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Thème : Colonialisme
« Si combattre la colonisation des terres palestiniennes c’est être antisioniste, alors, je suis antisioniste comme les juifs antisionistes de Bruxelles, de Paris, de Jérusalem qui ont témoigné dans mon film ».

De la chocolatine à l’antisionisme

Guy CHAPOUILLIE

Le Brésil se pare d’un gouvernement de droite dure qui estime que les Indiens font tache dans le pays ; le Venezuela est secoué par l’étrange gesticulation d’un homme, venu de nulle part, qui se présente comme le Président légitime, mais légitime en quoi précisément ?

Légitime, simplement parce que l'impérialisme étasunien l'aurait choisi ? En Algérie une majorité écrasante du peuple algérien dit non à Bouteflika, Président invisible et muet, en réclamant un changement radical et progressiste. En France, on nous parle de cela, avec les gilets jaunes qui ont su bousculer la hiérarchie de la parole, mais nous discutons aussi d'une autre question sensible qui divise le pays : le choix entre la chocolatine et le pain au chocolat. D'apparence futile, ce débat linguistique pose une question qui pèse de nos jours, le choix des mots dont a si bien parlé le philosophe Clément Rosset. Certes, la presse s'amuse et agite des pourcentages qui pencheraient plutôt du côté du pain au chocolat mais pourquoi ces choix et où s'enracinent-ils ? Je me souviens, dans mon enfance, il y avait sur les étagères de mon boulanger les deux, d'une part le petit pain au chocolat, véritable petit pain issu de la même pâte que la baguette et d'autre part la chocolatine, héritière des (...) Lire la suite »

Intervention française au Tchad : l’ineptie de Jean-Yves Le Drian

Kharroubi HABIB
L'intervention militaire française au Tchad, qui a permis de stopper l'avance en direction de N'djamena la capitale d'une colonne motorisée de rebelles tchadiens se réclamant de l'Union des forces de la résistance (UFR) qui combat le régime d'Idriss Deby, a suscité des critiques tant en France qu'internationalement. L'attitude des autorités françaises a, un temps, consisté à les ignorer et à accuser ceux qui les ont formulées de se tromper sur les raisons qu'elles ont eues d'accorder le soutien militaire à l'armée tchadienne. Mardi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian qui, lui-même, ne s'était pas exprimé jusque-là sur la question, a tout de même dû le faire à l'Assemblée nationale en réponse à la question orale d'un député. En guise d'explication de l'action militaire française controversée au Tchad, Le Drian a déclaré que la France est intervenue pour « empêcher un coup d'Etat » et l'a fait à la demande écrite du président Idriss Deby. Ce qui, selon lui, est tout à fait conforme (...) Lire la suite »

Quand un colonialisme en cache un autre

Bruno GUIGUE
Que les enfants yéménites meurent de faim par milliers, que les Palestiniens tombent sous les balles de l’occupant, que la Syrie soit un champ de ruines et la Libye plongée dans le chaos, tout cela ne nous émeut guère. On manifeste, on fait grève, on proteste ? Pas vraiment. Ni manifestations significatives, ni débats dignes de ce nom. Le crime néocolonial passe comme une lettre à la poste. Et pourtant, si nous subissions ce que nos gouvernements infligent à des peuples qui ne nous ont rien fait, que dirions-nous ? Si une alliance criminelle nous condamnait à mourir de faim ou du choléra, comme au Yémen ? Si une armée d’occupation abattait notre jeunesse parce qu’elle ose protester, comme en Palestine ? Si des puissances étrangères armaient des milices pour détruire notre république, comme en Syrie ? Si une coalition étrangère avait bombardé nos villes et assassiné nos dirigeants, comme en Libye ? La tendance des pays dits civilisés à jeter un voile pudique sur leurs propres turpitudes n’est pas (...) Lire la suite »

L’œuvre négative du colonialisme français en Guyane : de la recherche du « roi doré » à la « Montagne d’or »

