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« Brocko » devrait y arriver mais des doutes persistent

L’ « extranéité » d’Obama, l’ « effet Bradley », synonymes de racisme, et les fraudes électorales sont les lourdes inconnues qui pèsent sur la victoire attribuée par les sondages au candidat afro-américain. Seule la catastrophe économique des bushevics avec les banksters pourront contrebalancer ces inconnues et démentir la néfaste hypothèse d’une présidence McCain

La crise économique et le dédain constaté après le 12 septembre pour la collusion notoire de l’administration Bush avec les banksters et les spéculateurs de Wall Street, qui ont continué à faire de l’argent à la pelle, pourront contrebalancer les lourdes inconnues qui pèsent sur la victoire de Barack Obama, donné comme favori à 48 heures du vote dans quasiment tous les sondages, avec un pourcentage de 5 à 8 %. Avec un afflux exceptionnel aux urnes présumé de 138 millions de votants (188 inscrits sur les listes électorales), sans ces inconnues, la majorité du vote populaire pour le candidat afro-américain pourrait atteindre les 11 millions de suffrages : s’il est vrai qu’il s’agit d’élections présidentielles seules dans 50 états différents, plus le district de la Colombie, avec le filtre d’un collège électoral national, une majorité de ce genre devrait avoir une représentativité plus ou moins déterminante dans quasiment tous les Etats dits clé : c’est-à -dire ceux qui ont le plus grand nombre de grands électeurs, comme la Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Tennessee, la Virginie et ceux de moindre poids comme l’Iowa et d’autres du Sud profond et du Midwest passés dans le camp républicain.

L’inconnue la plus grave, celle qui motive depuis une année le pessimisme de l’auteur de ces lignes sur une probable et néfaste victoire d’un candidat républicain névrosé, mentalement instable et guerroyeur et, malgré les récentes distances qu’il a prises récemment avec Bush, ultraconservateur, cette inconnue reste celle du racisme, camouflé par les mass medias et par les sociologues et psychologues étasuniens de renom sous des dénominations diverses. Comme celle d’ « effet Bradley », du nom du maire afro-américain de Los Angeles qui, donné comme ultra favori des sondages grâce aux consensus progressistes dans la course pour le gouvernorat de Californie, fut ensuite battu de façon fracassante dans les urnes.

L’autre terme est celui de « plus étranger » ou « externe » et « moins américain », et il ne s’agit pas d’une définition fictive ou de commodité : elle est fondée sur une recherche psychosociologique menée par l’université de San Diego, et par celle de Chicago : la recherche conduite selon la méthode connue d’association psychologique et réalisée en grande partie chez des milliers d’étudiants plutôt tendance Obama, a produit des résultats pour le moins surprenants. A la question si le candidat afro-américain leur semblait plus étranger ou moins américain qu’une Hillary Clinton et qu’un John McCain ils ont répondu par l’affirmative, en admettant que même le britannique Tony Blair était jugé dans leur subconscient plus américain et moins étranger que Barack Obama. Révélant ainsi que la couleur du sénateur de l’Illinois et non pas sa descendance kenyane avait prévalu dans leurs orientations.

Le préjugé racial n’a pas été effacé ou dilué par les sentences de la Haute Cour et par les interventions des présidences Kennedy et Johnson dans les années 50 et 60 sur l’intégration scolaire, sur la liberté de vote, sur l’accès des minorités aux postes de travail selon des quotas. Pendant les 7 derniers lustres ces réformes ont été remplacées, si ce n’est abrogées de façon fulgurante, par le « gerrymandering » ou remodelage des collèges électoraux au détriment des afro-américains ; par des obstacles ad hoc sur leur accès aux urnes, par l’exclusion du droit de vote, surtout dans les Etats du Sud, de millions de citoyens de couleur qui avaient purgé des peines mineures, ou avaient été poursuivis pour violations du code de la route. Et enfin, contre l’intégration scolaire on a proclamé les droits de la liberté de choix des écoliers blancs pour des institutions blanches, de même que dans le domaine de l’emploi ont été effacés les quotas en tant qu’ils étaient discriminatoires à l’égard du droit au travail des blancs eux-mêmes.

Barack Obama, ou Brocko comme l’appellent affectueusement ses plus fidèles disciples, est naturellement conscient de ces discriminations de jure et de facto, qui sous des forme plus triviales et violentes ont caractérisé l’histoire des Etats-Unis pendant les quatre cents dernières années ; il a pourtant adopté une position super partes dans sa campagne électorale, à la différence des autres candidats afro-américains à la Maison-Blanche comme Jesse Jackson et Shirley Chrisholm, et même par Martin Luther King dans sa radicalisation juste avant sa mort. Il a assuré qu’il ne représentait plus ou pas exclusivement les intérêts de son ethnie mais ceux de toute la collectivité à l’enseigne d’une catharsis nationale rendue nécessaire par les dévastations sociales, économiques et internationales commises par l’administration Bush, pendant les huit dernières années, et qu’un éventuelle administration McCain-Palin prolongerait pour quatre autres années au moins.

On peut souhaiter que cette stratégie lui réussisse dans les prochaines 48 heures, même si elle l’a amené, et pas seulement en politique étrangère et militaire, sur des positions pas très différentes de celles de Cheney, Bush & Co. Pour les minorités d’une gauche progressiste (liberal) ou radicale, il ne s’agit pas d’ignorer ces carences de la candidature d’Obama mais d’évaluer le 4 novembre les catastrophiques conséquences d’une arrivée à la Maison Blanche de son adversaire républicain.

L’autre, et non des moindres, inconnue est celle des fraudes électorales qui en 2000 et en 2004 ont déterminé la victoire frauduleuse de Bush, réalisant le dessein de Carl Rove selon lequel la domination américaine (étasunienne, NdT) allait perdurer à n’importe quel prix pour un siècle si ce n’est un millénaire. Les scandales en Floride, dans l’Ohio, et d’autres Etats, ont conduit à la création de commissions bipartites destinées à éviter hypocritement non pas tant les embrouilles, qui ne sont jamais dénoncées officiellement, que les erreurs qui ont fait surface dans le plus récent passé dans le comptage des voix. Cette fois en tout cas les démocrates ont essayé de se mettre à l’abri avec la mobilisation des électeurs pour le vote anticipé qui a amené aux urnes pendant cette dernière semaine 20 millions de citoyens en majorité surtout de tendance obamienne, avec l’embauche, cette fois salariée, de milliers de conseillers juridiques prêts à dénoncer les entraves posées à l’accès des bureaux de vote contre des électeurs démocrates, contre des afro-américains, et hispaniques ; ainsi que les mainmises des systèmes électroniques de vote qui, dans de nombreux cas ces derniers jours, ont dévié sur McCain les suffrages du candidat démocrate.

On peut souhaiter que ces correctifs aient les effets désirés même s’il est plus probable que ce sera la plus grave crise économique depuis 1929 qui induira les électeurs à tourner la page. Si ce n’était ces maudites inconnues qui pourraient redimensionner les voeux et les espoirs de la dernière heure…

LUCIO MANISCO

Lucio Manisco, journaliste, a été pendant plusieurs décennies correspondant aux Etats-Unis de grands titres de la presse italienne ; il a été en outre, récemment, député européen. Il vit à Rome où il avait fondé le quotidien du parti pour la Refondation Communiste, Liberazione, qu’il a ensuite quittés (parti et quotidien).

Voir http://www.luciomanisco.com/index.htm

Publié dimanche 2 novembre sur le site de Lucio Manisco, avec quelques photos et dessin :

http://www.luciomanisco.com/ultime/ultime_1.htm

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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