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Thème : Margaret Thatcher

Réflexions après le Brexit : le mythe de l’Europe sociale et la révolution néo-libérale

Nadine ROSA-ROSSO
Le mythe de l’Europe sociale En 1965, Georges Debunne, alors président de la Centrale Générale des Services Publics , écrivait : « L’Europe que nous voulons bâtir n’est pas celle des patrons, des cartels et des trusts, mais une Europe orientée vers la démocratie politique, économique et sociale, vers les relations pacifiques et la coopération avec les peuples » . Pour y arriver, le dirigeant syndical souhaite obtenir, « dans les institutions européennes, les mêmes droits de consultation, de codécision et de contrôle que ceux que les organisations syndicales ont acquis sur le plan national. » Conformément à cette stratégie, il présidera la création de la Confédération européenne des syndicats (CES), le 8 février 1973, dont il sera vice-président, puis président jusqu’en 1985. La CES a toujours été partisane de la création d’États-Unis d’Europe, dotés de compétences supranationales et de l’élargissement à tous les pays démocratiques de l’Europe occidentale. En 1958, le traité de Rome comportait un engagement à « (...) Lire la suite »

La dernière blague de Thatcher : des bourses d’études pour les « dirigeants du futur »

Capitaine Martin

Cela ressemble fort à un canular venu tout droit de Grande-Bretagne. Comme vous le savez, Margareth Thatcher s’est éteinte le 8 avril. Effectuant le plus long mandat ininterrompu de Premier ministre depuis le XIXème siècle, la Dame de fer était connue pour avoir géré d’une manière très personnelle les affaires publiques, déclenchant au passage de violentes polémiques de la part de ses détracteurs.

Il faut dire qu’elle a privatisé tout ce qui pouvait l’être (ou presque…) en engageant une politique économique d’une rare brutalité, inspirée par les idées de Hayek et de Friedman qu’elle s’efforcera d’appliquer jusqu’à leurs conséquences ultimes. Thatcher n’est probablement pas le personnage le plus adulé de l’autre côté de la Manche ; le jour-même de sa mort, des centaines de personnes se sont rassemblées dans les rues de Londres pour célébrer l’événement. La longue grève des mineurs, l’augmentation de la TVA de 8 à 15 % ou ses relations plus que cordiales avec le dictateur chilien Pinochet y sont certainement pour quelque chose. Mais la Dame de fer nous a encore glissé une petite dernière, à titre posthume cette fois-ci. La prestigieuse université d’Oxford a décidé de créer un fonds Margaret Thatcher délivrant des bourses d’études aux « futurs dirigeants ». Ce fonds est doté de 100 millions de livres (soit 118 millions d’euros) et a déjà ses parrains, parmi lesquels, excusez du peu, l’ex Premier ministre (...) Lire la suite »

Dansez sur la tombe de Thatcher, mais rappelez-vous qu’il y a eu un coup d’État au Royaume-Uni

John PILGER
Dans le sillage du départ de Thatcher, je me rappelle ses victimes. La fille de Patrick Warby, Marie, était l’une d’entre elles. À cinq ans, elle souffrait d’une difformité intestinale et avait besoin d’un régime alimentaire spécial. Sans lui, la douleur était abominable. Son père était un mineur de Durham et avait utilisé toutes ses économies. C’était l’hiver 1985, la grande grève avait été lancée depuis près d’un an et la famille était ruinée. Bien que le département de la sécurité sociale n’ait pas nié son éligibilité, il a refusé d’accorder de l’aide à Marie. Plus tard, j’ai obtenu les archives de l’affaire démontrant que le cas de Marie avait été rejeté parce que son père était « affecté par un conflit de travail ». La corruption et l’inhumanité sous Thatcher n’avaient aucune limite. Quand elle est arrivée au pouvoir en 1979, Thatcher a demandé un embargo complet sur les exportations de lait vers le Vietnam. L’invasion étasunienne avait provoqué la malnutrition chez plus d’un tiers des enfants vietnamiens. J’ai été (...) Lire la suite »

Margaret Thatcher, retour sur une Dame de Fer

Diego Sacchi

Quand la nouvelle est tombée, ça a été l’euphorie : bière, ale, lager, parfois même champagne. Ça peut ressembler à un manque de respect à la mémoire des morts, mais on a fêté jusque tard dans la nuit dans les pubs et rues de Brixton, de Glasgow, de Belfast, de Bristol, et très certainement dans plus d’une ville minière d’Angleterre et du Pays de Galles la disparition de la « Iron lady », Margaret Thatcher, Première ministre britannique onze ans durant, entre 1979 et 1990 [1].

Du côté des politiciens bourgeois britanniques, l’heure est plutôt aux louanges et aux regrets pour celle qu’ils considèrent comme une « combattante de la liberté » [2]. Dans ce face-à-face, avec d’un côté la haine et la rancœur tenaces que lui vouent plus d’un ouvrier ou d’une travailleuse britannique, et de l’autre, l’admiration et la gratitude que lui rendent les politiciens, toute tendance confondue à quelques rares exceptions prés , on peut voir la marque de l’héritage laissée par la « Iron Lady », la Dame de Fer et de la véritable « guerre de classe » qu’elle a su mener au profit des classes dominantes pendant plus d’une décennie. Les années Thatcher sont marquées, en Grande-Bretagne, par une série de contre-réformes sociales et économiques brutales, instaurées dans le but d’arracher ce que les mouvements des travailleurs avaient pu conquérir dans l’après guerre. Ce sont également les années d’une profonde transformation de l’économie britannique et mondiale, portée par le dogme de l’économie de marché. C’est (...) Lire la suite »

Trois mots sur Thatcher

Bernard GENSANE

Ce qu’était le Thatchérisme me fut révélé un matin de rentrée des classes dans un petit village résidentiel du Yorkshire au début des années 1980. Une manière d’épiphanie.

