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Auteur : Yann FIEVET

Impératifs

Yann FIEVET
L’époque est aux impératifs. Impératifs paraît-il inéluctables. Les sociétés humaines seraient ainsi contraintes de se soumettre , de choisir la fuite en avant. Trois impératifs tiennent le haut du pavé de la soumission contemporaine à laquelle l’on fait cependant semblant de résister afin de faire accroire que l’on maîtrise encore le cours des évènements les plus inquiétants. L’impératif climatique d’abord : le réchauffement de la planète est réputé inéluctable tout comme ses conséquences catastrophiques pour les écosystèmes. L’impératif économique ensuite : l’ordre néolibéral de la mondialisation, financiarisée chaque jour davantage, serait sans appel possible et il faut donc en accepter les sombres dégâts sociaux et environnementaux. L’impératif technologique enfin : il est impossible de retenir le « progrès » techno-scientifique présenté comme le salut d’une humanité confrontée à de trop nombreux périls. Pour couronner ce triptyque et en prendre toute la pleine mesure il convient de comprendre que les trois (...) Lire la suite »

La jeunesse contre le vieux monde

Yann FIEVET
Le vieux monde n’en finit pas de s’accrocher à ses vieilles lunes, celles qui ont fait un temps sa fortune mais le poussent désormais vers un abîme insondable. Le vieux monde ici désigné est celui qui croit mordicus que son avenir réside toujours dans les feux ardents d’une Croissance infinie quand la plupart des ressources disponibles sont finies. Il s’agit du monde des « pays avancés », celui des économistes orthodoxes qui ne jurent que par l’extension des marchés pour l’avènement prochain du Marché total quel qu’en soit le coût social et environnemental. C’est aussi celui de tous ceux qui suivent aveuglément cette dévorante folie. Malgré les nombreuses et pertinentes dénonciations de ce monde sans cesse maladroitement ripoliné les inégalités sociales criantes y persistent ou y prospèrent. De COP en COP le péril climatique grandit. Cependant, 2019 pourrait marquer un tournant : voilà que la jeunesse semble vouloir se dresser contre l’incurie générale. Une poussée inattendue mais probablement pas sporadique. (...) Lire la suite »
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L’inéluctable destin du néolibéralisme

Yann FIEVET

Les laudateurs du néolibéralisme ne tarissent pas d’éloges à l’encontre de ce mode particulier de gestion de l’économie capitaliste et des sociétés qui le portent. Par l’extension toujours plus large de son périmètre et de la liberté de ses acteurs le Marché est paré de toutes les vertus.

Il serait le plus à même de générer la Richesse, de répondre au mieux aux besoins des individus et de l’Humanité, de contenir raisonnablement les inégalités socio-économiques. Le quidam moyen qui n’a pas eu le courage de lire les cogitations profondes des théoriciens patentés du néolibéralisme – tels Hayek ou Friedman – mais garde les yeux ouverts sur l’actualité du monde qui l’entoure, peine à croire à ces promesses énoncées voilà soixante ans au moins et savamment entretenues depuis. On lui répond qu’il est trop impatient, que les efforts nécessaires pour parvenir à tous ces bienfaits n’ont pas encore été suffisants, que cela ne serait qu’une question de temps. L’observateur critique reprend alors la parole pour poser une question faussement naïve : pourquoi le temps du néolibéralisme rime-t-il avec toujours plus d’autoritarisme ? Il est peut-être temps de prendre vraiment conscience que le néolibéralisme n’est pas qu’une simple rénovation du libéralisme économique forgé au XIXe siècle. Le vertige alors pourrait (...) Lire la suite »
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En route vers le grand dépit national

Yann FIEVET
La France vit en ce début d’année un beau moment de surréalisme exacerbé. Un « grand débat » a été décidé et lancé à l’échelle du pays tout entier par Le Président de la République soi-même. Il s’agirait de connaître enfin « ce que veulent vraiment les Français ». En même temps (!) il s’agirait de répondre à « la crise des gilets jaunes ». On observe là une habile tentative de noyer le poisson : englober les revendications légitimes portées par les gilets jaunes dans un grand déballage où tous les Français sont appelés à émettre leurs doléances à partir d’un catalogue de sujets choisis en haut-lieu. Habile tentative car cela permet de contourner une évidence : ce que demande les gilets jaunes on le connait pour l’essentiel. On peut même ajouter que ces doléances-là sont connues depuis longtemps. D’une manière certaine, elles sont toutes contenues depuis des années dans les alertes des sociologues, économistes hétérodoxes et autres intellectuels effrayés par l’ampleur des dégâts sociaux et territoriaux perpétrés par la (...) Lire la suite »
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Scandalisés

Yann FIEVET
L’air de l’offuscation sonne enfin au sein de la mactronie. Le mouvement des « gilets jaunes » n’y est évidemment pas pour rien. Cependant, nous allons le voir, l’offuscation est ici des plus cocasses. Elle sonne faux car elle vient se plaquer sur une réalité que l’on fait mine de comprendre et n’est donc pas consécutive à une empathie sincère envers le sort des humbles mobilisés sur les ronds-points et autres péages. Depuis que le souverain a parlé ce fameux lundi soir de décembre toute sa cour, membres du Gouvernement comme députés du bon bord en rangs serrés, clame une étonnante chanson. Le refrain lancinant en est le suivant : depuis plusieurs semaines, les Français expriment de profondes attentes, nous devons y répondre, c’est pourquoi le Président a lancé, partout en France, un grand débat. L’unisson est tellement impeccable et la conviction des propos si forte que nous avons vraiment l’impression que tous avaient tout compris depuis longtemps des vrais problèmes du pays, que tous n’attendaient que le (...) Lire la suite »

