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C’est l’occupation, idiot ! (Tom Dispatch)

La nation qui sera peut-être membre de l’ONU est en train de disparaître

C’est un spectacle oublié par le temps et les hommes. On l’appelle l’Occupation et il est dans sa 45ème saison. Il se déroule dans un site à peu près grand comme l’état du Delaware ; il est largement dissimulé à la vue et les grands titres des journaux occidentaux portent sur tout autre chose. Des diplomates font la navette entre Washington et les capitales du Moyen-Orient ; l’alliance israélo-turc se rompt avec les déclarations hardies du premier ministre turc ; des foules envahissent l’ambassade israélienne en Egypte et les ambassadeurs israéliens fuient la capitale égyptienne et Amman, la capitale jordanienne ; et bien sûr, il y a la vedette, le clou du spectacle actuel, la campagne de l’Autorité Palestinienne pour la reconnaissance de l’état palestinien à l’ONU à laquelle l’administration d’Obama opposera son veto au Conseil de Sécurité.

Mais quoique fassent les Turcs, les Egyptiens et les Américains, quel que soit le succès symbolique de l’Autorité Palestinienne à l’ONU, l’occupation est toujours là et dans ce domaine — croyez-en quelqu’un qui vient de passer tout l’été en Cisjordanie — Israël n’est pas en train de perdre. Israël gagne la bataille, du moins celle qui importe le plus aux Palestiniens et aux Israéliens, la bataille pour le contrôle de chaque mètre carré de terrain. Centimètre par centimètre, le projet israélien d’expansion en Cisjordanie et à Jérusalem s’accélère pour que la "nation", que l’ONU reconnaîtra peut-être comme membre, soit chaque jour plus petite, moins viable et moins réelle.

Comment faire disparaître un pays

Chaque fois que je roulais d’une ville de Cisjordanie à un autre, de Ramallah à Jénine, d’Abou Dis à Jéricho, de Bethléem à Hébron, je jouais à un petit jeu : Est-ce que je pourrais rouler une minute sans voir un signe de l’occupation ? Parfois —disons, si je roulais dans un étroit passage entre les collines — c’était possible. Mais pas souvent. Dans presque tous les paysages, derrière presque tous les virages apparaissaient une colonie juive, un check-point israélien, une tour de garde de l’armée, un mur de béton, une barrière de barbelés avec des panneaux "zone interdite" ou quelques jeeps militaires avec des soldats qui arrêtaient des jeunes gens pour contrôler leurs papiers.

Le funeste "processus de paix" d’Oslo qui a émergé des accords d’Oslo de 1993 non seulement n’a pas empêché cette expansion mais il l’a favorisée. Depuis cette date, le nombre de colons israéliens en Cisjordanie a presque triplé pour arriver à plus de 300 000 — et ce chiffre ne tient pas compte des 200 000 colons juifs de Jérusalem Est.

Les Accords d’Oslo ratifiés par les Palestiniens et les Israéliens ont divisé la Cisjordanie en trois zones —A, B et C. A l’époque, l’Autorité Palestinienne pensait que ce serait une étape temporaire avant un état indépendant. Mais la situation est toujours la même aujourd’hui. La stratégie de facto israélienne a été et est toujours de laisser une liberté relative aux Palestiniens de la zone A autour des villes de Cisjordanie et de cadenasser la "zone C" — 60% de la Cisjordanie — pour en faire des colonies juives et des "zones réservées à l’armée" comme ils disent (La zone B est essentiellement une sorte de zone verte entre les deux). Cette stratégie implique la démolition de milliers de maisons "illégales" et l’arrestation régulière des villageois qui veulent simplement agrandir leurs maisons. Les restrictions sont imposées strictement et les violations sont sévèrement punies.

Quand je suis allé dans les collines du sud de Hébron à la fin de 2009, par exemple, les villageois n’avaient même pas le droit d’aplanir un chemin de terre impraticable pour que leurs enfants n’aient pas à faire 4 ou 5 km de marche pour aller à l’école chaque jour. Na’im al-Adarah du village de At-Tuwani a été durement sanctionné pour avoir transporté "illégalement" les enfants à l’école. Quelques semaines après ma visite, il a été arrêté et sa Toyota rouge a été saisie et détruite par les soldats israéliens. Il n’a même pas pris la peine d’aller s’en plaindre à l’Autorité Palestinienne — ceux-là même qui vont aujourd’hui à l’ONU pour déclarer un état palestinien — parce qu’ils n’ont aucun contrôle sur ce qui se passe en zone C.

