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Papa a quitté la présidence dominicaine

Une campagne électorale animée, même sans Mélenchon, Le Pen ou Sarko

La République Dominicaine, plus connue en France pour ses plages, ses filles faciles et ses vols charters (mais le passeport est maintenant obligatoire pour y entrer) que pour sa politique intérieure, vit, depuis deux mois, en état d’ébullition électorale. C’est finalement Danilo Medina, du Parti de Libération Dominicaine (PLD), qui l’a emporté avec 51 % des votants et donc, dès le premier tour, contre son principal rival, l’ancien président, Hipolito Mejia du Parti révolutionnaire dominicain (PRD). Celui-ci a contesté aussitôt les résultats et a déposé un recours constitutionnel contre le scrutin, dénonçant des fraudes dans certains bureaux de vote.

En réalité, l’élection s’est déroulée assez calmement, selon les observateurs de l’OEA, car on pouvait redouter le pire après les heurts violents survenus dans la campagne. En fait, les deux principaux candidats du PLD et du PRD représentent les deux partis institutionnels de la République Dominicaine et rien ne changera vraiment. Dans cette campagne, les deux principaux candidats ont utilisé chacun tous les coups pour séduire leurs électeurs. La vie politique dominicaine est loin d’en sortir grandie, alors que la situation économique (dette et récession) n’est pas brillante.

Au début de l’année, la principale arme politique avait été les sondages, manipulés par l’un et l’autre camp. Des entreprises privées s’étaient chargées de publier quotidiennement des enquêtes d’opinion, plus fantaisistes les unes que les autres, pour abattre l’adversaire et réciproquement.

Flingage, complot, watergate....

Ensuite, vers le mois de mars, la bataille des sondages a laissé place aux insultes et à la violence verbale et même physique entre les deux principaux candidats. Deux citoyens avaient perdu la vie dans des meetings de campagne et des affrontements entre les militants du PLD et ceux du PRD. Chacun arborait sur le capot de sa voiture le slogan de son mentor. « Ya llego el Papa ! » se vantait par exemple certaines 4X4 dominicains (le papa désignant ici l’ancien président Mejia). Même en province, traditionnellement plus calme, comme par exemple dans la région de Moca, au nord de la République Dominicaine, il y eut des conflits sanglants.

Puis, il y eut ce qu’on a appelé là -bas le watergate dominicain : les dénonciations d’affaires crapuleuses dans le bâtiment où le sénateur Bautista était accusé d’avoir soudoyé le président haïtien Martelly pour qu’il soit élu, la révélation d’un Hipolito Mejia candidat qui possédait sur son téléphone des numéros de narco trafiquants bien connus et aurait ensuite organisé un complot pour renverser l’actuel président d’Haïti. Après enquête, il fut révélé que la DNI (services secrets dominicains) avait piraté le téléphone privé de l’ancien président. Quant au complot contre Martelly, cela reste un mystère mais, en tout cas, cela n’a guère amélioré les relations avec l’autre voisin de l’île Hispaniola.

C’est donc finalement le candidat du parti au pouvoir en République dominicaine, Danilo Medina, qui a remporté l’élection présidentielle, face à l’ex-président social démocrate, Hipolito Mejia, selon des résultats quasi complets et ceci, c’est la petite surprise, sans la nécessité d’un second tour.

Danilo Medina était, en fait, soutenu par une coalition de quatorze partis. El Papa, Hipolito Mejia, personnalité charismatique de 71 ans ,qui avait été au pouvoir de 2000 à 2004, a donc été copieusement battu. Les affaires louches déclenchées par le pouvoir auraient-elles eu raison de sa probité affichée ? Hipolito Mejia n’a jamais réellement pu s’affranchir de sa réputation de corrompue dans la campagne, même s’il avait donné des gages de vouloir prendre à bras le corps le problème de la corruption dans le pays.

