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Quelques remarques sur le nationalisme français

S’il y a un préjugé fort répandu dans l’extrême-gauche française, ainsi que chez de nombreux étrangers, c’est que les Français sont très nationalistes. Un incident récent permet néanmoins de s’interroger sur la nature de ce "nationalisme".

Un article du magazine Rolling Stone (*) rapporte des propos non démentis du général américain Stanley McChrystal, au moment où il dirigeait encore les forces de l’Otan en Afghanistan. En visite à Paris, McChrystal déclare à son entourage qu’il préfère « se faire botter le cul par une salle remplie de gens que d’aller à ce dîner ». Après qu’il soit parti, le journaliste demande à un de ses assistants avec qui le général va dîner. Réponse : « Un ministre français - c’est un foutu truc de pédés » ("It’s fucking gay", en anglais).

Suite à cet article, McChrystal a été démis de ses fonctions par Obama. Mais bien entendu pas pour ses propos peu élégants sur ses alliés français, mais pour d’autres remarques désobligeantes visant de hauts responsables américains, y compris le vice président américain Joe Biden.

A ma connaissance, ces propos n’ont suscité aucune réaction en France - ni protestation officielle, ni scandale médiatique. Or, vu l’impact exceptionnel de cet article aux Etats-Unis (le remplacement de McChrystal par Petraeus comme commandant en chef de la guerre en Afghanistan), il est difficile de croire que les journalistes et les services diplomatiques français n’en n’aient pas eu connaissance.

Que dit Libération, si prompt à traquer l’homophobie quand elle émane de « beaufs français », de « cathos tradis », ou de musulmans ? Rien. On ne va quand même pas attaquer le grand frère américain et la patrie du capitalisme.

Résumons : des soldats français se battent et parfois meurent en Afghanistan, en réponse aux appels insistants des Etats-Unis, et sous le commandement d’un général américain qui préfère « se faire botter le cul » plutôt que d’aller dîner avec un ministre français. Et cela ne suscite pas un murmure de protestation de la part des autorités politiques, des journalistes ou des excités de « l’identité nationale ».

Où est passé la fierté nationale française ?

En réalité, le nationalisme français a eu, depuis 1789, une nature duale. A cause de sa radicalité, à la fois antireligieuse, antiféodale et égalitariste, la Révolution française a souvent joué un rôle symbolique par opposition aux autres « révolutions bourgeoises », anglaise ou américaine. Au moins jusqu’en 1917, ce sont les idéaux de cette révolution qui servirent de référence à presque tous les contestataires de l’ordre établi et, dans beaucoup d’endroits hors de France, elle fut l’emblème de l’opposition aux oppressions religieuses et féodales et même, parfois, coloniales.

A cause précisément de cela, les réactionnaires et les cléricaux du monde entier ont vu la France de la révolution comme la bête à abattre, au moins symboliquement. Et, en France même, la version de droite du nationalisme s’est appuyé sur tout ce qui, dans l’histoire de France, faisait penser à autre chose qu’à la révolution de 1789 : la longue histoire de la monarchie, les deux Napoléon, l’empire colonial, la fille ainée de l’Eglise, etc. Du point de vue de ce nationalisme, il fallait que la France se repentisse de son exception historique révolutionnaire et devienne une nation « comme les autres », certains de ces « nationalistes » prenant modèle sur l’Allemagne, d’autres sur l’Angleterre, et aujourd’hui, presque tous sur les Etats-Unis. Le Sacré Coeur de Montmartre voulait expier les pêchés de la Commune. Le pétainisme était un régime de repentance - pour les « folies » du Front populaire, et trouvait son inspiration dans les régimes fascistes qui dominaient, avant 1940, presque toute l’Europe, sauf la France.

Bien entendu, tous les nationalismes ont quelque chose de mythique et d’intellectuellement indéfendable - pourquoi être fier d’être né ici et pas ailleurs ? Mais pas plus que les religions, qui sont souvent encore plus irrationnelles. En gros, il y a deux sortes d’instincts qui poussent l’être humain vers l’irrationnel : l’un est l’invention de causes imaginaires (qui engendre religions et superstitions), l’autre le sentiment d’appartenance à un groupe (qui engendre le nationalisme). Les deux sentiments se combinant pour le pire dans les « identités religieuses ».

Mais alors que presque toute la gauche applaudit au rôle progressiste de la théologie de la libération et pour certains, de la résistance islamique (Hamas ou Hezbollah), presque personne ne veut admettre qu’il pourrait y avoir un aspect objectivement progressiste dans une certaine version du nationalisme français, celle qui était présente dans la Commune de Paris, le front populaire et la résistance. Un nationalisme, qui contrairement à sa version de droite, insiste sur la tradition issue de la Révolution, sur la singularité française et sur son indépendance. Un nationalisme qui, étant politique plutôt qu’ethnico-racial, ne s’oppose pas à un véritable internationalisme : il y avait plus d’opposition (même si on peut la juger insuffisante) aux guerres d’Indochine et d’Algérie dans le PCF de l’époque (qui était porteur de ce nationalisme progressiste) que d’opposition, dans toute la gauche actuelle, à la guerre en Afghanistan ou à l’alignement français sur l’état d’Israël. Une ironie de l’histoire veut que la gauche actuellement dominante soit issue idéologiquement de la "nouvelle gauche" des années 60, laquelle est née de la critique du PCF et, en particulier, de la mollesse de son opposition aux guerres impériales.

Mais ce nationalisme progressiste a aujourd’hui quasiment disparu, de même que le PCF, qui d’ailleurs se garderait bien aujourd’hui de défendre la souveraineté de la France comme il le faisait dans les années 1960, à l’époque où il avait encore un certain poids.

Le discours nationaliste est entièrement aux mains de la droite et consiste en une exaltation d’une identité éternelle et mythique, qu’on a essayé pitoyablement et en vain de "définir" - sans arriver à autre chose qu’à une vague islamophobie. Le PS suit, en ajoutant une dose de "laïcité" et de "droits de l’homme" , ou de la femme, plutôt rhétorique. Tout cela va de pair avec une soumission croissante envers l’étranger — les Etats-Unis, Israël ou la bureaucratie européenne. Mais à la gauche du PS, la « riposte » consiste à insister encore plus sur l’auto-dénigrement. C’est-à -dire que ce qui domine aujourd’hui sont précisément les deux faces du pétainisme : prendre exemple sur l’étranger et dénigrer la spécificité française. Le paradoxe, c’est qu’une bonne partie de la gauche, souvent celle qui se croit la plus « antifasciste », assume le rôle de dénigreur, en refusant de percevoir la nature duale du nationalisme français.

En fait, c’est autour de Mai 68, mouvement dont la nature politique était ambigüe, qu’on est passé d’un nationalisme objectivement progressiste (gaullo-communiste), car accompagné d’avancées sociales et opposé à l’hégémonie américaine, à l’auto-dénigrement réactionnaire ; le changement de paradigme étant symbolisé par deux films : celui qui incarne le mythe résistancialiste, "L’armée des ombres", et celui qui a inauguré la religion de la culpabilité, "Le chagrin et la pitié". Sous Pétain, la France devait se repentir des crimes du front populaire ; aujourd’hui elle doit se repentir des crimes de Pétain (et, pour certains, du colonialisme). Mais aucune politique progressiste ne pourra jamais se fonder sur la culpabilité et la haine de soi.

Les discours de De Gaulle à Moscou ou à Phnom Penh dans les années 1960, ou celui de Villepin à l’ONU en 2003, semblent avoir disparu dans les poubelles de l’histoire. Des pays bien moins puissants que la France, comme le Venezuela, Cuba ou l’Iran, tiennent tête aux Etats-Unis et suscitent, comme la France l’a parfois fait dans le passé, l’admiration des peuples du monde.

Les conséquences de ce changement sont catastrophiques, à la fois à l’étranger et en France. Avant 1968, il aurait été impensable d’envoyer des troupes françaises combattre sous commandement américain, par exemple au Vietnam. Si un personnage politique avait suggéré une telle chose, il aurait été dénoncé comme "valet de l’impérialisme américain" par toute la gauche. Aujourd’hui, personne n’oserait utiliser cette expression "désuète" et "stalinienne" pour parler de Sarkozy. Pourtant, rhétorique mise à part, c’est exactement ce qu’il est.

Sur le plan intérieur, on ordonne aux gens issus de l’immigration d’aimer la France (ou, sous-entendu, de la quitter). Mais comment aimer un pays qui ne s’aime pas lui-même ? Qui se soumet aux puissants et qui méprise les faibles ? Qui combat la burqa et accepte les propos de McChrystal ?

Ce n’est que si la France renoue avec ce qui fit, dans le passé, sa véritable grandeur, la liberté de sa pensée, son idéal égalitariste et l’indépendance de sa politique, qu’elle sera acceptée par tous ses citoyens et redeviendra une source d’inspiration pour le reste du monde. Mais aucune force politique, et malheureusement pas la gauche de la gauche, n’est prête aujourd’hui à contribuer à cette entreprise.

