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Thème : Espagne
En Espagne, la confusion entre exécutif et judiciaire est totale

Après la campagne électorale. Impressions d’Espagne

Rosa LLORENS

« Victoire des socialistes de Pedro Sánchez » : c’était l ’analyse des élections du 10 novembre en Espagne selon France Info ; c’était court, mais tout faux : les partisans du PSOE de Sánchez ne sont pas socialistes et le PSOE n’a pas gagné.

Sánchez avait voulu de nouvelles élections pour renforcer ses positions, au lieu de quoi, il perd trois députés et rend le pays encore plus ingouvernable. Du reste, qui a gagné ? Tous les partis espagnols (sauf Podemos, qui reste dans l'ambiguïté, ni pour ni contre, bien au contraire) ont déclaré la guerre aux Catalans et ont transformé la campagne en une surenchère de menaces contre eux,reprenant les idées et la phraséologie franquistes. Cette guerre implique une dérive de la démocratie, qui ne concerne pas seulement la Catalogne, mais entraîne l'Espagne tout entière vers un régime de plus en plus autoritaire. Il semble que, hormis Vox, tout le monde a perdu. Mais il serait illusoire, faussement rassurant, de rendre responsable de cette situation le nouveau parti d'extrême-droite Vox. La stratégie de la haine contre la Catalogne remonte à la fin du siècle dernier, (bien avant la déclaration d'indépendance de la Catalogne, le 1er octobre 2017), et a été lancée de deux côtés à la fois : depuis le PP et (...) Lire la suite »
Soirée paloise en hommage à un révolutionnaire de toujours

Jean Ortiz, utopiste impatient

Romain MIGUS, Maxime VIVAS

Le 7 novembre 2019 à 18 heures dans la librairie de l’Espace culturel de Pau, Jean Ortiz avait réuni un public nombreux (plus de 200 personnes) pour présenter son dernier (espérons que non) ouvrage .

Jean était efficacement épaulé par sa compagne Marielle. L’ambassadeur du Venezuela avait tenu à être présent ainsi qu’un responsable de la mairie de Pau. Mais la salle était surtout comble de camarades, d’amis, d’autres lutteurs, parfois venus de loin. « Franco n’est pas mort Culo al sol ! » est un recueil de textes écrits dans la douleur par un vieux toro negro. C’est l’aboutissement d’une réflexion de l’homme aux mille combats auquel se rajoute celui contre la maladie. Principalement axé sur la guerre d’Espagne, la République espagnole, ce livre documenté est étayé par des gravures originales d’une grande beauté. Après un échange soutenu avec le public, Jean Ortiz a cédé la place à un guitariste hors pair, Manolo Rodriguez, virtuose et créatif. Il compose certaines de ses musiques, dont l’une était dédiée à Jean Ortiz, une sorte de récit musical de ce que furent les combats de Jean tout au long de sa vie. Jean a signé 120 livres, un chiffre impressionnant pour qui connaît ce genre de débats. Après la soirée, (...) Lire la suite »

Chut, la Catalogne révoltée saigne et l’Europe fait semblant de ne rien voir !

Yorgos MITRALIAS
Comme en 1936... Ce n’est sûrement pas un hasard si Kurdes et Catalans sont deux peuples solidaires avec des traditions de soutien mutuel et de luttes communes. Mais, ce n’est peut être pas aussi un hasard que Kurdes et Catalans soient ces jours-ci la cible des agressions brutales des Saintes Alliances de notre temps. Sort commun et énième tragédie commune, mais aussi commune la colère populaire et la détermination de poursuivre la lutte !... Cependant, force est de constater que si leurs sacrifices et leurs luttes sont communes, il y a quand même une chose qui les sépare : les médias et les chancelleries de par le monde ne réagissent pas de la même façon face aux heurs et aux malheurs de deux peuples. C’est ainsi que tandis que l’abandon des Kurdes de Syrie par Trump et son massacre par l’armée d’Erdogan émeut, fait descendre dans la rue des milliers de manifestants, mobilise la diplomatie internationale et est couverte par les médias, la répression sauvage du peuple catalan par l’État espagnol (...) Lire la suite »
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Ñigo Errejón, les bobos « de gauche » mollassonne, la presse du PSOE, le sociolibéral « el País » veulent la tête de Pablo Iglesias

URGENT ESPAGNE. L’opération ERREJÓN. Une fusée à plusieurs étages.

Jean ORTIZ

Le jeune intellectuel réformiste IÑIGO ERREJÓN, il y a quelques mois, provoquait une scission au sein de PODEMOS ; numéro deux de la formation, « historique » du 15M « Puerta del Sol ». Il voulait la tête du numéro un, Pablo IGLESIAS.