Al-Adarah m’a dit qu’il avait vu un officiel palestinien une seule fois et c’est parce qu’il était allé le chercher à Ramallah avec d’autres villageois. (Le représentant de l’Autorité Palestinienne refusait de venir seul). "Il nous a dit qu’il ne savait pas que ce territoire (de la zone C) était à nous. Un ministre comme lui est surpris que nous possédions ces territoires ? Je lui ai répondu "Comment se peut-il qu’un ministre comme vous ne sache pas ça ? Vous êtes le ministre du gouvernement local !"

"C’est comme s’il ne savait pas ce qui se passe dans son propre pays" a ajouté al-Adarah. Tout le monde nous a malheureusement oubliés.

La stratégie israélienne de contrôle explique aussi le "besoin" d’un réseau de check-points ; le sinistre mur de séparation (pour les israéliens la "clôture de sécurité" et pour les Palestiniens le "mur de l’apartheid") qui sépare Israël de la Cisjordanie (et parfois les Cisjordaniens les uns des autres) ; les expulsions incessantes des Palestiniens des zones résidentielles comme Sheikh Jarrah à Jérusalem Est ; la révocation systématique des cartes d’identité de Jérusalem que détenaient autrefois des milliers de Palestiniens qui étaient nés dans la Ville Sainte ; et le labyrinthe des restrictions de déplacement qui maintient tant de Palestiniens enfermés dans les enclaves de Cisjordanie.

Israël justifie la plupart de ces mesures en terme de sécurité mais il est évident que le but principal est de s’approprier toujours plus de terre palestinienne. Le mur de séparation, par exemple, a mis 10% de la terre palestinienne du côté israélien — un cas typique "d’annexion sous couvert de sécurité" selon l’organisation des droits de l’homme israélienne B’tselem.

Prises toutes ensembles, ces mesures atteignent l’objectif du gouvernement israélien tel qu’il apparaît dans une série de cartes dressées par les politiciens, cartographes et militaires israéliens ces dernières années et qui montrent une Palestine découpée en îlots isolés les uns des autres (qu’on compare souvent aux "bantoustans" d’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid) sur seulement 40% de la Cisjordanie. A Oslo les Palestiniens on cru faire un compromis historique en acceptant un état sur 22% de la Palestine historique — c’est à dire la Cisjordanie et Gaza. La réalité d’aujourd’hui est une sorte de "solution de 10%", un ersatz d’état-Croupion sans souveraineté, sans liberté de mouvement, sans contrôle de sa terre, de son eau ni de son espace aérien. Les Palestiniens n’ont même pas le droit de creuser un puits vers la nappe phréatique qui est sous leurs pieds.

La vie au milieu des check-points, des routes condamnées par des blocs de pierre et des raids nocturnes

Il est un aspect toujours négligé dans toute cette ruineuse "solution de pas d’état" c’est le prix humain que paie les occupés. Je suis revenu de ce voyage en Palestine avec le sentiment que le dommage psychique que l’occupation militaire inflige aux Palestiniens a augmenté davantage que lors de mes nombreux séjours antérieurs.

"Le soldat a montré mon étui à violon. Il a dit : "Qu’est-ce que c’est que ça ?" m’a raconté Alá Shelaldeh, une fillette de 13 ans qui habite à Ramallah. Elle étudie à Al Kamandjati ("Le violoniste" en Arabique), une école de musique du voisinage (qui sera le sujet de mon prochain livre). Elle parlait d’un incident qui avait eu lieu trois ans auparavant quand la voiture pleine de jeunes musiciens dans laquelle elle se trouvait avait été arrêtée à un check-point israélien près de Naplouse. Ils revenaient d’un concert. "Je lui ai dit ’C’est un violon’. Il m’a dit de sortir de la voiture et de lui faire voir." Alá est descendue, a ouvert la fermeture éclair et a montré l’instrument au soldat. "Joue quelque chose" a-t-il insisté. Alá a joué "Hilwadeen" (Jolie fille) la chanson célèbre de la vedette libanaise Fayrouz. C’était un incident typique de la Palestine, un incident qu’elle n’a pas réussi — et qu’elle ne réussira peut-être jamais — à oublier.

