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Thème : Burkina Faso

Boureima Ouedraogo : « François Compaoré doit venir comparaître devant la justice burkinabè »

Jérôme DUVAL

Première partie de l’entretien avec Boureima Ouedraogo, journaliste d’investigation et directeur du journal Le Reporter au Burkina Faso. Propos recueillis par Jérôme Duval.

Le journaliste Boureima Ouedraogo dirige le périodique Le Reporter, une publication qui a rejoint l’environnement médiatique du Burkina Faso il y a 12 ans, un pays où le secteur jouit d’une certaine indépendance vis-à-vis des intérêts partisans. Ouedraogo aborde les derniers rebondissements de l’affaire Norbert Zongo, ce journaliste assoiffé de justice sociale, assassiné il y a un peu plus de 20 ans pour avoir voulu révéler les affaires de corruption proches du pouvoir de Blaise Compaoré, le président renversé en 2014 après 27 ans à la tête du pays. Ce dernier est suspecté d’être impliqué dans l’assassinat, en 1987, du président Thomas Sankara et son jeune frère François Compaoré est accusé d’être le commanditaire de l’assassinat de Norbert Zongo. Dans cette interview, Ouedraogo évoque l’histoire de son média, dépeint plus largement l’état de la presse au Burkina Faso et la demande d’éclaircissements sur le meurtre de Zongo, un pionnier du journalisme d’investigation dans le pays. Dans une seconde partie de cet (...) Lire la suite »
Entretien avec l’historien, réalisateur et activiste burkinabè Abdoulaye Diallo.

Abdoulaye Diallo : « Vingt ans après l’assassinat de Norbert Zongo, s’il y a un domaine dont on peut être fier, c’est celui des médias »

Jérôme DUVAL
Abdoulaye Diallo est historien, réalisateur de films documentaires et producteur burkinabè, président du Festival International Jazz à Ouaga, co-fondateur et coordonnateur du Festival de films sur les droits humains et la liberté d’expression, Ciné Droit Libre. Connu pour son activisme, Abdoulaye Diallo est aussi membre fondateur du mouvement « Le balai Citoyen » qui a contribué à la chute de Blaise Compaoré en octobre 2014. Très impliqué dans la défense de la liberté d’expression et dans la promotion de la démocratie au Burkina Faso, il est, depuis 1998, le coordonnateur du Centre National de Presse Norbert Zongo à Ouagadougou. Pour la première fois, l’affaire Norbert Zongo est racontée en images, lorsqu’en 2003 vous réalisez, avec Luc Damiba et Gidéon Vink, le documentaire Borry Bana, le destin fatal de Norbert Zongo, hommage à un homme qui a consacré sa vie à défendre les faibles et les sans voix. Alors qu’il est largement programmé à l’international, il faudra attendre pour que le film soit diffusé au (...) Lire la suite »

« Déboulonner un pouvoir en place depuis 27 ans est une victoire »

Souratie Fatoumata

L’association burkinabè Le Balai citoyen se réclame de l’héritage et des idéaux du président Thomas Sankara, révolutionnaire anticolonialiste, anti-impérialiste, panafricaniste et figure du Mouvement des non-alignés, il a dirigé le pays entre 1983 et son assassinat, le 15 octobre 1987. Le Balai citoyen est en première ligne des mouvements de protestation qui ont chassé Blaise Compaoré du pouvoir le 31 octobre 2014, après 27 ans de règne ininterrompu depuis l’assassinat de Thomas Sankara. Souratie Fatoumata, biochimiste de formation, est secrétaire permanente du Balai citoyen et membre de la Coordination nationale chargée à la mobilisation des ressources.

Jérôme Duval : Vous êtes Cibelle ? Souratie Fatoumata : Oui, je suis Cibelle. Cibal, ça veut dire « citoyen balayeur » et pour faire beau, nous disons Cibelle pour les femmes et Cibal pour les garçons. C’est la contraction de citoyen balayeur qui a donné Cibal/ Cibelle. Peut-on avoir une idée de la cartographie de l’implantation du Balai citoyen, de sa structure et de son fonctionnement ? Le Balai citoyen est composé de l’Assemblée Générale qui décide des grandes orientations du mouvement et la Coordination nationale qui est l’organe exécutif dont les membres sont élu lors de l’Assemblée générale pour un mandat de 3 ans. Outre ces organes, il y a les coordinations régionales et les Clubs Cibals qui sont dans les communes et les quartiers des villes et campagnes. Au niveau du Balai citoyen, il n’y a pas de président, mais des porte-parole, en la personne de Maître Guy Hervé Kam et Serge Bambara, plus connu sous son nom d’artiste « Smockey ». Le Balai citoyen dispose de cinq coordinations régionales, à (...) Lire la suite »

