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La nuit de Cologne de Kamel Daoud - Mensonges et reniements pour plaire à l’Occident

illustration : "Blue" de Cyrus R. K. Patell

Suite à un événement qui a eu lieu en Allemagne, à Cologne précisément, Kamel Daoud a intervenu avec une opinion publiée le 31 janvier 2016 dans le quotidien français Le Monde, opinion intitulée « Cologne, lieu de fantasmes ». Avant de commencer à analyser le texte de Daoud, il faut rappeler ce qui s’est passé à Cologne le 31 décembre 2O15.

Des centaines de personnes, désignées par de nombreux témoins comme étant des migrants, ont envahi le centre-ville de Cologne, s’en prenant notamment aux femmes présentes dans les rues, alors que la police, dépassée, restait impuissante. Après des faits aussi graves, le dernier des commissaires ou des chroniqueurs devrait se poser la question capitale pour comprendre : quelle mouche a piqué des centaines de jeunes pour qu’ils se mettent tous à agresser des filles alors que pareil phénomène n’a jamais eu lieu auparavant ? Le journaliste enquêteur, quant à lui, va interviewer des victimes et tenter de trouver des coupables pour accréditer sa thèse. Et conclure par la même si ces actes étaient spontanés ou bien planifiés et prémédités. Ou même commandités. Car la thèse de la spontanéité ne tient pas la route, des centaines de jeunes ne pouvant devenir tous violents au même moment sans se connaitre. 516 plaintes ont été déposées à Cologne concernant la nuit du 31 décembre, dont 200 pour agression sexuelle.

Le Monde n’a pas demandé une contribution sur la nuit de Cologne à Rachid Boudjedra ni à Malek Chebbel ou à des centaines d’intellectuels musulmans vivant en France. Au lieu de parler des agressions en question et attribuées par la police locale à des hommes d’origine étrangère tout en se refusant à toute « instrumentalisation » visant les réfugiés, monsieur Daoud accable ce qu’il appelle tout le « monde d’Allah » avec son milliard d’âmes, pas seulement ceux qui ont commis ces agressions, si tant est que tous les auteurs soient des musulmans.

« Le fantasme n’a pas attendu les faits, » dit Daoud, signifiant que le viol et la violence sont inscrits dans les gènes musulmans et le fantasme, l’obsession, la perversion, donc la violence et l’agression, précèdent le crime de Cologne. Dans le New York Times du 12 février dernier, il est plus clair : « L’attaque de femmes occidentales par des migrants arabes à Cologne, en Allemagne, durant la nuit de la nuit de la Saint-Sylvestre rappelle l’agression des femmes à la Place Tarhrir en Egypte durant les journées grisantes de la révolution égyptienne ». Avant la police, il nomme donc les coupables ! Et invente un viol collectif au Caire, du moins celui que les « islamistes » attribuent à la police de Sissi. Cette citation est aussi très claire : « C’est le pendant de « Colonisation » : envahir un pays pour se s’approprier ses terres. Cela s’est donc passé dans la gare de la ville allemande du nom de ce syndrome, pendant les fêtes du début de la nouvelle année. Une foule des "Autres", alias maghrébins, syriens, "arabes", réfugiés, exilés, envahisseurs, a pris la rue et s’est mise à s’attaquer aux femmes qui passaient par là. »

La raison est que « L’Autre vient de ce vaste univers douloureux et affreux que sont la misère sexuelle dans le monde arabo-musulman, le rapport malade à la femme, au corps et au désir. » L’accusé, l’Autre, l’émigré, ce malade qui, s’il est accueilli, doit être également soigné. Sinon, il commettra de nouvelles agressions à Cologne, Paris ou ailleurs. Il faut s’en méfier, car « Il suffit de rien, du retour du grégaire ou d’un échec affectif pour que cela revienne avec la douleur. »

Monsieur Daoud ne parle pas des « tournantes », phénomène connu depuis longtemps en France, ces viols collectifs tristement connus dans certains quartiers de l’Hexagone. Il ne mentionne pas ce qui discrédite sa thèse. « Le rapport à la femme est le nœud gordien, le second dans le monde d’Allah, » la terre d’islam n’étant pas une terre où il fait bon vivre, dit et sous-entend Daoud : « vaste univers douloureux et affreux » que ce territoire qui va de Casablanca à Djakarta... Cette diabolisation des musulmans par la libido est accolée à leur prétendu amour de la mort et leur haine de la vie, symbolisée par la femme, qui doit être tuée, violée, étouffée : Cela donc est « une conviction partagée » « dans le monde d’Allah » et « qui devient très visible chez l’islamiste par exemple. L’islamiste n’aime pas la vie. » Les attaques visent donc toute une communauté, pas uniquement ceux qu’il appelle « islamistes », ce concept fallacieux inventé par les Occidentaux pour protéger le wahhabisme, qui est une hérésie. La liberté de conscience qui dessert non seulement la communauté mais l’humanité tout entière n’est pas digne de ce nom. Une liberté de conscience qui annihile une nation au prétexte de vouloir émanciper la femme ne sert ni l’une ni l’autre. D’ailleurs notre nation, comme tout autre, a produit des tonnes de livres et de textes qui montrent que le combat pour la liberté de la femme n’a pas attendu l’avènement des malheurs de Cologne pour dénoncer des faits, réels chez nous comme chez d’autres peuples. Dénoncer Cologne sans dénoncer le viol d’enfants, de femmes et d’hommes par les soldats américains à Bou Ghraïb, tout récemment en Irak, ou au Vietnam, ou ceux de la soldatesque coloniale en Algérie et ailleurs est une mystification de l’histoire. Une mystification volontaire. Une trahison envers son peuple. Un coup de poignard dans le dos. Qui ne mérite aucune comparaison avec le grand Salman Rushdie, un immense auteur qui n’a jamais renié son peuple, et injustement condamné.

Avant la police, il nomme les coupables !

