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La négation de l’ordre en Somalie où l’aboutissement du chaos constructif de l’impérialisme occidental !

Avec la moitié de la flotte mondiale des porte-conteneurs et 3/4 du trafic total des produits pétroliers. 3 300 kilomètres de côtes en face du détroit d’Hormuz et posté à quelques encablure de l’entrée du détroit de Bab el mandeb.

La Somalie est proche des routes pétrolières vitales et ses ports pourraient également desservir l’Éthiopie enclavée, qui compte 100 millions d’habitants. Une bataille pour l’accès à ses ports maritimes est en cours. Ce pays connaît actuellement une lutte régionale entre d’une part l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis et d’autre part le Qatar soutenu par la Turquie. Cette lutte régionale directement affiliée au conglomérat de l’impérialisme mondial a trait aux tentatives impérialiste de vouloir contrôler l’ocean indien pour en principe contrôler le développement économique et commerciale des puissances de l’Inde, la Chine et l’Afrique via le contrôle militaire exercé sur des couloirs maritimes stratégiques.

L’installation sur les côtes somaliennes de l’impérialisme occidentalo-arabe nécessite bien l’instauration d’un choas permanent dans ce pays pour pérenniser ses intérêts géopolitiques et géoéconomiques. C’est toute la réponse des tensions militaire en Somalie ce dernier jours entre le Somaliland et le Puntland.

C’est en plongeant les masses dans le chaos que ses instigateurs peuvent aspirer à la stabilité de leur position et de leur intérêt dans une région donnée. Les théoriciens du chaos constructeur pensent qu’il est nécessaire de créer l’instabilité, le chaos sur le cendre duquel naîtront des désordres majeurs, une instabilité chronique et des structures étatiques plus ou moins fiables afin d’exploiter les richesses naturelles de leur sous-sol où des intérêts inhérentes au positionnement géographie du territoire donné. Entre autre, l’objectif du choas constructif en Somalie fût de substituer l’État centrale nationaliste, irrédentiste et issus de la fusion post-coloniale entre la Somalia italienne et le Somaliland britannique, en des entités plus petites à caractère clanique. Et neutraliser ces mini-États en les dressant en permanence les uns contre les autres. L’évolution de l’histoire récente de la nation somalienne reflètent les traits réussis du concept du "chaos constructeur".

Son histoire depuis le XIXe siècles cristallise une volonté supérieure internationale dans la négation de l’édification d’un État-nation somalien indépendant et souverain conformément aux désirs du peuple de la Somalie. Géographiquement stratégique à l’entrée du détroit de Bab al Mandeb, les "faiseurs des rois" occidentaux ne pouvaient se permettre la naissance et le développement d’une nation indépendante, souveraine et puissante stationnée naturellement sur cette grande route maritime vitale du golfe d’Aden et du canal de Suez.

Trente ans après la chute du pouvoir central, les ingérences étrangères ne cessent de désunir davantage les Somaliens, de les fractionner pour enfoncer et clouer profondément dans le désespoir les immenses atouts de cette nation guerrière et insoumise. L’insoumission et l’esprit souverain constatés par les colons britanniques au XXe siècle dans leur élan colonisateur a-t-elle condamné cette nation dans l’abime du désordre permanent orchestrée et voulue car pas si docile pour s’accommoder de l’ordre mondial occidentale ? Pourtant la nation Somalienne avait tous les cartes requises pour réussir à édifier un État-nation. Une nation homogène, une seule langue parlée le somali, une seule religion : l’islam. Une seule culture. Comment appréhender l’échec et la faillite de cette nation dans sa construction étatique ? Est-ce lié au nomadisme, à la couleur politique ou bien aux tendances anarchiques des Somaliens comme les pseudos "connaisseurs" de la Somalie nous martèlent pour expliquer le chaos permanent ? Á l’évidence, non ! Il n’en est rien de tous ces fallacieuses explications mensongères. Car faussées par les faits empiriques. L’ordre populaire des tribunaux islamiques instauré par et pour les Somaliens mais déconstruit aussitôt, sous des fallacieuses dénonciations islamistes par les États-Unis via la sous-traitance de l’armée éthiopienne, contredit ces justifications anthropologiques à l’anarchie ?

L’abyssinie chrétienne, alliée éternelle de l’occident, constitue dans la logique du chaos permanent imposé aux Somaliens l’État pivot par laquelle se fonde la sous-traitance du désordre somalien sur le théâtre régional. Ce fait démontre bien que les somaliens peuvent se reconstruire et s’organiser dans la paix. Mais que des forces puissantes et étrangères empêchent l’édification d’un ordre nationale souveraine et indépendante.

Le développement récent de la situation en Somalie, avec l’installation militaire et économique, confirme de plus en plus la stratégie du chaos permanent, du morcellement du territoire somalien et de l’anéantissement de toute velléité de reconnaissance. En effet, le jeu des États arabes finit à la concrétisation effective de la doctrine du "small state" ou du morcellement du territoire somalis en des petites état sans puissance conséquente en conflit contre eux-mêmes et sans gêne aux intérêts du capitalisme mondiale. Après que les implications du tour d’alliance de passe-passe occidentalo-soviétique ont contribué à créer les soupapes d’une guerre civile et la fin de la culture de l’État central.

