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Résistances, contre-attaques et devoir d’avant-garde

RESISTANCES, CONTRE-ATTAQUES ET DEVOIR D’AVANT-GARDE

I - SERRER LES RANGS FACE A LA MONTEE DES PERILS GEOPOLITIQUES

Comme nous l’avons déjà maintes fois démontré, l’hégémonisme euro-israélo-étatsunien est le moteur principal de la marche à la guerre mondiale. C’est le cas de la Finlande à l’Ukraine, où l’avancée continue de l’UE-OTAN vers les frontières russes fut le vrai déclencheur du conflit dit russo-ukrainien, jusqu’à la Palestine génocidée, à l’Iran, à l’Irak, à la Syrie et au Liban continuellement agressés, au Caucase déstabilisé, sans oublier l’empoignade géopolitique en cours du Détroit de Taïwan à la Péninsule coréenne : avide de prendre sa revanche sur Pékin et Pyongyang, le Japon impérial se réarme frénétiquement dans le but de seconder l’armada nord-américaine porteuse d’armes atomiques tournées contre la Chine et la Corée populaires.

La tendance est analogue quand on observe les fronts africain et latino-américain de la recolonisation globale du Sud. La mise sous tutelle trumpiste du Venezuela, le siège énergético-affameur de Cuba, les immixtions non dissimulées de Trump dans les processus électoraux sud-américains (Argentine, Brésil, Colombie, etc.) s’inscrivent dans cette logique de reconquête coloniale (Rubio a du reste affiché la couleur !), tout comme l’offensive néocoloniale menée contre l’Afrique francophone rebelle (du Sahel au Congo démocratique) prise entre les manœuvres des puissances occidentales, les guerres par procuration et la militarisation des crises régionales.

Face à ce Grand Rift Planétaire, qui dessine une guerre mondiale déjà largement engagée par Washington et relayée, voire fébrilement précipitée en Europe par l’UE-OTAN provoquant chaque jour la Russie dans la Baltique, l’urgence est à l’unité d’action des militants du mouvement ouvrier, populaire et progressiste. De cette mobilisation proprement vitale, il serait sot d’exclure les patriotes républicains qui comprennent qu’une guerre européenne généralisée signifierait à coup sûr la radiation sans restes de la France et de sa population. Les prochaines années, voire les prochains mois, seront décisifs pour la paix mondiale, pour la souveraineté des peuples, voire pour la survie de l’humanité au XXIème siècle.

II - DES RESISTANCES POPULAIRES APPELEES A SE MULTIPLIER

Pourtant, il ne faut pas céder aux intimidations de l’hégémon malfaisant car la peur et le repli sur soi qu’elle suscite ne feraient qu’accélérer la montée des périls. Cet empire de la guerre mondialisée qu’est le bloc USA-Israël-UE ne fissure pas seulement nombre d’ex-États souverains, dont la France ; il est avant tout tourné contre des pays qui, sous des formes diverses, se réclament encore du marxisme et du socialisme (Cuba, Chine, Corée du Nord) ou dans lesquels rougeoient toujours d’importantes braises prolétariennes (Russie, Brésil, Afrique du Sud...). En dernière analyse, l’hégémonisme euro-atlantique tente de prolonger artificiellement, en recourant au besoin à la guerre mondiale exterminatrice et au génocide, un mode de production capitaliste épuisé et épuisant que rejettent une grande partie des peuples, mais aussi un prolétariat mondial de plus en plus rétif et une jeunesse internationale qui refuse l’avenir de précarité, de casse environnementale, de contrôle policier et de militarisation généralisés que lui prépare le capitalisme-impérialisme-hégémonisme prenant tour à tour les figures d’un Biden sénile ou d’un Trump mégalomane. En dernière analyse la présente croisade de reconquête du Grand Sud et de l’Eurasie n’est qu’une politique de classe menée par d’autres moyens, ceux de la violence planétairement débridée, contre cette tendance sociohistorique de moins en moins dissimulable : le maintien de l’exploitation de l’homme par l’homme est devenu un luxe que le genre humain ne peut désormais plus se payer sans disparaître. Si avenir humain il doit y avoir, il ne peut qu’être porté par un socialisme-communisme de nouvelle génération tirant leçon, sans la renier, de la première expérience socialiste mondiale née d’Octobre 17 et qu’avaient tour à tour fortement relancée la victoire soviétique de 1945 suivie par les révolutions chinoise, tchèque, vietnamienne et cubaine. D’où la menace exterministe qu’appesantit sur l’humanité un capitalisme à bout de souffle refusant à tout prix de céder la place, pour commencer, à un monde multipolaire, mais aussi in fine, aux classes populaires et aux anciens peuples dominés.

Le court terme peut donc encore sembler appartenir au camp hégémoniste. Mais le moyen et le long termes appartiennent aux peuples souverains et aux prolétaires qui retrouvent en de nombreux pays (Inde, Québec, USA eux-mêmes, dernièrement Belgique, Italie, Grèce, Portugal, Corée du sud, sans parler de la Bolivie en insurrection...) le chemin de la grève de masse. Encore nous faut-il franchir l’épreuve immédiate : éviter la troisième guerre mondiale que la propagande de guerre occidentale tente de présenter comme une « réponse » aux menaces russe et chinoise.

Il n’empêche : les peuples agressés tiennent bon. L’Iran fait corps contre l’agression, Gaza et le peuple libanais ne désarment pas face à l’envahisseur. Le David yéménite a déjà prouvé qu’il savait fronder le Goliath étasunien. Quant au peuple ouvrier du Donbass antifasciste, il a résisté pendant huit ans sous le feu des brigades néonazies de Kiev avant que la Russie postsoviétique de Poutine ne consente à le secourir. Malgré l’armement massif de Kiev par l’OTAN, la Russie avance dans le Donbass tandis que l’armée ukrainienne est méthodiquement érodée par cette guerre par procuration de l’UE-OTAN déjà en conflit semi-ouvert avec Moscou. Cette résistance est déjà une victoire morale et politique parce qu’elle inspire et inspirera d’autres peuples humiliés ou paralysés. Le peuple vénézuélien humilié, mais organisé en Communes armées, manifeste massivement pour le retour de Maduro. À Cuba, le Premier Mai 2026 a montré la vitalité d’un peuple créatif et majoritairement uni derrière ses preux dirigeants communistes Miguel et Raùl. Du reste, aux USA comme en Inde, le mouvement ouvrier recourt à nouveau à la grève de masse, signe que la crise capitaliste aggravée par les guerres pousse à nouveau les exploités vers la lutte. Ainsi en est-il du Québec où le combat social et l’aspiration indépendantiste de ce pays francophone investi par l’arrogant environnement anglo-saxon tendent salutairement à fusionner.

