaire de Fidel Castro. Parallèlement, je fais la bande dessinée de la quinzaine pour El Chamuco et je travaille dans 3 revues mensuelles : Life & Style, Conozca más (Connaissez plus) et dans la Revue du Consommateur, et je collabore dans une publication bimestrielle de l’Institut Technologique Autonome du Mexique : Foreign Affairs Latinoamérica ; je participe aussi à un grand nombre de concours internationaux ; c’est un moyen de se tenir au courant et de savoir ce que font les collègues dessinateurs du monde entier. Je ne me limite pas à ce qui est local ; je crois que les dessinateurs d’humour nous n’avons plus de frontières ; prochainement, je vais faire mes débuts à La Nación d’Argentine.

Mario Casasús

Rebelión/Clarà­n de Chile

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=133597

Traduction M. Colinas pour le Grand Soir

EN COMPLEMENT : le site d’Angel Boligan http://www.boligan.com/

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