Les musulmans sont des violeurs, puisque congénitalement obsédés voire, dénués de surmoi. Conjoncturellement, ils sont terroristes, égorgeurs, voleurs... Ces tares ont été répertoriées : ils sont chez les Arabes, les Noirs, les Sud-Américains et ont justifié les crimes que l’on sait : le jet de Sud-Américains par-dessus les falaises par les conquistadores, les enfumages du Dahra, les massacres de Sétif et Kharrata, l’extermination des Vietnamiens au napalm... Le lauréat du Prix Goncourt du premier roman français renforce son argumentaire contre le « monde d’Allah » : « La femme est niée, refusée, tuée, voilée, enfermée ou possédée. Cela dénote un rapport trouble à l’imaginaire, au désir de vivre, à la création et à la liberté. » Dit comme ça, cela semble bénin mais niée veut dire oppression, tuée veut dire crime, voilée et enfermée veulent dire déni de liberté, possédée veut dire violée. Que faut-il de plus aux musulmans pour être des sauvages ? Leur profil cadre à merveille avec le crime de Cologne.

Les tares congénitales du migrant l’accablent mais son âme peut être sauvée : « Le réfugié est-il donc "sauvage" ? Non. Juste différent, et il ne suffit pas d’accueillir en donnant des papiers et un foyer collectif pour s’acquitter. Il faut offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer. » Ressassant l’argument du sexe perverti, Daoud ajoute : « On voit le survivant et on oublie que le réfugié vient d’un piège culturel que résume surtout son rapport à Dieu et à la femme ». Le texte du Monde est truffé d’approximations et d’absurdités : « Le corps de la femme est vu non comme le lieu même de la liberté essentielle comme valeur en Occident, mais comme une décadence : on veut alors le réduire à la possession, ou au crime à "voiler" ». Crime, viol : Daoud est sûr que le « monde d’Allah » « fabrique du vivant un zombie, ou un kamikaze qui rêve de confondre la mort et l’orgasme, ou un frustré qui rêve d’aller en Europe pour échapper, dans l’errance, au piège social de sa lâcheté ». L’infériorité du musulman par rapport à l’Occidental est patente dans ce portrait manichéen du monde et surtout d’une nation complexe, riche, multicolore et tout aussi équilibrée que les autres communautés humaines. Car si elle était réellement agressive ou violente, son milliard d’âmes aurait fait un massacre planétaire. Bien au contraire, ce qui se passe en Syrie, en Irak, ou en Libye montre que c’est la nation musulmane qui est violentée, agressée, humiliée, depuis le colonialisme à ce jour...

Dans sa contribution publiée en traduction dans le New York Times, « The sexual misery of the Arab World » (La misère sexuelle du monde arabe), M. Daoud ressasse le même prétendu rapport malsain des musulmans au sexe, écrivant que dans notre pays, les bancs publics sont sciés afin de ne pas permettre aux personnes de de sexe différent de s’asseoir les uns trop proches des autres. ["Benches are sawed in half to prevent people from sitting close together."] Cette invention, selon lui, conforte sa thèse fondée sur la déformation intentionnelle des faits et sur la volonté d’aggraver les détails insignifiants. Le positionnement pour la culture supposée supérieure est clair : « Ce qui semblait autrefois un spectacle étranger sur des lieux lointains apparaît désormais comme un choc des cultures se jouant sur le sol même de l’Occident. Ces différences [avec l’Arabe, le musulman, ndlr] autrefois désamorcées par la distance et un sentiment de supériorité sont devenues une menace imminente. Les Occidentaux découvrent, anxieux et apeurés, que le sexe dans le monde musulman est malade, et que la maladie se propage sur leurs propres terres. » Cet extrait du NYT n’est pas signé Le Pen, ni Trump, ni BHL, mais Kamel Daoud. Ce texte corrobore les déclarations des extrémistes occidentaux et ceux du parti populiste allemand, AFD, qui dit que « les migrants qui [...] n’ont visiblement aucun scrupule ou mauvaise conscience à s’en prendre à des femmes sont très dangereux et démontrent leur absence de volonté d’intégration ».

Ces absurdités pompées chez Gustave Le Bon et Ernest Renan pour ne pas dire chez Gobineau ne sont donc pas un simple coup de gueule ni une mauvaise formulation sur certains faits existants non seulement en terre d’islam mais partout dans le monde, si l’on juge le nombre de femmes violées en France, ou battues, par exemple. Les injustices contre la femme sont universelles et ne résident pas uniquement en le port obligatoire du voile dans certaines familles ou aux autres privations en terre musulmane et même chez les Amishes et les Mormons, aux USA. L’auteur du brûlot sait-il que la femme turque a obtenu le droit de vote en 1934, et que la Syrienne (1949), la Libanaise (1952), l’Egyptienne et la Malienne (1956), l’Algérienne (1962), l’Afghane (1963), la Libyenne et la Soudanaise (1964) l’ont obtenu bien avant celles de certains pays occidentaux (la Suisse en 1971, l’Australie et Monaco en 1962) ?

Plus d’un milliard d’habitants sont réduits à leur seul rapport à la religion, et dont tous les actes sont dictés par un sexe sans contrôle du surmoi, avec les conséquences qui en découlent : assassinat, viol, violence... Daoud ne s’arrête pas au diagnostic, il propose un programme d’insertion des émigrés et des réfugiés : « offrir l’asile au corps mais aussi convaincre l’âme de changer », puisque les Syriens forcés à l’exil ont besoin du recyclage de leur âme, d’un reformatage civilisateur, en somme d’être pacifiés comme cela s’est fait lors des colonisations, avec la croix et le canon.
Ce que Daoud ne peut pas dire dans Le Monde c’est que ces Syriens ont été forcés à l’exil par la France, les USA, la Belgique, l’Angleterre, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie et plus de 70 autres pays qui ont diabolisé Bachar El-Assad et émis des fatwas plus féroces que celles d’Al Qaradawi, Fabius disant que Bachar méritait de mourir, Hillary Clinton disant pareil de Kadhafi. Ces Syriens ont été forcés à l’exil par Daesh, An-Nosra et des dizaines d’autres groupes terroristes sponsorisés par Hollande, Cameron, Obama... Même si Daoud le pensait, Le Monde ne lui aurait jamais permis de l’écrire, sachant que ce journal est lui aussi responsable de la mort de milliers de Syriens, de Libyens, de Maliens, et de l’enrôlement dans le terrorisme de plus de 1200 Français ! Comme tous les medias français, ce journal a fait une propagande sans précédent pour les mercenaires qui allaient en Syrie.

