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La Bolivie après la bataille

25 octobre 2003


Le gouvernement américain, le pape, l’OEA (Organisation des Etats américains) ont été parfaitement conscients de l’enjeu que représentait l’insurrection populaire en Bolivie.

Le représentant de Bush au sein de l’OEA, John Maisto, a formulé la préoccupation des élites dirigeantes et de l’impérialisme : "Ce qui est en jeu [en Bolivie], c’est la question d’un gouvernement élu, d’institutions démocratiques et d’un système économique fondé sur le libre marché." Une traduction libre de cette phrase pourrait être la suivante : "Ce qui est en question, c’est la permanence d’institutions aux mains d’une élite politico-économique des plus limitées quantitativement et la survie d’un système économique qui condamne plus de 60% de la population à l’extrême misère, mais qui permet, par la liberté laissée aux transnationales et à leurs partenaires juniors boliviens, d’accaparer les ressources naturelles d’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine." En outre, lorsque référence est faite au gouvernement par John Maisto, cela ne signifie rien d’autre que la question du pouvoir, au sens de qui dirige le pays en faveur de qui, était posée.

Dans les articles précédents, nous avons porté à connaissance de nos lectrices et lecteurs les traits principaux de cette insurrection.

Dès le 13 octobre, le conflit s’est radicalisé à tel point que le vice-président Carlos Mesa a retiré son appui au président Sanchez de Losada. Toutefois, il restait membre du cabinet ministériel. Autrement dit, il construisait, comme nous l’avions déjà indiqué, une solution de rechange.

Carlos Mesa Gisbert est membre du même parti, le MNR, que Losada. Le 14 octobre, l’OEA exprime son soutien au gouvernement Losada et les Etats-Unis font de même : ils appuient le "gringo" (c’est ainsi que les Boliviens appellent le président qui parle l’espagnol avec un fort accent américain).

La majorité aymara et quechua a quelques difficultés à s’identifier à ce représentant des intérêts capitalistes et impérialistes. Le 15 octobre, pour tenter d’endiguer le mouvement, le gouvernement annonce un référendum consultatif sur l’exportation de gaz (que la société espagnole Repsol et deux sociétés américaines doivent contrôler) et énonce la possibilité de la convocation d’une Assemblée constituante qui devrait décider de l’avenir des ressources en hydrocarbures de la Bolivie. On voit ici, de manière classique dans l’histoire, comment, face à une montée insurrectionnelle, il est proposé par les élites dominantes de canaliser le mouvement populaire dans le cadre contrôlé d’institutions démocratiques bourgeoises traditionnelles.

Cette manoeuvre arrive tardivement. Les affrontements sont de plus en plus forts. Losada, le 16 octobre, se refuse à démissionner. Le culot de la micro-élite politique blanche de la Bolivie s’exprime dans la formule utilisée par le "gringo" : "Je ne démissionnerai pas, car je veux éviter l’instauration d’une dictature narco-syndicale." Lorsque l’on sait combien, dans la région de Santa Cruz, les narcotrafiquants sont étroitement liés aux élites politiques boliviennes, la formule de Losada pourrait faire sourire.

Néanmoins, il est nécessaire de la resituer dans le contexte bolivien : depuis des années, le gouvernement américain a imposé, au nom de la lutte contre le narcotrafic, l’arrachage des plants de coca ; ce qui a développé une véritable structure répressive et sécuritaire. Il va sans dire qu’aucune alternative sérieuse n’est proposée aux paysans de diverses régions qui acceptent d’arracher cette plante, qui fait partie, par ailleurs, de la tradition agricole et culturelle bolivienne.

Le 17 octobre, la mobilisation est massive : plus de 250’000 personnes manifestent à La Paz. Un parti de la coalition gouvernementale, la Nouvelle Force républicaine (NFR), demande la démission de Losada. C’est le social-démocrate Paz Zamora qui, avec Losada, cherche à obtenir des appuis des gouvernements brésiliens et argentins. Finalement, Zamora annoncera, devant le Congrès bolivien, la démission du "gringo". Le vice-président Carlos Mesa reprend le flambeau et assume la fonction présidentielle, tout en multipliant les promesses.