Même la jeunesse populaire du monde, il y a peu encore séduite par le néolibéralisme, change déjà ici et là d’état d’esprit. L’engagement de jeunes militants comme Greta Thunberg, passée de l’écologie institutionnelle à la solidarité, physiquement risquée, avec Cuba et Gaza, symbolise ce possible basculement. Pour en revenir aux États-Unis, des millions de personnes y ont manifesté récemment contre la monarchisation du pouvoir, la guerre et la répression des migrants : c’en est au point que le mot “socialisme”, longtemps tabou au pays de MacCarthy, redevient audible, et que New-York peut élire un maire se réclamant de la solidarité avec la Palestine.

III - UNE GAUCHE POPULAIRE PLACEE DEVANT SES RESPONSABILITES

En France, la scène politique reste dominée par le face-à-face entre européisme belliciste et national-suprémacisme lepéniste. Pourtant l’électorat populaire refuse la criminalisation médiatique systématique de la France insoumise, comme l’ont montré les municipales. Ce refus est positif, même si l’état-major de LFI, soumis aux pressions de son aile euro-atlantiste (Manon Aubry notamment), refuse de mener une campagne claire contre l’UE-OTAN et le surarmement.

Il faut ici être net : le problème n’est pas seulement la droite, ni seulement le macronisme. Le problème est aussi l’européisme « de gauche », c’est-à-dire la tendance à accepter l’UE comme cadre indiscutable, à relativiser la nocivité de l’OTAN, ou à accepter l’idée d’une « défense » européenne compatible avec la logique de guerre et avec la construction d’une Europe fédérale antinomique de paix continentale et d’indépendance française. Sur ce point, LFI, mais aussi le PCF doivent être interpellés sans détour, car une gauche qui abandonne la souveraineté nationale et qui refuse de débattre du Frexit progressiste finira tôt ou tard par s’aligner sur les diktats de l’ordre euro-atlantique, comme l’a fait Alexis Tsipras, le représentant félon de la prétendue gauche radicale grecque.

Certes il faut se réjouir qu’en janvier 2026, LFI ait déposé une résolution pour sortir la France de l’OTAN. Mais cela ne mène à rien si l’on continue de cultiver au mieux l’entre-deux sur l’économie de guerre macroniste, l’Europe de la défense, le fédéralisme militariste et l’acceptation du cadre néolibéral de la prétendue « construction européenne » indissociable de l’OTAN et ancrée sur l’« économie de marché ouverte où la concurrence est libre et non faussée ». Une gauche vraiment populaire ne peut s’accommoder d’une politique extérieure qui ménage l’OTAN, qui refuse de voir qu’elle est indissociable de l’UE et qui, de la sorte, se ment à elle-même quand elle prétend défendre la paix et engager une « révolution citoyenne ».

IV - CRISE DE L’HEGEMONIE CAPITALISTE... ET DU CONSENTEMENT POPULAIRE A L’OPPRESSION IMPERIALISTE

Le camp impérialiste-hégémoniste-exterministe est de plus en plus dangereux justement parce qu’il sait que le temps joue contre lui. Plus sa crise s’aggrave, plus il veut s’imposer par la violence. Cette fuite en avant se traduit par le mépris du droit international, la fragilisation de l’ONU, la censure politique et la militarisation des sociétés, bref, par une marche accélérée vers la fascisation des sociétés occidentales.

Mais cette agressivité est aussi un signe de faiblesse. Elle révèle une crise profonde de l’hégémonie culturelle capitaliste-impérialiste mondiale. En France, cela se voit dans l’incapacité des élites pro-UE et pro-OTAN à faire aimer la « construction » européenne, c’est-à-dire l’euro-démantèlement continu de la République française indivisible : on pense au Non de 2005 à la constitution européenne, à son contournement odieux par Sarkozy et Hollande (le traité de Lisbonne est un copié-collé de la Constitution rejetée par le suffrage universel), à la répression des Gilets jaunes en 2019, au rejet massif de la contre-réforme des retraites imposée à coup de 49/3 en foulant aux pieds l’opinion archi-majoritaire des salariés.

Soyons-en conscients : le capitalisme n’est plus aucunement porteur, s’il l’a jamais été, d’un avenir humain. Il produit à jet continu la guerre, la fascisation, la destruction sociale, l’appauvrissement des larges masses, l’uniformisation et l’aliénation linguistique et culturelle sans parler de la dégradation écologique stimulée par la quête suicidaire du tout-profit. Inutile d’être prophète pour prévoir ceci : plus les dirigeants du monde capitaliste-hégémoniste prétendront sauver la civilisation occidentale à coups de guerre, plus ils l’entraîneront vers la barbarie... et plus ils dresseront contre eux la majorité mondiale lasse des massacres et des génocides, des crises économiques à rebondissement, de l’absence totale de perspective mobilisatrice pour la jeunesse du monde.

V - RECONSTRUIRE L’(LES) AVANT-GARDES

La tâche principale n’est donc pas d’accuser les masses suspectées d’apathie, mais de reconstruire de véritables avant-gardes. Depuis des décennies, la social-démocratie ancienne et nouvelle ont désarmé idéologiquement le mouvement ouvrier. En France, elle a largement colonisé les directions syndicales et contribué à diluer la perspective de classe.

Le PCF lui-même, par son irréversible dérive de longue durée, a compromis le beau mot de communiste devenant pour certains synonyme de compromissions sans fin avec l’UE et avec son principal relais en France, le PS austéritaire et atlantiste. Il faut donc revenir à l’exigence qui présida à la fondation de l’Internationale communiste et du PCF lui-même : former des organisations capables d’analyse marxiste-léniniste, de stratégie de masse et d’unité antifasciste, anti-impérialiste et anticapitaliste, le tout axé sur le primat de la classe ouvrière et du monde du travail dans la construction de larges rassemblement antifascistes, pacifiques, populaires, patriotiques et écologistes.