Saïd BOUAMAMA

Le bagne de Cayenne et le lanceur Ariane sont pour beaucoup de français les seules images de la Guyane. Parfois s’ajoute celle d’un peuple toujours en grèves incompréhensibles quand ce n’est pas celle d’un peuple d’assistés. Derrière ces images médiatiques se cache une réalité coloniale qui emplie la vie quotidienne des guyanais. Faisant partie des « vielles colonies [i] », la Guyane dite « française » est occupée par la France depuis plus de trois siècles. Les colonisateurs espagnols lui donnèrent le nom d’Eldorado en raison de la légende du « roi doré [ii] » décrivant un roi rendant hommage aux dieux en étant enduit d’or de la tête aux pieds. Le résultat en sera un quasi-génocide des six nations autochtones du territoire. Ils sont remplacés par des esclaves comme le démontre le qualificatif « de colonie à esclave » figurant dans les différents projets de colonisation qui se succède à partir de 1626, année où le cardinal de Richelieu installe les premiers établissements français dans ce pays [iii]. Si les raisons de la présence française ont changées au cours des trois siècles d’occupation française, le système social reste jusqu’à aujourd’hui caractérisé par un rapport colonial. L’installation d’un Centre spatial guyanais en 1964 renforce encore cette structure coloniale. 

Du génocide des autochtones à l’engagisme L’arrivée des premiers français se traduit rapidement par une tentative d’asservir les autochtones et devant leur résistance par un massacre de ceux-ci. « Les français dès leur arrivée ont massacré tous les indiens ou ont tenté de les réduire en esclavage [iv] » résume le philosophe Neuville Doriac. En témoigne le massacre qui se déroule en 1857 lors de la conquête de Cayenne. Toutefois ces violences de la conquête furent sans aucune mesure avec celles mises en œuvre dans le reste de l’Amérique Latine pour des raisons que les ethnologues Pierre Grenand, Françoise Grenand et Patrick Menget résument comme suit en déconstruisant les mythes coloniaux produit pour justifier la présence française : Le mythe d’abord : (les contacts entre Blancs et Indiens ont toujours été pacifiques). Rien n’est moins sûr. [...] Comprenant très vite que les intentions réelles des arrivants différaient des leurs, les Amérindiens, par exemple les Galibi, se battirent farouchement. Ce n’est que (...) Lire la suite »

« Israël fait partie intégrante de l’histoire coloniale moderne »

Mitri Raheb
Mohsen Abdelmoumen : Dans votre livre « Faith in the Face of Empire », vous décrivez la souffrance spécifique des chrétiens palestiniens. Pouvez-vous nous expliquer ce que signifie être chrétien palestinien sous l’occupation israélienne ? Rev. Dr. Mitri Raheb : Pour un chrétien palestinien, vivre sous l’occupation israélienne peut signifier des choses différentes. Pour les chrétiens vivant à Gaza, cela signifie vivre dans une grande prison à ciel ouvert sans beaucoup de chances d’entrer et de sortir, et avec des conditions de vie qui se détériorent : seulement 4 heures d’électricité par jour, une eau potable salée et l’air et la mer pollués. Pour les chrétiens palestiniens vivant en Cisjordanie, cela signifie être entouré de colonies juives israéliennes sans espace pour l’expansion, la restriction des mouvements, être entouré de murs et vivre une sorte de système d’apartheid. Pour les chrétiens palestiniens vivant à Jérusalem-est, il s’agit de vivre dans votre propre ville en tant que résident étranger victime (...) Lire la suite »

La marche du retour à Gaza : le génie populaire palestinien fausse les calculs des Israéliens

Tayeb EL MESTARI
« La vérité est la première victime de la guerre » selon Eschyle. L’assertion est vraie dans une guerre classique, mais en situation de résistance populaire à l’oppression coloniale, le mensonge est la première victime. A l’occasion de la grande marche du retour, la propagande mensongère israélienne a volé en éclats. Les médias occidentaux, pourtant sionistes, ont fait le constat unanime qu’Israël a au moins perdu une bataille en réprimant brutalement les Palestiniens : celle de l’image et de la communication. Le droit du retour n’est plus une simple phrase d’une résolution du droit international et connue du seul cercle restreint des militants. Le peuple palestinien a su gagner les cœurs et les esprits, à défaut pour l’instant d’enterrer définitivement le colonialisme israélien. Sa cause a fait son retour sur le devant de la scène alors que presque tous ses soutiens, y compris les plus éclairés et les plus déterminés, étaient gagnés par le désespoir tant la question syrienne a été prégnante et a mis au second (...) Lire la suite »

Patrice Lumumba : à Bruxelles, une place contre l’oubli

Robin DELOBEL, Jérôme DUVAL

Depuis plus de dix ans, des associations revendiquaient, dans la capitale belge, un espace public au nom de l’ancien Premier ministre du Congo assassiné. Jérôme Duval et Robin Delobel, du CADTM, racontent comment c’est devenu le cas.

