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Thème : Bolivie

Otages des putschistes boliviens

Maurice LEMOINE
Bolivie post-coup d’Etat… « Nous vivons dans la douleur, l’incertitude, l’angoisse la peur, l’indignation… » Elle s’appelle Patricia Moldiz. Elle est Bolivienne, on l’aura compris. Elle continue, d’une voix altérée : « Depuis sept mois, nos proches n’ont pas pu obtenir le sauf-conduit qui leur permettrait de quitter l’ambassade où ils se sont réfugiés. » Fille de Hugo Moldiz, avocat, universitaire et ministre de l’intérieur d’Evo Morales en 2015, la jeune femme s’exprime dans le cadre de la conférence de presse virtuelle qui, le 17 juin, organisée depuis l’Argentine, où est réfugié le président renversé, lance la « Campagne internationale pour la liberté et l’obtention de laissez-passer pour les sept demandeurs d’asile à l’ambassade du Mexique en Bolivie [1] ». Des fidèles et proches collaborateurs de l’ex-chef de l’Etat. A savoir : Moldiz, Juan Ramón Quintana (ministre de la présidence) [2], Javier Zavaleta (défense), Héctor Arce Zaconeta (justice), Wilma Alanoca Mamani (culture), Víctor Hugo Vásquez (gouverneur du (...) Lire la suite »

Bolivie : le coup d’État reposait sur un rapport bidon...

Jonathan Lefèvre et Paula Polanco

En novembre dernier, la gauche au pouvoir en Bolivie est forcé à l’exil. Ce putsch a été rendu possible par un rapport de l’OEA (Organisation des États américains) qui parle de « fraudes » de la part du pouvoir du président Evo Morales. Quatre mois plus tard, ce rapport s’avère être totalement vide de preuves...

Le dimanche 20 octobre, le président de gauche Evo Morales, en place depuis 2006, remporte l’élection présidentielle avec 47,06 % des voix au premier tour alors que son opposant Carlos Mesa obtient 36,52 %. L’écart en faveur de Morales était donc d’un peu plus de 10 %. Soit l’écart nécessaire stipulé par la Constitution bolivienne pour obtenir la victoire au premier tour. Mais ce pourcentage tout juste suffisant a immédiatement suscité la controverse. Le candidat d’opposition Carlos Mesa a dit qu’il n’acceptait pas ce résultat et a appelé la population à manifester. L’OEA (Organisation des États américains, dont font partie les États-Unis) publie un rapport censé prouver des fraudes électorales dont serait coupable le camp du MAS (Mouvement vers le socialisme, parti du président Morales). Ce rapport va permettre à la droite et à l’extrême droite, encouragées par les États-Unis, de pousser Evo Morales à l’exil et de prendre le pouvoir. Le président de gauche ne plaisait pas aux États-Unis : sous sa présidence, (...) Lire la suite »

Les arrestations d’opposants politiques se poursuivent en Bolivie

Le gouvernement putschiste a arrêté trois dirigeants du parti d’Evo Morales, puis en a relâché deux, mais pas sa mandataire, qui était chargé de l’inscrire comme candidat aux prochaines élections.

Le gouvernement putschiste bolivien continue la traque des partisans d’Evo Morales. Dans sa décision de brider la présence du MAS lors des prochaines élections, le gouvernement de l’autoproclamée Jeanine Áñez a arrêté l’ancien ministre des mines César Navarro, l’ancien vice-ministre du développement rural Pedro Damián Dorado et Patricia Hermosa, la représentante légale d’Evo Morales réfugié en Argentine. Navarro et Dorado étaient tous deux réfugiés à l’ambassade du Mexique en Bolivie et avaient un sauf-conduit pour se rendre à Lima sur un vol commercial. Au moment de leur arrestation, alors qu’ils se rendaient à l’aéroport d’El Alto vers 4 heures du matin, ils étaient accompagniés des ambassadeurs du Mexique et de l’Union européenne. Dans le cas des deux hommes, la mesure a été annulée, a déclaré le ministre de l’Intérieur Arturo Murillo : « Il y a malheureusement eu un manque de coordination entre le ministère public et la police ». Le ministre a dû clarifier l’affaire car son gouvernement avait promis de permettre (...) Lire la suite »

Bilan de ces deux derniers mois en Bolivie sans les médecins cubains

Nuria Barbosa León

Une campagne intense et insultante contre la coopération médicale que Cuba fournit au monde a caractérisé la stratégie impériale mise en œuvre par les États-Unis en 2019 et à laquelle ont adhéré des gouvernements soumis qui ont préféré laisser leur peuple sans soins de santé, afin de jouer le jeu de la Maison-Blanche

