RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Vous fâchez pas, Maryse !

En écrivant Georges Wolinsky avec un y au lieu du i final, les gougnafiers qui nous gouvernent l’ont involontairement rapproché d’un autre mec très bien du nom de Kurt Tucholsky. Lui, il s’était suicidé en 1935, persuadé, peut-être pas à tort, que la connerie meurtrière avait gagné définitivement.

Un petit échantillon de ce qu’écrivait ce Tucholsky aux revanchards allemands dans les années 1920 :

D’abord la traduction (trop vite faite pour être vraiment bonne) :

La Tranchée

La mère dans quel but as-tu élevé ton gosse, t’es-tu tourmentée pendant 20 ans pour lui ? Dans quel but s’est-il réfugié dans tes bras, et tu lui as raconté quelque chose à voix basse ? Jusqu’à ce qu’ils te le prennent, pour la tranchée, la mère, pour la tranchée.

Mon garçon, peux-tu encore te souvenir de ton père ? Ton père te prenait souvent sur son bras, et quand il voulait t’offrir un sou, il te le jouait aux gendarmes et aux voleurs. Jusqu’à ce qu’ils te le prennent, pour la tranchée, mon garçon, pour la tranchée.

En face, nos camarades français étaient couchés près du travailleur anglais. Tous, ils ont versé leur sang, et, criblés de balles, reposent maintenant les hommes côte à côte, des vieux, des adultes, des gamins, dans une grande fosse commune.

Ne soyez pas fiers de vos médailles, de vos breloques, ne soyez pas fiers de vos cicatrices ni de cette époque. Dans les tranchées vous ont envoyé les aristocrates, la folie de l’Etat et la cupidité des patrons. Vous étiez tout juste bons à donner à bouffer aux corbeaux, bons pour la tombe, camarades, pour la tranchée.

Jetez les drapeaux, les orchestres militaires entonnent votre danse macabre. Quand vous serez morts, un bouquet d’immortelles, ce sera tout le remerciement de la patrie.

Pensez au râle des mourants et à leurs gémissements, en face il y a des pères, des mères, des fils, ils triment aussi dur que vous pour vivre aussi peu, ne voulez-vous pas leur tendre la main ? Tendez une main fraternelle par dessus les tranchées, les gars, par dessus les tranchées !

Pour ceux que ça intéresse, voici la version originale :

Der Graben

Mutter, wozu hast du deinen aufgezogen ?
Hast zwanzig Jahre dich mit ihm gequält ?
Wozu ist er dir in deinen Arm geflogen,
und du hast ihm leise was erzählt ?
Bis sie ihn dir weggenommen haben.
Für den Graben, Mutter, für den Graben. (bis)

Junge, kannst du noch an Vater denken ?
Vater nahm dich oft auf seinen Arm.
Wollte er dir einen Groschen schenken,
spielte mit dir Räuber und Gendarm.
Bis sie ihn dir weggenommen haben.
Für den Graben, Junge, für den Graben. (bis)

Drüben die französischen Genossen
lagen dicht bei Englands Arbeitsmann.
Alle haben sie ihr Blut vergossen,
und zerschossen ruht heut’ Mann bei Mann.
Alte Leute, Männer, mancher Knabe
in dem einen großen Massengrabe. (bis)

Seid nicht stolz auf Orden und Geklunker !
Seid nicht stolz auf Narben und die Zeit !
In die Gräben schickten euch die Junker,
Staatswahn und der Fabrikantenneid.
Ihr wart gut genug zum Fraß für Raben,
für das Grab, Kameraden, für den Graben ! (bis)

Werft die Fahnen fort ! Die Militärkapellen
spielen auf zu Eurem Todestanz.
Seid ihr hin ; ein Kranz von Immortellen —
das ist dann der Dank des Vaterlands.

Denkt an Todesröcheln und Gestöhne !
Drüben stehen Väter, Mütter, Söhne,
schuften schwer, wie ihr, ums bisschen Leben.
Wollt ihr denen nicht die Hände geben ?
Reicht die Bruderhand als schönste aller Gaben —
übern Graben, Leute, übern Graben — !

Bonne écoute sur you tube.

Wolinski, j’ai toujours aimé ce qu’il faisait, et je lui suis reconnaissant de son courage du début des années 1980.

Alors, son rapprochement avec Tucholsky, cet Allemand qui me plaît aussi beaucoup, ne me dérange pas, au contraire. Pour une fois, vive la connerie et l’ignorance de nos commémorateurs en sous-chefs !

Maryse, portez le deuil, méprisez la connerie, mais ne vous fâchez pas, s’il vous plaît. Ils n’en valent pas la peine.

URL de cet article 29806
  

Ainsi parle Chávez
Hugo Chávez, figure du Venezuela et de l’Amérique latine contemporaine, si critiqué et diffamé dans la plupart des médias, était indéniablement le président métisse, issu d’une famille pauvre, avec lequel les classes populaires pouvaient s’identifier. Pendant 13 ans, chaque dimanche, il s’est adressé à son peuple dans une émission appelée « Allô président », fréquemment enregistrée sur le terrain et en public. Ce livre recueille certaines de ses allocutions. Tour à tour professeur, historien, blagueur, (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Soit dit en passant, c’est une chose assez hideuse que le succès. Sa fausse ressemblance avec le mérite trompe les hommes.

Victor Hugo

Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
40 
Le fascisme reviendra sous couvert d’antifascisme - ou de Charlie Hebdo, ça dépend.
Le 8 août 2012, nous avons eu la surprise de découvrir dans Charlie Hebdo, sous la signature d’un de ses journalistes réguliers traitant de l’international, un article signalé en « une » sous le titre « Cette extrême droite qui soutient Damas », dans lequel (page 11) Le Grand Soir et deux de ses administrateurs sont qualifiés de « bruns » et « rouges bruns ». Pour qui connaît l’histoire des sinistres SA hitlériennes (« les chemises brunes »), c’est une accusation de nazisme et d’antisémitisme qui est ainsi (...)
124 
La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.