Jean Bricmont
6 juillet 2010.

COMMENTAIRES  

08/07/2010 08:55 par Bernard Gensane

Je n’y connais pas grand chose en matière d’OTAN, raison pour laquelle je pose la question suivante : Obama a viré ce Chrystal pas très pur, pour telle ou telle raison. Fort bien. La France ayant réintégré le commandement de l’organisation militaire, Notre Président a-t-il été consulté sur l’éviction du Chrystal et sur le choix de son remplaçant ?

08/07/2010 11:33 par AniKoreh

@ M. Gensane : il n’y a pratiquement aucun doute que non.

08/07/2010 11:38 par Henri

L’article est passionnant, mais l’illustration est complètement à côté de la plaque.

08/07/2010 11:40 par legrandsoir

bon, bon, bon... on va peut-être changer alors... (dommage...)

08/07/2010 12:58 par K.

Si, comme c’est prouvé, le nationalisme est corrélé avec les croyances/éducation , et si la france est un pays laic, et atheist ( 60 % )

le taux de reel de nationnalisme est bas, tandis que la vision humaniste est plus grande. ( que de chemin parcouru depuis la peine de mort ).

( la comparaison avec les usa serait sans appel ).

Par ailleurs on peut aussi prendre le critère du nombre de personne d’"extreme droite" et on arrive un peu en dessous de la moyenne.

08/07/2010 15:11 par sergio

Comment pourrions-nous distinguer le "nationalisme objectivement progressiste" du "nationalisme progressiste et adepte de la théologie de la libération " issu de réseaux de résistance islamique (par exemple le Hamas ou le Hezbollah, mais pas seulement), qui comme chacun sait ne sont pas monolithiques mais un peu politique, beaucoup religieux, ou très ethniques ? Si on déplore une disparition à gauche, c’est une forme d’honnêteté intellectuelle, qui hésite entre un passé à jamais révolu et le réalisme présent (la droite traditionnelle n’est pas en reste d’ailleurs…)

08/07/2010 16:12 par Fethi GHARBI

En réalité, le nationalisme français a eu, depuis 1789, une nature duale. A cause de sa radicalité, à la fois antireligieuse, antiféodale et égalitariste, la Révolution française a souvent joué un rôle symbolique par opposition aux
utres « révolutions bourgeoises », anglaise ou américaine

antireligieuse, antiféodale, oui ! mais égalitariste, non !

La seule valeur que défendra la révolution bourgeoise est celle de "liberté" , entendez par là  : liberté de la circulation du capital qui après 1789 échappera à toutes les contraintes que lui imposait la société précapitaliste.

Le vernis progressiste du discours gaullien développé à travers la rhétorique d’un De Gaulle, d’un Chirac ou d’un De Villepin, prenant l’allure d’un discours anti-impérialiste, ne constitue en fait que les derniers soubresauts d’un empire colonial français agonisant face à l’hégémonie américaine. Dans les faits, ces personnages ont toujours été des colonialistes. Comment peut-on alors être à la fois égalitariste, progressiste et colonialiste ?!

Quant à l’attitude progressiste du PCF au milieu du siècle dernier, je vous rappelle que ce parti a voté en 1956 les pouvoirs spéciaux qui autorisaient l’armée coloniale à faire usage de la torture contre les algériens !

J’estime que le nationalisme n’a pas de sens en soi. Il n’a de signification qu’une fois inséré dans la syntaxe de l’histoire. C’est pour cette raison que personne ne lui viendra à l’idée de contester le nationalisme vietnamien face à l’agression yankee. Mais parler d’un nationalisme progressiste, au sein d’un empire colonial, c’est s’engluer dans des contradictions insurmontables.

08/07/2010 16:13 par Pablo

D’accord que M68 a eu un rôle important dans le dévoiement du sentiment national mais c’est surtout la religion « européiste » qui a contribué à son effacement.. ; il suffit de voir le rôle des "pères" de l’Europe (Schumman votant les pleins pouvoirs à Pétain ; Monnet conseiller de Chiang Kai-shek..). En ce sens, Cohn Bendit symbolise parfaitement le lien entre ces deux renoncements (68/Europe)..

08/07/2010 18:03 par Jean-Joël Kauffmann

Bonjour,

Mollo sur le caractère prétendument "progressiste" du nationalisme français. Durant la 3è République, les politiciens se réclamant de la Révolution Française utilisait cette filiation idéologique pour justifier la colonisation, conçue comme une entreprise "progressiste" qui devait apporter les bienfaits des Lumières aux peuples d’Indochine et d’Afrique (Jules Ferry a été un exemple de ce type de politicien). Les gens de droite n’étaient pas très sympathiques pendant la 3è République (Barrès, Déroulède, Maurras, etc), mais au moins ils étaient cohérents (cà d ils refusaient la colonisation parce qu’ils estimaient que tout l’effort aurait dû être porté sur la "revanche" de la guerre de 1870 et sur la récupération de l’Alsace-Moselle ; cf. Barrès qui a dit à Ferry : "J’ai perdu deux soeurs et vous me proposez vingt domestiques !")

On peut utiliser n’importe quoi comme justification d’une politique impérialiste donnée, même des évènements historiques d’une grande portée libératrice comme la Révolution française.

JJK

08/07/2010 18:06 par aveclotanvatoutsenva

"Mais aucune force politique, et malheureusement pas la gauche de la gauche, n’est prête aujourd’hui à contribuer à cette entreprise." dit M. Bricmont, passant (lui aussi…) sous silence le seul parti politique qui a pour objectif de faire sortir la France, et de l’euro, et de l’UE, et de l’OTAN :
L’UPR (Union Populaire Républicaine), fondée en 2007 par François Asselineau, Inspecteur général des finances et ancien Délégué général à l’intelligence économique.

08/07/2010 21:14 par CN46400

@ Fethi Gharbi

Quant à l’attitude progressiste du PCF au milieu du siècle dernier, je vous rappelle que ce parti a voté en 1956 les pouvoirs spéciaux qui autorisaient l’armée coloniale à faire usage de la torture contre les algériens !

Et en plus c’est Thorez qui pédalait sur la gégène.....

09/07/2010 02:06 par Fethi GHARBI

@ CN46400

Vous ne croyez pas si bien dire !

N’est-ce pas Thorez qui dans son discours de clôture du 9e Congrès déclarait :

" Nous répétons à nos camarades d’Algérie, à nos camarades Tunisiens, à nos camarades de Syrie et du Liban, qui sont venus à cette tribune, nous répétons à tous nos frères de toutes les colonies que nous voulons que la France du Front populaire fasse droit à leurs légitimes revendications.
" Dans l’intérêt de ces peuples et dans l’intérêt de la France, il faut s’assurer, contre le fascisme qui provoque à la rébellion et à la guerre civile dans les colonies, l’union libre, confiante, fraternelle des peuples coloniaux et de la France démocratique. "

Comme vous le dites su bien, il a déjà commencé à pédaler dès 1936.

Mais comme je l’ai souligné dans mon précédent commentaire : que c’est dur d’assumer un nationalisme "progressiste" au sein d’un empire colonial !

09/07/2010 18:41 par Ernesto Gueverra

La gauche de la gauche ( si on conçoit le ps comme étant de gauche ) n’ a que faire de la glorification de la nation , elle n’ aspire qu’ a briser le carcan de l’ économie de marché ( entre autre )

09/07/2010 20:31 par pour la nation

« sous silence le seul parti politique qui a pour objectif de faire sortir la France, et de l’euro, et de l’UE, et de l’OTAN : L’UPR (Union Populaire Républicaine), fondée en 2007 par François Asselineau, Inspecteur général des finances et ancien Délégué général à l’intelligence économique. »

Sans oublier Égalité et Réconciliation qui a entre autres les mêmes revendications fondée par Alain Soral.

Quand aux aspirations de la l’extrême gauche de briser l’économie de marché, comment va-t-elle s’y prendre en défendant la gay pride ? L’immigration massive ? Le féminisme libertaire ? Le mondialisme ? Soit des valeurs de droite libérale ! On détruit pas un ennemi en jouant dans la même cour que lui.

Enfin bref, pour les français de toutes origines qui n’auraient pas peur des conventions et de la pensée unique je vous invites : http://www.egaliteetreconciliation.fr/

ps : très bon article de Jean Bricmont.

09/07/2010 21:51 par Lulu

@ Guevara

Bricmont ne parle pas de "glorifier" la nation. Il parle de lui redonner une définition : la Nation comme cadre politique permettant l’élaboration des règles de droit défendant l’intérêt collectif face aux intérêts individuels.

Comment faire autrement pour briser loi du plus fort de cette économie de marché ? Compte tenu de la nature mondialisée de leur crise, les alternatives doivent elles être d’abord locales et ensuite globales ? Et puis quelles alternatives à part celle consistant à domestiquer les fauves ?

