RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

L’irresponsabilité politique d’une guerre contre la Libye

"la Libye était sur la liste officielle du Pentagone pour être dominée après l’Irak, avec la Syrie et le joyau de la couronne : l’Iran" - Wesley Clark, commandant suprême de l’OTAN.

Le petit groupe de pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU vient d’approuver une résolution qui autorise une zone d’exclusion aérienne contre la Libye et inclut « toutes les mesures nécessaires » pour, évidemment, attaquer ce pays.

Cela ne doit pas nous surprendre car Fidel Castro nous avait mis en garde dans l’une de ses réflexions : « La guerre inévitable de l’OTAN », dont le contenu prend aujourd’hui une plus grande importance pour ceux qui sont en charge de la politique internationale actuelle ou qui l’observent. Cependant, les Français et les Britanniques ont poursuivi et dirigé l’agression contre la Libye en une bataille sans limites parce que le Conseil de Sécurité de l’ONU qui, nous le savons, a compté depuis le début sur le soutien inconditionnel de certaines puissances occidentales décidées à abattre le président Muhammar Kadhafi, s’était prononcé avant que les autorités libyennes aient résolu leur situation intérieure complexe.

Le document - qui a reçu l’approbation de 10 pays (Grande Bretagne, France, Etats-Unis, Liban, Colombie, Nigeria, Portugal, Bosnie-Herzégovine, Afrique du Sud et Gabon), aucun vote contre et 5 abstentions (Russie, Chine, Inde, Brésil et Allemagne) - établit que les états membres de l’ONU peuvent prendre « toutes les mesures nécessaires » contre la Libye dans une logique de guerre ouverte et, semble-t-il, sans s’arrêter sur les conséquences imprévisibles d’un conflit dans cette région en crise.

Quelques secteurs arabes estiment dès maintenant que déclencher une agression contre la Libye pourrait ouvrir la porte, dans tout le monde arabe, à un mouvement de résistance qui rende réel le dicton très connu dans les secteurs populaires de ces sociétés : « Je survivrai à mes bourreaux ».

Le forte solidarité de trois pays occidentaux pour réussir à obtenir le feu vert du Conseil de Sécurité contre la Libye a été bien mise en évidence car, selon ce qu’affirme l’agence AFP, après l’obtention du vote favorable, le président étasunien Barack Obama a parlé avec le président français Nicolas Sarkozy et avec le premier ministre britannique David Cameron pour coordonner la stratégie militaire et les sanctions diplomatiques contre la Libye comme si celles déjà appliquées jusqu’à présent étaient négligeables.

La même dépêche de l’AFP rapporte que « les présidents se sont entendus pour imposer immédiatement à la Libye tous les termes de la résolution » et que « l’OTAN a convoqué les représentants des 28 pays membres pour examiner leur mise en oeuvre », ce qui avait été prévu par Fidel. Mais ils l’ont fait avec le consentement du Conseil de Sécurité de l’ONU pour donner une apparence de légalité à ce qui est, en réalité, un acte contre la diplomatie internationale et un attentat contre la possibilité qu’ont les états de chercher une solution à leurs conflits par la voie pacifique et la négociation.

L’impatience à faire approuver un acte de guerre au Conseil de Sécurité a mis en évidence les opinions des états membres de l’Assemblée Générale de l’ONU qui s’opposent à un conflit guerrier de l’OTAN contre la Libye. La sociologue française bien connue Danielle Bleitrach, dans un article publié sur sa page de Facebook, a souligné que « l’activisme de la France a obéi aux ordres des Etats-Unis et constitue « un triomphe » pour la diplomatie française » qui ne peut s’analyser isolé du panorama électoral compliqué pour l’élite politique française à la veille des élections cantonales des 20 et 27 mars et de la campagne électorale en marche vers les présidentielles de 2012 car l’action internationale dans le contexte de ces deux élections est utile et nécessaire à certains acteurs de la politique française.

Bleitrach pense aussi qu’une attaque militaire contre la Libye n’est pas seulement un coup contre la rébellion des peuples arabes mais un chemin dangereux qui montre la voie vers la continuation des aventures militaires de l’OTAN contre d’autres pays et d’autres gouvernements qui ne sont pas fréquentables pour le bloc des puissances impérialistes, et elle mentionne le cas de l’Iran.

La chercheuse affirme que le bellicisme de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU est également de la responsabilité des partis de gauche et des forces communistes qui n’ont pas alerté ou mobilisé le peuple français contre la spirale guerrière démente dans laquelle on essaie de l’envelopper en ce moment d’échec en Afghanistan et où les médias montent en épingle la progression électorale de l’extrême droite représentée par le Front National.

Cette lamentable histoire démontre que nous vivons encore l’époque de la politique de « changement de régime » inaugurée par George W. Bush et qui persiste dans les secteurs du pouvoir aux Etats-Unis et de leurs alliés inconditionnels européens, conception ébauchée par le commandant suprême de l’OTAN Wesley Clark qui avait signalé voilà une paire d’années que « la Libye était sur la liste officielle du Pentagone pour être dominée après l’Irak, avec la Syrie et le joyau de la couronne : l’Iran ».

Pendant que tout ceci s’ébauche dans une quasi certitude, je suis attentivement le contenu de la réflexion de Fidel Castro intitulée « La guerre inévitable de l’OTAN » pour mettre dans le mille des motivations et des causes réelles d’un nouveau conflit impérialiste au XXI° Siècle.

(traduction Gaston Lopez)

URL de cet article 13203
  

Même Auteur
« Cuba mi amor », un roman sur le Che de Kristian Marciniak (Rebelion)
Leyde E. Rodri­guez HERNANDEZ
Publié chez Publibook, une maison d’édition française, le roman de Kristian Marciniak : « Cuba mi amor » circule dans Paris ces jours-ci. Dans un message personnel adressé au chroniqueur de ce papier, l’auteur avoue que Cuba a été le pays qui lui a apporté, de toute sa vie, le plus de bonheur, les plus grandes joies et les plus belles émotions, et entre autres l’orgueil d’avoir connu et travaillé aux côtés du Che, au Ministère de l’Industrie. Le roman « Cuba mi amor » est un livre impressionnant de plus de (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Ne nous flattons pas trop de nos victoires sur la nature ; elle se venge de chacune d’elles.

Friedrich Engels

La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
40 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
55 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.