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Thème : Démocratie

Le grand simulacre

Dominique MUSELET
« Gouverner, c’est faire croire » a écrit Machiavel. C’est clairement tout ce que notre société a retenu de ce grand penseur, bien qu’il ait surtout été un grand amoureux de la liberté. Selon lui, pour être autonomes, nous devons vivre dans un État libre, c’est à-dire un État, lui-même libre, où la liberté de chacun se mesure à l’aune de la liberté de tous. De fait, toute la société occidentale repose sur le faux-semblant, la capacité de « faire croire ». Naître dans une telle société est hautement perturbant et déstabilisant car un enfant fait naturellement confiance aux adultes qui l’entourent et quand il s’aperçoit que leurs actes sont loin de correspondre à leurs paroles, il se retrouve coincé dans un double-bind. Ou il « trahit » ceux dont il dépend en les démasquant comme des menteurs, des tricheurs, des hypocrites, ou il se trahit lui-même en niant ses perceptions. L’issue de ce combat destructeur dépend de la confiance que l’enfant a en lui-même, et la plupart décident évidemment de s’aveugler au prix de leur (...) Lire la suite »
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Arnaque politico-médiatique, intrigues et trahisons

Ingrid B, entre fraude médiatique et lâcheté politique

Hernando CALVO OSPINA

Le 2  juillet 2008, Ingrid Betancourt fut libérée, ainsi que trois militaires étasuniens. Le président colombien n’informa Sarkozy, son homologue français, qu’au moment où l’avion qui la transportait allait arriver à Bogotá...

I Le 23 février 2002, le président colombien Andres Pastrana annonça la rupture des négociations de paix avec la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, FARC. Pour réaffirmer l’ « autorité de l’État », il décida d’aller jusqu’à San Vicente del Caguán, où les dialogues avaient été menés pendant plus de deux ans. Il ferait en avion les cent cinquante kilomètres à parcourir depuis la ville de Florencia au sud du pays. Plusieurs journalistes étaient invités. Une candidate à la présidence, quasiment inconnue, voulait faire partie du spectacle. Allant d’un respon-sable de la suite présidentielle à un autre, elle en exigeait le droit. Devant leur refus catégorique, elle criait, insultait même et menaçait. Une équipe de journalistes français qui l’accompagnaient hallucinaient devant son attitude, qu’elle ne se serait jamais autorisée en France dans une situation identique. Elle se croit mieux que nous les Colombiens de pure souche parce qu’elle est aussi française, qu’elle écrit mieux en français qu’en (...) Lire la suite »

Un 21 janvier, la France s’est grandie en… raccourcissant Louis Croix V Bâton (1).

Maxime VIVAS

Le 17 avril 1791, Louis Capet, connu aussi sous le nom de Louis Croix V bâton, fait annoncer que lui et sa famille iront comme de coutume à Saint-Cloud, pour y passer la belle saison. On soupçonne un projet d’évasion des Tuileries où il est assigné à résidence, comme un vulgaire Carlos Ghosn au Japon. Une foule de manifestants se réunit place du Carrousel afin de bloquer son équipage. L’atmosphère est tendue, le couple royal est insulté.

Une division de la garde nationale s’est jointe aux émeutiers. Des domestiques, des nobliaux de la Cour sont malmenés. Le cardinal de Montmorency est mis en joue. Louis Capet doit faire demi-tour. Le 21 juin 1791, Louis Capet, sa femme Marie-Antoinette et leur famille tentent de fuir. C’est la fameuse fuite de Varennes. Le projet de Louis Capet est d’organiser hors de Paris une contre-révolution en réunissant des troupes pour attaquer le peuple. Déguisés, ils quittent le palais, ils montent dans une voiture appelée « Citadine », petite, mais plus grande qu’une malle sur roulettes made in Japan, avant de s’installer plus tard dans un véhicule plus spacieux et plus luxueux, spécialement fabriqué en grand secret pour leur fuite. On sait que Louis Capet a été reconnu à Varennes (Lorraine) comme un vulgaire Macron au théâtre des Bouffes du Nord. Tout cet équipage est reconduit à Paris. Lorsque la voiture royale arrive aux Tuileries, la fureur de la foule éclate. Il s’en faut de peu que Marie-Antoinette ne (...) Lire la suite »
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Algérie : Empêcher de voter, est-ce un acte démocratique ?