10/07/2010 01:15 par legrandsoir

@ pour la nation

L’immigration massive ?

J’en fais partie, je crois. C’eut été dommage de vous priver de mes innombrables qualités...

10/07/2010 01:37 par Byblos

Rien n’est jamais simple dès qu’il s’agit d’étiqueter un personnage ou une politique.

De Gaulle était sans doute un conservateur. Mais c’est lui qui recherche dans la notion de « participation », une alternative au capitalisme. Les comités d’entreprise qui, à l’origine, étaient voués à bien autre chose que l’organisation des loisirs des ouvriers, c’était encore lui.

De Gaulle a certainement tiré gloire du passé colonial de la France. Mais c’est en même temps lui qui a recherché -en vain- dans la « communauté » la conclusion d’un colonialisme qui exprimait alors son dernier souffle. Les indépendances de l’Afrique, aussi bien que la fin de la guerre d’Algérie, c’est lui.

Mais c’est également lui qui s’est toujours fait une certaine idée de la France, celle de « la madone aux fresques des murs ».

En passant, c’est le très socialiste Guy Mollet qui en 1956 à Suez, avec la complicité de la dernière puissance coloniale, et d’une nouvelle puissance coloniale montante, clôt le cycle des guerres coloniales. Double crime de lèse socialisme.

C’est aussi de Gaulle le conservateur qui comprend le premier et le mieux la destinée coloniale d’Israël.

10/07/2010 03:48 par H2

M.Bricmont est il aveugle ?

N’existe t-il pas le FRONT DE GAUCHE appelé à un bel avenir ?

Celui-ci ne peut que se renforcer et s’étoffer vu le contexte général et la fin du "pétino-socialisme" en déconfiture puisque son seul carburant après 1983 fut le renforcement de l’ Europe néolibérale
et la mise en coupe réglée de la France dans l’Empire US. Nous le voyons bien aujourd’hui dans toute sa clarté :

DSK = Sarkozy = dissolution de la France dans un grand marché transatlantique à domination US et entreprise de déconstruction de la République Française.

Nous assistons à la fin de la 5° République. Les gouvernements successifs qui l’on servi se sont épuisé pour les uns dans la FrancAfrique et pour les autres dans l’Europe financière et les tutelles bancaires. M.Sarkzoy achève le travail de pourrissement par la tête de la République Française.

Ils sont tous allé jusqu’au bout des reniements de l’idéal républicain tout en tentant d’ethniciser ce qui fut hier encore une question politique et une interrogation philosophique sur le pays et sur le monde. Défaites par leurs propres agissements, les gouvernants agitent leurs hochets comme des gris-gris sans pouvoir :

Ils n’ont gardé au final de la République et bien au delà de son idéal d’indépendance( politique,économique, social, culturel, etc, ) que les clichés, le décor en carton pâte ( buste de Marianne à la sauce "publicitaire" ) et les mots creux ( "identité nationale", " La France tu l’aimes où tu la quitte etc...)

Nous ne savons pas encore si cela s’adressait à Madame Bettencourt ou à M.Woerth.

Le Front de Gauche est le grand mouvement du réveil républicain-démocratique. Il appelle à une convergence des forces progressistes contre le projet de paupérisation et de servitude volontaire généralisé des " Euro-libéraux ".

Le Front de Gauche en appelle à une 6° République et de nouveaux fondamentaux pour enfin clore la parenthèse colonialo-néolibérale de la 5° République vautrée aujourd’hui dans la spéculation, les démissions répétées et les allégeances diverses et variées.

Le Front de Gauche veut renouer avec le projet de développement humain de la République sociale soucieuse de ses concitoyennes et de ses concitoyens et de ceux qui enrichissent l’économie, la culture, la fibre originale française au sens large en n’étant pas spécialement Français.
Une vison républicaine anime les travaux du Front de Gauche, l’idéal démocratique est affirmé avec force pour initier une révolution citoyenne sur tout le territoire Français. La conscience écologique étayée par l’écologie politique veut de plus affirmer un autre modèle économique viable.

En ces temps de régressions politique, économique, social et culturel
il est temps de tourner la page.

Le Front De Gauche : la véritable rupture, la renaissance démocratique contre la dictature des marchés financiers et les diktats de l’idéologie néolibérale. L’idéal républicain réaffirmé contre les privilèges et les unions bancaires qui clouent au piloris le peuple Français. Comment pourrions-nous résister à son appel et son urgente nécessité ?

10/07/2010 12:14 par pour la nation

@ pour le grand soir

Je distingue l’immigrant qui n’a rien demandé et l’immigration "massive" processus de dissolution de la solidarité de classe du peuple français.

Je dois être aussi issu de l’immigration, soit, les gens sont là alors il faut faire quelque chose de bien avec, mais ce n’est pas la peine de continuer à jouer le jeu du libéralisme.

10/07/2010 14:00 par Léo

à Fethi GHARBI et...d’autres

L’égalité c’est justement ce qui à fait la différence fondamentale entre la Révolution française et les autres.
L’égalité des droits entre les indigènes et les colons ne fut-elle pas la première revendication à juste titre, des peuples des pays colonisés particulièrement ceux d’Afrique du nord. Entendre cette revendication aurait évité une lutte pour l’indépendance faite de sang, de larmes, de haine.
Une seule révolution eut ce mérite car l’égalité était son pilier central comme la "Déclaration des droits de l’homme et du citoyen" qui dit " Art. 1 : Les hommes naissent libre et égaux en droits..." le démontre. Pouvait-on faire plus concret, plus courts pour ouvrir les portes d’une révolution qui enfanta des rêves sur toute la planète, tant ses valeurs de liberté et d’égalité étaient à portées universelles ?
La bataille de Valmy le 20 septembre 1792 aurait-elle seulement existé sans ce contenu humaniste qui donna naissance à ce nationalisme qui vit des milices de volontaires attachés à la Révolution se battre avec l’armée royale pour repousser la coalition des armées étrangères, sûrement pas. La victoire de Valmy fut le point d’orgue d’une série d’évènements majeurs qui ouvrit une nouvelle ère historique dès le lendemain par la proclamation de la République. Vive ce nationalisme !
Sans doute faut-il faire un effort pour s’efforcer de lire le texte de la DDHC dans le contexte, dans la France de 1789, mais c’est une obligation de toute analyse touchant à l’histoire ancienne ou récente. Aujourd’hui au terme de fraternité nous préfèrerions peut-être celui de solidarité....mais nous sommes en 2010.
La rédaction de la DDHC fut un combat acharné entre la noblesse et Tiers Etat. Ce dernier était par nature loin d’être monolithique. La bourgeoisie s’en dégagea, elle gagna sa "lutte de classe" (*) contre la noblesse comme le dit Guizot, l’un de ses représentants auteur du fameux "Enrichissez-vous" en sa qualité de ministre de Louis Philipe. Elle n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Aujourd’hui la "sélection" économico-politico-sociale fait que c’est la grande bourgeoisie qui tient la place du roi. Alors ? Si la critique est aisé l’art est plus difficile, n’est-ce pas ?
Une dernière remarque, même répété des milliers de fois un mensonge n’accèdera jamais au statut de vérité. Ainsi en est-il de votre affirmation :" ... PCF... a voté en 1956 les pouvoirs spéciaux qui autorisaient l’armée coloniale à faire usage de la torture contre les algériens" . Au mot à mot vous écrivez que dans la rédaction du texte incriminé il était écrit (ou sous entendu) une formule type : Pour aider à la pacification l’armée est autorisée à pratiquer la torture. No comment.
Rendez vous svp, sur http://bellaciao.org/fr/spip.php?article96823 et lisez attentivement, très attentivement, ce que mérite d’ailleurs aussi le texte de Jean Bricmont. Pour ma part je n’oublierai jamais que la torture, l’assassinat, l’attentat a frappé aussi des femmes, des hommes qui se battaient aux côtés du peuple algériens, déserteurs de l’armée française parfois, ils vivaient en Algérie, en France elles, ils étaient en grand nombre membres du PCF, de ce parti qui à toujours soutenu, aidé les luttes coloniales. Métro Charonne, ça vous dit quelque chose ?

10/07/2010 22:45 par Fethi GHARBI

@ Léo

L’égalité c’est justement ce qui à fait la différence fondamentale entre la Révolution française et les autres

Comme vous dites, applaudissons alors au "french exceptionalism" !

L’égalité des droits entre les indigènes et les colons ne fut-elle pas la première revendication à juste titre, des peuples des pays colonisés...

Rien qu’à travers votre terminologie, on sent à quoi elle ressemble votre égalité !

...Entendre cette revendication aurait évité une lutte pour l’indépendance faite de sang, de larmes, de haine...

Là , vous me faites rire ! Vous semblez confondre de la manière la plus candide tactique et stratégie !