Squattant le titre de psychiatre, Monsieur Daoud dresse un constat sur la situation de la femme musulmane avec ses propres normes alors que les organisations mondiales et les experts prennent en considération des critères précis comme la représentation en politique, le droit au travail, le trafic humain, la non-discrimination dans les lois, l’éducation, la scolarisation... Aussi libre que la Française ou la Belge dans les années 1970, la femme afghane n’a connu le drame de la burka et des viols qu’après l’envoi de Ben Laden et des talibans par les USA afin d’évincer un gouvernement socialiste. La femme irakienne jouissait, elle aussi, de tous ses droits avant l’agression américaine de 1994 et l’invasion de 2003, tout comme la femme syrienne, qui était un idéal pour toutes les Arabes avant qu’Obama ne commande à des hordes terroristes d’aller détruire un pays laïc qui a également le malheur d’être antisioniste. Il n’est pas nécessaire d’être journaliste pour savoir cela mais Daoud n’en dit mot, préférant à la vérité un mauvais recyclage d’idées perverses qu’Edward Saïd a démontées.

Cologne rend donc légitime la chasse à l’Arabe

Kamel Daoud est plus clair dans sa chronique du 18 janvier dans un journal algérien où il écrit, toujours surfant sur les agressions survenues à Cologne : « Le spectacle de la femme libre en Occident n’est pas vu comme l’essence même de la liberté et de la force de l’Occident, mais comme un caprice, un vice ambulant, une provocation qui ne peut se conclure que par l’assouvissement. La misère sexuelle du monde "arabe" est si grande qu’elle a abouti à la caricature et au terrorisme. [...] Et tout l’espace social est une prison du désir qui ne peut s’exprimer que dans la violence, la dégradation, la fuite vers d’autres terres ou la prédation et la clandestinité. »
C’est une nation sans destin, puisque malade, que caricature Daoud ; et au cliché déjà connu yatagan entre les dents, il ajoute une libido en érection pour trucider les innocentes occidentales sur les places publiques et dans les gares. Dans cette chronique, il invente même un néologisme, « Colognisation » qui en appelle donc à une résistance, normalement légitime, contre l’invasion des barbares. Puisque, écrit-il, « La "Colognisation" c’est cela aussi : une peur qui convoque l’irraisonnable et tue la solidarité et l’humain. » La "Colognisation" rend donc légitime la chasse à l’Arabe, pourquoi pas comme un certain 11 décembre 1960 ? Au lieu de chercher une compréhension politique des faits survenus, au lieu de mettre les capitales occidentales devant leurs responsabilités, puisque les auteurs des agressions sont des Occidentaux, fussent-ils d’origine arabe ou africaine, Daoud focalise sur leur prétendue identité de musulmans, alors qu’il sera prouvé que même des allemands de souche ont pris part à ces viols. Daoud n’interprète pas ces faits malheureux comme pouvant être une espèce de vengeance contre un Occident qui a non seulement détruit plusieurs pays arabes (Libye, Syrie, Irak...) mais incité des milliers de jeunes Occidentaux et étrangers à aller tuer et détruire en Syrie et en Irak, faisant du terrorisme un idéal pour 1200 français et entre 500 et 600 Allemands, entre 500 et 600 Anglais, 440 Belges, alors qu’il n’y a même pas 100 Algériens dans les rangs de Daesh ou d’An-Nosra bien que notre pays compte 40 millions de musulmans. Ce qui prouve que ce sont des Etats qui ont envoyé des paumés tuer et se faire tuer en Syrie. Ce qui montre aussi que Daoud ne connait rien à l’histoire immédiate ou fait semblant de l’ignorer pour corroborer une idéologie néocolonialiste et impérialiste qui salit l’islam pour vendre ses armes et mettre en œuvre son Nouvel Ordre mondial. Ce n’est pas pour rien que Dominique Valls prend position pour Daoud, avec une velléité de limiter la liberté d’expression à ceux qu’il adoube, faisant ainsi écho à la levée de bouclier internes et externes suscitées par la réponse de dix-huit intellectuels à la contribution de Kamel Daoud dans Le Monde.

L’une des "avocates" de Daoud avoue que l’auteur a « osé affirmer que les viols perpétrés à Cologne par des immigrés issus du monde arabo-musulman sont la conséquence logique d’une tradition portée sur la répression sexuelle et génératrice de frustration chez les jeunes ». Alors comment expliquer qu’on ne viole pas les filles dans nos rues et nos gares et que les malheureux événements aient eu lieu non pas à Oran, Alger ou Tiaret ni même à Khartoum, Bamako ou Tripoli ? Selon le raisonnement daoudien, les viols collectifs devraient être monnaie courante chez nous ! Et pourquoi Cologne ? N’est-il pas légitime de se demander si ces viols collectifs n’ont pas été commandés en vue de renforcer un sentiment antimusulman pour des visées à court, moyen ou long terme de l’impérialisme ? Car il n’y a pas de doute que ce sont les mêmes qui, dans un même but et une même stratégie, manipulent un auteur et de jeunes écervelés des quartiers de Cologne.

Celui qui dresse Le procès ne cache pas ses accointances passées avec le parti dissous et on ne sait pas à quel moment il a changé de cap. Peu importe. En tout cas on n’adhère pas au wahhabisme du FIS par un débordement de foi mais par une défaillance intellectuelle et c’est un même déficit qui dicte des positions extrémistes aux antipodes des premières. Dans son roman, Daoud nie le fait colonial ; et dans ses chroniques il n’accable pas le wahhabisme mais « le monde d’Allah », créant ainsi un amalgame qui n’a fait qu’alimenter la vague d’islamophobie. Très clair là-dessus, il dit et répète que le problème c’est la culture (religion) de l’arabe et du musulman. Est-ce aussi par ignorance que ses dernières chroniques sont plus une critique outrancière des pratiques musulmanes et algériennes qu’une contribution à la compréhension de l’islam et des musulmans, et encore moins une tentative de compréhension des phénomènes terroristes ou leur simple condamnation ? L’auteur ignore-t-il que Daesh et An-Nosra sont des bras armés de l’Occident pour ne jamais les citer, comme il ne cite jamais les monarchies qui financent le wahhabisme armé et prosélytique ? Sur la question palestinienne, copiées sur celles de Sansal sont les positions de Daoud, qui innove cependant en qualifiant de « tribal » le soutien de l’Algérie à la Palestine. Le soutien de la Suède et des 134 autres pays qui ont reconnu l’Etat palestinien l’est-il aussi ? Le « discours palestinien » des chroniques daoudiennes date au moins de 2012, lorsqu’il écrivait que le lien qui nous unit à la Palestine « est "obligatoirement" religieux, identitaire et toujours émotionnel. » Bien sûr, écervelés, les Algériens ne sont qu’un instinct qui parfois déborde, viole et tue. Donc à quoi cela sert-il de soutenir un peuple qui, comme les autres de même confession, prolifère sans utilité, sans signification, sans rêves, irrationnel, instinctif ?

