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Cazeneuve et vieille tambouille

Depuis le lâche renoncement à assumer son bilan par le Président PS fin 2016, puis la campagne présidentielle consternante menée par une Hidalgo aussi incompétente en gestion et peu charismatique en meeting que son homologue locale Pécresse, le PS rumine d’avoir dû prêter allégeance aux Insoumis pour se sauver. Il est convaincu avoir trouvé depuis samedi celui qui va lui permettre d'assouvir sa vengeance.

Stratégie de pieds nickelés

Rappelons-nous de fin 2016 : lesté par un quinquennat calamiteux, Hollande avec le courage qui ne le caractérise pas, jette l’éponge sans combattre. Les services de renseignement ont sacrément dû chauffer en amont. Le Président normal s’est surtout avéré Président incompétent. Poursuivant dans la lignée politique mitterrandienne, après avoir trahi ses électeurs, notamment sur la taxation des grandes fortunes, le Flamby de l’Élysée nous a gratifiés des pires politiques néolibérales qui soient. Or, son renoncement à un second mandat lui a permis stratégiquement d’éviter d’avoir à dresser le bilan de son premier mandat et d’attirer sur lui et son parti les regards par trop critiques et ainsi espérer sauver ses chances électorales à un terme bien plus lointain. Avec tout le mépris qui caractérise les éléphants du PS, ceux-ci misent probablement sur un retour en 2027 comptant que les électeurs, ces incultes, à la mémoire défaillante auront alors oublié leurs méfaits.

Le rejeton du PS, j’ai nommé le petit Manu, peut à juste titre être considéré comme l’intérimaire du pouvoir néolibéral qui a gardé la place au chaud pendant deux mandatures, en attendant le retour aux affaires du PS. En effet, il y a plus que de la camaraderie entre Macron et le PS. Placé par Hollande secrétaire général adjoint de l’Élysée dès 2012, membre du PS jusqu’en 2009, l’ambitieux puceau électoral va pousser son avantage, aidé comme jamais par une campagne médiatique à ce jour inégalée et, tel Brutus, tuer le père en politique. En effet, après des débuts en fanfare et surtout en fanfaron, le macronisme, après avoir montré ses limites au cours du 1er quinquennat, donne après bientôt 6 ans de malfaisance, des signes évidents de faiblesse. Tissu local inexistant ou composé de transfuges du PS qui montrent déjà qu’ils sont tout prêts à rentrer à la mangeoire sitôt leur nouveau prétendant PS désigné (et nous y sommes), détestation par les Français occultée à grand peine par des sondages de cote de popularité fantasmagoriques (en baisse constante depuis 2017 mais jamais sous les 25 % de bonnes opinions), pour ne rien dire des erreurs factuelles et politiques à répétition.

Cela dit pour ce qui est des sévices qu’il fait subir aux français, l’idéologie politique reste identique et la brutalité introduite par Hollande est ses premiers ministres Valls et Cazeneuve est poursuivie et amplifiée.

Amnésie volontaire

Ce bilan auquel s’est refusé le PS pour préserver l’avenir, nous allons lui faciliter la tâche, ce qui le confortera dans sa tendance naturelle à la paresse en le dressant pour lui.

Si son ennemi lors de la campagne électorale était la finance, on a vu avec quelle pugnacité, le Président PS savait se montrer faible avec les forts. Poursuivant la politique mitterrandienne, j’affiche une façade sociale et, en coulisse, je suis absolument néolibéral, européo-atlantiste et protecteur des puissants. En cette fin 2016 Hollande a reculé devant l’obstacle du bilan qui lui aurait été opposé par ses adversaires à défaut de s’y soumettre de lui-même.

Courroie docile des injonctions néolibérales européennes, celui qui avait soutenu avec ferveur le Oui au traité de 2005, n’a pas hésité à ravager le droit du travail. Permettant la loi bien mal nommée El Khomri, le petit Manu tirant en réalité les ficelles de ce projet qui permet aujourd’hui de constater un taux de chômage réel calamiteux. Le Président PS a ainsi rendu possibles une précarisation sans cesse croissante et une paupérisation globale de tous ceux qui ne détiennent que leur force de travail digne du XIXe siècle.

Alors qu’Arnaud Montebourg s’était fait le chantre du produire français, c’est bien Hollande qui a soutenu la lente destruction de ce qu’il restait de notre tissu industriel. A titre d’exemple, car recenser la totalité des destructions, abandons, cessions, industrielles nécessiterait plusieurs tomes, l’arbitrage de la vente des turbines Arabelle est édifiant. Le fleuron de l’industrie française et gage d’indépendance industrielle et énergétique dans un domaine stratégique, le nucléaire, Alstom, menacé d’être cédé aux Étasuniens, cession à laquelle s’opposait le Ministre Montebourg, fut l’objet d’un arbitrage présidentiel rendu en 2014 et favorable au secrétaire général adjoint de l’Élysée, un certain Macron. Ce dernier argumenta alors du fait que la France n’était pas un pays dirigé et, s’il fallait nous rassurer, qu’on n’était pas au Venezuela, pichenette en passant au front de gauche.

La droite en a rêvé, la « gauche » l’a fait

La gestion de la contestation populaire, à la faveur des attentats terroristes de 2015 a démontré si besoin était le déploiement de brutalité que le PS est capable de mettre en œuvre quand il s’agit d’imposer aux sans dents des politiques néolibérales liberticides.

