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Les paysan(ne)s qui pratiquent une agriculture durable contribuent à refroidir la terre, Via Campesina.




Pedro Mendez Suarez







Mercader






Mardi 13 novembre 2007.


Document de cadrage sur la position de Via Campesina [1]sur le réchauffement climatique.


Les modes de production et de consommation actuels sont à l’origine
d’une destruction massive de l’environnement dont le changement
climatique fait partie.
Ils mettent en danger les écosystèmes de notre
planète et entraînent les communautés humaines au désastre. Le
réchauffement climatique démontre l’échec d’un modèle de développement
fondé sur une forte consommation d’énergies fossiles, la surproduction
et la libéralisation du commerce.


Partout dans le monde, les paysans et paysannes s’associent avec
d’autres mouvements sociaux, organisations, peuples et communautés pour
obtenir des transformations sociales, économiques, et politiques
permettant de renverser cette tendance actuelle.

Les agriculteurs - et plus particulièrement les petits paysans - sont
les premiers à pâtir du changement climatique. Les changements du climat
génèrent des sécheresses inhabituelles, des inondations et des tempêtes,
qui détruisent les terres agricoles, les récoltes et les maisons. De
plus, les espèces végétales et animales disparaissent à une vitesse sans
précédent. Les paysans doivent s’ajuster à ces changements en adaptant
leurs semences et leurs systèmes de production à ces nouvelles
situations imprévisibles. De plus, les sécheresses et les inondations
provoquent de mauvaises récoltes, augmentant par là même le nombre de
personnes souffrant de la faim dans le monde. Des études prévoient une
chute des rendements agricoles de 3 à 16% d’ici 2080. Dans les régions
tropicales, le réchauffement climatique est susceptible de conduire à un
déclin important de l’agriculture (jusqu’à 50% au Sénégal et 40% en
Inde) et à une accélération de la transformation de terres cultivables
en déserts. Dans le même temps, des superficies considérables en Russie
et au Canada vont devenir des terres arables et ce pour la première dans
l’histoire de l’humanité. Cependant, la capacité productive de ces
régions demeure une inconnue.

La production et l’utilisation d’aliments par les multinationales
contribuent sensiblement au réchauffement climatique et à la destruction
des communautés rurales. Le transport d’aliments d’un continent à 
l’autre, la monoculture intensive, la destruction des terres et des
forêts, et l’utilisation d’intrants chimiques en agriculture font de
l’agriculture une activité énergivore contribuant au changement
climatique. En raison des politiques néo-libérales imposées par
l’organisation mondiale du commerce, par les accords régionaux et
bilatéraux de libre échange, par la Banque mondiale et le Fonds
monétaire international, les aliments sont produits en ayant recours à 
des pesticides et des engrais dont la production consomme du pétrole. Du
fait de ces mêmes politiques, les aliments sont transportés tout autour
de la terre pour être transformés et consommés.

Via Campesina, en tant que mouvement regroupant des millions de petits
paysans et de producteurs au travers le monde, affirme que le moment est
venu de modifier radicalement notre façon de produire, de transformer,
de commercialiser et de consommer les produits alimentaires et
agricoles. Nous croyons que les petites fermes en agriculture durable et
la consommation d’aliments locaux peuvent renverser la tendance
dévastatrice actuelle et venir en soutien à des millions de familles
vivant de l’agriculture. L’agriculture peut aussi contribuer à réduire
l’effet de serre par des pratiques qui permettent de stocker du CO2 et
qui réduisent considérablement l’utilisation d’énergie sur les fermes.

De plus, les fermes peuvent aussi participer à la production d’énergies
renouvelables, énergie solaire et biogaz notamment.


La globalisation de l’agriculture et le contrôle par les multinationales
de la production d’aliments sont responsables du changement climatique

1/ En transportant des aliments tout autour de la terre.

Les aliments frais et emballés voyagent autour du monde. En Europe et
aux Etats-Unis, il est désormais courant de trouver des fruits et
légumes, de la viande ou du vin, ayant été produits en Afrique, en
Amérique du Sud, ou en Océanie. De même, on trouve du riz asiatique en
Amérique ou en Afrique. Le fuel fossile utilisé pour le transport des
aliments relâche dans l’atmosphère des tonnes de CO2. L’organisation des
paysans suisses UNITERRE a calculé qu’un kilogramme d’asperges importé
du Mexique nécessite 5 litres de kérosène pour être transporté par avion
jusqu’en Suisse (11’800km). Dans le même temps, pour arriver jusqu’au
consommateur un kilo d’asperges produit en Suisse ne consomme que 0,3
litres de pétrole.


2/ En imposant des modes de production industriels (mécanisation,
intensification, utilisation de produits chimiques, monoculture.)