Il est bien sûr impossible de calculer le dommage émotionnel sur le long terme de telles confrontations sur les enfants et les adultes, ni même sur les soldats israéliens, qui ne sont pas immunisés contre leurs propres actions.

L’humiliation aux check-points est un élément essentiel de la vie quotidienne des Palestiniens. Tous, même les enfants, peuvent décrire l’impuissance, la peur et la rage qu’ils ou elles ont ressenti en attendant qu’un tout jeune soldat décide s’ils pouvaient passer ou non. C’est devenu si normal qu’il y a des enfants qui croient que c’est ainsi que tout le monde vit sur la planète. "Je croyais que le monde entier était comme nous— qu’il était occupé, qu’il y avait des soldats", dit le grand frère d’Alá, Shehade qui a 20 ans.

A 15 ans j’ai été invité en Italie. "J’ai eu un choc en voyant comme on vivait là . On pouvait aller très très loin sans rencontrer un seul check-point. On voyait très très loin, il n’y avait pas de mur. J’étais si heureux et en même temps triste, vous comprenez ? Parce qu’on n’avait pas cette liberté dans mon pays."

A 12 ans, Shehade a vu son cousin mourir, tué par des soldats pendant la seconde Intifada qui a éclaté à la fin de 2001 après la visite provocatrice du leader de l’opposition de l’époque, Ariel Sharon, sur l’esplanade de temple de la vieille ville de Jérusalem où se trouvent les lieux saints de l’Islam. Il y a eu des affrontements et des jeunes ont lancé des pierres aux soldats. Les troupes israéliennes ont tiré à balles réelles et tué 250 Palestiniens (pour 29 Israéliens) pendant les deux premiers mois de l’Intifada.

Un jour en 2002, raconte Shehade, alors que Ramallah était à nouveau sous totale occupation israélienne, son jeune cousin a violé le couvre-feu militaire pour aller acheter du pain. Il a été tué d’une balle près de la place du marché. Shehade a vu son cousin tomber. Cet été Shehade m’a montré les horribles photos — on voyait le sang couler de la bouche et des oreilles d’une garçon de 12 ans — prises après le tir en 2002.

Neuf années plus tard, Ramallah, une enclave supposément souveraine, est souvent considérée comme un oasis dans le désert de l’occupation. Ses rues et son marché sont pleins de commerçants et ses restaurants branchés n’ont rien à envier aux restaurants européens. L’animation et le standing de beaucoup de quartiers de la ville donne l’impression — même si les Palestiniens n’aiment pas l’admettre — que Ramallah et non Jérusalem sera la future capitale de la Palestine.

Beaucoup de rues de Ramallah sont en effet bordées de ministères gouvernementaux et de consulats étrangers (qu’il ne faut surtout pas appeler ambassades !), mais la plus grande partie de cette liberté apparente et de cette quasi-souveraineté est illusoire. En Cisjordanie, on ne peut se déplacer sans un permis difficile à obtenir, que sur de courts trajets comme la route de Ramallah à Naplouse le long de laquelle les Israéliens ont enlevé pour le moment leurs check-points et leurs blocs de pierre. Même à Ramallah — qui fait théoriquement partie de la zone souveraine A — les raids israéliens de nuit sont monnaie courante.

"C’était en décembre 2009, le 16 à 2h15, 2h30 du matin" se souvient Celine Dagher, une citoyenne française d’origine libanaise. Ramzi Aburedwan, son mari qui est palestinien et fondateur d’Al Kamandjati où ils travaillent tous les deux, se trouvait alors à l’étranger. "J’ai été réveillée par un bruit" a-t-elle continué. Elle s’est levée et a trouvé la porte de devant de chez elle enfoncée et maintenue à demi-ouverte par une petite chaîne de sécurité comme il y en a dans les chambres d’hôtel.