Numéro deux de Podemos, il ne rêvait que de devenir calife à la place du calife, (sans projet) battre Pablo Iglesias, considéré plus « à gauche » que lui... La plupart des scissions qui ont quitté le PCE depuis les années 1970 ont rejoint les socialistes. Malin, manœuvrier, anticommuniste, ERREJÓN, soutenu par les Bobos « de gauche » mollassonne, les réseaux et la presse du PSOE, l’incontournable et sociolibéral « el País »,° la télé « la Sexta », a procédé par étapes jusqu’à finir hier par tomber le masque et annoncer la création d’un nouveau parti ,« MAS MADRID », (« davantage de Madrid »). L’appellation topographique, dépolitisée, en dit long sur le contenu et les causes de l’opération de division. Les uns et les autres veulent enterrer Unidas Podemos (UP), cette coalition IU-Podemos, où militent la plupart des communistes, des antifascistes, formation qui décolle d’après les derniers sondages, donnée à 15,5% à quelques semaines des élections générales du 10 novembre. Le « score » de la tardive liste ERREJÓN (« Mas (...) Lire la suite »

Analyse des élections générales espagnoles (2019)

République sociale

Ce dimanche 28 avril le peuple espagnol a voté. Un troisième scrutin législatif, en presque autant d’années, pour tenter de sortir de l’impasse politique dans laquelle le pays se trouve. Une impasse qui avait notamment conduit à une motion de censure contre Manuel Rajoy, permettant à la gauche de former un gouvernement alors même que la droite avait remporté le scrutin. Or, de nouveau, ces élections générales n’ont pas permis de dégager une majorité absolue pour un seul parti. Des tractations, qui pourraient durer longtemps, vont donc s’imposer.

Car, si le Parti socialiste des ouvriers espagnols (PSOE) a, de fait, remporté les élections avec 28,68 % des suffrages exprimés, remportant au passage 39 députés supplémentaires que lors de la dernière législature (et 79 sénateurs), portant leur nombre à 123, il ne dispose pas de la majorité absolue qui est de 176 députés. Pedro Sanchez et le PSOE, qui viennent là de remporter leur premier scrutin général depuis 11 ans, vont donc devoir trouver des alliés. Deux options s’offrent à deux : – La première serait celle privilégiée par la plupart des partis sociaux-démocrates européens. Elle consisterait à s’allier au parti centriste Ciudadanos qui, en obtenant 57 députés et 5 sénateurs, arrive troisième du scrutin avec 15,85 % des voix. Néanmoins ces ultralibéraux semblent avoir d’ores et déjà fait leur choix en refusant toute alliance avec le PSOE et en préférant siéger dans l’opposition avec le Parti populaire (qui enregistre son plus bas score, bien qu’arrivant second, en perdant 71 députés, 69 sénateurs et en (...) Lire la suite »

Espagne : élections législatives

Christian RODRIGUEZ
Les résultats : PSOE : 123 sièges PP : 66 sièges Ciudadanos : 57 sièges Podemos : 42 sièges Vox : 24 sièges Autres : 38 sièges Avec une participation élevée de 75,75%, Pedro Sánchez remporte les élections législatives avec 28,68% des voix et 123 sièges sur les 350 que compte le parlement. Il conforte la représentation du PSOE en gagnant 35 sièges mais sans obtenir la majorité absolue de 176 sièges. En avançant les élections de 15 mois, Pedro Sánchez a pris de court Unidas Podemos, aussi victime de ses dissensions internes, qui ne récolte que 42 sièges sur les 71 détenus précédemment. La déroute du PP est impressionnante puisqu’il perd 71 sièges, Ciudadanos en gagne 25 et Vox, extrême-droite nostalgique du franquisme, fait son entrée au Parlement avec 10% des voix et 24 sièges. Les 38 sièges restant sont partagés entre petits partis indépendantistes ou régionaux. La droite est incontestablement battue puisqu’une alliance PP-Ciudadanos-Vox ne recueillerait pas la majorité absolue, ce qui est une excellente (...) Lire la suite »

L’émergence des trois Espagnes

Pol CARRION I HUGUET
. 42,2 % seulement des Espagnols soutiennent le modèle actuel des Communautés Autonomes (CCAA). .L’Espagne se trouve divisée au niveau territorial entre trois paris sur le futur non seulement différents mais antagoniques. L’article 2 de la Constitution Espagnole est ainsi libellé : « La Constitution se fonde sur l’unité indissoluble de la Nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols, et elle reconnaît et garantit le droit à l’autonomie des nationalités et régions qui la constituent et la solidarité entre toutes. » Ainsi donc, il faut présupposer qu’au moment de l’approbation du texte constitutionnel, la majorité de la population espagnole était d’accord sur deux principes fondamentaux : l ‘indivisibilité de l’État et l’autonomie de ses parties. C’est sur la base de ces deux idées qu’on a construit, tout au long de quatre décennies, ce qu’on a appelé le « modèle autonomique ». Mais, 40 ans après, ce consensus existe-t-il toujours ? Les données du CIS [Centre d’Investigations (...) Lire la suite »

Paranoïa, furie répressive et résurrection des zombies franquistes à Madrid !