Réclamé depuis des années par les communautés congolaise et africaine, le conseil communal de la Ville de Bruxelles a approuvé le 23 avril, à l’unanimité, la décision d’un espace public Patrice-Lumumba. Une statue à la mémoire de l’ancien Premier ministre du Congo sera édifiée square du Bastion, aux portes du quartier Matonge, le quartier de la communauté congolaise de la capitale. Démocratiquement élu au moment de l’indépendance, celui-ci avait défié les autorités belges dans un discours anticolonialiste devenu célèbre en 1960, avant d’être assassiné six mois plus tard, le 17 janvier 1961, avec la complicité de responsables belges. Quelques minutes avant ce vote historique, Zoubida Jellab, conseillère communale pour le groupe Ecolo-Groen, se lance dans un discours juste et nécessaire : « C’est un acte historique que nous allons poser aujourd’hui ensemble en baptisant un espace public dédié à la mémoire de Patrice Emery Lumumba, héros national du Congo et donc une référence à notre histoire commune. Nos pensées (...) Lire la suite »

En un mot anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens

Smail HADJ ALI
Le six décembre 2017, rue Larbi Ben M’hidi, à un jeune algérien qui lui disait que la France devait reconnaître ses méfaits en Algérie, le Président Macron demanda, excédé : « Quel âge avez-vous » ? « 26 ans », répondit le jeune homme. « Mais vous n’avez pas connu la colonisation, lui rétorqua le Président français ; qu’est-ce que vous venez m’embrouiller avec ça » ! Au-delà, de l’attitude véhémente à l’égard d’un jeune homme soucieux de son histoire nationale, et de surcroît en son pays, le Président français avait probablement oublié que ce sont des millions d’Algériens qui sont nés après le 5 juillet, date de la proclamation de l’indépendance nationale, et qui donc « n’ont jamais connu la colonisation », et l’auraient à ce titre « embrouillé », tout autant. Ce sont aussi des dizaines de millions de Français qui n’ont jamais connu l’occupation allemande, la trahison nationale vichyste, et la Résistance, mais personne ne leur reprochera de ne pas oublier ce passé. Question. Le Président français aurait-il tenu ces (...) Lire la suite »
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Comment Israël a fait de la Palestine la plus grande prison du monde (Middle East Eye)

Ilan PAPPE

Un ouvrage historique sur l’occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza décrit les techniques militaires utilisées pour contrôler la vie des Palestiniens.

La guerre des Six jours de 1967 entre Israël et les armées arabes a entraîné l'occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Israël a fait passer cette guerre pour une guerre fortuite. Mais de nouveaux documents historiques et minutes d’archives montrent qu'Israël l’avait, au contraire, bien préparée. En 1963, des personnalités de l'armée, des autorités judiciaires et civiles israéliennes ont participé à l'Université hébraïque de Jérusalem à l’étude d’un plan global de gestion des territoires qu’Israël allait occuper quatre ans plus tard et du million et demi de Palestiniens qui y vivaient. Ces recherches étaient motivées par l'échec d’Israël dans le traitement des Palestiniens de Gaza pendant sa courte occupation à l’occasion de la crise de Suez en 1956. En mai 1967, quelques semaines avant la guerre, les gouverneurs militaires israéliens ont reçu des instructions légales et militaires sur la façon de contrôler les villes et villages palestiniens pour continuer à transformer la Cisjordanie et la bande (...) Lire la suite »

Quelle page voulez-vous tourner, M. Macron ?

Ahmed BENSAADA
Mais qu’est-ce que cette manie qu’ont les présidents français post-indépendance algérienne de vouloir déambuler dans les rues d’Alger ou d’autres villes algériennes lors de leurs déplacements officiels ? Veulent-ils tous revivre l’épopée de Napoléon III découvrant, au 19e siècle, son « royaume arabe » ? Sont-ils tous des nostalgiques des bains de foules du général De Gaule qui, en 1958, prononça les célèbres « Je vous ai compris ! » ou, pire encore, « Vive l’Algérie française ! » ? Ou bien aiment-ils tant les « youyous » et les confettis tombant par poignées des balcons ? A-t-on déjà vu un président algérien paradant sur les Champs-Élysées, acclamé par une foule française lui souhaitant la bienvenue ? Le président Macron n’a donc pas dérogé à la règle lors de son récent et court voyage à Alger, histoire de pérenniser ce qui est désormais devenu une tradition franco-algérienne, malheureusement unilatérale. Youyous, confettis et bain de foule étaient bien évidemment au rendez-vous de ce mercredi 6 décembre, ensoleillé pour (...) Lire la suite »
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