Céline a pensé que des voleurs essayaient de pénétrer chez elle et elle leur a crié en Arabique de partir. Puis elle a regardé par la porte entrebâillée et a aperçu 10 soldats israéliens dans l’entrée. Ils lui ont dit de reculer et 10 secondes plus tard ils ont fait exploser la porte. En entrant dans l’appartement ils pointaient leurs armes sur elle. Un informateur palestinien les escortait en silence. Il avait une cagoule de laine noire sur la tête pour ne pas être reconnu.

Le commandant a commencé à l’interroger. "Mon nom, celui des gens avec qui je vis, et il commençait à m’interroger sur mes voisins." Céline lui a montré son passeport français et l’a supplié de ne pas réveiller son bébé de six mois, Hussein, qui dormait dans la chambre voisine. "Je priais intérieurement pour qu’il ne se réveille pas". Elle a dit au commandant : "Je vais de chez moi au travail et du travail à chez moi." Elle a ajouté qu’elle ne connaissait pas vraiment ses voisins.

En fait les soldats avaient enfoncé la porte du mauvais appartement. Ils en ont enfoncé quatre autres cette nuit-là dans l’immeuble, avant de trouver leur suspect, son voisin, un jeune homme de 17 ans. "Ils l’ont interrogé pendant environ 20 minutes avant de l’emmener. Et je pense qu’il est toujours en prison. Son père était déjà en prison."

Selon les statistiques des services carcéraux israéliens cités par B’tselem, plus de 5 300 Palestiniens étaient enfermés dans les prisons israéliennes en juillet 2011. Depuis le début de l’occupation en 1967, on estime à environ 650 000 ou 700 000 le nombre des Palestiniens incarcérés par Israël. Cela représenterait 40% de la population mâle adulte palestinienne. Quasiment toutes les familles ont au moins un membre de leur famille en prison.

Céline a regardé à travers les volets et à vu une quinzaine de jeeps et autres véhicules de l’armée stationnés en bas dans la rue. Finalement ils sont partis tous feux éteints et si silencieusement qu’on ne pouvait même pas entendre leurs moteurs. Quand elle s’est retrouvée seule dans l’appartement silencieux elle n’a pas pu dormir. "J’avait trop peur." Une voisine est montée lui tenir compagnie jusqu’au matin.

Des histoires comme celle-là — et elles sont légion — s’additionnent pour dessiner les contours de ce qu’on pourrait appeler une culture de l’occupation. Elles forment le contexte d’une remarque que Saleh Abdel-Jawad, le président de l’université de Birzeit près de Ramallah, m’a faite : "Je ne me souviens pas d’avoir passé une bonne journée depuis 1967." Interloqué, je lui ai demandé pourquoi exactement. "Parce que" a-t-il répondu "on ne peut pas aller prier à Jérusalem qui est seulement à 15 km. Et c’est là -bas que sont tous nos souvenirs."

Et il a ajouté : "Cela fait 17 ans que je n’ai pas vu la mer. Nous n’avons pas le droit d’y aller. Et ma fille s’est mariée il y a cinq ans et on n’a pas pu organiser une cérémonie de mariage pour elle." Israël n’a pas voulu accorder un visa au beau-fils égyptien de Saleh pour qu’il puisse venir en Cisjordanie. "Comment faire un mariage sans marié ?"

Une Intifada musicale

Un de mes vieux camarades d’école qui est maintenant un étudiant du Moyen-Orient à Paris dit que les Palestiniens ne sont pas seulement victimes mais partie prenante de leur destinée. En d’autres termes, il insiste sur le fait que nous avons une part de responsabilité dans ce qui nous est arrivé — tout n’est pas de la faute de l’occupant. Je pense que c’est vrai.

Un bon exemple est l’échec moral et stratégique des attentats suicides des années 2001 à 2004 perpétrés par différentes factions palestiniennes en réponse aux attaques israéliennes pendant la seconde Intifada. Cette stratégie désastreuse a permis aux Israéliens de se venger de toutes les manières possibles, y compris en construisant un mur de séparation. (La disparition quasi-totale des attentats suicides est due beaucoup moins au mur — qui n’est même pas encore fini — qu’à la décision de toutes les factions palestiniennes de renoncer à cette tactique).