Le candidat libéral vainqueur, Danilo Medina, avait déjà affiché son optimisme après avoir voté dans un collège du sud de la capitale. Dans un sondage commandé ces derniers jours, il avait précisé, devant des journalistes et ses partisans : "nous avions environ 11 points d’avance et cela se vérifie sur l’ensemble du territoire national". Quelques 15 000 militaires et policiers avaient été déployés pour assurer un scrutin sans heurts. Hipolito Mejia avait d’ailleurs dénoncé l’intervention de policiers et militaires auprès de ses militants, pour tenter l’influencer leur vote.

De son côté, le chef de la mission d’observation de l’OEA, l’ex-président uruguayen Tabare Vazquez, a seulement relevé "de petits incidents inhérents à tout processus électoral", et salué le "sens civique et la foi démocratique" des Dominicains.

Les principaux thèmes traités durant la campagne ont été le coût de la vie, l’éducation, le chômage, la corruption et l’insécurité. La République dominicaine compte dix millions d’habitants, dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté. L’élection a été largement suivie dans les Antilles françaises, en Guadeloupe et en particulier, dans la Collectivité de Saint-Martin où vit une importante communauté dominicaine. Ce fut d’ailleurs une des nouveautés de cette élection : la diaspora dominicaine, suite à une réforme constitutionnelle, avait le droit de voter à l’étranger dans ses consulats respectifs et même d’élire des députés de l’étranger.

Or, les Dominicains de l’étranger ne sont pas négligeables. Ils apportent, selon la Banque Centrale de la République, trois milliards de dollars annuels et représenteraient 202 125 votants, soit 3,2% du corps électoral qui est, à peu près, de 6 millions d’électeurs. La plupart des Dominicains de l’extérieur se trouvent, bien entendu, aux Etats-Unis (139 258 soit 69% de la diaspora dominicaine).

En Espagne, il y avait 41 132 électeurs recensés à l’ambassade, soit 20,3 % de la diaspora. Avec la crise, l’émigration en Espagne des latinos est en berne : 0,7 % de baisse générale de l’immigration en Espagne pour 2011, mais une baisse beaucoup plus marquée pour les Latinos avec (seulement !) 130 000 entrées. Il y aurait, officiellement, 5,7 millions d’étrangers en Espagne. Ces dernières années, c’est l’émigration « sauvage » de l’Europe de l’Est qui a touché l’Espagne avec, en particulier, les Roumains. Les citoyens d’Amérique du Sud représentent 22,6 % des étrangers installés en Espagne.

La baisse de l’immigration latino-américaine est frappante quand on regarde plus en détail les chiffres de l’Institut National de la Statistique Espagnole (INE) : Equateur (- 54 330), Colombie (-28 506), Bolivie (-14 474), Argentine (-12 348), Pérou (-10 701). En dehors des latinos, la principale communauté étrangère en Espagne est la marocaine (783 137 personnes), qui n’a baissé, en 2011, que de 1,2% alors que la baisse des Equatoriens est de 15,1 % (306 380 Equatoriens en Espagne) et de 10,4% pour les Colombiens (244 670).

Aux Etats-Unis, un récent sondage octroie 64 % du vote hispanique à Barack Obama, alors que son principal rival, le candidat républicain, Mitt Rommey, n’obtiendrait qu’un petit 24 %, quoique en augmentation dans cet électorat. Or, comme on le sait, le vote latino est devenu crucial aux Etats-Unis pour toute élection présidentielle, en particulier en Floride, au Colorado, au Nouveau-Mexique et en Arizona où dans la rue, au quotidien, on parle plus espagnol qu’anglais ! Sans les voix des Hispaniques, le Président des Etats-Unis ne peut être élu. Obama semble avoir rassuré cet électorat, même si sa récente prise de position pour le mariage gay en heurte une partie, traditionnellement catholique, mais (lapsus de franc-maçon ah !) les catholiques sont-ils si homophobes que cela ? Saint Sébastien, priez pour nous !

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