RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher
35 

Pontifiant et dilettante : Michel Onfray, un BHL de gôche

En matière philosophique, Michel Onfray a sans doute des mérites de vulgarisateur, même s’il confond vulgariser et schématiser, disent quelques-uns de ses confères.

Il n’est pas de mon ressort d’en juger. Mais, là où je le vois se surestimer, c’est en matière politique où il survole, ne se pose pas, frôle à peine le pollen et prétend nous livrer du miel qui a bien souvent l’aspect, la consistance trop diluée et le goût du brouet.

Donc, il vaticine dans les studios de télé, à la radio, dans les journaux, moulin à paroles bien huilé (je rêve d’un match Onfray/ BHL).

Il écrit plusieurs livres par an, ce qui prouve (j’imagine) à ses yeux sa supériorité sur ce glandeur de Socrate. Le problème, c’est que seul un génie pourrait être au top niveau en se dispersant de la sorte. Et Onfray n’est…

Onfray aime aborder jusqu’à l’obsession des sujets dont il connaît ce qu’il a lu en diagonale dans les médias : Le Tibet, Robespierre, Chavez, Castro. Là, on le croit élève de Robert Ménard (sauf pour Robespierre dont Ménard, moins lettré, croit qu’il faisait équipe avec Jean-Marc Thibault).

Pourquoi ces sujets ? Pour alimenter ses diatribes contre son autre obsession : Jean-Luc Mélenchon assez savant, lui, pour parler d’Histoire et de politique sans manichéisme, comme devrait le faire tout intellectuel.

La grotesque vidéo ICI de Narcisse ébloui par la beauté de son texte.
Il faut voir la vidéo (façon de parler, on peut aussi éviter de le faire. Je vous dirai plus loin comment aller directement aux endroits dont je parle) où Onfray se met en scène. Il a écrit un nouveau livre pas encore publié. Mais, brûlant de nous en éblouir sans tarder, il nous en lit les bonnes feuilles pendant 19 minutes (19 !) s’enivrant d’un talent d’écriture magnifié par sa voix.

Il y raconte d’emblée (0mn38) son lumbago récent, la cortisone et la morphine, détails intimes qu’il trouverait grotesques chez ses adversaires, mais qui le posent en homme de chair et de sang, pouvant souffrir, lui. Cela pourrait le rendre sympathique s’il n’était dénué de toute commisération envers les autres, c’est-à-dire envers tous ceux qui ne pensent pas la même chose que lui au moment où il les pense et ne le suivent pas illico quand il pense le contraire. Car l’homme change souvent d’avis, surtout en matière politique.

Onfray nous rapporte et valide sans plus de précaution, une attaque lancée sur Internet contre Jean-Luc Mélenchon et sa fille en plaçant la pseudo-affaire au même niveau que le Pénélope-gate et les emplois (fictifs ?) des fils de Fillon (à 13mn30). L’accusation était si grossière, en pleine campagne électorale, que pas un média ne l’a reprise et que le Parquet n’a pas bougé un cil. Mais Onfray, léger, fait flèche de tout bois pourri.

Il fustige avec vigueur la mégalomanie (à partir de 17mn12), l’égocentrisme, le narcissisme, la vanité, la fatuité de Mélenchon (17mn28). Ça nous fait cinq adjectifs en suivant, quand un aurait suffit à quiconque n’est pas classé 5/5 sur l’échelle de la mal-comprenance. Pour conserver à la liste son caractère quasi-pléonasmique, indispensable quand on s’adresse à des interlocuteurs au QI moins élevé que le sien, il n’a pas placé là « Hystérie », mais il l’a fait plus loin (18mn12).

Or, aussi compétent en psychanalyse que Michel Onfray en mélenchonisme, je conseille au philosophe médiatique de se livrer à une introspection, avec réponse à ces deux questions :
- « L’homme qui vous lit pendant 19 loooongues minutes un texte qu’il va publier, qui vous parle de son mal au dos dont il est guéri, qui se filme, qui met ça sur Internet, n’est-il pas atteint de mégalomanie, d’égocentrisme, de narcissisme, de vanité, de fatuité ?
- Si le seul nom de Mélenchon lui fait brailler avec dégoût ceux d’un révolutionnaire français incorruptible et ceux de deux révolutionnaires latino-américains, doit-on parler d’hystérie ? »

Jouons pour marquer une pause et arrêter de s’énerver :
-  Parmi les qualificatifs suivants, lequel vous paraît mal choisi pour qualifier Michel Onfray : amateur, superficiel, futile, léger, insignifiant, frivole, vain, nobélisable ?
-  Diriez-vous que Michel Onfray est aussi crédible quand il parle de Mélenchon que BHL quand il parle de Botul ?
-  Pensez-vous qu’en lâchant la grappe à Mélenchon, Michel Onfray aurait pu écrire un livre par jour pendant les présidentielles au lieu d’en écrire seulement trois ?
-  A votre avis, quand Onfray prend des libertés avec la vérité en politique (1), est-ce uniquement par ignorance ou bien parce qu’il sait que ses interlocuteurs n’iront pas vérifier ?

Conclusion, sévère mais juste.
Michel Onfray, enivré par un succès médiatique qui vaut ce que vaut le vent, est en guerre (par superficialité dans la recherche des informations), contre ce qu’il devrait défendre.

Il serait bien avisé de se méfier : dès qu’on épouse les combats de toutes les droites (sur Robespierre, Chavez, Castro, Mélenchon, le Tibet…) on a les faveurs des médias, les livres produits à la chaîne se vendent bien, mais on se salit, on ne peut espérer être respecté par les lecteurs, par ses homologues et (je titille la corde sensible) on renonce à la postérité.

Vincent MORET

(1) Selon Onfray, JLM a qualifié De Gaulle de « fasciste », Ahmadinejad a dit « qu’on pouvait rayer de la carte l’Etat d’Israël » et le Tibet n’est pas une république autonome… Trois mensonges tranquilles, le premier volontaire et conscient, les deux autres fruits de son ignorance.

»» https://www.youtube.com/watch++cs_INTERRO++v=0qROujxM9a4
URL de cet article 31875
  

L’Avatar du journaliste - Michel Diard
Michel Diard
Que restera-t-il du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le président omniprésent dans tous les médias ? Cet ouvrage dresse un inventaire sans concession des faits et méfaits de celui qui se présentait comme l’ami de tous les patrons de presse et a fini par nommer les présidents des chaînes de l’audiovisuel public. Le "sarkozysme" a largement reposé sur un système de communication proche de la propagande, digne des régimes les plus autocratiques, à la limite de l’autoritarisme. Le système Sarkozy, même s’il (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Même les morts ne peuvent reposer en paix dans un pays opprimé.

Fidel Castro

Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
93 
Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
46 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
69 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.