Cette reconstruction implique d’associer, et non d’opposer, l’internationalisme prolétarien et le patriotisme populaire. Défendre le "produire en France" (et non le "made in France"), la souveraineté nationale, la langue française sacrifiée au tout-globish ainsi que les conquêtes sociales de 1936 et 1945 n’a rien de xénophobe ; c’est même un minimum pour se rendre digne auprès des masses de défendre la dignité populaire contre l’alignement atlantique et le démantèlement européen.

La reconstruction des avant-gardes implique aussi de défendre en France et à l’international, insistons-y, un socialisme-communisme de nouvelle génération : un socialisme qui ne renierait ni l’héritage léniniste, ni la nécessité de la conquête du pouvoir d’État et de la socialisation des grands moyens de production, mais qui sache répondre aux tâches anti-exterministes actuelles de l’humanité, notamment la construction vitale de la paix mondiale, la coopération égalitaire entre pays souverains, la défense des Lumières et l’usage rationnel des sciences, la reconstruction des forces productives (que le capitalisme actuel pourrit du dedans !) sur des bases humanistes, en un mot la préservation, voire la reconstitution des bases environnementales et anthropologiques de la vie humaine en tant qu’humaine.

VI - BRISER L’UNION SACREE BELLICISTE ET FASCISANTE

C’est pourquoi les militants franchement communistes, les syndicalistes de lutte et les citoyens véritablement insoumis doivent débattre, converger et agir ensemble sans crainte d’affronter les fauteurs d’union sacrée au sein du mouvement populaire. Il ne suffit pas de dénoncer l’extrême droite ; il faut aussi combattre les compromissions européistes et militaristes qui contaminent et neutralisent gravement une grande partie de la gauche politico-syndicale ! Et pour cela, pas d’autre méthode que de mettre en pratique le mot de Jaurès : "le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire", une devise à laquelle fait écho la parole de R. Luxemburg : "il n’y a rien de plus révolutionnaire que de dire ce qui est".

Le danger est réel dans le contexte actuel. Une partie de la gauche, PS, Verts et « Place publique » en tête, y compris certains secteurs droitiers de la gauche « radicale », est tentée par l’euro-surarmement, par la « défense » européenne, ou par toutes sortes de formules ambiguës qui finissent par normaliser l’ordre atlantique et par valider par avance l’entrée officielle de la France dans une guerre suicidaire avec la Russie. À l’inverse, les organisations qui veulent réellement rompre avec la guerre doivent porter des mots d’ordre clairs tels que les a proposés largement le PRCF : « l’argent pour les salaires, pas pour la guerre ! » ; « brisons les chaînes de l’Union européenne ! » ; "Europe atlantique ou monde pacifique, il faut choisir !" ; « l’UE-OTAN, si on n’en sort pas, on y restera !".

Le mouvement populaire ne pourra tenir, puis gagner, que s’il refuse les divisions et le sectarisme organisationnel. Dans les luttes sociales comme dans les luttes anti-impérialistes, il faut choisir : les peuples comme les prolétaires gagneront ensemble ou perdront séparément vaincus par la tactique capitaliste et impérialiste appliquée aux résistances qui est celle des Horaces affrontant et vaincant les Curiaces séparément et successivement, soit on tient bon et on contre-attaque "tous ensemble et en même temps".

Conclusion - Communistes, syndicalistes de lutte, insoumis, patriotes clairement antifascistes et antiracistes, dialoguons. Organisons des comités de lutte antifascistes, pacifiques, patriotiques et populaires. Et surtout, ne laissons pas la gauche, y compris et surtout la gauche censément radicale, être entraînée pas à pas dans une union sacrée belliciste autour de l’UE-OTAN. Car l’urgence est de fracturer le bloc euro-belliciste avant qu’il n’entraîne les peuples vers une catastrophe historique potentiellement définitive pour la France et pour toute l’humanité. Si nous savons nous unir à temps comme ce fut trop brièvement le cas en 1936 ou à l’époque du CNR, nous pouvons au contraire rouvrir le chemin des luttes, des révolutions populaires et d’une coopération internationale égalitaire entre peuples libres, égaux et solidaires.

Ce travail de reconstruction de l’avant-garde n’est donc pas un luxe ou une incantation. Il est objectivement devenu une nécessité historique.

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Georges Gastaud : philosophe, dirigeant du secteur théorique et géopolitique du PRCF. Derniers livres parus chez Delga : "Mondialisation capitaliste et projet communiste" et "Dialectique de la nature : vers un grand rebond ?".

 http://www.initiative-communiste.fr;www.georges-gastaud.com

COMMENTAIRES  

10/06/2026 10:12 par diogène

" Si nous savons nous unir à temps comme ce fut trop brièvement le cas en 1936 ou à l’époque du CNR, nous pouvons au contraire rouvrir le chemin des luttes, des révolutions populaires et d’une coopération internationale égalitaire entre peuples libres, égaux et solidaires."

En 1936 (90 ans) et à l’époque du CNR (fondé en 1943), il y avait une classe ouvrière en France, et il y avait l’URSS.
Le capitalisme n’a pas mondialisé que le capital, la production et le commerce : il a aussi mondialisé le travail considéré comme une marchandise soumise à la loi de l’offre et de la demande. La lutte des classes n’est plus cantonnée à chaque état-nation mais dispersée et divisée à travers le monde. L’internationale n’est plus un mot d’ordre, c’est une nécessité.
Le "socialisme dans un seul pays" était une erreur de stratégie fatale.

10/06/2026 11:14 par Ernesto

" Devoir d’avant-garde "... Belle idée, et juste réponse aux menaces qui s’amplifient, et qui conduisent certains à baisser les bras.
Ce texte est salutaire : "La tâche principale n’est donc pas d’accuser les masses suspectées d’apathie, mais de reconstruire de véritables avant-gardes."

Beaucoup d’entre nous sont face à cette question : Que faire ? L’article éclaire et explique très lucidement que chacun, à sa place et selon ses moyens peut agir, notamment dans les organisations existantes ou à créer. Isolés nous sommes désarmés, mais les milliards d’êtres humains victimes des régimes capitalistes, réactionnaires et colonialistes, ou simples gens ordinaires, honnêtes, opposés à la fascisation et à la loi du plus fort, sont une force immense.

