Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

17 

Le vrai livre explosif est celui que Trump a signé (Il Manifesto)

Tout le monde parle du livre explosif sur Trump, avec des révélations sensationnelles sur comment Donald fait sa mèche, comment sa femme et lui dorment dans des chambres séparées, ce qui se dit dans son dos dans les couloirs de la Maison Blanche, ce qu’a fait son fils aîné qui, rencontrant une avocate russe à la Trump Tower de New York, a trahi la patrie et renversé l’issue des élections présidentielles.

Presque personne, par contre, ne parle d’un livre au contenu véritablement explosif, sorti peu de temps avant sous la signature du président Donald Trump : “Stratégie de la sécurité nationale des Etats-Unis”.

C’est un document périodique rédigé par les pouvoirs forts des diverses administrations, et avant tout par les militaires. En regard du précédent, publié par l’administration Obama en 2015, celui de l’administration Trump contient des éléments de continuité substantielle.

Fondamental le concept suivant lequel, pour “mettre l’Amérique au premier rang pour qu’elle soit sûre, prospère et libre”, il faut avoir “la force et la volonté d’exercer le leadership USA dans le monde”. Ce même concept qu’avait exprimé l’administration Obama (tout comme les précédentes) : “Pour garantir la sécurité de son peuple, l’Amérique doit diriger depuis une position de force”. Par rapport au document stratégique de l’administration Obama, qui parlait d’”agression russe contre l’Ukraine” et d’”alerte sur la modernisation militaire de la Chine et sur sa présence croissante en Asie”, le document de l’administration Trump est beaucoup plus explicite : “La Chine et la Russie défient la puissance, l’influence et les intérêts de l’Amérique, en tentant d’éroder sa sécurité et sa prospérité”. Ce disant les auteurs du documents stratégique abattent leurs cartes et montrent quel est le véritable enjeu pour les Etats-Unis : le risque croissant de perdre la suprématie économique face à l’émergence de nouveaux sujets étatiques et sociaux, au premier rang desquels Chine et Russie. En effet, celles-ci sont en train d’adopter des mesures pour réduire la prédominance du dollar qui permet aux USA de maintenir un rôle dominant, en imprimant des dollars dont la valeur se fonde non pas sur la réelle capacité économique étasunienne mais sur le fait qu’ils sont utilisés comme devise mondiale.

Chine et Russie - souligne le document stratégique - veulent former un monde antithétique aux valeurs et aux intérêts USA. La Chine cherche à prendre la place des Etats-Unis dans la région du Pacifique, en répandant son modèle d’économie sous direction étatique. La Russie essaie de ré-acquérir son statut de grande puissance et d’établir des sphères d’influence près de ses frontières. Son objectif est d’affaiblir l’influence étasunienne dans le monde et de nous diviser de nos alliés et partenaires”. Suit une véritable déclaration de guerre : “Nous nous battrons avec tous les outils de notre puissance nationale pour assurer que les régions du monde ne soient pas dominées par une seule puissance”, c’est-à-dire pour faire en sorte qu’elles soient toutes dominées par les Etats-Unis. Parmi “tous les outils “ est compris évidemment le militaire, où les USA sont en position supérieure. Comme soulignait le document stratégique de l’administration Obama, “nous possédons une force militaire dont la puissance, la technologie et la portée géostratégique n’a pas d’égal dans l’histoire de l’humanité ; nous avons l’Otan, la plus forte alliance du monde”.

La “stratégie de la sécurité nationale des Etats-Unis”, signée par Trump, implique ainsi l’Italie et les autres pays de l’Otan, appelés à renforcer leur flanc oriental contre l’”agression russe”, et à consacrer au moins 2% de leur PIB à la dépense militaire et 20% de celle-ci à l’acquisition de nouvelles forces et armes.

L’Europe part en guerre, mais on n’en parle pas dans les débats télévisés : ce n’est pas un thème électoral.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 9 janvier 2018 de il manifesto

Traduit de l’italien par M-A P.

»» https://ilmanifesto.it/il-vero-libro-esplosivo-e-a-firma-trump/
URL de cet article 32815
   
Même Thème
L’Etat voyou
William BLUM
Quatrième de couverture « Si j’étais président, j’arrêterais en quelques jours les attaques terroristes contre les États-Unis. Définitivement. D’abord, je présenterais mes excuses à toutes les veuves, aux orphelins, aux personnes torturées, à celles tombées dans la misère, aux millions d’autres victimes de l’impérialisme américain. Ensuite, j’annoncerais aux quatre coins du monde que les interventions américaines dans le monde sont définitivement terminées, et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51e (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Si j’étais le président, je pourrais arrêter le terrorisme contre les Etats-Unis en quelques jours. Définitivement. D’abord je demanderais pardon - très publiquement et très sincèrement - à tous les veuves et orphelins, les victimes de tortures et les pauvres, et les millions et millions d’autres victimes de l’Impérialisme Américain. Puis j’annoncerais la fin des interventions des Etats-Unis à travers le monde et j’informerais Israël qu’il n’est plus le 51ème Etat de l’Union mais - bizarrement - un pays étranger. Je réduirais alors le budget militaire d’au moins 90% et consacrerais les économies réalisées à indemniser nos victimes et à réparer les dégâts provoqués par nos bombardements. Il y aurait suffisamment d’argent. Savez-vous à combien s’élève le budget militaire pour une année ? Une seule année. A plus de 20.000 dollars par heure depuis la naissance de Jésus Christ.

Voilà ce que je ferais au cours de mes trois premiers jours à la Maison Blanche.

Le quatrième jour, je serais assassiné.

William Blum


Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
91 
Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
97 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
39 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.