Vous croyez donc comme Thorez à ’...l’union libre, confiante, fraternelle des peuples coloniaux et de la France démocratique."
Si l’attitude de Thorez lui était dictée par son réalisme politique à l’époque du Front Populaire, la votre est une hallucination romantique coloniale et c’est beaucoup plus grave !
Mais je dois certainement me tromper, c’est plutôt moi qui rêve car le colonialisme n’a jamais cessé d’être...Continuez donc à chanter les louanges de "la mission civilisatrice" de votre empire qui périclite...

Quant au PCF qui depuis les années trente et jusqu’au jour d’aujourd’hui n’a cessé de pratiquer la « real politic » il ne sait plus à quel saint se vouer. Ses prises de position pendant la guerre d’Algérie tout comme son attitude ambigüe à l’égard de Cuba et de l’Afghanistan sont critiquées par des milliers de menteurs comme moi. Bien entendu ma critique ne concerne nullement les militants de base dont beaucoup ont offert leur vie en sacrifice pour défendre les bonnes causes et souvent même contre la ligne politique de leur parti.

11/07/2010 19:15 par edgar

L’éloge du Front de gauche est assez comique. Comme tous les partis en dehors de l’UPR, le Front de gauche n’appelle pas à sortir de l’Union européenne. Il préfère caresser l’espoir délirant d’une conversion des 27 à une autre politique.
Le seul espoir de renouer avec des politiques même faiblement interventionnistes c’est que la France sorte unilatéralement du carcan qu’est l’Union européenne. Ca c’est réaliste.
Les couplets du Front de gauche sur une Autre Europe ravissent Bruxelles et les institutions européennes, toutes contentes d’être crédibilisées par une opposition uniquement symbolique.

12/07/2010 10:54 par jean bricmont

Merci pour tous ces commentaires ; il est évident que je ne peux pas répondre à tous, ni discuter dans l’article toutes les questions qu’il soulève. Pour ce qui est du PCF, je ne suis évidemment pas un inconditionnel de ce parti ni hier ni a fortiori aujourd’hui. Ce que je déplore, ce sont les raccourci du genre, il a voté pour la gégène en 1956, ce qui est assez typique de la pensée 68 : prendre un aspect du passé, le juger longtemps après, en connaissant la suite de l’histoire, pour affirmer une supériorité morale qui ne mène à aucune politique concrète : la guerre d’Algérie est finie et il n’y a pas moyen de la mener une 2eme fois. En général, c’est Munich en 38 qui sert de tarte à la crème de cette "pensée". Evidemment, on pourrait tirer de l’histoire de la guerre d’Algérie la conclusion qu’il faut partir d’Afghanistan-comme le fait Villepin. Mais ce qui est curieux, c est que les héritiers de la "nouvelle gauche", Cohn Bendit ou Kouchner, qui ont fait carrière à partir de la critique du PCF, du colonialisme français etc., aujourd’hui sont bien plus bellicistes que le PCF ne l’a jamais été. Cela donne à réfléchir...

Pour le FG, E et R et l UPR, je suis d’accord que ma dernière phrase était trop courte. On ne peut pas tout détailler dans un article, et certains commentaires illustrent ce que je critique, cad l hostilité systématique à la France et à son "empire" inexistant. Et, de facto encouragent la soumission aux EU, qui eux sont une réelle menace pour la paix du monde.

12/07/2010 20:00 par Fethi GHARBI

@ jean bricmont

Voyez-vous, moi, je m’adresse à vous directement.

...Ce que je déplore, ce sont les raccourci du genre, il a voté pour la gégène en 1956, ce qui est assez typique de la pensée 68 : prendre un aspect du passé, le juger longtemps après, en connaissant la suite de l’histoire, pour affirmer une supériorité morale qui ne mène à aucune politique concrète...

Certainement que le PCF avait voté pour la pacification de l’Algérie mais qu’il comprenait mal le sens que prêtaient à ce mot les perfides socialistes ! C’est certain aussi que son attitude ambigüe à l’égard de l’Irak, de l’Afghanistan et de Cuba lui est dictée par son désir profond de démocratisation de ces pays.

Par ailleurs, rien qu’à lire mon nom, je ne vois pas en quoi je peux ressembler à Cohn Bendit ou à Kouchner !!!

...la guerre d’Algérie est finie et il n’y a pas moyen de la mener une 2eme fois...

Mais non la guerre d’Algérie n’est pas encore finie, même si pour certains elle n’aurait jamais eu lieu. Pourtant elle est encore là , dans la banlieue et dans tous les quartiers misérables de la douce France avec toujours les mêmes protagonistes : les colons qui sévissent et les indigènes qui subissent.

Voyez-vous donc cher monsieur, on est en plein dans l’actualité !

Si quelqu’un doit bien rêver c’est celui qui pour combattre l’arrogance de nationalisme yankee, nous propose en échange les vertus du nationalisme français !!!

13/07/2010 16:59 par Louis Garneray

Ce très bon article de Jean Bricmont me semble opportun au plus haut point.

Si l’on souhaite une politique socialement progressiste, une meilleure répartition des richesses, un rétablissement et une extension des services publics, une large nationalisation du secteur bancaire, une modification radicale du rapport travail-capital au bénéfice du travail, une politique étrangère "désimpérialisée" et juste, etc., bref, une politique de gauche, la sortie de l’Union européenne et l’affranchissement des Etats-Unis (dont nous sommes pour l’instant les vassaux) sont des prémisses indispensables.

Il ne se passera rien de tout cela dans le cadre de l’UE, cette structure totalitaire qui piétine la souveraineté populaire et les principes de la démocratie, qui impulse le néolibéralisme d’une façon terriblement efficace, favorisant les délocalisations, la désindustrialisation, la pression sur les salaires et la protection sociale. Sans parler des aventures guerrières vers lesquelles nous entraînent irrémédiablement l’UE et l’OTAN.

Pourquoi la gauche de la gauche refuse-t-elle de voir que la sortie de l’UE et la rupture nette avec l’allégeance aux Etats-Unis sont les conditions nécessaires pour qu’une politique réellement progressiste puisse se déployer ?

Pourquoi diable Jean-Luc Mélenchon a-t-il dit qu’il était "un fédéraliste européen" (dans le "7/10" de Nicolas Demorand sur France Inter, le 5 octobre 2009) ?

L’alter-européisme est une impasse et l’a toujours été.

Si l’on souhaite une réorientation politique radicale, la France doit au préalable recouvrer intégralement sa souveraineté et son indépendance. Les Français doivent être libres de choisir leur destin. De telles propositions sont-elles nationalistes ? Dans le sens (progressiste et émancipateur) défini par Jean Bricmont, oui ; dans le sens (agressif et chauvin) qui prévaut habituellement, non.

Je constate que la proposition "sortie de l’UE" défendue par François Asselineau et l’UPR est de mieux en mieux acceptée. L’idée est en train de faire son chemin. Une telle proposition cessera d’être trop aisément caricaturable lorsque plus de personnes (notamment de gauche) oseront l’envisager et en parler publiquement.

Il ne me semble pas conséquent de refuser de réclamer la sortir de l’UE si l’on pense que cette construction politique est néfaste à la souveraineté populaire, au progrès social et à la démocratie. Une telle réticence retarde la libération. Si davantage d’eurocritiques de gauche se prononçaient clairement en faveur de la sortie de l’UE et de la "dévassalisation" de la France, les européistes auraient moins de facilité à dire qu’il s’agit de propositions nationalistes, xénophobes, passéistes, etc. Ces anathèmes infondés qui font office d’argumentation cachent mal le fait que la "construction européenne" est une idéologie à bout de souffle.

Je suis convaincu que la sortie de l’UE (et donc de l’empire euro-atlantique) est une idée d’avenir et qu’elle peut réunir une majorité de Français si bien sûr ceux qui pensent qu’elle est légitime et pertinente participent à sa diffusion.

Alors faut-il parler de "nationalisme progressiste" ? Je ne crois pas car il est trop facile de doter cette expression d’une acception péjorative. A mes yeux il s’agit surtout de démocratie, de liberté et de progrès social. Et tout ceci dépend de la souveraineté et de l’indépendance de la France et des Français. Pourquoi la gauche (de la gauche) ne le voit-elle pas ? Sans doute est-elle trop obnubilée par son rejet inconditionnel de l’Etat-nation.

14/07/2010 03:18 par Ivan

La militance nationaliste se gargarise en chantant le passé glorieux de la France (alors que ce passé est, toujours ambigu et souvent pas glorieux du tout) et en proclamant et reproclamant son désir de "souveraineté".

Or, si la France a perdu sa souveraineté, c’est parce que le système politique qui existait déjà (poignée de gens qui décident pour tous les autres) l’a permis (avant l’année charnière 1973 de remise de toutes les clefs aux banques privées).