Voici mon avis : le pire est de ne rien faire.
Militer, se syndiquer, entrer dans une organisation, financer des médias progressistes, protester, manifester, voter, dénoncer, pétitionner, lutter en actes et en paroles pour dire non aux menées racistes, suprémacistes ou fascistes, rétablir à chaque fois que possible les faits contre les mensonges et la propagande... Il y a encore beaucoup d’autres moyens d’agir ; ce ne sont que des exemples.

J’en profite pour rappeler le roman "Sonia ou l’avant-garde" récemment paru, qui traite précisément de ce sujet des avant-gardes, que chacun de nous peut contribuer à faire vivre et à renforcer, mais qui éclaire aussi la perspective de l’unité nécessaire autour des idées progressistes et de la socialisation des moyens de production. Un texte important.

10/06/2026 15:55 par Vincent

Merci infiniment à LGS et à Georges Gastaud pour ce texte littéralement impeccable  !
Qu’est-ce que ça fait du bien à lire ! Mille merci.

Je ne reviens pas sur l’analyse qui est faite, puisqu’elle est aussi juste que brillante et clairement exprimée.
J’ai tellement à dire : d’avance merci au modérateur.

Pour moi qui fus gilet jaune mais qui refuse le militantisme,
parce qu’il consiste à mes yeux à chausser une paire d’œillères idéologiques qui imposerait de regarder le monde sous l’angle qu’induit l’appartenance au groupe - ce que je considère grégaire voire dangereux (cf : les règles du conformisme durant la crise pseudo-sanitaire, cad se soumettre docilement au totalitarisme abject ou bien l’exclusion du groupe. J’ai préféré l’exclusion !) - et ne plus jamais, faute d’exclusion donc, regarder le monde sous un autre angle, dont je ne vois pas pourquoi il ne serait pas éventuellement devenu tout aussi pertinent, considérant que l’impermanence de toute chose est certainement le seul principe qui soit permanent...
Bref

moi qui prêche donc dans le vide pour la radicalisation et l’émancipation de la lutte des carcans d’impuissance - donc de compromission et de lâcheté - dans laquelle elle se complaît depuis bien trop longtemps, tout le propos pourrait ici se résumer à "l’absence totale de perspective mobilisatrice pour la jeunesse du monde."

Eh oui : ils ont même réussi à détruire l’espoir, bon sang !
Voilà "mon" monde. Celui de ma génération.

Et merci pour l’héritage, fruit de deux générations d’individualisme nihiliste et mortifère, biberonnées et aliénées par la télé, la « presse libre » de l’OTAN-CIA, l’hégémonie à l’américaine façon John Wayne sauve le monde dans « Le Jour le plus long », le sionisme normalisé et Laurent Fabius 1er ministre « socialiste », Mme Thatcher et Pinochet, le prix Nobel Milton Friedman, la mondialisation, Maastricht etc.
Super.

Si l’UE-OTAN est un cadre indiscutable (y compris pour une Manon Aubry qui s’ébat publiquement avec la néonazie Ursula von der Leyen), alors la guerre est le seul avenir qu’on nous promet, parce que le Profit qui est le seul principe directeur, le seul projet commun, l’exige.
Non mais : sérieusement, les gens ?!
Quelle est la différence avec une religion archaïque dont le dieu vengeur exigerait le sang de sacrifices humains ?

(Au passage, à propos de guerre : je n’ai pas aimé, telle qu’il l’a faite, la référence si brève fut-elle de JLM à l’Ukraine « envahie » lors de son discours de St Denis. Attention à ce que faire de savants calculs pour additionner les électeurs potentiels et se conformer à la Doxa pour apaiser la meute médiatique ne puisse conduire à une forme de grave compromission démagogique qui produirait des soustractions insoupçonnées.
LFI c’est tout ce qu’on a, certes, mais pas au prix de l’honneur ou de la cohérence, ou d’un minimum de courage politique.)

Vous le dites, l’engagement "physiquement risqué" symbolise un possible basculement.
En effet, puisque le laisser-faire et l’impunité accordée aux salauds sont également - à une échelle beaucoup plus large - très "physiquement risqués" ; mais lâches :
Le statu-quo actuel, le « après nous le déluge » est donc vraiment moche, en plus d’être infiniment dangereux.

Je le redis donc encore : la non-violence n’a de valeur que dans un cadre où le contrat social est respecté par les deux parties.
Pardon d’insister, mais qui ne respecte pas l’engagement à produire de la justice pour que je renonce à la faire moi-même, au juste ?
Si n’y avait que le piétinement du referendum de 2005 qui avait gravement bafoué la souveraineté du peuple et tous les principes de Ladémocratie « représentative ». Bon sang !

Vous dites :
"Le camp impérialiste-hégémoniste-exterministe est de plus en plus dangereux justement parce qu’il sait que le temps joue contre lui. Plus sa crise s’aggrave, plus il veut s’imposer par la violence [...] par une marche accélérée vers la fascisation des sociétés occidentales."
Ce n’est certainement pas faux. Néanmoins je vois les choses sous un autre angle :
Je pense que ce camp là conspire : il fabrique, induit, construit la crise POUR pouvoir devenir pleinement fasciste.

Je pense que ces gens ont volé plus qu’ils ne pouvaient l’imaginer. On les a laissé faire !
Ils savent qu’à la fois les ressources planétaires et la démographie ne permettront plus jamais un tel accaparement de la richesse, tel qu’il s’est déroulé impunément depuis... allez disons plus ou moins quatre siècles, les cinquante dernières années de turbo-capitalisme libellé "néolibéral" ayant été une sorte de bouquet final dont nous vivrons assez vraisemblablement l’ultime - et lumineuse - explosion.
Je passe sur l’eschatologie messianique qui pourrait vraiment vouloir accélérer l’apocalypse...

Je pense qu’ils induiront sciemment - via Ormuz ou d’autres leviers - la crise financière jusqu’à ce qu’elle atteigne le stade monétaire.
Je pense que le plan consisterait à faire table rase (grâce à la guerre bien entendu) des institutions actuelles, et de passer de l’argent-dette à l’argent numérique.
Donc au totalitarisme absolu.

J’ai vu et je vois poindre l’identité numérique qui en est le corollaire indispensable, par le truchement de "crises" qui justifieraient de sa mise en place.
L’identité numérique que prépare l’UE est au demeurant techniquement calquée sur le modèle - et cheval de Troie - qu’était le "pass sanitaire".
La Stratégie du choc fonctionne toujours à plein.