Yorgos MITRALIAS

Deux événements (interdépendants) marquent l’extrême dangerosité de cet hiver espagnol : La chute libre, l’implosion et la banqueroute définitive (?) de Podemos à gauche, et la montée en flèche de Vox à droite d’une droite espagnole déjà extrême !

Avalanche d’importants développements politiques qui pourraient changer le cours de l’histoire, métamorphose du paysage politique, une cascade d’événements porteurs de tous les dangers,... cet hiver espagnol fait peur car il promet une suite qui semble venir d’un passé tragique Deux sont les événements (interdépendants) qui marquent l’extrême dangerosité de cet hiver espagnol : La chute libre, l’implosion et la banqueroute définitive (?) de Podemos à gauche, et la montée en flèche de Vox à droite d’une droite espagnole déjà extrême ! Et avant tout, Vox ce nouveau parti venu du passé, qui a provoqué un choc avec son résultat aux récentes élections andalouses, mais qui provoque maintenant un choc bien plus grand avec les scores au niveau national attribués à lui par tous les sondages actuels. Quels scores ? Suffisamment importants pour que Vox talonne Podemos et devienne... faiseur de rois de futurs gouvernements à Madrid. Protagoniste de la vie politique espagnole, Vox est aussi protagoniste d’un énorme (...) Lire la suite »
Pour le rapatriement du corps de la journaliste française assassinée par les franquistes

Affaire Renée Lafont : on avance !

Jean ORTIZ

Il y a quelques mois déjà, nous, amis de l’Espagne républicaine, descendants de Républicains espagnols ou simples citoyens français progressistes, avions lancé une pétition-appel, adressée aux autorités françaises pour qu’elles aident à l’exhumation et au rapatriement des restes d’une Française gisant dans une fosse commune de Cordoue.

Cette Française est « une grande dame », avant-gardiste, très féministe, d’une ample culture, écrivaine, journaliste, traductrice émérite. Elle « couvre » la Guerre d’Espagne pour le compte -officiellement- du « Patriote » (journal socialiste) et ne cache pas ses sympathies envers la République. Lors d’un reportage sur le terrain, elle est blessée par des tirs franquistes, capturée et jugée. Une caricature de « tribunal », militaire de surcroît, et la voilà condamnée à mort. Les phalangistes la fusilleront le premier septembre 1936 et jetteront son corps dans la fosse commune du cimetière de la Salud à Cordoue (plus de 2000 Républicains assassinés). Son journal n’y fera référence que fort discrètement, longtemps après. Depuis, Renée Lafont gît à Cordoue, oubliée de tous. La Guerre d’Espagne fit à Cordoue, selon l’historien Francisco Moreno Gomez, 11 582 victimes. Cet historien ami considère que les « registres civils » ne recenseraient qu’un tiers des victimes. Au cimetière de la Salud furent fusillés 4 629 personnes (...) Lire la suite »

La Pilarica contre Sant Jordi : deux fêtes nationales, espagnole, catalane, aux styles opposés.

Rosa LLORENS
On comprend mal, depuis la France jacobine, les enjeux et le sens de la lutte des Catalans, depuis la fin de la dictature franquiste, pour l'autonomie, pendant trente ans, puis, face au refus de dialogue et à l'hostilité de Madrid, pour l'indépendance. Les différences entre les deux fêtes nationales, qui semblent valider l'image traditionnelle des manuels d'une Espagne "sol y sombra" (ombre et lumière), seront peut-être éclairantes. Le 12 octobre dernier, les Espagnols, y compris ceux de Catalogne, ont célébré leur Fête Nationale, dite Fête de l'Hispanité, qui coïncide avec la fête de la Vierge de Saragosse, la Pilarica (=notre petite Vierge du Pilier : c'est une statuette juchée sur un gros pilier). Ces deux éléments de la fête méritent d'être approfondis. La Vierge du Pilier est à la fois la patronne de l'Aragon, de l'Espagne, de l'infanterie, de la Guardia Civil, entre autres ("Dieu ! que j'aime les militaires, les militaires..."). La Fête de l'Hispanité n'a pris ce nom qu'en 1958 ; jusque-là, et (...) Lire la suite »
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