Ahmed BENSAADA
Posée de la sorte, cette question semble farfelue. Mais pas le moins du monde. Certains membres du Hirak de l’étranger intimident les électeurs qui « osent » se présenter dans les consulats ou dans les bureaux de vote en les traitant de « traitres » ou de « cachiristes » (partisans de l’ancien système). Selon eux, voter est synonyme de trahison à la pureté du Hirak qui veut instaurer une réelle démocratie dans le pays. Ainsi, tous ceux qui n’adhèrent pas à leur vision des choses sont automatiquement des collaborateurs de la « 3issaba » (bande mafieuse). Cette conception étriquée et totalitaire de la démocratie est malheureusement en complète opposition avec les valeurs prônées par ce mouvement de révolte initialement inclusif et rassembleur qui a vu le jour le 22 février 2019. Le Hirak pacifique serait-il en train de muer lentement en un Hirak belliqueux ? La « révolution du sourire » se métamorphose-t-elle en « révolution du rictus » ? Supposons un instant que cette action d’empêchement ou d’interdiction (...) Lire la suite »
C’est l’oligarchie médiatico-politique qui distingue pays démocratiques et pays dictatoriaux

"Par essence démocratique"

FLOREAL
« Les États-Unis d’Amérique sont une grande démocratie ! » : cet article de foi étant posé, Washington pourra bloquer, voire martyriser des pays entiers (Corée du Nord, Vietnam, Cuba, Chili, Irak, Afghanistan, Syrie… et maintenant le Venezuela), torturer à Guantanamo, fermer les yeux sur les massacres à répétition dans les écoles étasuniennes, laisser pourrir en prison des innocents comme Mumia Abu-Jamal ou Leonard Peltier, saboter l’accord mondial sur le climat, se retirer unilatéralement de l’accord de 87 sur les euromissiles, soumettre le monde entier aux caprices de Wall Street et des marchands de « subprimes », cela n’a aucune importance. Il s’agira en effet de bombes « démocratiques », d’embargos « civilisés », voire de tortures « humanitaires »… « Israël est une grande démocratie ! ». Ce dogme étant récité comme un mantra, Netanyahou et ses ministres d’extrême-droite pourront impunément violer cent résolutions de l’ONU, faire du casse-pipes forain sur les jeunes Palestiniens, multiplier les assassinats ciblés (...) Lire la suite »
Les barbares promettent de débarquer rue de Dunkerque à Paris

Communiqué de presse de La France insoumise

LFI (communiqué), J-L. MELENCHON (vidéo)

Sans garantie de protection de notre siège, malgré notre demande, suite à l’appel à manifester du syndicat de Police Alliance, le mouvement de La France insoumise demande aux salariés, militants et aux élus qui devaient s’y rendre demain comme à leur habitude de ne pas le faire.

Nous invitons les personnes fragiles à ne pas se rendre à proximité de son siège, rue de Dunkerque à Paris. Nous ne voulons pas d’incident, pas plus que de nouvelles images de l’émission « Quotidien » qui nous feraient subir un nouveau procès politique pour outrage ou rébellion en bande organisée ! Sous le régime de Macron, la démocratie et la capacité à apprécier et critiquer politiquement les ordres donnés à la police et la doctrine du maintien de l’ordre sont donc suspendues au bon vouloir d’un groupe corporatiste violent. Il s’est notamment illustré pour avoir menacé des magistrats, pris la défense d’un policier suspendu par le Préfet de Police ou encore avoir obtenu la diminution des moyens de surveillance du journal Charlie Hebdo avant les attentats. Christophe Castaner et le Préfet de Police Lallement préfèrent mettre de l’huile sur le feu plutôt que d’ordonner le retrait de cette bande agressive. De nombreux gilets jaunes qui organisaient des manifestations ne respectant pas le délai de 72h de dépôt (...) Lire la suite »
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Cri dans la nuit après le procès de Bobigny

Notre dignité

Adrien QUATENNENS

Tout juste rentré à Lille dans la soirée, épuisé, j’étais parti me coucher. Mais ce soir, je ne trouve pas le sommeil. Après 48 heures passées à la contenir, l’émotion m’atteint

