RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Syrie, le laboratoire d’une « guerre de quatrième génération » ?

Renverser les régimes sans intervention militaire directe : voilà le but de la guerre de 4e génération.

Depuis que les Américains se sont enfoncés dans le bourbier de la guerre en Afghanistan et en Irak, les stratèges américains ont proposé la théorie de la guerre de quatrième génération pour réaliser les objectifs des Etats-Unis dans la région du Moyen-Orient. De ce point de vue, il paraît que la Syrie est devenu pour les think tank américains un laboratoire pour tester la possibilité de renverser les régimes sans qu’il y ait une intervention militaire directe de la part de l’armée américaine. Les coûts colossaux des opérations militaires d’envergure, la gravité de subir les pertes en vie humaine sont des raisons, parmi tant d’autres, qui ont amené les stratèges de plusieurs pays à imaginer la possibilité de substituer une nouvelle solution à la guerre et aux conflits armés frontaux.

Ce qu’on appelle depuis quelques années « guerre de quatrième génération » est le fruit de ces enquêtes stratégiques. Dans ce nouveau modèle de la guerre, il ne s’agit plus pour autant la domination physique sur les forces ennemies, mais d’attaquer l’esprit des centres décisionnels auprès d’un groupe ennemi. Pour réaliser ce but, il faut briser la volonté politique de son adversaire. Dans la logique de la guerre de troisième génération, le but principal est d’envahir le territoire ennemi et de faire une emprise sur ses ressources. Mais la guerre de quatrième génération vise le régime politique de l’Etat adversaire et tente de le changer.

Dans une guerre de troisième génération, comme celle qui se déclencha entre les Etats-Unis et les Vietnamiens, les habitants du pays attaqué peuvent s’unir pour défendre leur patrie. Mais dans la théorie de la guerre de quatrième génération, il faut essayer de créer un écart entre le régime adversaire et sa population, afin de préparer le terrain à un changement du régime à l’intérieur du pays adversaire. Cela dit, le but de ce nouveau type de guerre est de viser la population du pays ennemi.

Contrairement à la logique dominante des guerres classiques, dans ce nouveau modèle, il faut surtout favoriser la guerre asymétrique, en y impliquant de plus en plus la population civile. Cela passera par l’affaiblissement de l’autorité du régime politique sur ses citoyens, de sorte que le terrain devienne propice à un face-à -face entre le pouvoir et la population pour faire éclater l’Etat ennemi de l’intérieur. L’instrumentalisation de l’opposition intérieure et la concertation entre les menaces extérieures et les rivalités intérieures sont des caractéristiques importantes de la guerre de quatrième génération.

Ce nouveau type de guerre permet aux grandes puissances d’assurer leurs objectifs sans qu’il y ait besoin pour elles de recourir au levier militaire, car des tactiques politiques, psychiques et médiatiques pourraient servir à faire l’essentiel. Dans ce sens, la crise syrienne semble être un laboratoire de la guerre de quatrième génération. La crise a été déclenchée par des protestations populaires pacifiques pour demander des réformes et des changements politiques et sociaux. Suite à des interventions et des menaces étrangères, les protestations ont dégénéré vite en violence. Or, le gouvernement du président Bachar al-Assad s’était engagé à l’application des réformes. Sur le plan international, après de longues années, l’opposition occidentale et arabe au gouvernement du président Assad ont vu pour la première fois qu’il serait possible de renverser le régime en Syrie sans recourir au levier militaire en évitant les coûts de la guerre. En revanche, ils ont attisé les divergences internes et ont accordé une vaste soutien diplomatique, financier et militaire aux groupes armés opposés au gouvernement syrien. En permettant aux groupes liés à al-Qaïda a développer leur présence en Syrie, ils ont utilisé le terrorisme pour faire pression sur Damas. Des pays comme les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, Israël, le Qatar, la Tuquie et l’Arabie saouditeont formé une alliance non déclarée pour coordonner leurs aides financières et militaires aux rebelles syriens. Il est intéressant de savoir que les Etats-Unis cherchent en même temps de choisir leur futur interlocuteur parmi les groupes d’opposition au gouvernement actuel de la Syrie. Par exemple, le Département d’Etat américain a intégré le nom du Front Al-Nousrah dans sa liste d’organisation terroriste. Cette décision a été prise lorsque ce groupe armé s’est opposés à la formation de la Coalition nationale syrienne (opposition) à Doha, capitale du Qatar, sous l’égide des Etats-Unis.

Les ennemis extérieurs du gouvernement du président Bachar al-Assad sont si sûrs de leur victoire finale sur Damas, qu’ils n’hésitent pas dès maintenant de choisir le groupe qui devrait prendre le pouvoir en Syrie après la chute du gouvernement actuel. Aussi, lors d’une interview avec la chaîne ABC, le président américain, Barack Obama, a prétendu que la coalition des opposants au gouvernement de Damas représentait largement le peuple syrien. Il a voulu ainsi justifier sa décision de reconnaître officiellement la Coalition nationale syrienne (opposition). En effet, il s’agit d’un risque très calculé du gouvernement américain pour accélérer le renversement du régime syrien, d’autant plus que cette décision justifierait des aides militaires des Etats-Unis aux rebelles syriens.

http://french.irib.ir

URL de cet article 18770
  
AGENDA

RIEN A SIGNALER

Le calme règne en ce moment
sur le front du Grand Soir.

Pour créer une agitation
CLIQUEZ-ICI

Les Mondes d’Après (nouvelles d’anticipation écologique)
DIVERS
PAUL ARIES, AURÉLIEN BERNIER, FRÉDÉRIC DENHEZ, MICHEL GICQUEL, JÉRôME LEROY, CORINNE MOREL-DARLEUX, JACQUES TESTART, FRED VARGAS, MAXIME VIVAS Comment ça, y a pu d’pétrole ! ? Faut-il remplacer la Société du Travail Obligatoire par la Société du Partage Obligatoire ? Vous rêvez d’enfouir Daniel Cohn-Bendit dans un tas de compost ? Peut-on faire chanter « l’Internationale » à Dominique Strauss-Kahn ? Le purin d’ortie est-il vraiment inoffensif ? 155 pages 12 (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Je ne sais pas ce qu’est un homme, je ne connais que son prix.

Bertolt Brecht

Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
55 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
69 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
40 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.