Les arabes violeurs : nouvel argument offert à l’impérialisme

Il faut être clair, et l’ingérence de Valls vient de le prouver, certains écrivains et cinéastes algériens sont devenus une cinquième colonne pour l’Occident en général et la France en particulier. Elle leur permet non seulement de se déculpabiliser par rapport à la barbarie de la colonisation et de renforcer leur discours néo-impérialiste et sioniste. Les barbares admettent qu’ils sont pervers, des auteurs algériens en témoignent. Donc vive la nouvelle guerre inaugurée par les Bush père et fils et qu’Obama continue en Syrie, en Irak, en Libye... Comme Sansal, Daoud ne dit pas wahhabite et ne montre jamais du doigt l’Arabie saoudite, qui est responsable de cette hérésie qui ne mérite pas l’appellation d’islamisme car elle n’a rien à voir avec le Coran.

Ces idées essentialistes donnent du grain à moudre aux courants impérialistes, néocolonialistes et sionistes, et vont dans le sens de Samuel P. Huntington, le théoricien de l’impérialisme et des néoconservateurs. L’auteur du « Clash des civilisations » précise qu’une ligne de fracture passe entre l’Occident et le reste du monde, qu’il laisse soin aux extrémistes, y compris autochtones, de désigner par barbarie. Puisqu’il valorise « l’individualisme, le libéralisme, la Constitution, les droits humains, l’égalité, la liberté, le règne de la loi, la démocratie, les marchés libres », l’Occident doit se préparer militairement à affronter les civilisations rivales, notamment les deux plus dangereuses : l’islam et le confucianisme, qui, si elles s’unissaient, menaceraient la « civilisation ». Ceux qui dressent une carte manichéenne du monde, avec les civilisés d’un côté et les barbares de l’autres, ne peuvent que se réjouir d’une caricature qui désigne « le monde d’Allah » comme le pôle négatif par excellence. Faut-il se taire face à ceux qui offrent à l’impérialisme de nouveaux arguments pour nous renvoyer à nos fantasmes, à nos tares, et s’approprier la modernité tout en s’arrogeant le droit de nous civiliser par les moyens jugés nécessaires, guerre ou recolonisation... ?

L’Occident façonne, manipule puis exploite ses chevaux de Troie autochtones : cela fait partie de sa stratégie de manipulation des foules au sens large du terme, comme la qualifie Serge Moscovici. La manipulation des élites lui permet de manipuler les masses et même les médias, en vue de concrétiser des enjeux stratégiques qui se font sur le dos des faibles, avec chars et avions et même terroristes, comme en Syrie. Daoud ignore-t-il cela ?

Aujourd’hui, la cinquième colonne de l’impérialisme et du néocolonialisme en Algérie est non seulement est bien réelle mais elle rend très difficile la critique d’un livre (ou d’un film) célébré par un prix français : c’est que nous sommes déjà dans une nouvelle forme de colonialisme ! D’ailleurs, ceux qui sortent leurs griffes sont les mêmes que ceux qui ont défendu des films faits avec de l’argent algérien et qui insultent la révolution de novembre. Ce discours qui pue la haine de soi a été inauguré par Sansal dans Le serment des barbares (résumé de ce livre : nous, Algériens, sommes des barbares et avons fait le serment de le rester).

Contrairement à ce qu’on écrit certains de ses défenseurs, Daoud ne s’attaque pas au wahhabisme, lui préférant parfois le concept fourre-tout d’« islamisme », corroborant ce que certains Occidentaux veulent bien entendre, que la tare est dans l’islam. Très clair dans son propos, il généralise, disant « le monde d’Allah » et non pas le wahhabisme ni même « islamisme ». Contraint de lire ses anciennes chroniques pour comprendre le phénomène, j’ai constaté qu’il n’a jamais cessé d’accabler son peuple de fausses tares. Le 11 septembre 2015 il écrivait : « pourquoi les Algériens, en majorité, sont-ils si sales ? Nous sommes sales ! [...] Il y a tout dans la poubelle de l’âme. [...] Car, désormais, c’est ceci l’Algérie : des détritus, des décharges, des poubelles éventrées, un peuple au trois-quarts ignare, bigot, sale, incivique et intolérant. [...] La terre appartient à ceux qui la respectent. Si nous, les Algériens, en sommes incapables alors autant la rendre aux colons. »

Dans ses chroniques comme dans Meursault, contre-enquête, « Il déblatère sur la foi des musulmans pour les froisser, voire les blesser collectivement alors même que son sujet est censé se polariser sur le meurtre sans motif de l’arabe sans identité froidement achevé par Meursault qui crible le corps inanimé de quatre balles. Pour le moins, il aurait pu se risquer à diagnostiquer une sorte de haine tranquille, » pour citer le Dr Abdelouahab Mokhbi dans un texte intitulé « Kamel Daoud ou le syndrome Sansal ». Dans ses chroniques du Monde, du New York Times et du Quotidien d’Oran, Daoud extrapole volontairement, exagère, invente pour rendre plus sombre qu’il ne l’est un monde d’Allah qui, faut-il le rappeler, a eu son âge d’or et rien ne dit qu’elle n’en aura pas un autre, et dont les traces à Cordoue, à Grenade et ailleurs interdisent aux racistes les plus féroces mais plus intelligents de déverser dans haine et mépris pareils à ceux qui servant à devenir célèbres au prix d’un reniement. Avec Sansal et Houellebecq la littérature se trouve détournée de sa noble vocation de célébrer les peuples et les hommes. Les salir est un fait unique dans l’histoire du roman et même de l’art en général, puisque même un Céline qui s’est positionné pour le fascisme et Pétain n’a pas écrit une seule ligne insultante envers les juifs. Tous les philosophes, depuis Socrate et Aristote, en passant par Kant, Hegel et Etienne Souriau, donnent à l’art une mission d’ordre moral avant tout, en respectant l’humain pour l’élever vers le meilleur. Une littérature qui incite à la haine n’en est certainement pas une. De plus, rien ne peut salir un peuple, quel qu’il soit, et particulièrement le peuple de Novembre auquel les néocolonialistes ne pardonneront jamais d’avoir arraché son indépendance.