« Communistes, syndicalistes de lutte, insoumis, patriotes clairement antifascistes et antiracistes, dialoguons. Organisons des comités de lutte antifascistes, pacifiques, patriotiques et populaires. » 
Volontiers : voyons-nous, discutons. Vite ! On a pris quarante ans de retard, les gars.

Pendant ce temps ils ont TOUT fait passer au compte gouttes, sur le temps long, avec méthode et stratégie.
La grenouille que nous sommes se réveille alors que la marmite a déjà commencé à bouillir !

Au moins que les gars d’EDF comprennent qu’il se pourrait bien qu’on ait à court terme un vrai besoin vital de leur capacité concrète à couper le courant.
Parce que c’est le point faible très concret du fascisme techno-numérique des Palantir, Clearview, NSO, Amazon, Microsoft, Google etc.
La lutte, en matière d’efficience, ne se contentera pas de palabres. C’est déjà la guerre. Il est tard.

Et pour conclure : les sociétés humaines sont toujours capables de s’adapter suite à la survenue de crises, même majeures.
Mais si j’observe l’histoire, même si elles peuvent les anticiper, elles ne sont généralement pas capables de produire des actions préventives qui les éviteraient.
À bon entendeur.

10/06/2026 17:15 par robess 73

très juste analyse de l auteur n en deplaise aux indécrotables troskos .

10/06/2026 23:31 par Shansan

Texte déjà écrit mille fois dont un bon nombre par le même auteur.

On n’apprend rien qu’on ne sache déjà.

Et on nous dit des choses qui ne sont ni tout à fait vraies, ni tout à fait honnêtes. À part pour ceux que ce texte caresse dans le sens du poil.

Dans cette énième version du même article, G. Gastaud nous vend maintenant la sortie "UE-OTAN" comme s’il s’agissait d’un package (ou d’un forfait, excusez mon français) dans lequel l’un n’irait pas sans l’autre.

La FI, par la voix de Mélenchon et celle de ses proches jusque dans les plus récentes de leurs interventions, annonce dans son programme la sortie de l’OTAN et son opposition à toute guerre ainsi qu’à l’augmentation des budgets militaires tels qu’ils ont été pensés par la macronie c’est-à-dire dans l’optique d’une guerre avec la Russie. Ça a été dit et redit avec la plus grande et la plus ferme clarté.

Sur l’UE, c’est une autre affaire mais comme ce n’est pas le sujet central ici, je m’abstiens.

Je fais néanmoins deux remarques :

Je m’interroge d’abord sur la fixette à l’endroit de Manon Aubry. Que lui reproche-t-on exactement ? D’être euro-députée ? D’avoir claqué la bise à VDL ? Que l’extrême-droite soit assez teubé pour ces enfantillages de cour d’école, qui s’en étonne ? Mais que le PRCF s’en fasse l’écho ? N’est-il jamais arrivé à Gastaud ou à nos valeureux commentateurs prompts à la leçon, que ce soit par nécessité, par bienséance ou par diplomatie d’user de sympathie envers une personne à qui tout les oppose ? Moi, ça m’arrive tous les jours avec mon abruti de chef.

Ensuite, l’Ukraine.

Il n’a pas fallu attendre bien longtemps avant que quelqu’un se pointe la bouche en cul de poule pour reprocher à Mélenchon au détour d’un de ses discours sa dédicace à la résistance ukrainienne, a-t-elle été faite au milieu d’autres dédicaces à d’autres résistances un peu partout dans le monde et au premier rang desquelles, la résistance palestinienne.

À un moment donné, je pense qu’il faut être honnête, assumer pleinement les faits géopolitiques sans les les napper d’une narration qui correspond à ce dont on s’est convaincu par confort intellectuel en lieu et place d’une réalité « poil—à-gratter », et donc peu avenante : le 24 février 2022, la Russie est entrée en Ukraine et n’en est plus ressortie depuis.

J’ai employé « entrer » mais j’aurais pu dire « envahir » sans trop trahir la vérité.

Je sais bien qu’on va me répondre « ouais mais le Donbass n’est plus ukrainien, par référendum, il est devenu russe »... C’est tout de même un processus unilatéral, et donc une annexion de facto.

S’il est malgré tout tout à fait possible d’expliquer l’opération militaire spéciale russe, et même de la justifier, surtout par l’historicité de ce qui lui a précédé et qui y a conduit, il n’en reste pas moins que de l’autre côté, force serait d’admettre qu’il y a des hommes et des femmes qui ont autant de légitimité à défendre leur pays les armes à la main. Que leur gouvernement ou leur hiérarchie soit télécommandés de l’extérieur par l’OTAN ou la CIA ne change rien à la bravoure et à la sincérité de ces combattants (hormis les nazillons bien sûr).

On ne peut pas déplorer l’absence de respect du droit international par Israël et le piétiner quand il s’agit de la Russie.

Pour ma part, je considère que c’est en partant de cette vision franche du conflit russo-ukrainien, en le remettant dans le contexte du temps long et non en transformant une réalité à sa guise qu’on parvient le mieux à plaider la cause de la Russie, sans qu’il y ait besoin de tomber dans l’idolâtrie pour comprendre et nuancer ses positions.

Et toute intervention de Mélenchon sur le sujet est faite sur ce ton : pas de concessions à Poutine, un grand respect du peuple russe, un refus catégorique de lui faire la guerre et l’urgence de la diplomatie.

11/06/2026 16:57 par Vincent

Je n’ai pas la bouche en cul de poule.
JLM aurait simplement pu s’abstenir. Est-ce que ça lui aurait aussi été reproché ? Peut-être. Est-ce que ça aurait fait aussi mal aux oreilles que l’entendre abonder dans le sens de la propagande de l’OTAN ? Pas sûr.
Quant à "la bravoure et la sincérité" des combattants Ukrainiens que vous osez mettre sur le même plan que la résistance palestinienne, repassez après être plus au fait des gens qui sont enlevés en pleine rue pour être envoyés de force sur le front, ainsi que sur l’abondance de déserteurs au sein de l’armée ukrainienne, dont l’état major EST "nazillon", et bute joyeusement tout ce qui est russophone à l’Est du Dniepr.