Les mouvements nationalistes européens ont toujours été hostiles à l’idée même d’une réflexion sur le mode de représentation, c’est à dire ... d’une véritable révolution.

Les nationalos se foutent de savoir comment les citoyens pourraient véritablement décider eux-mêmes ce qu’ils veulent - et non les lobbys et leurs faiseurs d’opinion - c’est à dire positions internationales, modes de vie, travail, moyens d’information, écoles etc.) ...

la question de la représentation démocratique est pour eux une question négligeable et tant qu’il en sera ainsi, personnellement, je les laisse brailler tant qu’ils veulent.

Leur modèle c’est un État fort, dirigé par un chef charismatique et le référendum. Ca : on connaît déjà .

14/07/2010 09:53 par CN46400

La sortie de l’UE ne résout rien ! Ce qui compte c’est la politique qu’on y mène. Le capitalisme n’est ni pire ni meilleur au niveau de l’UE qu’au niveau national. Rien dans l’UE n’obligeait à transformer Edf,Gdf ou France Télécom en multinationales ; c’est à Paris que ces décisions ont été prises, par des capitalistes français et dans leur seuls intérêts. Les mêmes décisions, prises hors UE, auraient donné les même résultats ! L’abolition de la séparation banque d’affaire-banque de dépôt est une cata pour les prolos quelque soit le cas de figure, UE ou National. L’euro fort n’est ni pas pire que le franc fort ou même faible (Voir la Livre).

Même faite à Paris une politique capitaliste se fait toujours sur le dos des prolos. Il en est de même pour l’intégration dans l’OTAN qui a été voulue, et réalisée, à Paris contre l’avis évident d’une majorité de français.

14/07/2010 17:05 par edgar

Ivan et CN :

Vous vous trompez lourdement. Certes, il y a eu des gouvernements mauvais en France, même dans une forme républicaine. Certes, c’est l’assemblée nationale qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain.

Aucun régime politique ne garantit que seront toujours au pouvoir des gouvernants sages, justes et intègres.
Mais vous pouvez être assurés que l’Union européenne n’amènera qu’au règne infini du libéralisme, du moins-disant social, culturel, environnemental.

Le critère le plus simple pour qualifier un régime de démocratique c’est qu’il permette des alternances. Il n’y a, dans l’Union européenne, jamais d’alternance. Les politiques libérales ont été constitutionnalisées, ce qui implique que tous les "gouvernements" européens ont la même feuille de route.

Le souverainisme que vous dénoncez en pensant vous donner un air progressiste est également une idéologie européenne : que pensez-vous qu’ils veulent les Barroso, Sarkozy, Merkel, Cameron ? Même sans s’en rendre compte ils avancent vers un état souverain européen. L’Union a déjà une monnaie, elle se dote en octobre d’une diplomatie, elle veut son armée, l’Eurocorps, déjà placé au service de l’Union européenne et de l’OTAN...

Continuez à prôner une Europe alter et vous l’aurez le souverainisme européen. Il sera libéral et servile, au service des Etats-Unis et du libéralisme le plus rude.

La constitution française est bien moins perméable à l’idéologie ultra libérale, elle ne contient pas de diabolisation des services publics, ramenés au même niveau que les acteurs privés, elle ne place pas la défense du pays sous la tutelle de l’OTAN. Bref, elle rend possible des changements, un jeu démocratique certes imparfait mais ouvert.

L’Union européenne est un régime politique mortifère, ce n’est pas une démocratie, et ce sera bientôt, grâce à la complicité passive des alter-européens, un véritable état souverain.

Réfléchissez.

14/07/2010 21:53 par Fethi GHARBI

Absolument d’accord avec CN46400.

Mais alors si c’est du pareil au même, pourquoi diable se donner autant de peine pour construire l’UE ?

Je crois que l’UE n’a pas cette virginité qui fait que selon les circonstances elle peut tout aussi bien s’offrir au diable qu’au bon dieu !

L’UE, dès sa naissance était une coalition d’intérêts capitalistes qui a voulu faire face à l’hégémonie des deux empires de l’époque. Depuis l’implosion de l’URSS, elle a préféré se jeter dans les bras de l’oncle Sam que ce soit sur le plan politique, économique ou militaire. Nous voilà face à un colosse néo-libéral doté d’un complexe militaro-industriel redoutable et qui s’est donné pour objectif d’étendre son hégémonie sur l’ensemble de la planète. Encore une fois, une guerre impérialiste mondiale monstrueuse en perspective.

Croire pouvoir réorienter l’UE et la détourner du rôle qui lui est assigné dans la stratégie impérialiste me semble très peu probable surtout avec cette belle pagaille qui caractérise l’Union.

C’est dans ce sens que la critique de Jean BRICMONT me semble la plus pertinente.Rejeter le gigantisme économique avec son cortège de spoliations et prôner le retour vers des ensembles économico-politiques plus restreints et plus humanisés peut constituer une alternative plausible.

Mais présenter le nationalisme français comme une valeur refuge et le considérer comme un nationalisme réactif face au nationalisme agressif yankee est loin de correspondre à la réalité. Depuis la révolution bourgeoise de 1789 en passant par les campagnes napoléoniennes, le colonialisme et le néo-colonialisme actuel, le nationalisme français ne fait que véhiculer la supériorité d’une race et d’une culture sur les autres races et cultures. Aucune commune mesure donc entre un nationalisme réactif vénézuelien, iranien ou afghan et un nationalisme agressif français ou américain outil idéologique par excellence de l’hégémonie impériale.

14/07/2010 23:35 par edgar

Fethi : je ne sais pas où vous avez vu qu’à sa naissance l’Europe n’était pas alignée.

Elle a été construite avec l’appui massif des américains, à toutes les étapes.

15/07/2010 00:28 par Louis Garneray

Je suis d’accord avec Edgar et sur ce point précis, je recommande l’excellent livre de François Denord et Antoine Schwartz, "L’Europe sociale n’aura pas lieu" (Raisons d’agir, 2009), et surtout les conférences de François Asselineau, notamment celle-ci (la captation n’est pas de bonne qualité mais cela reste audible).

15/07/2010 05:57 par ivan

Effectivement, les nationalos sont souvent agressifs, et en fait, se retrouvent ultimement sur la ligne de la "défense de l’Occident ­".

Ils n’ont rien à dire sur le mode de représentation et la mainmise des oligarchies économiques et de leurs faiseurs d’opinion sur les médias (ce qui nous a mené là ).

En outre, ils prônent un retour à des "valeurs françaises" qui ne sont en fait rien d’autre que les valeurs bourgeoises du XIXe.

Par ailleurs, je ne vois pas où je défends l’Union européenne.

Je ne suis pas pour l’Europe, mais pas non plus pour Zemmour.

15/07/2010 14:20 par Léo

@ Fethi GHARBI

Mérite-t-il une réponse ce cher Fethi qui faute d’argument s’emporte dans l’insulte ad hominem ? La réponse de Jacques Bricmont pour globale qu’elle soit n’est-elle pas suffisante ? Si, mais j’ai senti un besoin d’explication de texte directement lié à vos écrits. A la retraite bien au calme l’âme militante reste toujours en éveil. J’ai donc envie de vous aider à changer de cap, vous aider à laisser celui du résonnement pour atteindre celui bien plus riche du raisonnement. Allons y.
Remettre les faits dans leurs contextes vous disais je...pour rien. Si " indigène" à tendance à prendre une coloration péjorative de nos jours c’est dû au fait colonial que ravive bien inutilement le mouvement "Les indigènes de la République" qui vous connaissez peut-être. Il reste que " L’égalité des droits entre les indigènes et les colons " est une des terminologies d’époque. Et je persiste et je signe en affirmant que la lutte pour l’indépendance, qui aurait inévitablement existé (le recul historique démontre l’inéluctabilité de la décolonisation, un des faits majeurs du XIXe siècle) n’aurait pas pris le visage de l’horreur si cette revendication avait été entendu. Ce qui ne veut pas dire absence de cris et de larmes. Les luttes de libération ont subi d’autant plus la répression que le sol et/ou le sous- sol du pays en question étaient sources de richesses, le pétrole pour l’Algérie par exemple. Le Pcf a-t-il sous estimé ces aspects et conséquences induites en appelant à vivre en paix ? Erreur évidente des dizaines d’années plus tard, qui ne le rend pas allié du colonialisme et de l’OAS comme vous avez tendance à la sous entendre. Qui peut être coupable de préféré la paix à la guerre. Résonnement ou raisonnement.
Ce parti avec tous les défauts qu’on peut lui attribuer au gré de son analyse personnelle (25 ans en son sein, quitté depuis presque autant, j’en connais des plus pertinents que vous), à toujours et partout dans le monde soutenu ceux qui luttaient contre le colonialisme. D’ailleurs dés sa naissance, qui à coïncidé avec la guerre du Rif, il n’a pas hésité à soutenir immédiatement AbdelKrim. Et pendant la guerre d’Algérie c’est la censure qui frappait son journal l’Humanité édité fréquemment avec plus ou moins de zones blanches. Pourquoi ?
Au fait vu votre silence sur le sujet je dois comprendre que les militants de l’indépendance n’ont jamais d’après vous, commis d’erreurs. Allons donc vous savez bien que si. Il y eut pire, les assassinats "entre frères" vidant avant l’heure la République algérienne de ses meilleurs cadres. Toujours la poutre et le grain.
Quant à votre saut périlleux à propos des militants de base "qui ont offert leur vie" (formulation très prisée par les gouvernements envers les "Morts pour la France") un peu de pudeur. Non ils n’offraient leur vie, "ils" leur volaient, leur arrachant souvent sous la torture. Ah ! J’allais oublier votre : "applaudissons au "French exceptionalism" ! " Sans doute à cause de mon âge (qui m’a fait craindre de partir faire la guerre en Algérie), l’indigène que je suis n’apprécie pas l’anglicisation, qui abîme souvent les deux langues. En l’espèce en plus c’était inutile. Je vous donne acte qu’effectivement la Nation française n’est pas avare d’exceptions qui s’enracinent dans cette Révolution française qu’il vous reste à découvrir dans ses contradictions. C’est passionnant. Le débat est clos, puisque vous ne le supportait pas. J’espère seulement vous aider à comprendre que sans le respect de l’autre il n’y a pas de débat démocratique possible, c’est un atteinte au vivre ensemble, au droit à la différence qui ressort clairement de la Déclaration des droits de l’homme est du citoyen de 1789, repris dans la préambule de la Constitution de 1946.