Alors, oui, les Palestiniens sont aussi "acteurs" de leur propre destinée mais Israël n’en est pas moins la seule puissance nucléaire de la région, l’état qui a une des plus puissantes armées du monde et la force d’occupation — ce qui a des répercussions incalculables pour la Cisjordanie. Aujourd’hui, certains Palestiniens considèrent que, après 44 ans d’occupation, le simple fait d’être encore là est une sorte de victoire morale. Cet été, j’ai commencé à entendre un nouveau slogan : "Exister c’est résister". Si on reste ici, alors le jeu n’est pas fini. Et si on réussit à attirer l’attention sur l’occupation tout en restant sur place, c’est encore mieux.

En juin, Alá Shelaldeh, la violoniste de 13 ans, est venue avec son instrument au mur à Qalandia qui était autrefois un simple check-point qui séparait Ramallah de Jérusalem et qui est maintenant surtout un point de passage international avec ses structures de béton, ses barres de fer et ses tourelles. La transformation de Qalandia — avec ses longs corridors qui ressemblent à des cages, ses nombreuses tourniquets haut de 2,50 mètres à travers lesquels passent les rares privilégiés qui ont des permis — symbolise sans doute mieux que tout autre chose la détermination d’Israël de ne pas partager la Ville Sainte.

Alá et ses amis musiciens de l’orchestre de jeunes Al Kamandjati sont venus jouer du Mozart et du Bizet devant les soldats israéliens qui se trouvaient de l’autre côté des barreaux en fer de Qalandia. Leur but était de dire aux occupants : nous sommes ici, au moyen de la musique. Les enfants et leurs enseignants sont sortis des bus, ont rapidement installé leur pupitre à musique et se sont mis à jouer. La mélodie de la symphonie n° 6 de Mozart a envahi le terminal.

Les Palestiniens se sont arrêtés et les ont cherché des yeux. Des sourires sont apparus sur les visages. Les gens se sont approchés, ont pris des photos ou sont simplement restés là , debout, autour de l’orchestre des jeunes, cloués sur place par cette Intifada musicale. Les musiciens et les soldats étaient séparés par une longue rangée de barres horizontales bleues. Sous l’effet de la musique, une sinistre barrière carcérale s’est transformée momentanément en un espace de joie confiante. "Ce concert a été le plus beau concert de ma vie" dira Alá plus tard.

A mesure que la symphonie de Mozart se déroulait — Allegro, Andante, Menuet, et l’Allegro du dernier mouvement — des soldats ont commencé à l’entendre. Quand l’orchestre a attaqué la danse bohémienne de Carmen # 2 de Georges Bizet, plusieurs soldats sont apparus et se sont mis à regarder de l’autre côté des barreaux. Pendant un bref instant, il a été difficile de dire qui regardait dehors de l’intérieur et qui regardait dedans de l’extérieur.

Si exister c’est résister, si les enfants peuvent défier leurs occupants par une Intifada musicale, alors il y a encore de l’espace, en cette année de printemps arabe, pour que surgisse quelque facteur de changement inattendu. Après tout, l’apartheid de l’Afrique du Sud a volé en éclat sans effusion de sang. Le mur de Berlin s’est effondré rapidement, complètement et sans qu’on s’y attende. Et avec la montée en puissance de la Chine, l’Inde, la Turquie et du Brésil, les USA, dont le pouvoir s’effrite, ne seront pas en mesure de protéger Israël éternellement. Un jour peut-être, le monde se rendre à l’évidence : le statu quo est inacceptable.

Pour l’instant et quoique nous réservent les prochaines semaines à l’ONU, et en Cisjordanie ensuite, n’est-il pas temps que l’attention internationale se fixe sur ce qui se passe réellement sur le terrain ? Après tout c’est l’occupation, idiot !

Sandy Tolan

Sandy Tolan est l’auteur de The Lemon Tree : An Arab, a Jew, and the Heart of the Middle East. Il est professeur adjoint à Annenberg School for Communication and Journalism à the University of Southern California. Il travaille à un nouveau livre : Operation Mozart, about music and life in Palestine. Visitez son blog : ramallahcafe.com.

Pour consulter l’original : http://www.tomdispatch.com/post/175444/tomgram%3A_sandy_tolan%2C_the_o...

Traduction : Dominique Muselet

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