Communiqué de presse d’organisations professionnelles des médias du Burkina sur l’extradition de François Compaoré

Le 13 juin prochain, la justice française va rendre son délibéré sur la demande d'extradition de François Compaoré introduite par l'Etat burkinabè. Le peuple burkinabè, en général, les journalistes et tous ceux qui ont en horreur l'impunité, en particulier, fondent de grands espoirs que l'extradition de François Compaoré dans son pays d'origine (le Burkina Faso) sera actée. En effet, le frère cadet de l'ancien président Blaise Compaoré a rendez-vous avec la justice de son pays et nous espérons que celle française lui permettra enfin de répondre des faits qui lui sont reprochés dans le cadre de l'assassinat odieux du journaliste Norbert ZONGO et de ses compagnons d'infortune. Certains suspects identifiés par la commission d'enquête indépendantedepuis 1999 et toujours en vie (trois d'entre eux sont morts) ont déjà été inculpés et placés sous mandat de dépôt. François Compaoré est également inculpé et recherché par la justice Burkinabè. C'est en toute logique qu'il fait l'objet depuis mai 2017 d'un mandat (...) Lire la suite »
Ado prépubère que flatte le matriarcat médiatique, il accumule bourdes et injures avec ravissement et inconscience

Macron : por que no te cayas ?

Vincent MORET
Devant les étudiants de Ouagadougou, Macron s’est exclamé : « Moi je ne veux pas m'occuper de l'électricité dans les universités au Burkina Faso, c'est le travail du président ». Ce dernier quitta aussitôt la pièce, accompagné de quolibets jupitériens : « Du coup, il s'en va... Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation Hu, hu ! ». Devant les étudiants de l’université » de Yale dont l’un lui demandait son avis sur l’obésité, Macron s’est exclamé qu’il n’était pas là pour trier le gras dans la viande des hamburgers, que c’était le rôle de Trump. Ce dernier quitta aussitôt la pièce, accompagné de quolibets jupitériens : « Du coup, il s'en va... Reste là ! Du coup, il est parti changer l’huile des friteuses du McDo. Hu, hu ! ». Devant les étudiants de l’Université de Pékin, dont l’un l’interrogeait sur le commerce avec la France, Macron s’est exclamé qu’il n’était pas VRP chinois, que c’est Xi Jimping qui devait faire ça. Ce dernier quitta aussitôt la pièce, accompagné de quolibets jupitériens : « Du coup, il (...) Lire la suite »

La liberté contre le destin, discours de Thomas Sankara

Thomas Sankara reste une figure révolutionnaire de premier plan pour la jeunesse africaine en lutte. Durant son passage bref mais fulgurant à la tête du Burkina Faso, interrompu par son assassinat en 1987, le jeune officier a marqué l’histoire de son pays et de l’Afrique, ainsi que la mémoire des luttes anti-impérialistes. On trouvera dans ce recueil, outre les principaux discours de Thomas Sankara, des discours inédits. En plus de faire des bilans réguliers de la révolution, il aborde les thèmes qui lui étaient chers : le néocolonialisme, la libération des femmes, la lutte contre la dette, l’utilisation de la langue française, la défense de l’environnement, le mouvement des non-alignés. Enfin, trois textes viennent mettre ces discours en perspective : une biographie de Thomas Sankara, la présentation de son projet, et la synthèse de ce qu’on sait sur son assassinat. Un ouvrage complet permettant d’avoir une connaissance approfondie de cette expérience révolutionnaire inédite et de son leader Thomas (...) Lire la suite »

Exit Blaise Compaoré : La rançon d’un traître à la cause de l’Afrique et des Africains

Olivier FADO DOSSOU
« Même s'ils arrachent mille fleurs, ils ne seront pas les maîtres du printemps. » Pablo Neruda Près de trois décennies après sa prise de pouvoir dans le sang par l'assassinat le 15 octobre 1987 de Thomas Sankara, héros de la lutte anti-impérialiste dans l'ancienne Haute-Volta, Blaise Compaoré vient à son tour, d'être renversé par une insurrection populaire. En voulant réviser au forceps l'article 37 de la constitution pour se maintenir au pouvoir après un bail présidentiel de plus d'un quart de siècle, il a déclenché l'ire du vaillant peuple burkinabé. Minés par des dissensions internes et fortement affaiblis, les piliers institutionnels internes sur lesquels reposait son autorité (l'armée, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès et les chefferies traditionnelles), n'auront pas réussi à lui sauver la mise. Au nom de la realpolitik, il est prié par ses parrains occidentaux de s'effacer devant l'intransigeance populaire. Cette exceptionnelle longévité à la tête d'un Etat si coutumier de violentes (...) Lire la suite »

Burkina Faso : gouvernement de transition ou dictature militaire ?