La marmite et son couvercle

Yann FIEVET
"Dans ce monde, moi je suis et serai toujours du côté des pauvres. Je serai toujours du côté de ceux qui n’ont rien et à qui on refuse jusqu’à la tranquillité de ce rien." Federico Garcia Lorca « La violence est chose grossière chez les ouvriers (…) mais le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente de gestes désordonnés. Quelques hommes se rassemblent dans l’intimité d’un conseil d’administration et décident. Ainsi tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, se dérobe et s’évanouit dans une sorte d’obscurité. » Jean Jaurès, 1906 Comme notre fin d’année repeinte en jaune a paru belle à tous ceux qui désespèrent depuis longtemps de l'inexorable avancée du rouleau compresseur de l’économie néo-libérale et de sa production d’inégalités sans cesse plus criantes ! Depuis près de quatre décennies, au gré des alternances factices, nous assistons impuissants à la dégradation de la qualité des services (...) Lire la suite »

Le grand assèchement

Yann FIEVET
Lorsque demain les historiens se pencheront – une fois dissipées les brumes de l’actualité trop proche – sur la vie sociale et politique que traverse la France d’aujourd’hui, ils ne manqueront probablement pas de souligner à quel point majeur le macronisme aura magistralement et prestement vidé de sa substance le champ politique. En effet, par la grâce d’Emmanuel Macron la chose politique, qui ne se construit véritablement que dans l’action collective, n’est déjà plus. Après ce grand assèchement mortifère la reconstruction, à condition qu’elle soit possible, sera longue et difficile. C’est probablement du bas de la société que devra naître la nécessaire révolution sociale et écologique. Au sommet, le pourrissement est sans doute trop avancé pour qu’un sursaut puisse survenir de l’intérieur de ce qui est devenu un microcosme sourd et aveugle aux maux les plus criants de notre temps. Le grand dessein du macronisme, au-delà du discours de façade teintés de grandiloquence républicaine et accompagné de gestes épars (...) Lire la suite »
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Quand il suffit de traverser la rue

Yann FIEVET
Comme la vie devient facile sous le règne d’Emmanuel Macron ! Tellement facile que les citoyens en arrivent presque à se demander pourquoi ils se compliquaient l’existence jusqu’à l’avènement du majuscule pédagogue aux solutions évidentes pour toutes sortes de problèmes qui taraudaient auparavant nombre de fieffés inquiets. Ainsi, la question du chômage que nous trouvions terrible il y a peu de temps encore est beaucoup moins grave qu’il y paraît dès lors que l’on accepte d’être résolument positif. Du travail il y en a partout. On change de trottoir et les emplois pleuvent comme vache qui pisse. Il faut seulement ne pas avoir peur de traverser la chaussée. Nous avons donc bien changé d’époque puisque voilà les propos de comptoir érigés en vérités présidentielles. Les ouailles rassemblées virtuellement dans la grande Eglise macronienne sont bien sûr paternellement priés d’apprendre le nouveau catéchisme ultralibéral. Cependant, pour accéder à l’idée – érigée en dogme - de la « vie facile » insidieusement promue (...) Lire la suite »
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Une vaisselle de dingue !

Yann FIEVET
Au royaume de France, la « première dame » aime la belle vaisselle. Cela tombe à pic : le pays compte parmi ses plus beaux fleurons artistiques ancestraux la manufactures de Sèvres et ses somptueuses productions. Rien n’étant trop beau pour le Palais de l’Elysée et Emmanuel Premier nous ayant rapidement habitués à régner en monarque absolu, sa souveraine épouse eut toute latitude pour passer récemment commande à la célèbre manufacture d’un nouveau service de table pour les dîners d’apparat organisés au château. Cette commande comptant 1 200 pièces, dont 900 assiettes de présentation et 300 assiettes à pain, pourrait coûter, selon l’estimation du Canard enchainé, la bagatelle d’un demi-million d’euros ! Une polémique occupe alors les dîners en ville : les uns crient au gaspillage des deniers publics, les autres estiment qu'il s'agit là d'un soutien à une industrie de luxe et d'un investissement dont il serait malséant de chipoter le prix. Le peuple éclairé par les fastes de l’Histoire de son pays accepte souvent (...) Lire la suite »

Zone à défoncer

Yann FIEVET
NDDL, quatre lettres qui résonnent depuis longtemps comme un emblème. L’emblème d’une résistance à la conception d’un monde cruellement dépassé mais auquel les acteurs dominants de l’économie marchande, de la finance omnipotente et de la classe politico-médiatique sans imagination s’accrochent désormais désespérément. L’un des slogans de cette remarquable Résistante était sans ambiguïté : « Non à l’aéroport et à son monde ! ». La lutte des zadistes, en partie victorieuse depuis l’abandon du projet d’aéroporp, est maintenant également emblématique de la violence d’Etat que M. Macron s’échine à incarner fièrement en maints endroits de la vie sociale. Les défenseurs les plus convaincus d’un système ne capitulent jamais sans dommages : lorsque la partie semble leur échapper leur méchanceté foncière, longtemps enfouie sous le couvercle de la bienséance trompeuse, éclate en pleine lumière. Le 9 avril dernier, le gouvernement a rompu très brutalement le dialogue engagé après la décision d’abandon du projet d’aéroport (...) Lire la suite »
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