Le texte de Georges Gastaud que vous n’en pouvez plus de lire car il se répète (ce que LFI ne fait jamais) parle en outre du danger représenté par une gauche qui abonde (même malgré-elle) dans le sens de la défense européenne, qui est dangereuse, même si elle devenait émancipée de l’OTAN, ou si l’OTAN sans les E.U qui en quitteraient le commandement, changeait finalement de nom comme le font les multinationales mal aimées.
L’article 42-7 du Traité de Lisbonne est en l’occurrence une sorte de copier-coller de l’article 5 de l’OTAN :
Il oblige les États membres à porter assistance "par tous les moyens en leur pouvoir" si un pays est agressé.

Manon Aubry peut préciser qu’elle s’opposerait à ce que la France apporte - dans ce cadre - une aide militaire à la Pologne "envahie" par la Russie si l’article était donc déclenché (y compris par un joli et très plausible faux-drapeau dont l’OTAN a le secret ; mais ça peut aussi bien être en mer Baltique ou dans les États Baltes), La Gauche au parlement européen c’est 46 eurodéputés sur 720, et que je sache LFI n’est pas au pouvoir en France non plus.
Donc le risque est immense. Et la sortie de l’OTAN n’y changerait rien.
Or, l’assistance obligée à la Pologne cheffe de file des russophobes, j’aime pas. Et le Traité de Lisbonne qui m’a été imposé contre ma volonté et mon vote, non plus.

Pour le reste, ok Manon Aubry est assez "carrée" c’est vrai, mais je suis désolé, une image telle celle ci-dessous est infiniment plus désastreuse que tous les discours qui tenteraient ensuite (en vain) de la justifier.
Elle aurait simplement pu, dans le cadre "bienséant", lui serrer la main et s’abstenir d’être tout sourire. Sur la vidéo c’est bien Manon Aubry qui enlace Ursula von der Leyen tout juste réélue, même en dépit de son vote contre.
Ça a sur moi le même effet qu’un JLM président qui aurait (comme Hollande) félicité Netanyahu pour sa réélection en 2015 : ça me file la gerbe.

Et oui, au fait, les eurodéputés à 8772 balles net + 4950 balles d’"indemnité de frais généraux"" + 359 €/ jour de présence à Bruxelles (sans mentionner les restaus offerts par les 50 000 lobbyistes qui hantent Bruxelles-sur-Corruption !), bah j’aime pas non plus :
On doit facilement vriller et basculer dans un petit entre-soi bien moelleux, tout probe qu’on soit.
En tout cas, moi qui survis chaque mois avec moins de la moitié du salaire médian en Pologne ou moins de deux indemnités journalières d’un eurodéputé, ça a tendance à m’énerver un brin, en effet.
Il n’y a pas que la diplomatie ou la souveraineté qui soient des urgences à mes yeux, et ma rage est assise sur un terreau fertile, lui même issu de la transmutation du compost puant de toutes mes illusions passées.

12/06/2026 05:32 par Carlos Ducasse

L’Ukraine, est la dernière trouvaille, un Mirage dans lequel chaque Nation Européenne se voit elle même réunie à sa Communauté Ideale en un seul reflet... Israel ! Alors que ce qu’Il y a en face d’elle, en réalité, c’est la Russie !
Napoleón disait "une force guide mes pas vers un but que j’ignore", Toltoï décrit cette force qui depuis la nuit des temps pousse les Peuples d’Europe Occidentale à s’unir pour tenter d’envahir la Russie... Peut on lutter contre l’inconscient collectif ? Nietzsche disait que l’Europe avait un trop Grand faible pour les toros... Je dirais un besoin de sacrifice ! Donner leur une paire bottes et ils partiront s’embourber dans la terre noire d’Ukraine, par amour a cette Déesse Blonde comme les blés ! À se faire faucher ! Les couleurs sont celles de la Suède, or et azur, un trident, une mer et un Soleil noirs ! C’est le piège parfait pour un Français ! Un bijou d’ingenierie esthétique ! Tous les fantasmes ! Tous les complexes ! IL n’y avait pas de pays européen assez Grand pour oser affronter de nouveau la Russie ! On a donc creé l’Ukraine, en tranchant dans sa propre chair, un double négatif, chargé de la détruire ! À partir du moment ou l’Ukraine s’intégrera à L’Europe et surtout à l’Otan qui inclue la Turquie, alors comme une particule d’Anti-matière au contact de la matière byronique, l’anniquilation muelle sera inevitable ! IL faut démonter une à une les institutions de l’Union Européenne, coûte que coûte, avant qu’Il NE soit trop tard ! Face à l’extermination de la population masculine de l’Ukraine, on compte sur vous pour prendre le Relais, vous vous battrez bien pour ces jeunes veuves ?

12/06/2026 11:49 par Assimbonanga

Plutôt que la photo de Manon Aubry saisie à l’instant le plus compromettant, je préférerais la vidéo de l’action complète car, finalement, la photo est au cinéma ce que la phrase tronquée est au texte déclamé... Sofia Aram s’est fait une spécialité des courtes citations qui, toutes mises bout à bout, reconstituent une vérité à base d’élément pris dans le réel mais n’est déjà plus la réalité.
Les complotistes se font fait une spécialité de la démonstration à base de véritables morceaux de réalité. Sauf que ce n’est pas la méthode scientifique mais le contraire : partir de ce que je veux démontrer et chercher tous les détails isolés qui pourraient corroborer mon hypothèse.
Moi, je pars du principe que la Van Der Leyen est une vieille bique cheffe de troupeau, qu’elle en a déroulé du câble et qu’elle sait pertinemment combien piéger une chevrette débutante. Cette photo suivra Manon Aubry toute sa vie. Merci Vincent d’y contribuer (lol).