Après son installation à Asmara en Érythrée et au port d’Aden, les Émirats arabes Unis mettent pied à Berbera en Somaliland pour y implanter une présence militaire et économique. En effet, cette mainte intrusion des Émirats dans ce pays de la corne de l’Afrique répond à des desseins qui, à première vue, sont militaires et économiques mais directement soumis à la planification géopolitique occidentale. Les EAU ont signé un contrat de 30 ans avec la république autoproclamée du Somaliland pour gérer son plus grand port Berbera. Ce, pour participer au marché d’import-export des marchandises du voisin enclavé éthiopien. Cette logique commerciale des Émirats cache bien un plan beaucoup plus ambitieux. En mettant les pieds sur les rives somalienne, les États arabes du golfe enterrent à jamais toute renaissance d’une nation somalienne. D’un point de vue juridique, elle donne une légitimité internationale au Somaliland autoproclamé non reconnue dans le concert des nations tous en bafouant la légitimité internationale du gouvernement de Mogadisco sur les affaires de toute la Somalie. Ce faisant, Dubaï octroie davantage d’argumentaires pour avaliser la ligne séparatiste de l’élite sectaire somalilandaise vers l’impossible réconciliation nationale. En fait, les États arabes, par cette intrusion en Somaliland, enflamme une tension déjà palpable entre le sud (gouvernement fédéral) et le nord (Somaliland). Une tension régionale qui cache bien une tension entre des confédérations claniques que l’ingérence arabe a poussé à s’aggraver. Le Somaliland, le Jubaland, le Puntland, l’ordre des seigneurs des clans et un gouvernement central impuissant se sont tous lancés dans une tension, qui n’est autre qu’un piège, pour susciter davantage leur méfiance dans le but d’accélérer définitivement le morcellement territorial de la Somalie. Morcellement qui arrange tous les voisins de la Somalie.

Après le mésentente politique, puis à l’arrêt des contacts entre la Somaliland et le gouvernement fédéral sur les négociations de la réunification fin de l’année dernière, la stratégie du chaos et du morcellement territorial tant voulu par les pays voisins se matérialise de plus en plus en Somalie en s’affirmant par des affrontements militaires entre les “ émirats ” somaliens. En effet, depuis le début de l’année 2018, le Puntland, délégué militaire de l’ordre fédéral et les forces armées de l’autoproclamé Somaliland, s’affrontent sur fond officiellement de litige territoriale. En réalité, les tensions sont beaucoup plus profondes. Elles reflètent la volonté des protagonistes de régler la question non-résolue de la réunification sur le plan militaire après avoir épuisé tous les autres recours pacifique.

Par delà des déclarations martiales des dirigeants de ces “ émirats ” somaliens, le fond du problème reste avant tous un règlement sur fond de trahisons, de tentative d’extermination, de leadership et de rivalité entre les Dards, grande confédération clanique majoritairement habitant le sud et les Isaaq, grande confédération clanique majoritaire au nord.

Les Isaac du Somaliland ont été trahis, réprimés puis exterminés alors qu’ils étaient les premiers à avoir renié leur propre souveraineté arrachée aux britanniques en s’unissant avec le Sud dans le but de constituer l’avant-garde d’une grande Somalie en 1960 (les autres territoires Somalis devraient en principe rejoindre la nation). L’élite darood néocoloniale et quelques ramassis des autres clans furent les traîtres qui, en s’accaparant du pouvoir militaire révolutionnaire, ont conduit la nation somalienne vers une guerre des clans surtout à l’encontre des Issaq en transformant la lutte armée nordiste légitime en une lutte entre Darood, détenteur du pouvoir révolutionnaire et les Issaq, rebelles opposés à la marginalisation du Nord. Ainsi prend forme la genèse des tensions actuelle qui, à ce jour non résolue, risquent d’embrasser encore la nation somalienne.

Dans ce climat de méfiance et de défiance, l’intrusion des investissements économiques et militaires des Émirats a favorisé le réveil des veilles blessures ainsi que des rivalités claniques qui a toujours constitué la menace existentielle de la nation somalienne et dont les ennemis en font toujours bon usage pour diviser et mieux les contrôler pour garantir leurs intérêts.

Par ailleurs, il faut bien noter que les élites claniques actuellement aux affaires dans ces "émirats" somaliens du Somaliland et du Puntland sont les anciens protagonistes dans la guerre civile. Moussa Bixi, actuel chef de l’Etat autoproclamé du Somaliland, fût un membre important du dispositif militaire de la rébellion MNS ( Movement National Somalien) alors qu’un des candidats à la présidence du Puntland n’est autre que le général Morgan, dernier ministre de la Défense du gouvernement somalien, gendre du dernier président Siad Barre, brève un homme au cœur de toutes les violences de l’État somalien contre les rebelles du nord. Et leurs discours martiaux pour en découdre exprime bien plus une volonté revancharde qu’une recherche de solutions politico-militaires entre les deux "émirats".

Malheureux peuple somalien, victime de la domination et de la division coloniale, vidé des éléments aux inspirations et aux rêves nationaliste d’une grande Somalie par la traîtrise d’une élite post-colonialiste ayant livré le pays au mondialisme libéral avant de l’avoir vendu aux soviétiques. Le voici aujourd’hui morcelé par les Arabes, divisé et monté région contre région, clan contre clan pour quelques miettes au détriments de l’unité nationale, des richesses nationale somalienne et du sang du peuple.

Quand donc la nation somalienne comprendra-t-elle que le piège couplé de la partition territoriale lié au formatage colonial et de la mentalité des clans a servi les ennemis de la nation à l’enliser dans une situation de chaos permanent, de guerre et de misère et sous-développement ? Et qu’il est plus que jamais nécessaire d’une refondation morale pour mettre en déroute les plans diabolique de l’anéantissement du peuple et territoires de la nation Somalis.

Moussa Ali

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