15/07/2010 16:12 par Louis Garneray

Ivan, je ne suis pas contre la polémique mais j’aimerais savoir à qui s’adressent vos critiques. Qui sont ici les "nationalos [...] souvent agressifs" adeptes de la "défense de l’Occident ­" ? Parce que s’il s’agit de moi ou d’Edgar, il me semble que ce sont vos propos qui, en plus d’être infondés, sont agressifs et provocateurs.

Je suppose qu’il doit être jouissif d’avoir l’impression de débusquer des "nationalos" (peut-être n’avez-vous pas osé dire des "fascistes") et ainsi de protéger la communauté de dangereux extrémistes. C’est bien joli de se faire plaisir sur Internet mais puisque vous portez des accusations lourdes, la moindre des choses ce serait d’étayer vos jugements.

En effet, je ne vois pas qui ici a prôné béatement "un retour à des "valeurs françaises"" ou a fait l’éloge de la "pensée" de Zemmour. Apparemment vous vous êtes fabriqué un adversaire fanstamatique.

Pour ma part je trouve déplorable qu’Eric Zemmour et Max Gallo soient aujourd’hui en quelque sorte les historiens officiels de la France.

Zemmour commet des erreurs historiques grossières. Contrairement à ce qu’il affirme dans son dernier livre, la tentation impériale est l’exception en France, pas la règle. La France a plutôt été un empêcheur d’impérialiser en rond.

De plus, la façon dont Zemmour ménage le pétainisme est très insidieuse ; De Gaulle, qu’il admire tant, aurait eu bien des choses à redire quant à son interprétation de cette époque.

Nous n’avons "rien à dire sur le mode de représentation et la mainmise des oligarchies économiques et de leurs faiseurs d’opinion sur les médias", dites-vous ?

La sortie de l’UE serait un acte libérateur, une véritable rupture (pas comme celle de l’autre), elle permettrait de remettre les choses à plat et de proposer des débats publics dignes de ce nom afin de déterminer la politique (au sens large) à suivre. Si l’on veut faire des choix politiques particuliers, il importe au préalable de recouvrer la possibilité de choisir. Or, avec l’UE, il n’y a plus de choix, la voie est toute tracée, notamment dans le domaine économique et social. L’emprise des oligarchies dont vous parlez, c’est l’UE qui la facilite et la protège. Si l’UE saute, ces oligarchies seront très fragilisées, comme après la Libération. Il sera donc beaucoup plus facile de faire passer un programme de réorientation radicale.

Sinon, personnellement je suis favorable à l’organisation d’une Constituante après la sortie de l’UE.

Quant aux médias, je suis tout à fait sur les positions de Chomsky-Herman et d’Acrimed. Ils doivent être réformés en profondeur (modèle économique, objectifs, pratiques, etc.), c’est un des principaux préalables en vue d’une société véritablement démocratique.

15/07/2010 16:17 par edgar

Ivan, vous avez raison, vous ne louez pas l’Union européenne. C’est sage.

Mais vous avez tort de railler toute forme d’attachement à la nation en y voyant la preuve d’une défense masquée de l’occident.

Il y a en France une tradition d’attachement à la nation très liée à la forme républicaine du gouvernement. Et cet attachement à la république est tout à fait incompatible avec un instinct grégaire occidental. D’ailleurs nombre de défenseurs de l’occident, atlantistes farouches, se retrouvent dans les supporters de l’Union européenne, cette forme non républicaine de gouvernement.

Il y a certainement un nationalisme excessif, mais ça vaut la peine d’essayer de nuancer les appréciations que l’on porte sur l’attachement à une histoire nationale qui, en tout cas pour la France, est fortement républicaine.

15/07/2010 17:15 par Fethi GHARBI

@ Léo

Vous m’étonnez cher Léo ! C’est moi qui m’emporte dans l’insulte !

Mon commentaire n’a fait que répondre au votre .Dans ce texte que vous m’adressez personnellement vous dites entre autre :

Une dernière remarque, même répété des milliers de fois un mensonge n’accèdera jamais au statut de vérité. Ainsi en est-il de votre affirmation :" ... PCF... a voté en 1956 les pouvoirs spéciaux qui autorisaient l’armée coloniale à faire usage de la torture contre les algériens"

Il est vrai comme vous dites que le PCF a été pendant les années vingt anticolonialiste mais depuis le Front populaire et pendant la guerre froide son attitude a changé. Actuellement, ses prises de position dans la guerre d’Afghanistan sont des plus ambigües.

Si j’ai utilisé l’expression "french exceptionalism" c’est plutôt pour renvoyer à "américan exceptionalism" ce mythe qui dérive de la révolution américaine et qui fait croire aux étasuniens qu’ils sont investis d’une mission . La révolution française a produit le même mythe, celui de "la mission civilisatrice" .

Je crois qu’il est dangereux de parler "d’exception", je préfère à ce terme celui de "particularité" qui est plus égalitaire et plus propice à l’échange.

16/07/2010 04:39 par Ivan

La plus "intelligente" des inventions du monde des super-marchands a été la création de la société à responsabilité limitée. Les gens d’affaires ne sont responsables que devant leurs actionnaires. (voir le film Corporation).

Cela détermine l’orientation politico-morale sur laquelle repose notre société. C’est la négation, sur le plan juridique et pratique, de l’idée même de bien commun.

C’est ce fondement qu’il faut remettre en question ; et j’avoue en effet que je me méfie des nationalos : je n’ai pas entendu chez eux la moindre analyse à ce sujet.

Se limiter à être contre l’Europe ne suffit pas.

La majorité des Français se sont prononcés contre l’Europe ...

La véritable question est la suivante : pourquoi, malgré l’opposition des Français à l’Europe exprimée par un vote, les élites dirigeantes sont passées outre.

Il ne suffit pas de placer un bulletin de vote dans une urne.

16/07/2010 05:47 par ivan

Parenthèse : je ne vois pas en quoi défendre le droit des homosexuels, des femmes et des minorités à ne pas se faire écoeurer, humilier et exclure s’opposent nécessairement aux luttes sociales.

Il ne faut pas confondre les inepties et les représentations fabriquées par les médias et ce que font et disent les gens.

Si la gay pride est ridicule, beaucoup de "festivités" et produits de masse destinés au peuple hétéro et aux "familles" sont tout aussi ineptes que la gay pride.

16/07/2010 16:50 par Louis Garneray

Ivan, je suis d’accord avec vous sur le fait que le statut des tyrannies privées que sont les grandes entreprises (et parfois aussi les petites) pose un énorme problème. Un système politique viable doit en limiter drastiquement le pouvoir et imposer une meilleure redistribution des richesses. Si cela doit passer par la socialisation des moyens de production, moi je n’ai rien contre.

Vous continuez implicitement à me qualifier de "nationalo" (c’est un peu méprisant - et toujours pas argumenté - mais je mets cela sur le compte de la propriété désinhibante d’Internet). Si je comprends bien, pour vous, être favorable à la souveraineté populaire et à la souveraineté nationale (pour moi l’une ne va pas sans l’autre), cela suffit pour être nationaliste.

Sortir de l’UE ne suffira pas pour obtenir un système satisfaisant, nous sommes aussi d’accord sur ce point, mais c’est une prémisse incontournable, la "construction européenne" étant pour la clé de voûte de notre asservissement collectif.