12/06/2026 15:14 par RedBlueNote

Bonjour d’abord,
Merci ensuite à Shansan, qui ne dit rien de choquant pour les lecteurs non paresseux de LGS et pointe avec raison les fixettes (Manon Aubry, jeune élue qui a bien le droit à des erreurs) de ceux (honte à eux) qui ne trouvent jamais assez bien LFI et JLM en particulier.
Que des ukrainiens veulent combattre l’armée russe est tout à fait compréhensible, même si le choix des soutiens de Maïdan était le choix du néolibéralisme, du FMI et de l’UE, et de l’éradication de tout ce qui avait été les acquis du socialisme. "Les consciences sont plus têtus que les faits" et le souvenir tant entretenu des heures les plus sombres du stalinisme continue à faire oublier les nouvelles réalités d’aujourd’hui.
Je me souviens de Roussel en février 2022 sur la grande place de Lille avec un drapeau ukrainien il me semble, en direct aux infos de 20h, pour dénoncer "l’agression russe", pour la plus grande délectation de nos "journalistes". LFI n’y était pas. Oublié ? Passons.
Que JLM salue la "résistance ukrainienne" (remarquons que Zelensky, dont l’accolade émue avec Milei dit tout, n’y est jamais associé) est donc à la fois compréhensible ... et regrettable (en regard des assassinats ou de l’emprisonnement de tant d’opposants, des civils du Donbass, au caractère ultra-nationaliste de l’interdiction du russe etc.) mais ne doit pas nous faire oublier l’essentiel que Shansan rappelle. Les engagements de LFI ne sont pas ceux de l’Etat profond occidental (soutenu par le PS, et les Verts, mais aussi plus insidieusement par la majorité du PCF, et des divers affiliés de cette "bande des trois" en France) de plus en plus ouvertement fascisant. Comment naviguer dans ces eaux-là quand la propagande est si forte et la situation si confuse ?
L’heure est suffisamment grave en effet pour réfléchir aux conséquences de nos actes ou de nos discours. L’éloge de la Chine, souvent à sens unique par exemple, est assez surprenant. Dans cet immense pays, gouverné par un parti unique ... qui regroupe toutes les tendances, des néolibéraux les plus conservateurs aux marxistes authentiques, il est difficile de savoir ce qui se passe. Sinon comment une entreprise chinoise peut participer à la colonisation israélienne en Cisjordanie ? Sinon comment expliquer que les composants nécessaires aux armements à destination de l’Ukraine soient toujours fournis ? etc etc. Sur le site même de LGS, il est intéressant de mettre en miroir l’appel à une entente Europe-Chine par une influenceuse (officielle ?) chinoise et l’intervention de Lavrov dénonçant le rôle de l’Europe dans la guerre Ukraine-Russie...
Désolé d’avoir été sans doute trop long.

12/06/2026 17:42 par Vincent

Pour aller plus loin :
Je recommande chaudement ce texte conséquent (d’une série - on peut donc lire la 1ère partie sur le même site) de l’excellent journaliste et politologue allemand Patrick Baab :

"Un coup d’État permanent – L’industrie de la censure et le modèle d’exploitation du capitalisme de guerre numérique (2e partie)"

Sinon, à propos de "ceux (honte à eux) qui ne trouvent jamais assez bien LFI et JLM en particulier. " :
Ce n’est pas le propos. Tout comme Manon Aubry - je le reconnais volontiers et vous prie de m’en excuser - ne devrait pas non plus prendre autant de place sous ce texte de Georges Gastaud qui, franchement, parle de tout autre chose et qui est autrement plus intéressant !

Même si j’apprécie particulièrement JLM et LFI, j’estime que soulever les erreurs qui peuvent être faites est légitime, et ne devrait pas conduire au pugilat ou au pilori, comme le feraient des croyants intégristes pour lesquels on commet une hérésie dès qu’on sort des tables de la loi ou qu’on dénonce leur tendance à vénérer des idoles.

Par ailleurs, même si on imagine et aussi souhaitable que soit l’idée de JLM élu l’an prochain, il pourrait être sage de ne pas être trop enclin à se bercer d’illusions puériles.
Si JLM est élu, il aura besoin d’une mobilisation populaire extrêmement pugnace (radicale) pour se prémunir des attaques sournoises que la France ne manquera pas de subir de la part de l’ensemble de la sphère de la finance fasciste, et des institutions supranationales qui président malheureusement bien plus concrètement à notre destinée à tous.

Et il faut être un peu honnête : ce n’est pas gagné ! Qui croit que LFI jouirait d’un soutien populaire plus important aujourd’hui que n’en jouissait le PS en 1981 ? Eh bien pas moi.
Il n’avait fallu à l’époque que 2 ans à Mitterrand pour se coucher face à Reagan et Thatcher et l’anglo-saxonnerie cupide, pour dire oui aux euromissiles et jamais non à l’expansion de l’OTAN, et pour que le traître Delors privilégie l’Europe libérale au soi-disant socialisme de rupture.

Qui croit sérieusement que LFI aura ce qu’il faut face à BlacRock, JP Morgan, l’OTAN et tout ce que l’UE - temple du néolibéralisme le plus mortifère - peut s’autoriser de purement coercitif depuis que le Traité de Lisbonne fait de "toujours plus d’Europe" une loi d’airain ?

Moi je veux bien être gentil et caresser tout le monde dans le sens du poil, hein, mais en fait j’essaie plutôt de (vous) faire entendre que sans une franche radicalisation du rapport de force que nous nous autorisons face aux forces qu’on nous oppose - qui n’ont pas l’once d’un commencement d’éthique - alors nous risquons encore la soumission de force au pire modèle qui soit.

Les fachos ne cesseront pas de s’accaparer tous les leviers du pouvoir parce qu’on leur demanderait gentiment de respecter de soi-disant "règles du jeu démocratique".
Vous pensez que la montée des extrêmes-droites dans toute l’Europe n’est ni souhaitée ni planifiée par l’UE-OTAN, et que la guerre qui vient ne fait pas non plus partie d’une planification de long terme ?
Tien tiens : on va donc se retrouver avec l’extrême-droite partout pile au moment où risque de s’appliquer partout la loi martiale ?
Comme c’est pratique !

Faut pas rêver non plus, les gens : mettre le bon bulletin dans l’urne ne suffira pas.

12/06/2026 18:31 par Shansan

Quant à "la bravoure et la sincérité" des combattants Ukrainiens que vous osez mettre sur le même plan que la résistance palestinienne

Je me suis relu : à aucun moment je ne compare les Palestiniens aux Ukrainiens. Je suis au courant pour les recrutements forcés par l’armée ukrainienne, je ne parlais pas de ça. Je parlais dans l’absolu de la légitimité des Ukrainiens à se défendre. Et j’ai pourtant bien précisé qu’il fallait d’abord tenir compte du contexte qui a mené à cette guerre et qui explique l’invasion russe.

Le texte de Georges Gastaud que vous n’en pouvez plus de lire car il se répète (...) parle en outre du danger représenté par une gauche qui abonde (même malgré-elle) dans le sens de la défense européenne

Vous interprétez mes propos. Tout comme Gastaud interprète les mots et les non-dits de Mélenchon, j’imagine.