Cette insurrection populaire en Bolivie s’inscrit dans un contexte où, de façon répétée, les masses populaires ont fait tomber des gouvernements. Que ce soit au Pérou ou en Argentine, ou que ce soit, sous la forme d’un affrontement social et politique réel, la mise en échec du coup d’Etat contre Hugo Chavez au Venezuela.

Nous publions ici un entretien avec le principal dirigeant aymara, connu sous le nom de Mallku, Felipe Quispe. Il est député du Mouvement indigène Pachakuti (MIP) et dirigeant de la Confédération syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB).

Cet entretien a été réalisé par Ximena Ortusar, envoyé spécial du quotidien mexicain La Jordana, 25 octobre 2003. Il définit son attitude face au gouvernement de Carlos Mesa. De plus, la crise est si profonde en Bolivive que les tensions entre les forces politiques s’expriment avec acuité, comme c’est toujours le cas dans de telles périodes politiques. Réd.

La Jordana : Actuellement, quelles sont concrètement les lois à combattre ?

Felipe Quispe : Par exemple la loi 1008, qui est conçue contre ceux qui cultivent et travaillent la feuille de coca, aussi bien dans le Chapare [proche de Cochabamba] que dans les Yungas de La Paz. Cette loi, imposée par les gringos [étrangers-blancs], prévoit l’éradication de toutes les cultures de coca. La Loi sur les hydrocarbures a également été imposée par les transnationales. Il y a également le Code du régime fiscal, celui de la Sécurité citoyenne [loi sur le maintien de l’ordre], et d’autres lois, qui constituent la colonne vertébrale du néolibéralisme. Il y a enfin le décret 21060, qui établit le modèle néolibéral en Bolivie. Toutes ces lois et ces décrets doivent être annulés.

Lorsque vous avez rencontré le président Mesa, lui avez-vous présenté ces revendications ?

F. Q. : Oui. Nous lui avons dit clairement que s’il satisfaisait toutes nos revendications, il serait notre ami et notre président, un gouverneur nationaliste. Mais s’il ne change rien aux lois, cela montrera qu’il est du côté des intérêts des gringos.

Et vous lui avez fixé un délai...

F. Q. : Oui, nous lui avons donné 90 jours pour réviser les lois, pour examiner les demandes et nous répondre. Lors de l’anniversaire de la fondation de La Paz, nous étions réunis en assemblée ouverte sur la place historique de San Francisco. Et, tout à coup, voilà Carlos Mesa qui fait son apparition dans l’assemblée, sans que personne l’ait invité. Ou peut-être a-t-il été invité par des dirigeants avec lesquels il a eu un contact direct. Mais je ne savais pas qu’il serait là à cette occasion. Alors, en sa présence, nous lui avons fixé le délai de 90 jours. D’ici là , nous entrerons dans un processus de dialogue pour permettre la réalisation de ce que nous avons demandé à Carlos Mesa et à son gouvernement.

Et si les revendications ne sont pas satisfaites ?

F. Q. : Alors nous serons obligés de sortir à nouveau sur tous les chemins pour les bloquer, pour faire des barrages sur les routes, pour couper les villes de l’approvisionnement de nos produits agricoles, pour étrangler La Paz. Et d’autres villes également se soulèveront, comme elles l’ont fait en septembre et en octobre 2003.

Pensez-vous que Carlos Mesa puisse satisfaire les revendications ?

F. Q. : Il vaudrait mieux qu’il les satisfasse, car ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons vendre nos produits agricoles dans de bonnes conditions, et atteindre une stabilité pour les paysans.

Est-ce qu’ils ont confiance en lui ?

F. Q. : Bon, il est actuellement, pour tous, le point de mire. Et nous n’avons pas déposé les pierres et les bâtons. Nous sommes en alerte permanente. Il faudra voir... On ne peut pas encore le préjuger, mais nous pouvons prédire que Carlos Mesa n’a pas beaucoup de vie devant lui ; il peut se révéler être comme ce boucher, Sanchez de Lozada, ou encore pire.

Lorsque vous dites qu’il a "peu de vie", vous référez-vous à sa vie politique ?