A.E.T.

Pourquoi Valls défend Daoud ?

L’ingérence du Premier ministre français, Manuel Valls, dans l’affaire Kamel Daoud est unique en son genre dans un débat d’idées. Non seulement il prend position mais pourfend les signataires du texte qui démonte la contribution de Daoud, et cela procède donc d’une velléité de faire taire les intellectuels, partout où ils sont, qui s’opposent à la pensée officielle, celle des BHL, Finkielkraut et autres Houellebecq qui monopolisent le débat en France. En vérité, d’une seule pierre, Valls vise non seulement les antisionistes, les anti-impérialistes mais tous les intellectuels libres, tous ceux qui suivent la voie de Naom Chomsky, ce libre penseur au sens sartrien du terme qui milite contre les velléités d’anéantir la liberté d’expression pour asseoir l’hégémonie sioniste, impérialiste et néolibérale.

Le profil des signataires permet de juger qui de Valls ou de ceux-là défend les musulmans et le monde arabe, quoique la meilleure solution soit d’aller lire leurs textes, disponibles même sur Internet : Joel Beinin, un juif antisioniste, a beaucoup écrit sur les dérives racistes et antimusulmanes. Également juive, Sonia Dayan-Herzbrun lutte contre le sionisme et milite pour le boycott des produits israéliens... L’anthropologue sud-africain David Theo Goldberg est spécialiste du racisme. L’iranienne Laleh Khalilie est membre fondatrice du Centre for Palestine Studies (CPS)... La politiste Nadia Marzouki est spécialiste des questions religieuses et d’Islam. Spécialiste de l’Arabie saoudite, Pascal Ménoret a un texte capital qui s’intitule « Le "wahhabisme", arme fatale du néo-orientalisme » qui prouve son anti-impérialisme. Elizabeth Shakman Hurd est l’auteur d’un livre important, « Beyond Religious Freedom : The New Global Politics of Religion » où elle explique comment, dans les dernières années, l’Amérique du nord et l’Europe se sont arrogés le droit de refaire la religion dans d’autres pays à travers un réseau d’initiatives sans précédent. Ajoutons le libanais Ghassan Hage, un spécialiste de Pierre Bourdieu, et Tristan Leperlier, auteur d’une thèse intitulé « Le champ littéraire algérien pendant la "décennie noire" (1988-2003) », qui connait la littérature algérienne en professionnel de la recherche pas avec des approximations.

A.E.T.

 https://internationalinfos.wordpress.com/2016/03/09/kamel-daoud-mensonges-et-reniements-pour-plaire-a-loccident/

COMMENTAIRES  

13/03/2016 12:08 par D. Vanhove

Belle analyse...

J’ajouterais que dorénavant, il suffit de voir quels sont les soutiens de ces gens-là pour savoir à qui on a affaire...

13/03/2016 19:46 par Prof Chitour

Merci pour cette mise ua point salvatrice

J’ai été tenté moi aussi de protester ainsi ! Je ne sais pas à quel jeu joue monsieur Kamel Daoud. Pendant longtemps les Algériens appréciaient ses papiers et ces mêmes algériens ont du déchanter le jour où ils se sont aperus que les écrits s’inscrivaient dans une dynamique qui est celle d’avoir une visibilité planétaire
Il faut dire que monsieur Daoud n’est pas le premier et peut être pas le dernier. C’est toute la cohorte de tout ceux qui,las de prouver objectivement leur valeur intrinsèque enfourchent les dadas qui plaisent à l’Occident et partant qui donne au "traitre à la condition humaine" car en fait c’est de cela qu’il s’agit , une hypothètique visibilité conjoncturelle qui ne peut perdurer que par la haine de l’Autre d’autant que cet Autre, est ce "pelé, ce galeux d’ou viennent tous nos maux"
J’aurai conseillé à monsieur Kamel Daoud de lire Fanon qui parle de bestiaire et de language zoologique s’agissant de l’appréciation du colon vis à vis du colonisé
La colonisation mentale de l’Occident reste à faire et dans tout cela pendant des décennies on nous a bassiné avec le siècle des lumières qui fut à beaucoup d’égards un siècle des ténèbres

Ce que je reproche à monsieur Kamel Daoud c’est sa généralisation à l’emporte pièce. Il n’est pas honnête mais si cela rapporte de gloser sur les Arabes les musulmans. Tous les musulmans sont des tarés qui sont des malades et des obsédés . c’est injuste d’autant que tout les peuples connaissent ses extrêmes . Vouloir les essentialiser et scientifiquement malhonnête De plus le docteur Kamel Daoud analyse cet échantillon ( un milliard ,excusez du peu) dans une éprouvette dans laquelle il baigne lui-même ! A moins qu’il nous annonce que lui même serait indemne de ces tares congénitales

En définitive chacun est libre d dire ce qu’il pense mais comme l’écrit si bien Montesquieu dans un autre contexte : " Il faut être fidèle à la vérité, tout homme à le devoir de mourir pour sa patrie, mais nul n’est tenu de mentir pour lui" Mutatis mutandis monsieur Kamel Daoud vous n’avez pas le droit de mentir et faire votre beurre de ces épaves humaines syriennes irakiennes qui -souvenez vous ,si vous étiez honnêtes- eurent des ancêtres qui édifièrent les premiers villages de l’humanité

Je suis triste pour vous, vous marchandez des valeurs pour quelques deniers. Un jour ou l’autre, vous ne servirez plus la cause de l’empire d,e ses vassaux , des lobbys en tout genre. Vous redeviendrez le bougnoule même avec quelques tunes en plus

Professeur Chems eddine Chitour

13/03/2016 23:05 par C Delarue

Cologne ou pas , quand on ne dit rien de l’intégrisme musulman sexoseparatiste, très présent dans les pays musulmans, qui sont aussi souvent des pays arabes (ce dont je me moque) on ment !

Il ne faut pas hurler contre le monde musulman (globalement) mais contre les intégrisme religieux, celui musulman et les autres, les juifs haredim sexosparatistes c’est aussi un hyperpatriarcat !

14/03/2016 04:28 par depassage

Cologne ou pas, quand on ne dit rien de l’intégrisme musulman sexoseparatiste, très présent dans les pays musulmans, qui sont aussi souvent des pays arabes (ce dont je me moque) on ment !

