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Le contre-mouvement du "travailler plus" : un bouclage réactionnaire transnational !

La recherche du premier mouvement est difficile. La définition du contre-mouvement aussi.

Lire ici "Comment lutter ?" (p166 et suiv) du sociologue Lilian Mathieu (Ed Textuel) pour les références de ce débat.

On partira du fait, au plan social - (mais cela vaut aussi au plan sociétal avec le pour ou contre la "libération textile" face aux intégrismes religieux sexoséparatistes) - et notamment au plan de la libération du surtravail et du travail (salarié) tout court, de l’idée que le capitalisme naissant puis celui qui se développe au 18 et 19 ième siècle porte une contradiction lourde entre tendance à la surexploitation de la force de travail (manuelle ou intellectuelle) et libération de cette surexploitation .

Derrière cette contradiction sociale il y a - il faut le dire - de la souffrance ainsi que du plaisir à faire souffrir - forme de sadisme - et une valorisation de la souffrance pour trouver du sens au travail . Cf sur cette question complexe l’Institut Psychanalyse et Management - IPM Rennes et Souffrances sociales d’Emmanuel Renault La Découverte 2008 pour s’instruire sur cette question complexe (que j’ai étudié jadis lorsque j’ai moi-même subi du harcèlement au travail)

Le "travaillisme" - mot court (c’est son intérêt) signifiant ici (1) tendance à vouloir faire travailler plus, toujours plus, plus en intensité aussi, en payant le moins possible ou tendance à exploiter plus - est à la fois un mouvement d’origine, profondément lié au capitalisme et à la tendance patronale au surtravail des ouvriers et employés puis à toutes les catégories de travailleur-ses exploitées, du privé ou du public et un contre-mouvement réactionnaire contemporain qui s’oppose à la tendance historique de libération du travail. Il y a bien là une sorte de "bouclage historique" en terme de mouvement autour du rapport social capitaliste.

Un historien pourrait probablement dire que sous la figure de l’esclavage (voir alors le commun et le différent ici par rapport au travail salarié ) ce bouclage serait plus ancien encore et mettrait en opposition ceux qui défendaient et défendent encore l’esclavage et ceux qui luttèrent et luttent encore pour en sortir et l’abolir. Aujourd’hui certains n’ont pas abandonné l’idée d’abolition du salariat, du travail salarié. Le débat porte sur les moyens.

Le mouvement pro-RTT participe de ce mouvement mais sous le nom de dépérissement, terme qui évoque une conception certes moins radicale et plus près de la conflictualité sociale réelle.

Ce réel, qui a pour nom système de concurrence ou d’autres noms encore, n’est pas une nature fixe ou un fatum comme chez les libéraux de droite mais une dynamique sociale contradictoire entre le mouvement de libération transnational et mondialisé de desserrement progressif des contraintes du travail salarié (dpcts) et le contre-mouvement réactionnaire qui s’obstine, lui, à renforcer ces contraintes. On a là Eros contre Thanatos ou Civilisation contre Barbarie ou Ecosocialisme contre capitalisme productiviste selon les conceptualisations préférentielles des critiques.

Cette libération du surtravail et du travail, objet de débat, marque ce qu’on peut dénommer la gauche ainsi que historiquement le "mouvement ouvrier" qui perdure aujourd’hui sous les figures du mouvement syndical et plus largement du mouvement social, populaire et citoyen (qui lui peut exiger une démission d’un gouvernement alors que le mouvement syndical se borne en principe à appeler à la grève, à des manifestations et à des blocages).

Un mouvement de libération est par définition progressiste car il veut libérer un groupe humain dominé d’un joug alors qu’un contre-mouvement lui se crispe sur des positions anciennes (archaiques ?) porteuses de contraintes, ici de surtravail (travaillisme) .

Le travaillisme recoupe deux positions : Il sera dit réactionnaire s’il veut revenir en arrière (vouloir les 39 H quand les 35 H sont conquises) et il sera dit simplement conservateur lorsqu’il refuse une nouvelle RTT mais qu’il ne pousse pas vers les 39 H. Cette dernière position se veut en quelque sorte neutre au milieu de la contradiction . Ce peut être simplement par légalisme chez des juristes dont vous ignorez en fait leurs positions intimes .

Christian DELARUE

1) La formule équivalente de "travaillisme" est ici celle de "travailler plus" et elle est simplement indicative et incomplète . Celle de "vouloir faire travailler plus longtemps, de façon plus intensive, de façon plus contrôlée aussi, (plus la question du salaire différencié) " serait plus proche d’un résumé mais trop longue et celle d’ "exploitation de la force de travail manuelle ou intellectuel" a plusieurs significations qui en freinent sont usage .

nb : Cette analyse ne dit rien du comment l’individu en question travaille dans la vie réelle

cf La syndicalisation, c’est mieux pour les salaires | AlterEco+ Alterecoplus

http://www.alterecoplus.fr/relations-sociales/la-syndicalisation-cest-...

source : amitié-entre-les-peuple.org , et outre LGS , mediapart, bellaciao

»» http://amitie-entre-les-peuples.org/Le-contre-mouvement-du-travailler-...
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