Le même sentiment d’injustice m’a envahi que le jour des perquisitions. Il m’a été insupportable de voir mes plus proches amis et camarades à la barre. En fait, je mesure l’ampleur de ce que nous venons de vivre pendant deux jours au tribunal correctionnel de Bobigny auprès de nos six camarades mis en cause pour les évènements ayant eu lieu lors des perquisitions contre La France Insoumise. Deux jours ? Que dis-je ! Ce que nous vivons depuis bientôt un an que le tribunal médiatique a utilisé contre nous les quelques images illustrant la profonde colère et l’injustice ressentie ce matin là sans que jamais l’ensemble de la matinée ni ses faits générateurs ne soient relatés malgré la disponibilité d’autres images, ni que les raisons de cette colère ne soient jamais interrogées. Rappelons que tout ce cirque a commencé sur la base de deux dénonciations sans preuve et que c’est sur celle-ci qu’une opération disproportionnée digne du grand banditisme ou de l’anti-terrorisme, n’ayant pour seul et véritable objectif (...) Lire la suite »
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La crise en Algérie : Et si les élections étaient le vrai dialogue ?

Djamel Labidi

Les difficultés à composer la commission de dialogue sont, en elles-mêmes, significatives. Elles montrent, notamment, que le processus imaginé, par certaines forces politiques, d'une étape de transition dirigée par une instance exécutive présidentielle, n'est pas viable.

En effet, cette instance, a été envisagée dans sa composition, sur la base du même principe, celui de de "personnalités nationales compétentes et crédibles, ayant la confiance du peuple" , dont on voit, désormais, qu'il n'est qu'une vue de l'esprit et inapplicable dans les conditions actuelles. Il ne reste plus alors, au fur et à mesure que la situation évolue, que les élections comme sortie démocratique de la crise. La raison en est simple : il n'y a que les élections qui peuvent résoudre la question que nous avons à résoudre, celle à la fois de la représentativité et de la légitimité. Aucune autre formule ne peut le faire. Légitimité et représentativité On confond trop souvent les deux notions. Or toute la crise mondiale actuelle de la démocratie, que les démocraties soient anciennes ou naissantes, vient du choc frontal entre ces deux exigences du système démocratique. L'État de droit et la démocratie représentative, tels qu'ils ont existé jusqu'à présent, ne paraissent plus répondre, aux yeux de (...) Lire la suite »

Mieux que le RIC révocatoire, les convocations populistes.

Laurent S

Voici un extrait d’une réflexion plus globale sur une forme de pouvoir législatif populiste, c’est-à-dire qui défend les intérêts du peuple. Il décrit un nouveau droit à accorder aux citoyens sur leurs élus.

Le peuple étant souverain, il doit aussi pouvoir réclamer des comptes à ses élus. Il aura donc l’initiative de rencontres obligatoires via les convocations populistes. Elles sont déclenchées par une centaine de citoyens (de quoi remplir une salle) qui jurent sur l’honneur de s’y rendre et désignent l’un d’eux pour présider cette rencontre. Celui-ci contacte les services du parlement et communique l’ordre du jour, le lieu, la date et le parlementaire souhaités. Ceux-ci essaient de satisfaire au mieux toutes les demandes concurrentes en fonction de critères purement pratiques : proximité géographique du parlementaire, priorité aux régions les moins visitées, aux parlementaires les moins sollicités, priorité liée au caractère de l’ordre du jour. Ils peuvent proposer de fusionner des rencontres et de procéder éventuellement par téléconférence pour les territoires ultramarins. Certaines convocations populistes auront un caractère d’urgence car leur intérêt pourrait être nul ou amoindri passé une certaine date. Les (...) Lire la suite »
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Architecture, ou comment réussir une révolution

Bellagha Ilyes
En premier chef, avançons la révolution comme étant une hypothèse, d’un, pour satisfaire ceux qui nous la nie et surtout qu’elle n’est encore ni accomplie pour parler d’un résultat, ni certaine pour raconter ses péripéties complètes. Elle est un magma chimique et non une implication physique. Elle n’est pas pensée en amont, elle est un flux qui serpente les vallées et terminera bien un jour ou à prendre forme comme une coulée de lave refroidit par le souffle des progressistes, ou réduite en poussières, balayée par le vent des conservateurs. C’est une révolution qui surgit subitement, qui prend le temps qui lui convient et qui finira bien par se calmer après avoir remodelé le paysage qui l’entoure. Une force sous les commandes d’elle-même qui nous laisse juste le privilège de dire : j’y étais. La vraie révolution, pendant son déroulement, ne peut être ni un acquis parmi les acquis déjà répertoriés au sens d’une culture, ni un symbole d’une quiconque vérité historique. Tout ceci viendra le moment venu pour et (...) Lire la suite »
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