L’agriculture « soit disante modernisée » et en particulier les systèmes
de monoculture industriels, détruisent les processus naturels
d’humification qui ont lieu dans les sols (stockage du CO2 sous forme de
matière organique) et les remplacent par des procédés chimiques
utilisant des engrais et des pesticides. En raison notamment de
l’utilisation d’engrais chimiques, l’agriculture intensive et la
monoculture pour la production animale produisent d’importantes
quantités de dioxyde d’azote (NO2). Or, ce gaz arrive troisième au
palmarès des gaz à effet de serre responsables du réchauffement
climatique. En Europe, 40% de l’énergie consommée sur les fermes est dû
à la production des engrais azotés. Par ailleurs, la production
industrielle consomme beaucoup plus d’énergie (et relâche dans
l’atmosphère beaucoup plus de CO2) pour la transformation des aliments
et pour faire fonctionner les énormes tracteurs qui labourent et hersent
la terre.


3/ En détruisant la biodiversité (et les puits de carbones).

Le carbone présent dans l’air est naturellement capturé par les plantes
puis stocké dans le bois ou sous forme de matières organiques dans les
sols. Certains écosystèmes, comme les forêts primaires, les tourbières,
et les prairies stockent plus de carbone que d’autres. De puis des
millénaires, ce mécanisme du cycle du carbone a participé à l’équilibre
du climat. Les multinationales ont désormais détruit cet équilibre en
imposant l’extension généralisée d’une agriculture industrielle
(utilisant massivement des pesticides et des fertilisants produits à 
partir du pétrole), en brûlant des forêts pour créer des plantations en
monoculture et en détruisant les tourbières et la biodiversité.


4/ En convertissant les terres et les forêts en zones non agricoles.

Les forêts, les prairies et les terres cultivées sont rapidement
converties en zones de production agricoles industrielles ou en centres
commerciaux, en complexes industriels, en zones de logements, en
infrastructures routières ou touristiques. Ces changements provoquent
des relâchements massifs de carbone dans l’atmosphère et réduisent la
capacité de l’environnement à absorber le carbone relâché dans l’atmosphère.


5/ En convertissant l’agriculture d’un producteur d’énergie à un
consommateur d’énergies.

Sur le plan énergétique, le rôle premier des plantes et de l’agriculture
est de transformer l’énergie solaire en sucres et en cellulose qui
peuvent être directement assimilés comme aliments ou transformés en
produits animaux par les animaux. Par ce processus naturel de l’énergie
est incorporé dans la chaîne alimentaire. Mais, au cours de ces deux
derniers siècles, l’industrialisation de l’agriculture a fait de cette
activité une consommatrice d’énergie (engrais, utilisation des
tracteurs, produits chimiques issus du pétrole.)



- Les fausses solutions.

Les agrocarburants (carburants produits à partir des plantes, de
l’agriculture et de la forêt) sont souvent présentés comme une des
solutions
à la crise énergétique actuelle. D’après le protocole de
Kyoto, d’ici 2020, 20% de la consommation énergétique globale devrait
provenir de sources renouvelables, consommation d’agrocarburants inclue.
Or, au-delà même de l’aberration de produire des aliments pour alimenter
les voitures alors que de nombreuses personnes meurent de faim, la
production industrielle d’agrocarburants va en fait augmenter le
réchauffement général du climat au lieu de le réduire. En vue
d’économies d’énergies fossiles mineures ou non réellement prouvées
(sauf dans le cas de la canne à sucre), la production d’agrocarburants
augmentera les surfaces de plantations intensives d’huile de palme, de
soja, de maïs, de canne à sucre. Elle contribuera à la déforestation et
à la destruction de la biodiversité. La production intensive
d’agrocarburants n’est donc pas une solution au réchauffement
climatique, et ne permettra pas de résoudre la crise globale du secteur
agricole


- Le commerce du Carbone.

D’après le protocole de Kyoto et d’autres accords internationaux,
le"commerce de carbone"est présenté comme une solution au réchauffement
climatique. C’est en fait une privatisation du carbone, après celle de
la terre, de l’air, des semences, de l’eau et des autres ressources. Les
gouvernements s’autorisent ainsi à allouer à de grosses industries
polluantes des permis afin qu’elles puissent échanger entre elles des « 
droits à polluer ». D’autres programmes encouragent les pays industriels
à financer la capture de carbone en réalisant des plantations à large
échelle dans les pays du Sud, ceci leur permet de ne pas avoir à réduire
leurs propres émissions. C’est ainsi que de grandes plantations ou des
réserves naturelles sont créées en Asie, en Afrique, en Amérique Latine
en expulsant de leurs terres des communautés indigènes et en réduisant
leurs droits d’accès à leur propre forêts, champs ou rivières.


- Les plantes et arbres génétiquement modifiés.

Les arbres et les plantes génétiquement modifiés sont désormais
développés pour la production d’agrocarburants. Les organismes
génétiquement modifiés ne résoudront aucune crise environnementale
puisqu’ils représentent eux-mêmes un risque pour l’environnement, la
santé et la sécurité. De plus, ils renforcent le contrôle des
multinationales sur les semences et empêchent les agriculteurs de jouir
de leurs droits pour semer, développer, sélectionner, diversifier et
échanger leurs propres semences. Les arbres et les plantes génétiquement
modifiés vont servir pour la deuxième génération d’agrocarburants qui
seront fabriqués à partir de cellulose à la différence de ceux de la
première génération qui sont obtenus à partir de sucres provenant des
plantes. Même s’ils n’avaient pas recours aux organismes génétiquement
modifiés, la seconde génération d’agrocarburants soulève des
préoccupations équivalentes à la première.