Cet intégrisme dont vous parlez, a été encouragé et défendu par les mêmes gens qui le vilipendent aujourd’hui. Quant à ce Douad ( qui porte mal son nom, un nom d’un libérateur d’une certaine époque et non d’un tyran ou d’un lécheur des bottes de tyran) et ses semblables qui sont bien nombreux, ne sont en rien différents des islamistes puisqu’ils participent de la même stratégie de soumission des peuples par les puissants. L’auteur veut réduire, ici, l’islamisme au wahhabisme, ce qui est complètement incorrect. Le wahhabisme est un simple objet de l’éventail large de l’islamisme qui est une idéologie fondamentalement populiste et de soumission aux puissants et leurs chiens de garde. Cela est différent de l’islam qui appelle à se soumettre à l’ordre de la nature ou à son maître (ou Maître) que personne ne peut représenter ou se représenter (à moins de se projeter sur ses propres fantasmes). Cet appel n’est pas propre à l’islam, il vient du constat que sans un certain équilibre entre toutes les choses qui font la vie, la vie serait impossible. Cet équilibre est toujours à chercher et il n’est pas évident d’autant plus que nous, les hommes (espèce), restons toujours persécutés par la folie des grandeurs dès que nous mettons un pied sur piédestal.

14/03/2016 07:56 par C Delarue

Lutter contre l’imperialisme des oligarchies du nord est nécessaire, ce qui suppose une solidarité entre les peuples-classe 99% qui subissent domination capitaliste (nord et sud) et domination impériale (sud) mais cela ne suppose pas l’approbation de l’intégrisme religieux et de sa pointe émergente l’islamisme guerrier, entretenu ou non par les oligarchies du nord et parfois du sud aussi

15/03/2016 05:02 par depassage

@ C Delarue

Discerner, discerner, il restera toujours quelque chose de flou, c’est pourquoi il faut toujours rester prudent. On ne sait jamais rien de ce qui n’est pas bribes, mais au lieu de s’en satisfaire, on préfère croire à défaut de pouvoir savoir, ce qui revient à compléter l’incomplet par l’illusion ou une connaissance illusoire. Et quand cette croyance vient s’imposer comme incontournable et seule vérité tout en contestant tout questionnement sur ses prémices et ses fondements, elle devient une pensée « intégriste ». Pensée qui engendrera automatiquement une attitude conservatrice, attitude toute naturelle en somme puisqu’elle participe de l’instinct de survie. Donc, tout corps (corps social) en danger, adoptera raisonnablement une attitude conservatrice plus ou moins élastique, plus ou moins durable selon son environnement spatial et temporel. Ce corps ne peut se libérer de son attitude que s’il trouve en lui ce qui peut le rassurer et l’encourager sur des bases réalistes à s’ouvrir à son environnement pour mieux s’épanouir.

...mais cela ne suppose pas l’approbation de l’intégrisme religieux et de sa pointe émergente l’islamisme guerrier, entretenu ou non par les oligarchies du nord et parfois du sud aussi.

Cela démontre que vous êtes novice en analyse politique et sociale. Ce qui est plutôt commun. Je ne prétends pas en être un expert car toute expertise n’est qu’une forme de filouterie savamment entretenue pour des besoins bien mesquins à la base, et ce, quels que soient les domaines. J’ai dit tout parce que ce n’est pas les exceptions qui sont perçues mais les généralités.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe beaucoup de communautés souvent minoritaires qui sont conservatrices d’un mode et d’une conception de la vie sans pour autant vouloir en imposer aux autres communautés avec lesquelles elles vivent. Les Hassidiques, les Roms et bien d’autres communautés qu’on peut retrouver dans les pays et les cultures du monde entier en sont et ne peuvent pas être traitées ou perçues comme « intégristes ». Il se peut qu’elles le soient, mais d’un « intégrisme » respectable. De leur « intégrisme », on n’a jamais assisté à l’émergence de velléité guerrière, si ce ne sont que des velléités de résistance lorsqu’elles se sentent menacées.

Il est bien d’éclaircir ce point pour éviter les amalgames et appeler un chat un chat avant de commencer à le confondre avec un taureau. L’islamisme (que j’utilise à défaut d’un concept plus approprié) comme le sionisme, le fascisme, le nazisme, l’évangélisme moderne, et bien d’autres sont à classer parmi les idéologies populistes qui peuvent s’avérer extrêmement dangereuses une fois poussés à leurs extrêmes. Si leurs sources d’inspiration sont différentes, leur modus operandi est le même. Si je les dis populistes, c’est parce que c’est ce qu’elles sont, car elles essayent de se coller aux démons qui nous habitent en leur donnant des justifications mythiques les plus abracadabrantes et les plus insensés qu’un esprit normalement constitué ne pourra jamais accepter, mais s’impose à l’esprit collectif comme la vérité faite objet. Les mythes sont toujours à double tranchant, ils peuvent nous assagir comme ils peuvent nous rendre fou, collectivement parlant.

Comme vous pouvez le voir, on est loin d’un quelconque intégrisme religieux pacifique ou de résistance, mais plutôt d’un intégrisme idéologique totalitaire qu’importe de quoi il s’inspire.

Quant à Douad, il est un clerc et comme beaucoup de clerc, il ne peut être reconnu et vu que s’il partage avec les puissants leur mépris des faibles. Il est clair que la zaouïa Oxford doit le fasciner au point d’en faire un objet d’adoration et la zouia de son quartier doit le répugner pour ne pas réfléchir aux moyens de hisser la zaouïa de son quartier à celle d’Oxford. Il est vrai que l’effort est colossal et est de l’ordre des empires, mais on peut toujours en faire une petite zaouïa intelligente et forte pour les besoins d’une société à la recherche de cohésion et de savoir-vivre que tant et tant de bouleversements n’ont pas épargnés.

15/03/2016 08:47 par C Delarue

La forme d’integrisme dont je parle est profondement réactionnaire et particulièrement orientée contre les femmes, et ce des le plus jeune âge, pour leur enlever toute liberté de s’habiller librement, ce n’est surement pas un détail sans importance, comme vous le dites trop légèrement. C’est une lourde oppression de chaque jour, et partout , dedans (famille - le père) et dehors (la rue - les frères). Contrôle total des femmes par les hommes. Et cette peste se mondialise.