F. Q. : Oui, à sa vie politique, c’est cela. Car ils sont à nouveau en train de parler de vendre le gaz aux Etats-Unis. Il est possible que les documents soient déjà signés, ou que des accords secrets aient été conclus avec les transnationales et avec le Pentagone. C’est ainsi que cela s’est toujours passé en Bolivie. Les gouvernements ont toujours pactisé derrière le dos du peuple. C’est pour cela que nous n’avons aucune confiance en ce type d’administration. C’est pour cela que nous, au MIP, avons pris nos distances pour occuper un nouvel espace politique.

D’autres partis ou mouvements ont donné d’avance leur soutien et leur confiance au gouvernement. Qu’en pensez-vous ?

F. Q. : Je pense que nous sommes plus radicaux. Le 2 septembre, nous avons initié une mobilisation qui a duré jusqu’au 17 octobre, avec des barrages de routes, des grèves de la faim, des marches. Dans certaines régions, comme à Warisata [plusieurs paysans ont été tués en septembre dans cette région], nous avons dû affronter les fusils avec des bâtons. C’est un travail qui demande beaucoup de sacrifices, qui nous a coûté la douleur du sang. C’est pour cela que nous n’envisageons pas de cogouverner avec Carlos Mesa. Nous sommes des opposants en veilleuse. Il est vrai que d’autres mouvements ont déjà leurs ministres dans ce gouvernement, et ils en dépendent. Ils disent qu’ils vont travailler avec lui, l’assister. Mais cela revient à travailler en faveur du néolibéralisme et de l’impérialisme. Cela signifie être d’accord avec la vente du gaz et se reconnaître dans les lois anti-indigènes, anti-travailleurs et contre le peuple appauvri. C’est leur décision. Il paraît qu’ils avaient besoin d’argent... Mais, surtout, il y a les quotas politiques [système clientélaire de cooptation, renforcé par le rôle du Congrès dans l’élection du président, dans un pays fortement marqué par la corruption]. Et c’est là qu’ils sont.

On dit que vous êtes en opposition avec le Mouvement vers le socialisme (MAS d’Evo Morales). Qu’en est-il ?

F. Q. : Le MAS est une scission de la Phalange socialiste bolivienne, et tout parti issu de cette orientation politique, que ce soit en Bolivie ou ailleurs, a une doctrine qui diverge des intérêts des travailleurs, des paysans et des indigènes. La doctrine de Carlos Mesa convient parfaitement au MAS, qui est maintenant là où il est, là où il aurait toujours dû être.

Où donc ?

F. Q. : Au gouvernement.

Pourtant, le MAS a déclaré qu’il resterait à l’extérieur, vigilant.

F. Q. : C’est ce qu’ils disent...

Vous avez également déclaré que le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR de Paz Zamora) est un antre de corruption et qu’il était lié au trafic de drogue.

F. Q. : J’ai été prisonnier du gouvernement du MIR en 1992, pour des raisons politiques. A la même époque, Oscar Eid Franco, le deuxième homme de ce parti, est tombé justement pour cause de trafic de drogue. D’autres dirigeants du MIR ont également été mêlés au narcotrafic, ainsi que d’autres du Mouvement nationaliste révolutionnaire [MNR du président Losada] et de L’Action démocratique nationaliste [parti de l’ancien dictateur Banzer].

Pourquoi avez-vous été emprisonné ?

F. Q. : Parce que nous avons organisé l’armée de guérilla Tupac Katari, nous leur avons mis des bombes et nous nous sommes battus contre eux. Plusieurs d’entre nous ont été emprisonnés. Ce sont les opportunistes de toujours.

Vous avez dit qu’après la chute de Sanchez de Lozada, des opportunistes ont surgi pour s’accaparer du succès populaire. A quoi faites-vous allusion ?

F. Q. : Le 2 septembre, nous avons commencé les marches depuis le sud, le nord, l’est et l’ouest, et nous nous avons convergé vers La Paz. Nous avons organisé un vaste rassemblement et nous avons analysé la situation. Nous avons décidé de rester ici, en ville de La Paz, pour lui laisser une odeur d’Indien et de coca. Ensuite, nous avons déclaré une grève de la faim. Et nous nous sommes installés à l’intérieur du théâtre San Gabriel, qui appartient à une radio catholique, contrôlée par les curés.