La souveraineté alimentaire permet à des millions de personnes de
survivre et protège la vie sur terre.

Via Campesina pense que des solutions à la crise actuelle doivent
émerger des acteurs sociaux qui développent des modes de production, de
commerce et de consommation fondés sur la justice, la solidarité, et une
vie en société plus saine. Aucune solution technique ne permettra de
sortir du désastre environnemental et social actuel. En revanche,
l’agriculture durable à plus petite échelle requiert une main d’ouvre
importante mais peu d’énergie fossile. Elle peut donc contribuer à 
refroidir la terre :

- En favorisant, par des pratiques agronomiques durables, un
stockage plus important du CO2 dans la matière organique du sol (par
exemple, l’élevage extensif des bovins et la production ovine sur
prairies ont un bilan effet de serre positif)

- En remplaçant, comme c’est le cas en agriculture biologique, les
engrais azotés chimiques par des engrais organiques et/ou en intégrant
dans les rotations des plantes fixatrices de l’azote de l’air

- En produisant du biogaz à partir des déchets animaux et végétaux,
tout en veillant à une restitution suffisante de matière organique pour
l’entretien des sols.

- En produisant de l’énergie solaire sur tous les toits des
bâtiments agricoles (avec des soutiens publics pour aider les petites
fermes à investir.)

Partout dans le monde, nous pratiquons et nous défendons l’agriculture
familiale durable et à petite échelle, et nous réclamons la souveraineté
alimentaire. La souveraineté alimentaire est le droit des populations à 
avoir une alimentation saine qui leur soit culturellement adaptée et
produite grâce à des méthodes respectueuses de l’écologie et durables.
C’est leur droit à définir eux-mêmes leur alimentation et leurs systèmes
de production. La souveraineté alimentaire met au cour des systèmes de
production et des politiques les aspirations et les besoins de ceux qui
produisent, distribuent et consomment les aliments au lieu d’y mettre la
demande du marché et des multinationales. Elle donne la priorité aux
économies et aux marchés locaux et nationaux. Elle redonne du pouvoir
aux paysans et aux familles qui tirent leurs revenus de l’agriculture,
de la pêche artisanale, du pastoralisme, de la production, de la
distribution et de la consommation d’aliments produits de manière
durable, c’est-à -dire en respectant l’environnement, les hommes et les
femmes, et l’économie.


Nous demandons urgemment :

1/ Le démantèlement intégral des multinationales de l’agrobusiness :
Elles volent la terre aux petits paysans, produisent une alimentation de
très mauvaise qualité et provoquent des désastres environnementaux.

2/ Le remplacement de l’agriculture et de l’élevage industriel par une
agriculture durable pratiquée sur de petites fermes, ceci grâce à des
programmes de réformes agraires adaptés.

3/ La promotion de politiques énergétiques saines et durables.
C’est-à -dire basée sur une moindre consommation d’énergie, la production
d’énergie solaire et de biogaz sur les fermes au lieu d’une incitation
excessive à consommer des énergies fossiles comme c’est actuellement le cas.

3/ La mise en oeuvre de politiques agricoles et commerciales au niveau
local, national et international qui soutiennent véritablement
l’agriculture durable et la consommation d’aliments de proximité. Ceci
implique l’interdiction des subventions qui favorisent les pratiques de
dumping pour les produits alimentaires.

Pour la survie de millions de petits paysans au travers le monde,

Pour la santé des personnes et la survie de la planète,

Nous réclamons la souveraineté alimentaire et nous nous engageons à 
lutter pour l’obtenir collectivement.

Via Campesina
International Operational Secretariat
www.viacampesina.org




Oui, l’ agriculture biologique peut nourrir et protéger la planète. Et c’ est la FAO qui l’ affirme.




Le riche roule, le pauvre crève, la nature paie, par Léon Taniau.


Croissance productiviste, plus dure sera la chute, par François Iselin.


Plus de 860 millions de personnes souffrent de faim. 30 millions de personnes en meurent, Forum Mondial pour la Souveraineté Alimentaire.


Le potentiel technique des énergies renouvelables équivaut à six fois la demande mondiale en électricité.<BR>
Révolution énergétique et transformation sociale, par Daniel Tanuro.






[1La Voix des paysans et des paysannes du monde
Qui sommes-nous ?
Nous sommes un mouvement international de paysans, de petits et moyens producteurs, de sans terre, de femmes et de jeunes du milieu rural, de peuples indigènes et de travailleurs agricoles. Nous défendons les valeurs et les intérêts de base de nos membres. Nous sommes un mouvement autonome, pluraliste et multiculturel, indépendant de toute organisation politique, économique ou autre. Nos membres viennent de 56 pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe et des Amériques.(En France, la Confédération Paysanne est membre de Via Capesina).


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