Le rétablissement de la souveraineté et de l’indépendance de notre pays n’est pas un détail, contrairement à ce que vous semblez croire, cela constitue un préalable indispensable à toute proposition politique progressiste ambitieuse.

Rien de conséquent ne pourra se faire (à l’échelle nationale et encore moins à l’échelle internationale) sans cette base.

Tout internationalime non-néolibérale sera inaudible et même contre-productif tant que le cadre politique légitime de la souveraineté (nationale et populaire) n’aura pas été rétablie. Je ne fais pas de pétition de principe contre toute idée d’internationalisme mais actuellement seul le mondialisme néolibérale peut profiter de la décrépitude des Etats-nations.

Tous les supranationaux favorisent bon an mal an la consolidation du système actuel en décrédibilisant le cadre de l’Etat-nation. Le discours dominant est supranational, toute autre voix internationaliste le renforce sans rien obtenir par ailleurs.

La pleine restauration de la souveraineté et de l’indépendance de la France (qui implique nécessairement la sortie de l’UE et la rupture avec les Etats-Unis) constitue actuellement le meilleur moyen d’accéder à une autre politique que celle que les médias, les grands patrons et les gouvernants nous imposent. Les internationalistes marxistes ont tort de croire qu’ils pourront se substituer à l’internationalisme néolibérale une fois que celui-ci aura terrassé toute opposition ; une telle chose sera devenue impossible (en tout cas pour longtemps) de part les structures du nouveau cadre politique. Un exemple : les moyens militaires (surveillance, dispositifs contre-insurrectionnels, etc.) qui sont développés pour le contrôle policier des foules et la disproportion du rapport de force qui ne cesse de s’accroître empêcheront les mouvements révolutionnaires de se déployer.

Je ne minore pas la portée du clivage droite-gauche mais s’il faut s’unir temporairement à la droite gaulliste ou "souverainiste" en vue d’un objectif commun (la sortie de l’UE), je n’y vois aucune objection. Chacun reprendra son propre chemin une fois l’objectif atteint et militera pour le type de société qu’il estime préférable. Les Français trancheront.

Ivan, vous dites que la "majorité des Français se sont prononcés contre l’Europe", c’est vrai et le fait que le verdict populaire ait été contourné et en fait annulé n’est pas anodin. Pour les puissants, l’UE n’est ni négociable ni amendable, c’est le Bien en soi ; rien ne doit donc nous détourner de la poursuite de la "construction européenne". Examinez bien la situation, "l’idée européenne" unit tous les partis qui ont accès aux médias, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Le Pen et Besancenot, pour ne citer qu’eux, ne réclament pas la sortie de l’UE, ils veulent que "l’aventure européenne" se poursuive ; certes, pas de la même façon, mais l’important est de constater que cette option politique réunit ceux qui sont censés être les pires adversaires.

La source de notre impuissance, elle est là  ; briser le carcan européen et la soumission à l’empire états-unien, et tout redevient possible. Nous n’aurons pas automatiquement et du jour au lendemain un système satisfaisant - il restera beaucoup à faire - mais les conditions élémentaires d’un changement radical seront réunies (ce qui ne sera jamais le cas à l’intérieur du cadre de l’UE).

18/07/2010 03:34 par Ivan

L’UE est en effet un carcan, mais des peuples se sont lancés dans des luttes bien plus difficiles, avec des carcans bien plus durs serrés autour de leur cou.

Donc, d’accord, l’UE est un piège, une arnaque, mais l’inertie politique ne s’explique pas par l’UE, mais par une multitude de changements introduits dans le mode de vie (ex. : propriétarisme - beaucoup de Français sont devenus propriétaires ; fonds de pensions investis ; multiplication des niveaux hiérarchiques dans l’entreprise ; acceptation du travail temporaire ; système des primes ...

Un des obstacles, également, c’est que le peuple (et non les élites), sent confusément que même si certains éléments des élites proches du pouvoir se décidaient à rompre avec l’orientation actuelle, elles se contenteraient de l’utiliser, comme elles l’ont toujours fait, afin d’arriver au pouvoir pour éviter précisément tout débordement en direction d’une autre forme démocratique.

C’est en raison de cette peur que l’on entend aujourd’hui ces discours nationalistes.

Par définition, les élites, quelles qu’elles soient, estiment, de par leur position sociale, être à même de penser, de parler et d’agir à la place du peuple et en son nom. Elles ne croient pas en l’émancipation réelle du peuple.

C’est ce qui explique qu’après le vote négatif pour l’UE : rien ­

Pour s’émanciper, le peuple doit croire qu’il peut créer de nouvelles formes d’institutions le représentant réellement.

Ce que je comprends, c’est que vous aimeriez avoir une sorte de révolution nationale sans révolution menée par une hypothétique avant-garde nationale gauche-droite.

D’après moi, les Français feront comme les Grecs : ils se mettront en mouvement lorsqu’ils verront leur chèque de paye diminuer et leur retraite fondre ; les "nationalistes" de la dernière minute vont émerger, par pure trouille des manifestations, par peur "de la rue" ... bref, pour repousser l’échéance. Le nationalisme comme seul but excluant toute autre proposition n’est rien d’autre qu’un opportunisme.

Vivant au Québec, je peux vous assurer que ce n’est pas l’ALENA qui a empêché les Québécois de voter pour l’indépendance.
C’est la peur du "désordre" qui va avec un certain degré de confort pour une bonne partie de la classe moyenne, et le crédit, qui a donné une illusion de richesse, même parmi les moins riches.

18/07/2010 13:46 par Fethi GHARBI

Tout à fait d’accord avec Ivan

Je crois que nous sommes tous d’accord, l’auteur de l’article compris, sur le fait que l’UE est un outil coercitif synonyme de régression démocratique et qu’il est l’instrument de la mainmise du néo-libéralisme yankee sur l’économie mondiale.

Le romantisme nationaliste, dans ce cas précis, me semble totalement déplacé. Parler d’alliance tactique avec la droite ! Mais autour de quelles valeurs ? Celles de la 3eme, de la 4eme ou de la 5eme république ?!

Comment peut-on compter sur la droite et sur la gauche caviar pour trouver une alternative à la mondialisation néolibérale alors que ce sont toutes ces bourgeoisies nationales qui ont tout fait pour construire l’UE ?!

19/07/2010 14:20 par Louis Garneray

Fethi, je n’ai pas l’impression que mon "nationalisme" soit romantique (à vrai dire, le romantisme, sous toutes ses formes, me déplaît). Je ne fais pas de la nation une valeur transcendante mais il ne me semble pas a priori condamnable d’avoir un certain rapport émotionnel à son pays, à condition que cela ne conduise pas à des fanfaronnades chauvines ou à d’autres genres de comportements irrationnels et agressifs. Je désapprouve ceux qui se disent à tout bout de champ "fiers d’être français", il est ridicule de s’enorgueillir d’un fait du hasard ; mais je ne conspue pas celui qui est attaché à sa patrie et s’efforce d’en incarner humblement les plus nobles idéaux.

Vous m’avez mal lu, je ne prône pas une "alliance stratégique" avec "la droite" mais une union temporaire avec une portion de la droite (en gros la droite gaulliste et "souverainiste") en vue d’un objectif de libération nationale : sortie de l’euro, de l’UE, de l’OTAN et rupture avec les orientations politiques, économiques, sociales et diplomatiques de l’empire euro-atlantique. Il s’agit en fait de réunir les 55% de Français qui ont voté Non en 2005 au TCE et qui venaient environ à 30% de la gauche et à 25% de la droite. C’est cette union temporaire bien comprise que prescrit opportunément le parti fondé par François Asselineau. La Charte fondatrice de l’UPR explique bien tout cela. Chacun reprendra sa liberté une fois l’objectif atteint (comme après la Libération) et les oppositions gauche-droite se redéploieront "naturellement". Je défendrai pour ma part un programme de gauche mais je le ferai alors dans un cadre politique dans lequel celui-ci pourra être appliqué (ce qui n’est absolument pas le cas actuellement).

20/07/2010 14:46 par Le prisonnier

Je crois qu’il est temps de recadrer ce qu’on entend ici par « nationalisme ». Car ce n’est pas le moindre des mérites de l’article de M. Bricmont d’avoir titré sur le « nationalisme français ». Il faut oser ! Au contraire, parler d’une quelconque « révolution nationale » ou un « discours populiste » jouant sur la peur, c’est digne de BHL. Honte à vous, ces formules auraient pu être celles du Monde ou de Libé commentant cet article ! Pourtant, le corps de son article ne prête pas çà confusion quand aux idées et aux valeurs qu’il souhaite défendre. Ce sont même les « nouvelles formes d’institutions le représentant réellement » qu’Ivan appelle de ces voeux pour le peuple (ne se rend-il pas compte que le peuple les avait déjà inventées ?) Elles se nomment République et Nation. C’est bien d’elles dont parle l’auteur. Inégalitaires ? C’est justement le combat des forces de gauche de maintenir vivant la lutte contre les inégalités en leur sein. C’est ce qu’on appelle être progressiste. Non représentatives ? Mais le sont-elles par nature ou par la conséquence de leur déclin face aux forces supranationales ?