Une campagne intense et insultante contre la coopération médicale que Cuba fournit au monde a caractérisé la stratégie impériale mise en œuvre par les Etats-Unis en 2019 et à laquelle ont adhéré des gouvernements soumis qui ont préféré laisser leur peuple sans soins de santé, afin de jouer le jeu de la Maison-Blanche. On peut citer à titre d'exemple les récentes déclarations de la présidente autoproclamée de Bolivie, Jeanine Añez, qui, le 22 janvier, à l’occasion de la cérémonie de célébration de la fondation de l'État plurinational, a une nouvelle fois usé d’arguments éculés contre l'altruisme des professionnels de la santé cubains. En réponse à de tels propos insultants et irrespectueux, Bruno Rodriguez, le ministre cubain des Relations extérieures, a qualifié de vulgaires les mensonges de la présidente putschiste sur son compte Twitter, et il l'a exhortée à expliquer à son propre peuple qu'après le retour à Cuba des coopérants à la suite des violences dont ils ont été victimes, plus de 454 440 soins de santé (...) Lire la suite »

Les petits télégraphistes du coup d’Etat qui n’existe pas

Maurice LEMOINE
Dans leur malheur, il y a quelques décennies, les Chiliens ont eu la chance (même si on peut la considérer très relative) de ne pas voir leur tragédie défigurée. Au lendemain du 11 septembre 1973 et du renversement du socialiste Salvador Allende par le général Augusto Pinochet, aucun média digne de ce nom n’aurait osé nier qu’il y ait eu un « Coup d’Etat à Santiago ». Autres temps, autre type de « golpe » (dans la mesure du possible moins sanglant), autres « professionnels » de l’information. Le 15 novembre 2019, après que le chef de l’Etat en exercice, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, ait été contraint à abandonner le pouvoir sous la pression de la police et de l’armée, le quotidien Le Monde transformait la victime en responsable et se fendait d’un éditorial singulier : « Bolivie : les erreurs d’Evo Morales ». Et il ne fut pas le seul. En syntonie parfaite avec ceux de ses confrères qui, sur place – Pagina Siete, El Deber, La Razón, Unitel, Red Uno, Bolivisión, etc. –, ont accompagné et (...) Lire la suite »

Bolivie : Le ministre de l’Intérieur demande l’aide d’Israël pour combattre le "terrorisme de gauche"

Reuters

Après une interruption de dix ans sous la direction de l’ex-président Evo Morales, le gouvernement bolivien issu du coup d’Etat de novembre 2019 a rapidement annoncé le rétablissement de ses relations diplomatiques avec Israël. Le nouveau ministre de l’Intérieur s’entretenait avec l’agence Reuters quelques jours après, offrant ainsi un éclairage sur la nature de la coopération à mettre en place entre les deux pays. Ces derniers jours, divers secteurs opposés à l’actuel gouvernement ont dénoncé une militarisation croissante de certaines zones du pays. (Note du traducteur).

LA PAZ (Reuters, 06/12/2019) - Le gouvernement intérimaire bolivien veut qu'Israël aide les autorités locales à lutter contre le "terrorisme" dans ce pays d'Amérique du Sud, a déclaré à Reuters vendredi le ministre de l'Intérieur, alléguant des complots du président vénézuélien Nicolas Maduro et d'autres forces de gauche pour déstabiliser les gouvernements régionaux. Sans fournir de détails, Arturo Murillo a déclaré que la police bolivienne enquêtait sur les extrémistes de gauche qui seraient liés à Maduro et à des trafiquants de drogue qui, selon le gouvernement, ont été à l'origine de troubles meurtriers dans le pays après la démission de l'ancien président Evo Morales le mois dernier. Morales devait terminer son troisième mandat en janvier, mais il avait dû faire face à des semaines de protestations à la suite d'une élection qu'il avait remportée mais qui a été marquée par des accusations de fraude électorale. Il a imputé sa chute à un coup d'État après que les forces de sécurité lui aient retiré leur (...) Lire la suite »

Silence sur l’assassinat d’un journaliste en Bolivie

Alan MACLEOD

Les médias et les groupes de défense des droits humains restent silencieux sur l’assassinat de Sebastian Moro, un journaliste engagé politiquement en Bolivie