Pourquoi choisir cet endroit ?

F. Q. : Nous avons pensé qu’il était le plus sûr. Comme ceux qui nous gouvernaient étaient tellement chrétiens, ils n’allaient pas violer ce lieu sacré, avec les saints couverts de sang qu’ils conservent là . Et nous avons eu raison. Ils ne nous ont pas réprimés et nous sommes restés là pendant une semaine. Ensuite nous avons fait appel à nos frères du peuple bolivien pour qu’ils sortent bloquer les chemins, les routes et les moyens économiques.

Quelle a été la première revendication de cette mobilisation ?

F. Q. : La libération immédiate de notre camarade Edwin Huampo Espinoza, dirigeant indigène emprisonné pour avoir appliqué la justice communautaire.

De quoi était-il accusé, concrètement ?

F. Q. : D’assassinat. En tant que dirigeant syndical de la communauté Pucarani, il a accepté la sentence de la loi communautaire d’exécuter deux voleurs de bétail récidivistes. La justice du gouvernement ne reconnaît pas nos lois, et il a été accusé d’assassinat. Pour obtenir sa libération, nous avons pris en otage deux vice-ministres, celui de l’Agriculture et celui des Affaires paysannes, qui se sont engagés à libérer notre camarade.

Ils ont mis deux semaines, mais ils l’ont libéré. Le MAS et d’autres partis ont alors appelé à une marche pour le 19 septembre. Mais la vérité est que cette marche ressemblait à un défilé folklorique : ils arrivaient, les gens les regardaient passer. Ce n’était pas une manifestation de protestation, mais cela ressemblait davantage à un défilé scolaire.

Vous étiez toujours au théâtre San Gabriel, en grève de la faim ?

F. Q. : Oui, nous étions là . Le 20 septembre, les ministres sont arrivés pour dialoguer. Nous avons préparé des cahiers de revendications sur une série de thèmes : la terre et les régions, les droits humains, l’éducation indigène, les transports et communications, les enseignants ruraux. Sous le thème du développement de l’indigène autochtone étaient abordées les questions des routes, de l’eau potable, de l’énergie électrique pour toutes les communautés, des postes sanitaires et des hôpitaux, de la mécanisation de la campagne grâce à des machines agricoles.

Nous avons demandé mille tracteurs, parce que depuis l’arrivée des Espagnols [au XVIe siècle] jusqu’à ce jour nous continuons à labourer avec la charrue égyptienne qu’ils avaient amenée. Depuis la mort d’Atahualpa [dernier roi inca, arrêté par le conquistador Pizarre ; il chercha un accord avec ce dernier, mais Pizarre décida de l’exécuter le 29 août 1553] jusqu’à nos jours, nous continuons à travailler avec la technologie que nous ont laissée nos ancêtes incas. Nous n’avons rien changé. Comment, avec ces seuls instruments archaïques allons-nous pouvoir entrer en concurrence avec des pays qui se sont déjà passablement développés [Quispe fait allusion à l’ouverture des marchés à l’ordre du jour dans toute l’Amérique latine] ? Ce sont ces problèmes que nous avons posés à ceux qui nous gouvernent.

Mais la journée du 20 septembre 2003, il y a eu une tuerie à Warisata...

F. Q. : C’est effectivement ainsi. A midi, la sonnerie du (téléphone) portable a rompu le silence. On m’appelait depuis Warisata, où il y avait des barrages de routes et de chemins, et on m’a dit : "Frère, il y a 18 caimans (des camions militaires) remplis de soldats armés jusqu’aux dents ; ils sont à 10 kilomètres, et ils vont nous massacrer." Cet appel a été suivi de plusieurs autres : ils sont à 5 kilomètres, à 2 kilomètres, à 1 kilomètre. Ensuite les tirs se sont déclenchés, et on a entendu les mitraillettes. Par l’intermédiaire du portable nous entendions également les "chants" des mitraillettes. Alors j’ai passé le portable au ministre de l’Agriculture, Diego Añez Moscoso, et je lui ai dit : "Ecoutez cela, nous ne pouvons plus dialoguer." Et le secrétaire d’Etat a eu peur et a dit qu’il devait parler avec le ministre de la Défense, Carlos Sanchez Berzain [qui a organisé toute la répression en octobre 2003].