L’article 42-7 du Traité de Lisbonne est en l’occurrence une sorte de copier-coller de l’article 5 de l’OTAN :
Il oblige les États membres à porter assistance "par tous les moyens en leur pouvoir" si un pays est agressé.

Et ? Comme on ne sortira pas de l’UE de sitôt, on fait quoi ? On tape sur le seul mouvement politique qui se propose de renouer le dialogue avec la Russie ? Et ne me parlez pas du RN, ce sont des girouettes.

l’assistance obligée à la Pologne cheffe de file des russophobes, j’aime pas.

Moi non plus, rien de pire qu’un pays dirigé par des culs-bénits.

Elle aurait simplement pu...

Ça m’est égal, elle fait ce qu’elle veut, c’est une femme, elle fait les choses à la manière d’une femme.

Sur la vidéo c’est bien Manon Aubry qui enlace Ursula von der Leyen

Alors je suis allé regarder cette vidéo et non, Manon Aubry n’« enlace » pas VDL, tout au plus elle lui met une main dans le dos.

ça me file la gerbe

Vos émotions prennent juste le pas sur votre réflexion. Ce ne sont pas ces politesses qui m’intéressent mais le discours officiel. Judas aussi a embrassé Jésus.

12/06/2026 20:22 par Aquarius15

pas de concessions à Poutine, un grand respect du peuple russe

Oxymore quand on considère que la majorité des Russes est favorable à la politique de Poutine pour redresser le pays après les mortifères années 90, plombées par le chômage, la pauvreté, le rationnement, l’alcoolisme et la criminalité. Objectivement, tous les indicateurs d’IDH sont en hausse depuis 2000. L’inflation depuis 2022 n’est pas une crainte pour les salariés car... les salaires suivent (phénomène impensable en occident depuis des décénnies).

« Pas de concessions à Poutine » ; sous-entendu, on peut en faire à Zelensky, dont tout l’entourage (sauf lui, hein) est éclaboussé par des scandales de corruption, qui s’acoquine avec des groupes néo-nazis et refuse d’organiser des élections, malgré les propositions d’aide financières et logistiques de l’occident ???

13/06/2026 09:36 par Shansan

« Pas de concessions à Poutine » ; sous-entendu

Parfois, quand on écrit un com, on va au plus simple, et paradoxalement on perd en clarté, ce qui facilite les interprétations personnelles.

Quand je dis « pas de concessions », je ne parle pas des revendications russes qui sont selon moi incontournables, c’est-à-dire que la paix ne s’obtiendra pas sans répondre à chacune d’entre elles. Le moment des compromis est passé depuis longtemps, et l’UE sera (avec les EU) indéniablement responsable du sort territorial que subira l’Ukraine. Et la gouvernance ukrainienne post-Maïdan aussi. Je parle de la personne de Poutine (comme de tout autre dirigeant fort d’ailleurs) qu’il n’est pas nécessaire d’idolâtrer comme une groupie.

Ce que je veux dire au fond ici, c’est que certains et certaines projettent vers leur idéal politique français leur propre admiration de la figure de Poutine qu’ils voudraient retrouver chez celui ou celle qui dirigera le pays en 2027. La moindre critique émise sur lui et sur sa politique au détour d’une phrase devient pour eux le témoignage d’une volonté de poursuivre la guerre et de vouloir attaquer la Russie, en dépit des déclarations absolument contraires qui sont répétées sans fléchir depuis des années.

Mélenchon vénère la mémoire du commandant Chavez et celle de Fidel Castro, est-ce que ça sous-entend qu’il veut appliquer à la France leur politique ? Non, sauf pour les médias.

Mélenchon ne porte pas dans son coeur Vladimir Poutine et Mojtaba Khamenei, est-ce que c’est une preuve de bellicisme envers eux ? Non. Sauf pour les journalistes.

N’ayons pas comme ces derniers une vision puérilement binaire du monde. Avec d’un côté les méchants et de l’autre les gentils.

sous-entendu, on peut en faire à Zelensky

Une fois encore, c’est votre propre interprétation. Je ne crois pas que Mélenchon ait fait le moindre éloge de Zelensky, au contraire me semble-t-il.

Oxymore quand on considère que la majorité des Russes est favorable à la politique de Poutine

Selon cette logigue, il faudrait aimer JJ Goldmann parce qu’il est la personnalité préféré des Français... C’est ridicule. La seule chose à laquelle le consensus d’un peuple pour son dirigeant oblige, c’est au respect de la souveraineté d’un pays, et non au fétichisme. Et pour éviter toute interprétation perso, je me dépêche de préciser que l’affirmation précédente n’a pas de contraire : bref, que même si la majorité d’un peuple hait son dirigeant, ça n’autorise à aucune ingérence étrangère. Ouf !

Encore une fois, la plupart des réponses qui me sont faites sont émotionnelles et non rationnelles. Je ne parle pas de ceux qui réinventent l’otanisme mélenchonien, il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir... J’invite donc à revisionner les premières minutes d’une des dernières interviews du candidat Mélenchon.

PS : répéter de manière compulsive un mensonge (que la FI serait « européiste ») n’en fait pas une vérité. Factuellement, la FI est un groupe politique eurosceptique. Ce n’est peut-être pas suffisant pour les frexitistes, mais c’est la réalité. Et on doit se baser sur celle-ci au lieu de s’en créer une autre. La FI doute des bienfaits de l’UE, perçoit clairement ses atteintes à la souveraineté et propose d’y remédier dans son cadre face à la chimère d’une sortie. Ce n’est peut-être pas la solution pour les frexitistes, mais c’est la seule à portée de main et la plus réaliste jusqu’à nouvel ordre. Et ressortir de son chapeau le lapin grec est un tour non seulement usé jusqu’à la corde mais la seule corde que les magiciens du Frexit ont à leur arc. On le répète, la France n’est pas la Grèce, ne l’était pas en 2010, ne l’est pas davantage aujourd’hui. Le poids économique de la France rendra impossible tout diktat allemand et une sortie française des traités signifierait la fin de l’UE. Avec ou sans la Grèce, l’UE reste l’UE. Ce pays a juste servi d’exemple et sert aujourd’hui d’épouvantail à toutes velléités futures d’opposition à l’axe Berlin-Bruxelles. On sait ce qu’en pense Mélenchon.

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