RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Des Blacks Pour Un Beur Libyen, Des Blancs Pour Un Noir Ivoirien.

L’Afrique s’est diversement illustrée en noir et blanc (N&B) dans les dossiers libyen et ivoirien en négociant pour un Beur en butte à une rébellion armée par l’Occident et en livrant son Noir aux Blancs de la force "Licorne", des Français qui n’ont pas voulu perdre la face sur tous les plans, étant allés à Canossa en Libye et cherchant coûte que coûte à se refaire une santé sur le dos du couple Gbagbo tenu responsable moins pour la vie des suppliciés noirs de la guerre post-électorale que de la mort d’un Jean Hélène et/ou d’un Guy André Kieffer disparu le 16 avril 2004, principalement .

La porte-parole de Ouattara est sans ambages à ce sujet, ce lundi 11 avril, malgré les tentatives de rattrapage subséquentes : "Il a été arrêté par les forces françaises qui l’ont remis aux forces républicaines". En bon hédoniste aimant la vie qu’il continue de croquer de belles dents, d’après les images muettes diffusées après son arrestation, Gbagbo a facilité la tâche à Sarkozy en restant vivant au moment de l’irruption des Français ; sa mort aurait été inacceptable et les colonisateurs qui peuvent encore bombarder des palais présidentiels africains, cinquante ans après l’indépendance, auront sans doute la décence de négocier la vie de Laurent et de Simone Gbagbo, pour se rattraper auprès de leur propre opinion et de la communauté africaine. Surtout s’ils ont tous bénéficié de ses largesses, comme avec Khadafi, au demeurant.

Si, en effet, cinq présidents africains et un chef de la diplomatie volontaires et mandatés comme médiateurs par l’Union africaine, ont séjourné les 10 et 11 avril derniers en Libye, dans l’espoir d’obtenir une trêve dans une rébellion armée par l’extérieur pour faire tomber Khadafi, au mépris du droit élémentaire, sur la Côte d’Ivoire, en revanche, le silence coupable de l’Afrique des dictatures n’étonne guère : tous plus ou moins mal élus, les chefs d’État africains ne pouvaient, dans leur majorité, irriter une France ou d’une Amérique de Sarkozy et de Obama à la recherche d’une prolongation (deuxième mandat hypothétique) connue sur l’ancien continent, berceau des présidents à vie qui ont sans doute nourri le secret espoir de voir Gbagbo tenir tête.

Parmi les objectifs visés, figuraient la "cessation immédiate de toutes les hostilités", l’acheminement de l’aide humanitaire et l’ouverture d’un dialogue entre le régime et l’insurrection encadrée par les États-Unis et la France, principalement Paris.

Le président sud-africain Jacob Zuma et ses homologues du Congo, du Mali, de Mauritanie et d’Ouganda ont également proposé une "période transitoire" pour l’adoption de réformes politiques censées éliminer les "causes de la crise actuelle", et qui dormaient dans quelque tiroir depuis près de trois ans, selon le camp du guide libyen.

Ils seront confortés par les assaillants de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) lorsque le secrétaire général reconnaissait le même jour l’impasse militaire et s’appesantissait sur l’aspect diplomatique à privilégier, et ceci bien que ses troupes aient continué de bombarder des cibles innocentes.

Le relatif succès libyen est cependant éclipsé par le douloureux spectacle d’un Gbagbo ramené à l’état d’un Saddam Hussein traqué et extirpé d’un trou à rat pour être soumis à ce spectacle dégradant d’un prisonnier de guerre sans droit ni dignité, palpé, tâté, "adéannisé", exactement comme on faisait de l’esclave noir avant sa livraison à de nouveaux maîtres.

Les Africains exclus de la cour des grands ont démontré toute leur intelligence dans le dossier -libyen, en fermant pudiquement les yeux sur le sort des Ivoiriens livrés aux mercenaires, aux soldats de l’Organisation des Nations-Unies et aux militaires français.

Des coalisés de circonstance, en mal d’autorité parce que faisant route vers un second mandat des plus incertains, avaient décidé de fermer le ciel africain à des chefs d’États souverains qui ne demandaient pourtant qu’à être utiles à leurs frères de race. Mobilisés au nom du continent pour apporter une réponse africaine, ils seront éconduits sans autre forme de procès alors qu’on leur demandait d’aller voir à Paris s’ils y étaient, ce qu’ils refusèrent dignement… tout en avouant leur impuissance morale coupable face au pays de Houphouët-Boigny.

Si, comme le notait "Jeune Afrique" le 11 avril même, "c’est donc plutôt l’impuissance ou l’inertie de l’Union africaine, de la Cedeao et de l’ONU qui ont incité Paris à monter en première ligne, visiblement à reculons", une logique raciale face à un anti-français primaire avait fait pencher la balance du côté du boulanger ivoirien qui a su entretenir "les « amis » de Sarkozy (qui) ne se sont d’ailleurs jamais aussi bien portés qu’avec le leader du FPI : Bolloré, Bouygues, Veolia, Vinci, France Télécom ou Total peuvent en témoigner... », conclue malicieusement Marwane Ben Yahmed.

Pathé MBODJE
Journaliste, sociologue

URL de cet article 13381
   
AGENDA

RIEN A SIGNALER

Le calme règne en ce moment
sur le front du Grand Soir.

Pour créer une agitation
CLIQUEZ-ICI

George Corm. Le nouveau gouvernement du monde. Idéologies, structures, contre-pouvoirs.
Bernard GENSANE
La démarche de Georges Corm ne laisse pas d’étonner. Son analyse des structures et des superstructures qui, ces dernières décennies, ont sous-tendu le capitalisme financier tout en étant produites ou profondément modifiées par lui, est très fouillée et radicale. Mais il s’inscrit dans une perspective pragmatique, non socialiste et certainement pas marxiste. Pour lui, le capitalisme est, par essence, performant, mais il ne procède plus du tout à une répartition équitable des profits. Cet ouvrage est (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

"La vérité, c’est que le gouvernement ne peut construire une prison qui soit pire que celle qui consisterait à trahir ma conscience ou mes principes."

Chelsea Manning.

Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
43 
Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
93 
Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
22 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.