En fait, vous acceptez cette violence, ce "bâchage" généralisé des femmes et la haine profonde de leur apparence corporelle des que ces formes peuvent être jugées trop féminine par ce machisme archaïque, hyperpatriarcal. C’est une violence sexiste. Et forte !

Qu’il y en aient d’autres formes, relevant d’autres paradigmes plus en lien avec le capitalisme, n’est pas un alibi pour accepter cette forme là . D’autant que certaines formes, comme la prostitution, se porte bien partout !

15/03/2016 13:18 par cherif

J’avais un tant soit peu de sympathie pour cet homme que je croyais vraiment persécuté par des salafistes, mais comme je n’ai pas eu l’occasion de lire l’article publié dans le journal "le monde" et que je le découvre sur votre site, je suis franchement sidéré par cette conception que se fait un arabe, qui se prétend intellectuel sur d’autres arabes. je suis terrifié par le manque d’objectivité, l’aveuglement et la haine. livrer ainsi à un lectorat hostile des insanités est un crime .

Cet homme n’a rien d’un intellectuel honnête, on sent qu’il porte une haine farouche , on dirait qu’il a été à l’école de la droite la plus décalée de l’extrême droite.Mais au fait que cherche t-il, d’autres avant lui ont emprunté le même sentier , on les a applaudis, on les a invités sur les plateau télé pour susurrer encore et encore leur haine à la place de ceux qui, pour des raisons politiques, se refusent à exprimer publiquement ces idées, mais où sont ils , qu’en est il advenu ? Mesquin et pauvre DAVID, je te plains, tu n’es finalement qu’un jouet qui sait parler.

15/03/2016 18:52 par depassage

Tout n’obéit pas à la volonté humaine et les mots n’ont d’importance que par les sens dont on les charge.

La forme d’intégrisme dont je parle est profondément réactionnaire et particulièrement orientée contre les femmes, et ce des le plus jeune âge, pour leur enlever toute liberté de s’habiller librement, ce n’est surement pas un détail sans importance, comme vous le dites trop légèrement.

La forme d’intégrisme dont vous parlez est un fait induit, soit par une tradition soutenue par une idéologie forte qui fait croire à tout le monde que son abandon signera la mort de la communauté en question, soit par opposition à une adversité réelle menaçant une communauté de disparaitre. Cette réaction est naturelle et ses conséquences peuvent ne pas être heureuses du tout pour l’ensemble des membres de cette communauté comme pour ses catégories fragiles. Un cas flagrant est celui des nations et tribus amérindiennes.

Si la femme est le pivot de toute société et le débat sur sa place est quasiment éternel comme les débats sur les religions puisque il y va de notre survie, elle se retrouve continuellement prise en sandwich entre la nécessité de sa préservation et de la préservation de la société à travers elle, d’un côté et les idéologies très contradictoires qui la disent pour les besoins d’un ordre établi ou qu’on veut établir.

Quant à la violence qu’on leur fait et qu’on fait à leurs enfants, elle est liée à des rapports de force déséquilibrés et très injustes qui font que le plus faible se reput de violence sur plus faible que lui.
En conclusion, l’intégrisme dont vous parlez est secondaire par rapport aux idéologies folles qui peuvent amener notre humanité au trépas, en plus d’engendrer toutes sortes de peurs qui mènent à ce que vous constatez et dénoncez. Les causes sont plus importantes que les effets, on ne peut pas lutter contre les effets sans s’attaquer aux causes.

Je vous remercie pour cet échange

16/03/2016 11:34 par cunégonde godot

Cet article, ainsi que le commentaire de Pr Chitour détourne l’attention sur l’impérialisme occidental (certes réel) pour mieux dissimuler la critique radicale de l’islam contenue dans les écrits de M. Kamel Daoud. MM.
Ali el Hadj Tahar et Pr Chitour ne supportent pas la moindre remise en caause de l’islam.

17/03/2016 21:16 par Vagabond

Cunegronde
Kamel Daoud est comme l’autre commis de Sansal, il n’écrit pas pour réveiller leurs concitoyens mais pour complaire aux occidentaux, le ton y est arrogant et donneur de leçon. Ils se croient supérieurs. Je l’ai déjà dit, certains en Algérie pensent qu’ils sont les derniers « pieds noirs » ou colons. Comprendre maîtres. C’est terrible ce que le colonialisme a laissé comme séquelles.

Tu peux critiquer l’islam, on attend un article cohérent de ta part au lieu de tes petits cris effarouchés que je lis sur ce site. J’attends un texte élaboré et constructif sur ce que tu reproches à l’islam. Cependant, il ne disparaîtra pas pour autant. Mais si tu fermes très fort les yeux, tu ne verras plus les musulmans.

M. Chitour m’énerve par l’étalage de son titre, ses articles sont souvent lourds mais pour une fois, je partage la même détestation que lui par rapport à ce Daoud et son mépris de ses congénères.

18/03/2016 07:04 par cunégonde godot

Vagabond :
Cunegronde
Kamel Daoud est comme l’autre commis de Sansal, il n’écrit pas pour réveiller leurs concitoyens mais pour complaire aux occidentaux, le ton y est arrogant et donneur de leçon. Ils se croient supérieurs. Je l’ai déjà dit, certains en Algérie pensent qu’ils sont les derniers « pieds noirs » ou colons. Comprendre maîtres. C’est terrible ce que le colonialisme a laissé comme séquelles.

Tu peux critiquer l’islam, on attend un article cohérent de ta part au lieu de tes petits cris effarouchés que je lis sur ce site. J’attends un texte élaboré et constructif sur ce que tu reproches à l’islam. Cependant, il ne disparaîtra pas pour autant. Mais si tu fermes très fort les yeux, tu ne verras plus les musulmans.

M. Chitour m’énerve par l’étalage de son titre, ses articles sont souvent lourds mais pour une fois, je partage la même détestation que lui par rapport à ce Daoud et son mépris de ses congénères.

L’islam était l’islam avant la colonisation, et il ne peut pas être autre chose pendant ni après celle-ci — Dieu ne peut se tromper…

M. Kamel Daoud a raison de critiquer l’islam quant au fond. Y compris par le biais de la sexualité, ou par tout autre "entrée" puisque l’islam prétend régir chaque moment de chaque vie humaine dans le respect de la loi de Dieu (ici la charia), un dieu omniscient, omnipotent et omniprésent.