Alors, « Révolution nationale sans révolution » ? Foutaise ! Et si on parlait simplement d’un simple rétablissement de la prééminence du cadre national comme cadre légitime d’exercice des droits politiques ? Contre les carcans supranationaux, contre les féodalismes communautaires, corporatistes ou régionalistes ! La Nation, c’est tout le contraire d’un pétainisme qui rétablissait les corporations tout en intégrant la France dans la Grande Europe…

Et encore, « Avant-garde nationale » ? Fichaise ! Le peuple est majoritaire à sauver le cadre national quand on lui donne la parole (les 55% de 2005 ; le refus par les Corse de l’extension de leur statut d’autonomie). C’est bien pour cela qu’on l’a privé de parole en 2008.

Vous êtes d’accord pour dénoncer l’UE… mais surtout pas pour rendre aux Français leurs droits politiques dans le cadre de l’état-nation. Le temps d’inventer la société de vos voeux (sur le ne, et hop, vous voilà dans une belle dystopie libertarienne à l’échelle globale !

Un dernier exemple de confusion : « ces bourgeoisies nationales qui ont tout fait pour construire l’UE ». C’est confondre leur nationalité avec leurs intentions. Les bourgeois qui ont fait l’UE (Monnet, Spaak : les pères de l’Europe…) n’avaient de « nationaux » que leur état civil, ils n’étaient certainement pas motivés par la défense des intérêts de leur pays. Atlantistes, bien pensants, liés à la finance, ils anticipent les actuelles hyperbourgeoisies qui tirent profit de l’économie globale. Et celle-là ne sentent pas le terroir, soyez-en sûr !

20/07/2010 21:27 par Fethi GHARBI

Honte à vous... Fichaise...Foutaise...

Ces formules n’auraient certainement pu être celles du Monde ou de Libé !

Cher Le prisonnier, vous semblez être prisonnier d’un mythe et d’un langage aux senteurs plutôt fascisantes !

20/07/2010 22:12 par legrandsoir

mouais... je ne vois rien de fascisant dans les propos de prisonnier.

Carottes, tout le monde ?

24/07/2010 18:49 par Anonyme
24/07/2010 21:28 par Louis Garneray

Beau travail de récupération ! Vraiment, chapeau, avec le Buena Vista Social Club et tout.

Pour une réconciliation nationale avec Soralez !

Folklorissime.

25/07/2010 02:17 par Anonyme

Je voulais ici salué, les choix éditoriaux du journal Grand Soir....non fermé dans un carcan idéologique...

Une gauche révolutionnaire intelligente

25/07/2010 03:48 par legrandsoir

On le répète assez souvent : la ligne rédactionnelle et les choix idéologiques du Grand Soir sont très clairs. Le seul problème, c’est que personne ne les connait. Même pas nous. Nan, j’déconne.

Pour paraphraser les consignes mentionnées sur la page de saisie des commentaires : "Si l’un d’entre nous avait totalement raison, ça se saurait..."

Sinon, pour le reste : http://www.legrandsoir.info/spip.php?page=qui_sommes_nous

28/08/2011 20:04 par Fakh

Face au chantage affectif médiatique et à la confusion ambiante, Jean Bricmont manifeste encore une fois son honnêteté et son souci de cohérence. Nous baignons dans un marécage (crypto-)publicitaire qui confond allégrement nation et nationalisme, fascisme et conservatisme (conserver quoi et pourquoi ?). Certaines phrases employées par Louise Michel ou Karl Marx pourraient aujourd’hui être qualifiées de nationalistes ou de fascistes par la gauche post-moderne.

On pourrait plus généralement se demander si l’indétermination relativiste qui est à l’oeuvre à droite comme à gauche n’est pas une aubaine pour ceux qui tirent profit de la subordination de la valeur d’usage à la valeur d’échange. La nation est une structure qui résiste à cette indétermination.

Votre site est assez bien conçu, dites moi... même si je ne suis pas certain de savoir ce qu’est un "réactionnaire à côté de la plaque", faute de définition. Des exemples intuitifs, on peut en trouver, mais sans définition... je ne vois pas ce que le mot "réactionnaire" signifie. Quelqu’un qui réagit ? A quoi ? Ca m’a tout l’air d’être une pétition de principe...

28/08/2011 20:46 par legrandsoir

même si je ne suis pas certain de savoir ce qu’est un "réactionnaire à côté de la plaque", faute de définition

Cela se veut un trait d’esprit modeste et c’est censé désigner les internautes qui expriment une "réaction" à un article qu’ils n’ont manifestement pas lu - parfois le titre leur suffit.

28/08/2011 20:52 par Fakh

Cela se veut un trait d’esprit modeste et c’est censé désigner les internautes qui expriment une "réaction" à un article qu’ils n’ont manifestement pas lu - parfois le titre leur suffit.

Il fallait comprendre ce trait d’esprit littéralement ? Veuillez m’excuser, je n’avais pas compris ;-).

02/11/2012 17:21 par gouns

Cette ode au nationalisme français est révoltante et fausse historiquement. Notre ami n’est pas historien pour deux ronds. Il mêle quelques remarques justes concernant les contradictions entre de Gaulle et les E.U et la politique gaullienne complètement dépassée et uniquement motivée ou permises par la guerre Froide et les Trente Glorieuses à de véritables insultes quand il prétend que "certains" voudraient que la France fasse repentance alors qu’ils ne veulent que la reconnaissance des crimes coloniaux et la justice.
Je comprends que pour quelqu’un qui n’a rien subi dans sa chair, cette histoire coloniale puisse être encombrante mais je suis étonné que quelqu’un qui peut avoir de bons jugements sur certains sujets cultive une telle cécité.
Tout d’abord qu’est ce que la France ? Celle de la Commune de Paris et de la Résistance ou celle des grandes multinationales françaises mais tous défendent le même drapeau. Si effectivement la Commune de Paris est à défendre face à la bourgeoisie, les communard n’ont pas brillé par leur courage anti colonial à l’exception de Louise Michel. Par ailleurs Commune de Paris, Front populaire et Résistance sont loin d’être des épisodes identiques.
Est il nécessaire de rappeler que c’est le Front populaire qui a fait interdire L’Etoile nord africaine de Messali Hadj alors que ce mouvement était lui même signataire de l’accord du FP , Est il nécessaire de préciser que la répression n’a jamais cessé et que l’on torturait à Saïgon et à Alger en 1936 ?
Est il nécessaire de préciser que les massacres de mai 48 en Algérie ont été effectués par une sainte alliance entre les troupes de la France Libre, les restes de l’armée d’armistice de 1940, les résistants, les communistes locaux et les pétainistes ? Bref les blancs tous unis face aux indigènes.
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Mais surtout la principale escroquerie de ce texte, reprise souvent par Alain Soral, est de nier la dimension impérialiste de la France, la ramenant au niveau de pays du tiers monde effectivement résistants comme l’Iran, Cuba, le Vénézuela etc. En occultant sa dimension immédiatement et totalement impérialiste notamment en Afrique, en se taisant sur l’actuelle FrançAfrique ( notamment voir le scandale du franc CFA ) ou l’occupation des dernières colonies : Mayotte, les Antilles, la Kanakie. C’est une escroquerie intellectuelle qui fait directement le jeu de l’extrême droite. ll est vrai qu’il ne s’agit là que de nègres et d’Arabes.
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Il y autre chose. C’est le mensonge consistant à faire croire que certains demanderaient à la France de faire repentance. Une demande jugée inacceptable par la plupart de réactionnaires français de Finkielkraut à Pétré grenouillau en passant par Taguieff, Rioufol, Zemour, Gallo et jusqu’à Marine Le Pen. Alors que ces "certains" comme les Algériens ne demandent "que" la reconnaissance des crimes coloniaux par la France. Un acte politique ayant des implications juridiques et non un acte moral ou religieux qu’induit le mot repentance dont ils se contrefichent !
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L’utilisation du mot repentance ayant comme objectif de délégitimer cette revendication juste et nécessaire. On le voit quand il s’agit de faire justice aux nègres et bicots, la sainte alliance fonctionne à nouveau. Quand il s’agit de défendre un nationalisme occidental attaqué, c’est l’union sacrée par delà les frontières.

26/05/2013 21:19 par sansembleme

c’est grosso modo ce que je me dis, il va falloir que la gauche de la gauche apprenne à redevenir citoyenne pour parler à nouveau aux jeunes générations, redéfinir le sens d’une lutte sociale en des termes actuels, c’est pour cela que j’ai tendance à dire que je suis libertaire, équitable et solidaire...

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