C’est que le PS n’a pas manqué de ministres de l’Intérieur plus autoritaires les uns que les autres. Les dictatures c’est ailleurs et la France n’en n’est pas une, la preuve, on a le droit de vote, entre 2 coups de matraque ou de gardes à vue abusives. Cette violence d’État encore accentuée depuis 2017 par la créature du PS, avait déjà lors du quinquennat Hollande atteint des sommets que la Sarkozie et les LR n’auraient pas osé.

On passera rapidement sur la girouette de Barcelone, le brutal et raciste Valls. Après son échec à la primaire PS de 2016, il aura trahi son parti, tenté sa chance auprès de l’extrême droite espagnole, tenté un retour raté aux législatives de 2022, fait une lèche remarquable à toutes les droites, macroniste compris. Il lance depuis carte postale sur carte postale médiatique en vain. Il se dit aujourd’hui socialiste et heureux de retour du PS en la personne de Cazeneuve. On appréciera la constance.

Un jeune premier en politique

Lancement donc, après la tentative de mise sur orbite ratée de la sonde Delga, en grande pompe ce samedi par le premier meeting avec battage médiatique et saturation des réseaux sociaux, de la pré-pré campagne d’un membre du PS novice en politique, Cazeneuve. Déjà ce matin sur les ondes de la chaîne publique au service du pouvoir France Inter, premier tacle par un auditeur doué de mémoire. C’est que le bilan de l’ancien Ministre de Hollande passé sur un nombre impressionnant de portefeuilles, on a beau le lui rappeler massivement sur les réseaux, il préférerait qu’on l’ait oublié.

J’ai même vu passer le billet d’un de ses soutiens, triomphant sur le thème, maintenant avec le nouveau PS (cette manie des politiques à se renouveler sans jamais changer) on sanctionnera le pied sur un ballon à l’effigie d’un homme politique. Et un homme politique qui a le sang de Remi Fraisse sur la conscience on en fera quoi ? Bien entendu, depuis le fameux « responsable mais pas coupable » formulé dans l’affaire du sang contaminé par les collègues de son parti, un responsable politique, c’est grassement payé, ça a des retraites de rêve, des privilèges, du pouvoir mais ça n’est jamais coupable de rien. A se demander si on ne pourrait pas tout simplement s’en passer.

Parachuté dans la Manche au début des années 1990 Cazeneuve a contribué à l’expansion du néolibéralisme, à la marchandisation généralisée, au renforcement de l’Union Européenne au détriment de la souveraineté et de l’indépendance nationales comme au recul du système de protection sociale issue du CNR. Une bien belle politique de droite, sous couvert de Socialisme, avec quelques cache-misère pour faire belle figure comme le mariage pour tous.

Ministre de l’Intérieur lors des attentats terroristes de 2015, il restera celui qui sous couvert d’état d’urgence mettra en place des lois liberticides critiquées par les instances internationales, lesquelles de prolongation en prolongation, et dès lors que c’est tellement commode pour le pouvoir, finiront d’exceptionnelles par tomber dans le droit ordinaire. C’est grâce à lui qu’on peut ainsi nasser, se livrer à des interpellations préventives sans raison de manifestants ou encore tenter sous couvert de lutte contre le terrorisme des interdictions aux mouvements contestataires, transport de casseroles compris.

Bien entendu, comme tout bon socialiste qui se respecte il refusera, Premier ministre, le partage de la richesse, en revoyant, par exemple, à la baisse les moyens réclamés par la Guyane.

Son programme lutter contre la gauche

L’ambiguïté du PS à l’égard de la Nupes trouve une parfaite illustration parmi la branche Cazeneuviste du parti. Quoi de plus naturel pour des néolibéraux cachés derrière leur petit doigt social que de lutter avec constance contre tout ce qui menace un système qui leur convient si bien et permis à une multitude d’incompétences notoires de vivre sur le dos des contribuables, tout en ménageant les efforts.

On rappellera aux encore trop nombreux militants de ce parti de droite que lors de la campagne présidentielle les attaques incessantes de leur candidate contre les insoumis en guise de programme a donné un résultat assez remarquable. Que lors des législatives, seul leur ralliement contraint et forcé aux insoumis leur a permis d’éviter la disparition définitive.

Ainsi, partisans constants et infatigables du mécanisme artificiel d’alternance gauche/droite permettant de rester bien au chaud dans le cadre neolibéral et d’y jouir de ses privilèges, les socialistes tentent une nouvelle présidentielle en misant sur celui qu’ils estiment le meilleur d’entre eux en dépit de la batterie de casseroles qu’il traîne. Tablant sur l’amnésie collective, montrant ainsi une fois de plus tout le mépris qu’ils portent aux électeurs, les socialistes au travers de la candidature Cazeneuve, nous refont le coup de la gauche de gouvernement, bourgeoise, feutrée et bienséante, celle qui n’aime ni les excès, ni les décibels. Ce n’est pas comme si on n’avait pas déjà tout ce qu’il faut en la matière au gouvernement.

En outre, à ce stade d’autosatisfaction fanfaronnée sur les réseaux, tant sur le bilan que sur la candidature, on se demande si les socialistes sont à ce point déconnectés du réel ou s’il s’agit d’une tentative désespérée de persuasion performative. Seule certitude avec cette « gauche », on est assurés d’une chose et d’une seule avec elle, les intérêts des classes populaires peuvent attendre.

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