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Même Fidel Castro condamne l’attentat en Arizona

C’est ce que révèle le journal télévisé de Een (Belgique) du 9 janvier. Immédiatement après l’attentat contre la députée Gabrielle Gifford, Fidel Castro a exprimé son sentiment en condamnant vivement la fusillade et en s’apitoyant sur les victimes. Remarquable, ou non ?

"La Révolution, c’est être traité et traiter les autres comme des êtres humains."
Fidel Castro

A première vue, il pourrait en effet sembler remarquable que Fidel Castro désapprouve aussi fortement un attentat sur le territoire de son puissant et hostile voisin.(1) Depuis plus de cinquante ans, les Etats-Unis et Cuba sont sur un pied de guerre. Une guerre non-déclarée, celle de Goliath contre David. Au cours des dernières décennies, conçus aux Etats-Unis sous la protection de ou inspiré par la CIA, des centaines d’attentats ont eu lieu sur le sol cubain, coûtant la vie à plus de personnes que lors des attentats du 11 septembre. Ainsi, en 1976, un avion de ligne fut abattu, provoquant la mort de tous ses passagers. Il y eut plus de 600 attentats à la vie de Fidel Castro. Le pays subit le blocus le plus long de l’histoire. Des maladies furent propagées parmi la population ; des usines, des magasins, des hôtels... furent les cibles d’attaques. La liste est longue. Nous sommes là confrontés aux faits les plus occultés de l’histoire mondiale moderne. En tout cas, à Cuba on sait parfaitement ce que "war on terror" signifie.

Pourtant, en exprimant ainsi sa sympathie, Fidel Castro agit comme d’habitude, en accord avec l’attitude de Cuba dans le passé. Les Etats-Unis peuvent bien être obsédés de liquider la révolution cubaine, chaque fois que le voisin du nord a été frappé par des attentats, des calamités ou autres mésaventures, Cuba a invariablement affiché sa solidarité.

En voici quelques exemples :

- J.F. Kennedy fut le président responsable de l’invasion de la Baie des Cochons qui entraîna la mort de 160 Cubains. Lorsque Fidel apprit l’assassinat de Kennedy, sa première réaction à un journaliste étranger présent fut de dire : "C’est une très mauvaise nouvelle." Il envoya rapidement un message de condoléances à la famille et au peuple nord-américain.

- Ronald Reagan fut un président particulièrement hostile à la Révolution. Quand il fut l’objet d’un attentat, Fidel condamna tout de suite cet acte et souhaita un prompt rétablissement au président blessé. Il n’en resta pas là . Quelques années plus tard, lorsque les services secrets cubains découvrirent un nouveau plan pour assassiner Reagan, ils informèrent aussitôt les autorités nord-américaines. Reagan, qui revitalisa la contre-révolution en créant la Cuban American National Foundation à Miami, fut sauvé.

- Aussi bien après les attentats du 11 septembre qu’après les inondations de New-Orleans, Fidel Castro montra sa solidarité et des centaines de médecins furent mobilisés pour offrir de l’aide médicale. Cette assistance fut toujours refusée.

Malgré ce demi-siècle d’agression, aucun signe d’anti-américanisme ne se fait sentir à Cuba. Sans aucun souci, chaque citoyen des Etats-Unis peut se rendre dans l’île où il sera toujours bien accueilli, malgré la guerre non-déclarée de son pays contre Cuba. Dans ses discours, Fidel a constamment différencié le gouvernement étasunien de ses citoyens, et même les Etats-Unis en tant que nation et en tant que pouvoir impérialiste. La révolution cubaine refuse tout chauvinisme. Voici sans doute une différence importante entre nationalisme et patriotisme. Le nationalisme dresse les peuples les uns contre les autres, estimant qu’une population est supérieure à une autre. Le patriotisme, par contre, est une question de souveraineté de tous les citoyens vivant dans un même endroit, dans le respect de leur dignité en tant qu’être humain et en tant que population.

D’ailleurs, Fidel Castro a sans cesse observer un strict code éthique envers ses ennemis. Pendant la dictature d’avant 1959, 20.000 Cubains ont été massacrés par l’armée et la police de Batista. Les bourreaux de guerre furent jugés selon les principes de Nuremberg mais on ne s’attaqua pas à leurs familles, au contraire. Au début de la première année scolaire suivant la victoire, Fidel s’adressa aux professeurs en leur recommandant expressément de considérer les enfants de criminels de guerre comme les autres enfants, voire de les traiter avec amour : "Nos écoles accueillent tous les enfants. Peu importe qu’ils soient des enfants de soldats d’antan, peu importe même qu’il s’agisse d’enfants de criminels ou d’assassins, cela n’est pas la faute des enfants. Vous devez savoir que les enfants sont innocents et que, à l’école, chaque enfant - même celui d’un soldat d’antan - doit être traité comme un frère. S’il a la malchance d’être l’enfant d’un criminel, il n’est pas responsable, il est lui aussi une victime… Vous devez lui expliquer l’humanité de la révolution et essayer de le rallier avec de l’amour, et non avec du mépris" .

Comparez leur sort avec celui des membres des familles de collaborateurs dans la plupart des pays de l’Europe occidentale après la deuxième guerre mondiale. (2)

Katrien Demuynck
www.cubanismo.net

Notes

(1) Le texte de Fidel : http://www.cubainfo.ain.cu/2011/0110-reflexion.htm

(2) Toutes les citations sont tirées de Demuynck K. & Vandepitte M., De Factor Fidel, Antwerpen 2008. Voir : http://cubanismo.net/cms/nl/shop/boek-de-factor-fidel.

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