Le 10 novembre, le journaliste argentin Sebastian Moro a été retrouvé inconscient, souffrant de multiples blessures, couvert d’ecchymoses, d’égratignures et d’autres signes de violence, tous enregistrés au centre médical où il a été soigné. Moro portait un gilet qui l’identifiait comme journaliste. Il couvrait le coup d’État soutenu par les États-Unis contre Evo Morales, le président de Bolivie démocratiquement élu. Il avait 40 ans et travaillait pour le quotidien argentin Pagina12. Quelques heures auparavant, il avait dénoncé ce qu’il considérait comme une prise du pouvoir par l’extrême droite. Ses derniers mots connus, publiés dans son journal quelques heures avant qu’on le découvre, dénonçaient l’enlèvement de fonctionnaires du gouvernement et les attaques de la mafia contre des journalistes et les moyens de communication. Il avait été l’une des seules voix à révéler au monde la campagne de terreur de l’opposition locale. Moro a passé six jours dans un hôpital de La Paz avant de finalement succomber à ses (...) Lire la suite »

L’usurpatrice ne partira pas par les urnes, ni de son plein gré

Itzamná OLLANTAY

On ne va pas perdre avec des votes ce que l'on a gagné avec des fusils. Eloy Alfaro. En près de 14 ans d’efforts remarquables, le pays est devenu un modèle de croissance économique régionale. Mais aujourd’hui, après quelques jours de dictature, la Bolivie s’est convertie en un « pays de la honte » suite à la violation délibérée des droits humains et à la destruction et la régression institutionnelle.

Jeaninne Añez a pris le pouvoir en rompant tout le processus de succession constitutionnelle (elle n’était présidente d’aucun organe de l’État, le quorum des deux tiers des parlementaires n’était pas atteint pour sa nomination, sans compter que le Congrès a encore moins accepté la démission forcée d’Evo Morales). Elle a pris le pouvoir sous la promesse de « convoquer des élections libres et transparentes » avant le 22 janvier prochain, mais il ne reste qu’à peine un mois pour conclure la période constitutionnelle du gouvernement défenestré, et il n’y a toujours pas de date pour les élections, et l’usurpatrice s’installe au pouvoir. Elle est arrivée au pouvoir par la force. Un soldat lui a remis l’« écharpe présidentielle ». Elle est responsable des 36 indigènes tués par balle alors qu’ils résistaient au coup d’État. Elle a libéré un grand nombre de prisonniers « blancs » qui avaient été condamnés et a persécuté et emprisonné tous ceux qui ont exprimé leur sympathie pour Evo Morales. Elle a changé de manière (...) Lire la suite »

Coup d’état en Bolivie : Pourquoi Evo Morales a été renversé par Washington

Discours du Président de la République de Bolivie, Evo Morales, lors du Briefing du Conseil de Sécurité consacré à la non-prolifération, le 26 septembre 2018. Exceptionnellement, Donald Trump présidait la séance, et s’est donc directement entendu dire ses quatre vérités par le Président d’une nation du Tiers-Monde authentiquement souveraine et populaire. Ce crime de lèse-majesté commis depuis l’arrière-cour des Etats-Unis, chasse gardée de l’Empire, n’a pas tardé à être châtié. Transcription : Donald Trump : Je donne maintenant la parole au Président de la Bolivie. Evo Morales : Président des Etats-Unis d’Amérique, mon frère António Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies, mes frères Présidents, mes frères et sœurs (membres) du Conseil de Sécurité, Aujourd’hui, la présidence (américaine) du Conseil de Sécurité a invité les membres de ce corps pour discuter de la non-prolifération des armes de destruction massive. La Bolivie se trouve dans une région qui a été déclarée dépourvue d’armes nucléaires depuis plus (...) Lire la suite »

L’ordre règne en Bolivie

Maïté PINERO

Après la démission forcée d’Evo Morales, des élections se tiendront le 20 mars prochain dans le pays andin. Le temps pour le gouvernement « de facto », issu du coup d’État, de s’installer.

Sous pression, menacés à travers leurs familles, sénateurs et députés du Movimiento Al socialismo (MAS) majoritaires dans les deux assemblées, ont résisté pendant dix jours. Le 23 novembre – lendemain des obsèques des victimes de la répression à Venkata, où alors qu’ils observaient une minute de silence, les cercueils des victimes étaient la cible de tirs – ils ont accepté la démission d’Evo Morales et de nouvelles élections. Elles auront lieu le 20 mars 2020, ce qui laisse le temps au gouvernement « de facto » de s’installer. José Luis Fernando Camacho, le dirigeant des Comités civiques de Santa Cruz, organisateur des violences qui ont accompagné le coup d’État, le premier à entrer au palais présidentiel pour y déposer la bible, celui qui était aux côtés de Jeanine Añez lorsque l’état-major de l’armée lui a remis son écharpe, s’est déclaré candidat. La droite traditionnelle, dont le représentant Carlos Mesa, arrivait en seconde position le 20 octobre, se voit supplanté après avoir servi de marchepied à l’extrême (...) Lire la suite »
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