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Auteur : Bernard GENSANE

Frappes

Bernard GENSANE
Il faudrait que tous ceux qui s'expriment sur Internet (et ailleurs) arrêtent d'utiliser l'expression “ frappes chirurgicales ”. Il s'agit en effet du calque étasunien “ surgical strikes ”. C'est-à-dire des “ frappes ” tellement précises et ciblées qu'elles détruisent au millimètre près (en évitant, cela va sans dire, au maximum, les “ dommages collatéraux ”, autrement dit des civils innocents). Et, sous-entendu, qu'elles “ soignent ” (quoi ? Je vous le demande). Les expressions “ frappes chirurgicales ” et “ dommages collatéraux ” datent au moins de la guerre du Vietnam. Elles ont succédé au “ tapis de bombes ” (le tristement célèbre “carpet bombing”). Mes parents me racontaient qu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à Arras, comme dans le reste du nord de la France, les habitants étaient capables de reconnaître un bombardement yankee d'un bombardement britannique. Les cow-boys volaient à 6000 mètres et lâchaient la purée n'importe où. Les Brits volaient à 2000 mètres et ciblaient une gare, une usine, une (...) Lire la suite »

Tension à l’Université de Toulouse – Jean-Jaurès

Bernard GENSANE
Des personnels de l’université viennent de lancer une pétition intitulée “ L'Université ne mérite pas ça – Appel de l'Université Toulouse - Jean Jaurès ”. Cette pétition est une réponse à celle lancée par les collègues de la Maison de la Recherche qui soutiennent la politique de sélection du gouvernement et appellent à demi-mots à une intervention policière sur le campus. Ce texte a l’extrême singularité d’être signé anonymement (je n’avais personnellement jamais vu cela en cinquante ans de pratique de l’université française). La Dépêche a repris la pétition des anti-grévistes tandis que les appels à vider l'Université des crypto-zadistes (les personnels et étudiants en lutte) se multiplient. Cette pétition invite la minstre à « ne pas reculer » et affirme que repousser le calendrier des examens serait « criminel ». Le texte est ici. L’appel des grévistes est plus large et plus positionné sur le fond : contre la ORE (loi Orientation et réussite des Etudiants), maintien d’un vrai baccalauréat national. Les signataires (...) Lire la suite »

Ma pharmacie communique sur un programme cul-cul

Bernard GENSANE

Á la demande d’un certain Maxime V., voici un article, pas vraiment féministe je le concède, tiré de mon blog.

Jusqu’où va-t-on s’enfoncer dans le globish ? Avec la caution d’une profession paramédicale – en l’occurrence les pharmaciens – les marchands du temple nous invitent à nous préoccuper de notre fessier. Leur plan-cul, autrement dit ... Observez cette affiche apposée à 15 mètres de chez moi (j’adore les grands reportages où je ne suis pour ainsi dire pas obligé de sortir de ma chambre), sur la devanture de la pharmacie Gambetta, sise juste à côté de la station de métro Garibaldi à Lyon. Un programme dit « Bum Bum » garantit des fessiers rebondis. Il nous offre au passage, par l’entremise de « Planet Fitness », trois mois de « coaching ». Le premier qui douterait de la caution des hommes et femmes de sciences que sont les pharmaciens qui assurent que Bum Bum « brûle les graisses », « raffermit la peau » et « diminue la cellulite » (quelle jolie expression : « diminuer la cellulite » !) sera condamné à cent fessées sur son Bum Bum. Comme la communication politique, la publicité est intrinsèquement, par essence, un (...) Lire la suite »
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Aux États-Unis, les médias sont libres et pluralistes !

Bernard GENSANE
Bon, d'accord, comme des perroquets en cage, mais tout de même ! C'est donc par le plus grand des hasards que des volées de présentateurs du groupe de médias Sinclair (193 stations qui seront bientôt 233 après une fusion avec un autre groupe, excusez du peu !) répètent exactement les mêmes paroles au même moment. Il s'agissait de dénoncer les fausses nouvelles (les “ fake news ”), ce nouveau concept Zunien dont on nous abreuve dans le monde entier, comme s'il pouvait y avoir d'un côté des “ vraies ” nouvelles et, de l'autre, des nouvelles “ erronées ”, comme ça, toutes brutes de décoffrage. Comme si un fait existait (ou n'existait pas) par la simple magie d'une énonciation. Il faut être un macroniste de base pour se figurer le discours sur le monde de manière aussi simpliste et simplette. Dénonciation des fausses nouvelles avec en arrière-plan l'idée piégeuse selon laquelle un journaliste qui s'y adonne peut passer pour un soutien de (...) Lire la suite »

Le Monde Diplomatique (avril 2018)

Bernard GENSANE
Pour Theresa May, Poutine est capable de tuer, donc il est coupable (Serge Halimi) : « La police estime que l’enquête prendra « de nombreux mois »,mais la première ministre britannique Theresa May a déjà identifié le coupable : l’ordre de tuer M. Sergueï Skripal serait venu du Kremlin. Pour le ministre des affaires étrangères Boris Johnson, le « comportement dangereux du président Vladimir Poutine » constitue en effet le « fil rouge »rattachant la tentative d’empoisonnement de l’ancien colonel des services de renseignement russes réfugié au Royaume-Uni à tous les forfaits antérieurs de Moscou : « l’annexion de la Crimée », « les cyberattaques en Ukraine », « le piratage du Bundestag », « l’ingérence dans plusieurs élections européennes », « l’indulgence envers les atrocités perpétrées par Assad en Syrie ». Allan Popelard et Paul Vannier observent une renaissance des travaillistes au Royaume-Uni : « Un pays où les divisions caractériseraient avant tout le camp conservateur ? Où la gauche susciterait l’enthousiasme des (...) Lire la suite »

« Belle » journée !

