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Négociation marché du travail : pièges et mensonges !

Pour créer des emplois, gouvernement socialiste, MEDEF, éditorialistes des grands médias et économistes médiatiques sont d’accord : les entreprises doivent être "sécurisées", c’est-à -dire qu’elles doivent pouvoir licencier à volonté ; ce sont les "contraintes" du code du travail, les procédures juridiques et les coûts des plans sociaux qui gênent nos licencieurs !

En gros donc, ce n’est pas leur système économique qui génère crise et misère : ce sont les garanties et droits conquis par les travailleurs au long de décades de luttes parfois sanglantes qui seraient responsables du chômage de masse !

Et les syndicats sont priés de consentir à un accord soi-disant gagnant-gagnant comme y poussent les dirigeants de la CFDT, le recul essentiel sur les garanties encore existants étant camouflé derrière des "avancées" en matière de sécurité pour les travailleurs seulement évoquées (extension des complémentaires santé, "portabilité" des droits en cas de changement d’entreprise, amélioration de la formation et de l’information des salariés sur la stratégie de l’entreprise, droits des chômeurs renforcés …).

En camouflant de surcroît que derrière les acteurs de façade ce sont l’UE, les "marchés financiers" et les agences de notation qui trouvent trop rigide le marché français du travail et qui exigent sa flexibilisation !

En réalité, l’argument selon lequel le marché français du travail serait "cadenassé", trop rigide est un pur mensonge :

- les CDD intérim c’est déjà 15% des emplois (plus qu’en Allemagne)

- le taux de rotation trimestriel de la main d’oeuvre dans les entreprises de plus de 10 salariés n’a cessé d’augmenter des dernières années (de 9 à 13%)

- les CDD de moins d’1 mois, les contrats hyper courts ont augmenté de 90% en 10 ans

- la rupture conventionnelle a "fêté" aujourd’hui son millionième salarié quittant une entreprise, cette rupture conventionnelle constituant la plupart du temps un licenciement déguisé, libérant l’employeur de ses obligations et laissant le salarié sans véritable défense.

Ce qui est donc planifié dans notre pays par le patronat, les multinationales, le gouvernement et l’UE, c’est encore plus de flexibilité et de précarité pour les travailleurs - dans le privé comme dans le public où a explosé le nombre de précaires, auxiliaires, contractuels…- non pas afin de créer des emplois et sécuriser les parcours professionnels, mais pour engranger encore plus de profits et briser toute volonté de résistance en aggravant et la précarité et la concurrence entre les salariés !

Là réside l’enjeu de classe du soi-disant "compromis historique" c’est -à -dire la poursuite de la guerre de classe menée depuis 30 ans au profit d’une infime minorité, avec la mise en cause de toutes les conquêtes sociales issues des luttes (1936, 1945 et le programme du Conseil national de la Résistance,1968 …).

Et ils veulent aller plus loin encore au nom de leur crise et de leur volonté d’en faire payer le prix aux travailleurs et aux couches populaires !

Pour sauver leurs profits et leurs privilèges, pour sauver l’euro, pour sauver la construction européenne, véritable outil de leur domination et de remise en cause de la souveraineté des peuples.

Nous devons savoir qu’il n’y a pas d’issue à la crise en acceptant de nouveaux sacrifices, le recul du pouvoir d’achat, la remise en cause du code du travail.

Ils veulent que les syndicats avalisent une politique déjà mise en oeuvre sur le terrain comme c’est le cas à Sevelnord de PSA ou chez Air France, ou encore chez Renault en Espagne fondée sur le chantage : "ou vous acceptez les reculs sociaux où nous fermons l’entreprise, ou nous délocalisons !".

C’est cela même la mondialisation et la concurrence dans l’union européenne : la guerre de tous contre tous au profit d’une minorité d’exploiteurs qui tirent les marrons du feu !

C’est ce chantage qu’il faut briser par l’union dans la lutte !

Et c’est avec tout cela qu’il faut rompre pour commencer à sortir de la crise et du marasme !

Et pas d’autre issue que la lutte "TOUS ENSEMBLE en même temps" pour commencer à triompher de la mise en concurrence et du dumping social !


Les organisations syndicales au pied du mur

La CFDT par la bouche du successeur de Chérèque (récompensé pour ses bons et loyaux services en étant nommé en conseil des ministres inspecteur général de l’Inspection générale des affaires Sociales et héritant de la présidence de la boîte à idées sociale-libérale Terra Nova) fait le forcing en vue de la signature de l’accord à l’issue des réunions de ce 10 et 11 janvier et condamne par avance toute résistance authentique ("Nous ne sommes pas en guerre" dixit Laurent Berger), ce qui en clair signifie en fait le refus de tout positionnement de classe et de lutte de classes sur ce sujet comme sur d’autres (les retraites par exemple).

La position de FO n’est pas encore fixée tandis que la CGT semble s’orienter vers un refus de signature de l’accord.

Il reste à appeler les travailleurs à l’action et à la résistance et pour les travailleurs et les syndicats de base eux-mêmes à faire triompher dans la pratique et dans leurs propres organisations (congrès prochains de la CGT et de la FSU) les principes gagnants qui ont fait leurs preuves : le rapport de force, la résistance pied à pied, l’union sur des bases de classes dans le concret des propositions et dans les idées !

Le Front Syndical de Classe

9 janvier 2013

*******************

On peut lire dans "Valeurs actuelles du 3 au 9 janvier" : "La perspective d’avoir à payer des indemnités exorbitantes en cas de licenciement ou de voir un plan social annulé après plusieurs années pour vice de forme a amené les entreprises à recourir à des expédients qui, en définitive, leur sont préjudiciables comme à leurs salariés. "

La lutte des Goodyear d’Amiens -au-delà des difficultés actuelles qui montrent que rien n’est définitivement réglé- qui a empêché durant 5 ans la direction multinationale de fermer l’entreprise et entraîné la condamnation devant les tribunaux du plan social prévu, illustre l’obstacle que représente la législation actuelle à la stratégie de restructuration, de délocalisation et de liquidation industrielle.

C’est cela que le patronat, les classes dirigeantes et la social démocratie à leur service veulent contourner avec leur "compromis historique" !

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