M. MOBO

Alors que le colonel Zida avait finalement cédé aux pressions internationales et confié la présidence du pays aux civils en la personne du diplomate et ancien représentant du Burkina Faso aux Nations Unis, Michel Kafango, on ne peut que déplorer de voir l'armée reprendre les commandes de manière si insidieuse et s'installer au gouvernement pour en tirer les ficelles. Une présence militaire au sommet de l'Etat qui suscite logiquement un certain malaise auprès de la communauté internationale et qui pourrait faire regretter la stabilité du régime de Compaoré, un régime valable sur bien des points selon Jean Yves Ollivier, spécialiste des relations diplomatiques en Afrique.

L'armée entend donc conserver son influence dans le jeu politique et cela était bien sûr prévisible. Les intenses tractations qui ont mené à la désignation du gouvernement le dimanche 23 novembre dernier ont vu les deux postes clés de la Défense et de l'Intérieur revenir à des militaires. Le lieutenant-colonel Issac Zida cumulera le poste de Premier ministre avec celui de ministre de la Défense, tandis que le président de la transition Michel Kafando occupera également le poste de ministre des Affaires étrangères. Au total, quatre militaires figurent dans ce gouvernement intérimaire, en comptant le lieutenant-colonel Issac Zida. Le colonel Auguste Denise qarry, l'un des plus proches collaborateurs de Zida, a été nommé ministre de l'Administration territoriale et de la Sécurité, l'équivalent du ministère de l'Intérieur. Une présence qui fait craindre forcement le basculement de ce gouvernement de transition vers une dictature militaire sans partage. Une situation encore hypothétique bien sûr mais qui (...) Lire la suite »

Burkina Faso : le changement dans la continuité

Capitaine Martin

Vingt-cinq ans après la chute du mur de Berlin, loin de l’opulence des pays riches, la diplomatie occidentale continue de frayer avec les dictateurs qu’elle paye grassement pour engager des guerres par procuration. En clair, pour lutter contre ses propres ennemis. Le dernier exemple en date est celui de l’ex-Président du Burkina Faso Blaise Compaoré, déposé à la faveur d’un soulèvement populaire.

Le curriculum vitae de l’ex-dictateur retrace l’une des périodes les plus sombres de l’Afrique contemporaine. Le Burkina Faso s’appelait la Haute-Volta et était encore une colonie française lorsque naquit dans une petite ville au nord de Ouagadougou Blaise Compaoré, en 1951. Fils d’un ancien tirailleur, il s’engage dans l’armée de son pays après être passé par des écoles militaires, au Cameroun, au Maroc puis à l’École d’infanterie située à l’époque à Montpellier. Le beau Blaise comme on l’appelait à cette époque en raison de son physique avantageux est affecté en 1981 à la tête du centre national d’entraînement commando où il succède à un certain Thomas Sankara. Celui-ci est son aîné de deux ans. Les deux hommes s’étaient liés d’amitié lors d’un stage d’instructeur parachutiste à Rabat, en 1978. Au sein de l’armée voltaïque, le duo fonde avec d’autres camarades de promotion le Regroupement des officiers communistes. La Haute-Volta est alors en proie à des coups d’État militaires à répétition depuis son accession à (...) Lire la suite »

De Burkina Faso à Barkana Fako : la rue détrône les mokos

Omar CHAALAL

"En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi." Extrait d'un discours de Franklin D. Roosevelt .

Du héros de la révolution au héros du film. Le mensonge faufile entre le film et la réalité. La confusion s’installe chez les gamins et c’est ainsi que l’histoire se corrompe ! Notre histoire est jalonnée de victoires, de triomphes et de succès. Ne donnons pas la chance aux fils de tirailleurs ou aux cousins des zouaves de la falsifier. Quand j’étais petit ma mère me disait que la liberté était le passe-partout dans la vie. Elle m’a appris comment dire la vérité quelles que soient ses circonstances. Pou­r ma mère, l’homme qui ment n’est pas libre. Elle considère que la vérité est synonyme de liberté. Souvent, elle me rappelait l’expression française "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà". Elle voulait graver dans mon esprit de gamin l’idée « ce qui est une vérité pour un peuple peut être une erreur pour d'autres ». Elle m’a conseillé de ne pas fréquenter les politiciens guignols. Avec le temps j’ai réalisé que dans son subconscient notre train de vie très austère n’avait pas besoin d’experts politiques sortant (...) Lire la suite »
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