J'accompagnais des amis anglais, conservateurs bon teint, qui inscrivaient leurs enfants dans l'école publique du village. Je fus décontenancé de voir des parents sortir de leur portefeuille des billets de cinq livres et les donner à tel ou tel membre du personnel de l'école. De quelles mystérieuses transactions s'agissait-il ? Des coupes sombres - et même claires - ayant sérieusement affecté l'enseignement (je ne parle même pas de la suppression de la pinte de lait quotidienne par Thatcher quand elle avait été ministre de l'Éducation et des Sciences au début des années soixante-dix), les écoles durent trouver de nouvelles ressources. D'où, dans cette école comme dans d'autres, la création de clubs de toutes sortes (photo, football, philatélie, aéromodélisme etc.) que les enfants ne pouvaient fréquenter que contre espèces sonnantes et trébuchantes. Comme je me trouvais dans un environnement bourgeois et de droite, je n'entendis aucune récrimination parentale. Le mythe fondateur de Maggie, c'est sûrement (...) Lire la suite »

Thatcher, on baisse le rideau !

Robert GIL

Face a la bienveillance politique de tout bord à l’annonce de la mort de l’ancien premier ministre britannique, voici deux réactions bien différentes, mais au combien plus justes en mémoire de tout ceux qui ont souffert et son morts a cause de son obstination et son obstination a défendre le système capitaliste et ultra libéral qui n’en fini pas de nous entrainer droit dans le mur.

Premièrement une déclaration du cinéaste Ken Loach : "Margaret Thatcher fut le premier ministre le plus diviseur et destructeur des temps modernes : chômage de masse, fermeture d'usines, des communautés détruites, voilà son héritage. Elle était une combattante et son ennemi était la classe ouvrière britannique. Ses victoires, elle les a obtenues grâce à l'aide des figures politiquement corrompues du Parti travailliste et de nombreux syndicats. C'est à cause des politiques mises en place par elle que nous sommes aujourd'hui dans cette situation. D'autres Premiers ministres ont suivi son exemple, notamment Tony Blair. Elle a tiré les ficelles, il fut sa marionnette. Souvenez-vous qu'elle a qualifié Mandela de terroriste et qu'elle a pris le thé avec Pinochet, ce tortionnaire et assassin. Comment lui rendre hommage ? En privatisant ses obsèques. Faisons jouer la concurrence et allons au moins offrant. C'est ce qu'elle aurait fait." Deuxièmement celle de David Hopper, ancien responsable régional du (...) Lire la suite »

Margaret Thatcher est morte, mais pas ses idées*

Dwaabala

Entre 1979 et 1990, elle avait mené une politique économique fortement libérale, opérant une réduction du rôle de l’État dans la vie économique et sociale.

J'avoue qu'à l'annonce de la mort Mme Margaret Thatcher j'ai pleuré, avant de reprendre deux fois des moules, que j'ai trouvé trop salées à cause de mes larmes. Lorsqu'elle est tombée en enfance il y a plusieurs années, le grands médias n'ont cessé de spéculer sur la survie du système libéral après sa disparition. Les mêmes spéculations entourent aujourd'hui la France. A les croire, elle avait été bien meilleure que Tony Blair, meilleure que Nicolas Sarkozy, meilleure que Angela Merkel. Il n'y avait personne dans tout l'Univers que les détenteurs du capital ne rêvaient voir plus éternelle qu'elle. Celle qui a su se faire le porte-parole et le bras musclé des traders, des banquiers, des friqués, des exploiteurs, des laissés pour compte par la misère, celle qui a allumé en ces derniers la flamme de la bassesse des sentiments, de la suspicion, de l'individualisme, de la lâcheté, de la corruption, celle qui a défié et écrasé les forces populaires et syndicales, celle pour qui les bourgeois du monde (...) Lire la suite »

Le coeur de Thatcher s’est arrêté. Elle en avait donc un.

Denis THOMAS
Margaret Thatcher est morte à 87 ans. La paix vient (enfin) à son âme. La Dame de Fer qui a dirigé le Royaume Uni de 1979 à 1990 fût un exemple pour nombre d'ultra conservateurs de part le monde. Nicolas Sarkozy n'hésitait pas à la citer en privé. Elle fut la cause de la disparition des bassins miniers anglais au début des années 80. De la destruction progressive de la Sécu britannique, et de la guerre des Malouines. Aussi. Personne, ou presque, ne s'en souvient, mais au coeur du conflit qui agitait les puits de charbon en lutte pour leur survie elle avait proféré à la télévision : « il faut éradiquer les pauvres, car ils n'ont aucune utilité pour le pays ». Dans le pub où j'étais, médusé devant cette déclaration, les bières avaient fusé sur le pauvre téléviseur. Même le barman et propriétaire y était allé de son jet de chope… Les Bobbies chargeaient les grévistes à cheval et à coups de matraques plombées. Je couvrais, tout jeune, l'évènement. Malouines : « Réjouissons-nous » En avril 1982, alors que les (...) Lire la suite »
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