La question à la fois fondamentale et triviale que pose M. Daoud est celle-ci : la charia, en 2016, est-elle opératoire ? En ce qu’il est convenu d’appeler l’ "Occident", mais pas seulement à cet endroit du globe terrestre, partout où l’islam prétend l’imposer ?

La réponse est non. Pourquoi ? Parce que le monothéisme, sous l’irrésistible poussée de la science et de la raison, est dans l’incapacité d’apporter la moindre réponse satisfaisante ici et maintenant en tout domaine, et singulièrement dans celui des relations humaines — ici entre les hommes et les femmes.

Aucun monothéisme ne peut indéfiniment surseoir à sa propre fin. C’est ainsi. Pas seulement pour le monothéisme. Mais aussi pour toute croyance religieuse.
L’islam a fait son temps, comme on dit. Et son temps, son moment historique, est dépassé. Dans le domaine sexuel comme en toute chose. L’Homme s’est déjà libéré de Dieu. C’est ainsi.

La réponse est non sauf si les intellectuels, les clercs, ceux qui se prétendent les guides du peuple décident, oui décident en toute connaissance de cause, par des moyens rhétoriques dilatoires qu’il n’en est pas ainsi.

L’islam n’a qu’un but : soumettre. Ce qu’a très bien décrit M. Houellebecq dans son dernier roman, Soumission, à ce jour la plus brillante démonstration de l’éternelle trahison des clercs, aujourd’hui comme hier…

19/03/2016 13:50 par Jean Cendent

- L’article, très bon . Et la « justice », elle démontre quoi , elle prouve quoi, elle cherche quoi , migrants pas migrants, manipulations diverses ou pas, instrumentalisation à but raciste ou pas ...ou silence radio ? L’affaire est toujours en cours, classée , dans le sac, etc...
.......DIEU : Mais nom de dieu (oh m.....! ) c’est pourtant simple vous n’avez toujours pas compris méchants musulmans de la planète Terre que vous devriez comme tout le monde, être de bons et gentils chrétiens.
Eh ! Mes 3 lascars, Moïse, Jésus, Mahomet, c’est encore vous pour la nuit de Cologne ?
J’ai beau vous dire, vous faire écrire et lire que j’ai fais la femme à mon image et l’homme à son mirage, rien n’y fait. Vous ne pouvez pas vous empêcher de vouloir gagner le concours de celui qui pisse le plus loin, machistes que vous êtes !
Bon maintenant c’est vaisselle, ménage, lavage et repassage pour tous !
Et demain ? Pareil ! Et après demain ? Pareil ! Et après après demain ? Idem ! Idem ! Idem ! AMEN......

04/05/2016 19:46 par a.larabi

Tout simplement monsieur Kamel daoud se distancie de son algerianite ainsi que toutes les autres composantes l’islam l’arabe (langue et ethnie)et ainsi en mettant en rapport l’arabe et le musulman (ethnie et religion)il se croit avoir le droit de critiquer negativement tout ce qui concerne l’algerie et les algeriens .et puis ’’la liberte n’est pas possible que si la verite ne l’est pas ’’liberte ainsi que verite sont des valeurs relatives elles ne sont jamais absolues toute son analyse se fait a partir d’un contexte occidental ,un contexte qui repose sur des traditions judeo-chretiennes .pas dans le sens theologique du mot mais plutot lumiere ;des traditions issues d’une philosophie occidentale issue elle meme de la philosophie grecque en somme contrairement a la philosophie islamique qui a evolue en parallele avec le religieux une philosophie qui est incompatible avec la religion.En somme monsieur kamel daoud est decu et frustre tout simplement parce que l’algerie et les algeriens n’ont pas choisi le projet de societe francais comme si la France etait un exemplepour le reste de l’humanite.

04/05/2016 19:49 par a.larabi

J’aimerais savoir si cet article a ete traduit en langue anglaise ?merci

17/02/2017 18:41 par Salil SARKAR

Il n’existe pas de "nation" musulmane ou islamique. L’Indonésie ne peut pas faire partie de la même nation que, disons le Maroc ou l’Algérie. Pour qu’il y ait une nation, il faut, pour essentiel, des liens économiques serrés entre les régions composants de cette nation (donc un marché), un territoire commun, un esprit/culture/ mentalité commune, et une langue commune. La religion seule ne fait pas une nation. Sinon, les Philippines, l’Autriche, l’Italie, la France et les pays d’Amérique du sud en constitueraient, ce qui n’est manifestement pas le cas.

Cela n’enlève pas grand’chose à la valeur de la critique de Kamel Daoud par Ali Belhadj Tahar. Rappelons, par ailleurs, qu’en ce qui concerne le "noeud gordien" entre la femme et l’Islam, des grands pays musulmans ont eu des chefs d’Etat ou de gouvernements bien avant beaucoup la plupart d’autres pays. Exemples : Pakistan avec Benazir Bhutto, Bangladesh avec les premiers ministres Cheikh Hasina and Khaleda Zia, l’Indonésie avec Megawati Sukarnoputri. Et sans compter des ministres dans des postes-clés.

17/02/2017 19:53 par Meursô

Pour plus d’informations sur l’idéologie véhiculée par Kamel Daoud dans ses écrits, je recommande vivement la lecture du livre d’Ahmed Bensaada :
Kamel Daoud : Cologne, contre-enquête
http://www.ahmedbensaada.com/index.php?option=com_content&view=article&id=374:2016-06-04-15-48-49&catid=37:societe&Itemid=75

17/02/2017 22:00 par Christian DELARUE

Il y a un amalgame (deux se complètent ici si on veut) qu’il faut commencer par casser comme erreur grossière : les arabes sont (tous) des musulmans et-ou les musulmans sont (tous) des arabes. Il y en a un deuxième amalgame à détruire : tous les musulmans sont d’affreux réactionnaires. Cette généralisation - de type raciste - s’appuie sur le fait qu’hélas existe un secteur particulièrement obscurantiste et rétrograde dans cette religion. Ce contre-mouvement réactionnaire mondialisé, qui veut établir un hyperpatriarcat, ne rend pas service au monde musulman. Pour autant il faut absolument se garder de sombrer dans le crétinisme en pensant que les musulmans sont tous des réac ou des conservateurs en moeurs. Il existe partout dans le monde des musulmans progressistes tant au plan de l’égalité homme-femme qu’au plan anticapitaliste. Ils sont hélas victimes des intégristes religieux comme des racistes !

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