RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher
Libye

Tarikh al-Sudan

Sa Gracieuse Majesté Élisabeth II, reine d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande du Nord, va envoyer ses sujets à Benghazi pour initier au maniement des armes les pieds nickelés incapables de manier un mousquet et qui veulent faire la révolution en Libye. De son côté, en plus de l’envoi en Libye de conseillers militaires auprès de la rébellion, la France de Nicolas Sarkozy va intensifier ses tirs aveugles au sein de populations servant de chair à canon (bouclier humain) à un régime qu’elles adorent malgré elles.

L’Organisation de l’Atlantique nord, cette Otan- « machin » de de Gaulle, se désole ainsi de ne pouvoir faire plus auprès d’otages humains qu’elle ne voudrait pas inutilement massacrer ; car, dans leur aveuglement paradigmatique, les croisés n’ont aucune culture pour faire le départ entre un campement, un camp militaire, une caserne, un cercle mess, un État-major, un poste de commandement, une résidence privée, un bivouac, ... Enfin, l’Organisation des Nations-Unies (Onu) vient de reconnaître l’illégalité des activités menant à la résolution 1973 en négociant avec le Premier ministre d’un État membre, la Libye, un corridor humanitaire pour exfiltrer les étrangers pris entre deux feux sur le terrain des opérations ; elle s’était subrogée de facto à l’autorité libyenne dans la jouissance de sa souveraineté nationale en fermant le ciel, la mer et la terre à Khadafi et à certains chefs d’États africains interdits de vol dans l’air, un mois plus tôt. Tous refusent cependant d’être fou à la place des aliénés en tergiversant sur la nécessité ou pas d’envoyer des troupes au sol, ce qui serait purement et simplement assimilé à une invasion, à tout le moins à une guerre de reconquête de la part d’anciens spécialistes de l’occupation de territoires extérieurs.

Il n’empêche que le vaudeville actuel aboutit à une partition de fait de la Libye séparée d’est en ouest, avec Benghazi comme capitale libérée et unique ville, Misrata, au pire, et Ajdabiya, avec quelques enclaves confiées aux traditionnels chefs de guerre qui peuplent le désert libyen.

La soudanisation de la Libye répond à une logique d’asservissement sans fin des anciennes colonies ; elle consistera à renforcer les chefferies guerrières traditionnelles qui occuperont chacune une portion de terre, comme dans le Moyen-âge. La Somalie post-Siad Barré, le Soudan de l’après-Nimeiry en sont les exemples africains les plus patents où l’on se guerroie depuis plus de vingt ans, en plus de cette guerre oubliée de l’Ogaden. La même technique est mise en branle en Afghanistan. Le procédé est vieux qui est connu en Afrique avec les protectorats qui ont précédé la conquête de la fin du XIX ème siècle précédés qu’ils ont été par des « accords » qui étaient en fait le mariage de la carpe et du lapin.

Mais l’Occident chrétien en lutte ainsi en terres islamisées ne se rend pas compte que cette vassalisation n’est pas sans conséquence sur la déstructuration du tissu socio-économique local avec ce cycle de crises sans fin accentuées par les difficultés de cohabitation religieuse de ce nid des entropies sociales qu’est le Proche-Orient. L’Europe en voie de dislocation avec la crise de l’euro caractérisée par les difficultés économiques de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande, de l’Espagne, doit être nécessairement la porte d’entrée de démunis du pourtour méditerranéen appauvris par cette sempiternelle guerre de reconquête revêtue du sceau des Nations-unies qui vaut couverture pour pays du Nord dans leur recolonisation du Tiers-monde de naguère revenu sous une nouvelle forme de pays émergents et autres préciosités. Autrement dit, à la violence féroce et aveugle d’hommes à la recherche de la force, du sang des pauvres à aspirer tels des vampires, répondra l’intelligence nègre qui laissera alors l’émotion à l’Hélène dominé dans ses propres terres.

Les réflexions stratégiques entamées depuis plus de cinquante ans ont abouti ces derniers jours à cette Arlésienne de la reconnaissance, par une partie de l’Europe, d’un État palestinien. Mahmoud Abbas en a discuté le 21 avril à Paris, dans la tournée qu’il a entamée à cet effet, et qui devrait nous amener au tournant d’Auteuil dans ce saut d’obstacles autour d’une terre balkanisée, morcelée, emmurée, détachée de cette logique d’occupation des sols avec une bande à part, une capitale divisée en Jérusalem Est et Ouest et sans cohérence d’ensemble autre que des limites évanescentes de 1967 et dont les populations seront les éternels serfs des domaines des seigneurs juifs.

Le Soudan anglo-saxon était surtout connu par la belligérance anglo-saxonne avec la rencontre de Fachoda ; il n’est pas l’histoire du Soudan français (actuel Mali) rendu célèbre en 1655 par Abd al-Sadi à propos de l’empire Songhaï. La chronique de ce nouveau Soudan que sont la Libye et l’hypothétique État palestinien n’est pas encore achevée.

Par Pathé MBODJE
Journaliste, sociologue

URL de cet article 13472
  

Même Thème
Libye, OTAN et médiamensonges
Michel COLLON
Les « armes de destruction massive », ça n’a pas suffi ? Le martyre de l’Irak, frappé d’abord par les médiamensonges et ensuite par les bombes, on n’en a pas tiré les leçons ? Non, on n’en a pas tiré les leçons. On sait que les Etats-Unis ont menti sur le Vietnam, l’Irak, la Yougoslavie, l’Afghanistan et Gaza, mais on croit que cette fois-ci, sur la Libye, ils disent la vérité. Etrange. La majorité de nos concitoyens croient encore ce que l’Otan a raconté sur la Libye. Y compris les Arabes car cette fois, (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Lorsque l’on tente, comme ce fut le cas récemment en France, d’obliger une femme à quitter la Burqa plutôt que de créer les conditions où elle aurait le choix, ce n’est pas une question de libération mais de déshabillage. Cela devient un acte d’humiliation et d’impérialisme culturel. Ce n’est pas une question de Burqa. C’est une question de coercition. Contraindre une femme à quitter une Burqa est autant un acte de coercition que l’obliger à la porter. Considérer le genre sous cet angle, débarrassé de tout contexte social, politique ou économique, c’est le transformer en une question d’identité, une bataille d’accessoires et de costumes. C’est ce qui a permis au gouvernement des Etats-Unis de faire appel à des groupes féministes pour servir de caution morale à l’invasion de l’Afghanistan en 2001. Sous les Talibans, les femmes afghanes étaient (et sont) dans une situation très difficile. Mais larguer des "faucheuses de marguerites" (bombes particulièrement meurtrières) n’allait pas résoudre leurs problèmes.

Arundhati Roy - Capitalism : A Ghost Story (2014), p. 37

Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
23 
"Un système meurtrier est en train de se créer sous nos yeux" (Republik)
Une allégation de viol inventée et des preuves fabriquées en Suède, la pression du Royaume-Uni pour ne pas abandonner l’affaire, un juge partial, la détention dans une prison de sécurité maximale, la torture psychologique - et bientôt l’extradition vers les États-Unis, où il pourrait être condamné à 175 ans de prison pour avoir dénoncé des crimes de guerre. Pour la première fois, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, parle en détail des conclusions explosives de son enquête sur (...)
11 
La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.