Bernard GENSANE
Des linguistes, des sociologues l’ont exprimé il y a bien longtemps : la langue que nous parlons n’est pas en nous. Nous sommes dans la langue. Une des raisons pour lesquelles, lorsque le capitalisme financier nous oblige insidieusement à nous exprimer en anglo-américain, dans la langue de Wall Street, en globish, il se commet un crime d’acculturation contre notre intelligence, notre intégrité, notre identité. Nous entrons dans la langue comme dans un costume déjà taillé pour nous. En tant que “ garçon ”, je ne peux pas me représenter à quel point une fille française, souffre lorsqu’on lui dit, dès la prime enfance, qu’elle appartient par raccroc au genre humain car elle n’est pas un “ Homme ”. Comment reçoit-elle, dès les petites classes, la notion que, en grammaire, en “ bon français ”, le masculin l’emporte sur le féminin ? Ce costume prêt-à-porter dans lequel nous entrons tout petits, la langue de notre mère, la langue de l’école, est, comme l’a formulé Émile Benveniste, « nécessairement l’instrument (...) Lire la suite »

Le Monde Diplomatique, mars 2018

Bernard GENSANE
Pour Serge Halimi, l'offensive du capitalisme financier est "générale" : “ Un ancien ministre de l’économie socialiste qui, plus tard, créera un parti libéral à son image a un jour détaillé l’art et la manière d’enfanter une société de marché : « N’essayez pas d’avancer pas à pas. Définissez clairement vos objectifs et approchez-vous en par bonds en avant qualitatifs afin que les intérêts catégoriels n’aient pas le temps de se mobiliser et de vous embourber. La vitesse est essentielle, vous n’irez jamais trop vite. Une fois que l’application du programme de réformes commence, ne vous arrêtez plus avant qu’il soit terminé : le feu de vos adversaires perd en précision quand il doit viser une cible qui bouge sans arrêt. » M. Emmanuel Macron ? Non, M. Roger Douglas, en novembre 1989, en Nouvelle-Zélande. Il livrait alors les recettes de la contre-révolution libérale que son pays venait d’expérimenter. ” Pour Michael Klare, Washington relance l’escalade nucléaire : « La pression politique intérieure oblige chaque jour (...) Lire la suite »

Les enseignants français doivent-ils demeurer fonctionnaires ?

Bernard GENSANE
La réponse est évidemment : non ! Allons, soyez sérieux. Dans de nombreux pays semblables au nôtre, ils ne le sont pas ou plus. Précisons : outre-Manche, les professeurs ne sont pas fonctionnaires mais agents publics. Á aucun moment de leur carrière ils ne jouissent de la garantie de l’emploi. La situation peut varier d’un comté à un autre, d’une autorité locale (équivalent des académies) à une autre. L’enseignant signe un contrat avec l’autorité locale qui lui verse un salaire sur la base de grilles nationales (tout de même !). En Allemagne, deux statuts coexistent, celui de fonctionnaire et celui d’employé du secteur public. Dans certains Länder (pas tous, ne rêvons pas !), les enseignants sont recrutés sous contrats gouvernementaux permanents. Leur statut est alors proche de celui des fonctionnaires. Mais, outre-Rhin, il faut montrer patte blanche, avec patience. Un premier contrat doit donner satisfaction aux autorités des Länder qui élaborent des statuts de stagiaire à géométrie variable. Si (...) Lire la suite »
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Chez les Étasuniens : nourriture, capitalisme et barbarie (II)

Bernard GENSANE
La malbouffe touche d’abord les plus pauvres. Plus la nourriture est industrielle moins elle est chère pour le consommateur. Cette nourriture est conçue principalement pour les gens qui ont de faibles salaires et qui n’ont pas le temps de préparer à manger tellement leurs journées de travail sont longues. Les repas pris en famille sont de plus en plus rares, la tendance étant de ne plus cuisiner du tout mais de prendre dans le congélateur une nourriture sous plastique déjà préparée. Les bonbons et boissons sucrées sont très bon marché et les légumes coûtent aussi cher que les burgers. Une des raisons pour laquelle la viande est d'un prix très abordable est que les producteurs reçoivent des subventions de l’Etat. Ces subventions frappent les producteurs de viande hors des États-Unis car ils ne peuvent aligner leurs prix sur ceux de l’Empire. L’industrie alimentaire renforce l’accoutumance aux trois goûts que les humains affectionnent : sucré, salé et gras. Les Étasuniens consomment chaque année des (...) Lire la suite »

Chez les Étasuniens : nourriture, capitalisme et barbarie (I)

Bernard GENSANE
Aux États-Unis, l’agro-alimentaire (exploitations agricoles, usines de transformation, points de vente) est sous la coupe d’une poignée de firmes transnationales qui échappent aujourd’hui à tout contrôle démocratique, divers textes de loi autorisant les entreprises à garder secrètes les informations concernant leurs pratiques. Elles ont de beaux jours devant elles car 80 à 90% de ce qu’ingèrent les Étatsuniens sont des produits transformés. La nourriture est de plus en plus industrielle et complètement déconnectée de la nature : on trouve en effet de tout à tout moment. C’est toujours le même problème avec la poule et l’œuf : avant la Deuxième Guerre mondiale, on ne sait trop si l’agro-alimentaire industriel naquit de la demande de la restauration rapide ou si cette restauration n’était autre que le débouché inévitable de la production agricole industrielle. La restauration rapide (style McDonalds) répondit à un moment de l’exploitation des travailleurs étasuniens. Comme ils étaient employés de plus en plus (...) Lire la suite »
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