Or, on sait que c’est lui qui a ordonné cette tuerie...

F. Q. : Il ne l’a pas seulement ordonnée, c’est lui personnellement qui a dirigé la tuerie, en tirant depuis un hélicoptère. A ce moment, on m’a informé qu’il y avait trois morts à Warisata et un autre à Sorata. Nous avons rompu le dialogue.

Et le soutien s’est élargi...

F. Q. : Le lundi 22 septembre, la Centrale ouvrière bolivienne (COB) a appelé à un congrès d’urgence. La COB est en réalité un cadavre ambulant, qui essaie tant bien que mal de ressusciter, mais qui est bien amoindri. Finalement, elle a appelé à une grève de durée illimitée. Et les comités de quartier du Comité civique de El Alto [la ville de quelque 700’000 à 800’000 habitants qui surplombent La Paz] et de La Paz, la Centrale ouvrière régionale de El Alto [qui a été une des âmes de l’insurrection] et plus largement la population se sont associés à cette grève.

Alors, la tuerie de Warisata a été le détonateur de la protestation généralisée ?

F. Q. : Cette tuerie a eu de l’impact et a fait prendre conscience aux gens. Elle a pénétré dans les coeurs de pierre qu’affichaient nos frères de la ville, qui nous regardaient depuis leur balcon, gaiement. Même Evo Morales était, ces jours-là , en train de se promener en Libye ou à Genève. A Ventilla, il y a eu un nouveau massacre, et cela a créé le bouillon de culture pour que la protestation se répande encore davantage.

Aviez-vous prévu que vous obtiendriez la chute de Sanchez de Lozada ?

F. Q. : Non, pas au début, mais nous avons continué à étirer la situation comme un chewing-gum, parce que la mère de ces batailles a été la grève de la faim, convoquée par la Centrale unique des travailleurs paysans de Bolivie. Après, ils ont continué à tuer à El Alto et ailleurs, toujours dans les quartiers des bidonvilles. Finalement, les gens de la ville, la classe moyenne, les intellectuels, les étudiants et les défenseurs des droits humains ont commencé à se rassembler dans les églises et les paroisses catholiques et évangéliques, et ils ont rejoint la grève de la faim. Et c’est alors que commença la séguedille [danse espagnole sur un rythme rapide] des démissions de ministres. Le premier à sortir du gouvernement a été le ministre du MIR Jorge Torres Obleas (fils du général et ex-président Juan José Torres), ensuite c’est le porte-parole officiel, Mauricio Antezana, et ainsi de suite. Mais à ce moment, il y avait déjà plus de 80 morts.

Quel est le chiffre de morts selon vous ?

F. Q. : Il y en a 88, y compris 8 soldats qui ont été découverts dans une fosse commune à El Alto, et qui ont été exécutés par leurs chefs parce qu’ils ont refusé de tirer contre le peuple. Bon, une fois le boucher [Lozada] parti, les puces se sont dispersées. Et le peuple a fêté cela dans les rues, comme si c’était carnaval. Par contre, nous, nous étions tristes, parce que nous avions travaillé pour d’autres. Nous avions donné des vies et versé du sang pour d’autres, pour Carlos Mesa, qui n’a peut-être jamais pensé qu’il serait président, mais qui maintenant gouverne, grâce à nous,

Etes vous d’accord avec la consultation populaire au sujet de la vente du gaz ?

F. Q. : Nous verrons comment se fera cette consultation

Est-ce que vous seriez d’accord de participer à une Assemblée constituante ?

F. Q. : Non. Cela n’est pas dans nos projets et cela ne fait pas partie des projets du MIP. Aujourd’hui les indigènes ne vont pas remanier la Bolivie ; nous allons demander la reconstitution du Qullasuyu, et nous nous autodéterminerons en tant que nation indigène dans la République du Qullasuyo. Tout le reste c’est comme si on disait : "Puisque les habits sont très vieux, on va les rapiécer." Ici il faut tout changer, y compris le nom de ce pays.

Source : www.alencontre.org

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