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Auteur : Bernard GENSANE

Le Monde Diplomatique (juin 2018)

Bernard GENSANE
Qui sont désormais les « paillassons de Washington » demande Serge Halimi : « Les suppliques et les marques d’affection de trois dirigeants européens — M. Emmanuel Macron, Mme Angela Merkel et M. Boris Johnson — venus cajoler M. Donald Trump n’auront servi à rien : le président des États-Unis a riposté en les humiliant. Il les menace de représailles commerciales et financières s’ils ne violent pas l’accord qu’ils ont eux-mêmes conclu il y a trois ans avec l’Iran. Les États-Unis ayant radicalement changé de position sur le sujet, leurs alliés n’ont plus qu’à s’aligner. Aux yeux de M. Trump, Paris, Berlin et Londres ne pèsent pas lourd, beaucoup moins en tout cas que Riyad ou Tel-Aviv. » Ibrahim Warde revient sur le « diktat iranien de Donald Trump : « Donald Trump a bâti sa carrière sur le principe que tout est renégociable. Une fois un immeuble terminé, le promoteur invoquait la piètre qualité des travaux (ou d’autres prétextes) pour éviter d’honorer ses engagements. Il imposait alors de nouvelles conditions aux (...) Lire la suite »

Sylvie Simmons. I’m Your Man. La vie de Leonard Cohen

Bernard GENSANE

Édité sous la direction de Jean-Paaul Liégeois. Traduit de l’anglais par Élisabeth Domergue et Françoise Vella. Paris : L’Échappée, 2018.

Lorsque Bob Dylan fut distingué par un prix Nobel de littérature – qu’il alla chercher à reculons, certains estimèrent que Leonard Cohen aurait dû l’obtenir à sa place. Ne connaissant pas in extenso l’œuvre de ces deux géants de la culture populaire, je ne me prononcerai pas. Cette nième biographie de Leonard Cohen arrive à point : chaleureuse mais retenue, empathique mais juste, dans la proximité mais avec suffisamment de recul pour assurer une approche objective. Ne jamais oublier que Cohen n’était pas étasunien mais canadien. Il est né en 1934 dans une banlieue plutôt aisée de Montréal, son père étant un tailleur de confection haut de gamme. Sa famille se rendait à la synagogue tous les samedis. Enfant, Leonard apprit l’hébreu. Mais il faudra de longues années avant que Leonard s’imprègne vraiment de judaïsme. Adolescent, c’est plutôt l’hypnose qui le passionne. La bonne de la maison, qu'il parvint à faire se dénuder, fut sa première victime. C’est vers l’âge de quinze ans que la poésie, la musique, le (...) Lire la suite »

SNCF : faisons le point

Bernard GENSANE
Pour les cheminots, la lutte continue. Ils se battent pour eux, et aussi pour nous, usagers – pardon : « clients » – de ce qui doit demeurer un service public, et pour nous citoyens face au capitalisme financier qui nous aliène et nous bouffe la vie. Il faut les aider matériellement. Pour ma part, c’est fait, et ce sera, si nécessaire, fait de nouveau. Quels sont les enjeux ? Au premier chef, empêcher la privatisation de cette société, voulue par Macron, après que d’autres – la droite, les faucialistes – ont privatisé La Poste, France Télecom, Air France et d’autres fleurons qui appartenaient à l’État, c’est-à-dire au peuple. Macron a choisi la méthode des ordonnances, dans le cadre d’un calendrier accéléré pour faire ratifier son projeeeet avant la fin juin. Il veut soumettre le rail à la concurrence, ce qui n’est en aucune manière une obligation de la réglementation européenne, quoiqu’en disent la Macronie et les médias à sa botte. Nous sommes ici dans un choix purement idéologique. Il veut changer le (...) Lire la suite »

Le Monde Diplomatique (mai 2018)

Bernard GENSANE
Serge Halimi évoque Mai 68, « un espoir d’océan » : « Dans la vie d’un peuple, c’est un moment précieux. Le couvercle des lois sociales se soulève. Soudain, la résignation, les habitudes deviennent des sujets de réflexion, puis sont remises en question. Le « fleuve des villes grises, et sans espoir d’océan » en rencontre d’autres, s’illumine ; et tous rejoignent la mer. Le « pourquoi pas ? » succède au « c’est comme ça ! ». Une contagion des soulèvements — il y a cinquante ans, on ne parlait pas encore de « convergence des luttes » — rappelle que l’histoire n’est pas finie, que les réformes et les révolutions qui l’ont façonnée voulaient souvent abolir l’obligation d’obéir et de subir. En mai 1968, la répétition générale ne fut pas suivie d’une première. Un soulèvement marqué par l’une des plus grandes grèves ouvrières de l’histoire de l’humanité eut même sa postérité entachée parce que ses incarnations les plus médiatisées furent aussi celles qui avaient le plus mal tourné. Fauché en octobre dernier, le dirigeant étudiant (...) Lire la suite »

Frappes

Bernard GENSANE
Il faudrait que tous ceux qui s'expriment sur Internet (et ailleurs) arrêtent d'utiliser l'expression “ frappes chirurgicales ”. Il s'agit en effet du calque étasunien “ surgical strikes ”. C'est-à-dire des “ frappes ” tellement précises et ciblées qu'elles détruisent au millimètre près (en évitant, cela va sans dire, au maximum, les “ dommages collatéraux ”, autrement dit des civils innocents). Et, sous-entendu, qu'elles “ soignent ” (quoi ? Je vous le demande). Les expressions “ frappes chirurgicales ” et “ dommages collatéraux ” datent au moins de la guerre du Vietnam. Elles ont succédé au “ tapis de bombes ” (le tristement célèbre “carpet bombing”). Mes parents me racontaient qu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à Arras, comme dans le reste du nord de la France, les habitants étaient capables de reconnaître un bombardement yankee d'un bombardement britannique. Les cow-boys volaient à 6000 mètres et lâchaient la purée n'importe où. Les Brits volaient à 2000 mètres et ciblaient une gare, une usine, une (...) Lire la suite »

Tension à l’Université de Toulouse – Jean-Jaurès

Bernard GENSANE
Des personnels de l’université viennent de lancer une pétition intitulée “ L'Université ne mérite pas ça – Appel de l'Université Toulouse - Jean Jaurès ”. Cette pétition est une réponse à celle lancée par les collègues de la Maison de la Recherche qui soutiennent la politique de sélection du gouvernement et appellent à demi-mots à une intervention policière sur le campus. Ce texte a l’extrême singularité d’être signé anonymement (je n’avais personnellement jamais vu cela en cinquante ans de pratique de l’université française). La Dépêche a repris la pétition des anti-grévistes tandis que les appels à vider l'Université des crypto-zadistes (les personnels et étudiants en lutte) se multiplient. Cette pétition invite la minstre à « ne pas reculer » et affirme que repousser le calendrier des examens serait « criminel ». Le texte est ici. L’appel des grévistes est plus large et plus positionné sur le fond : contre la ORE (loi Orientation et réussite des Etudiants), maintien d’un vrai baccalauréat national. Les signataires (...) Lire la suite »

Ma pharmacie communique sur un programme cul-cul

Bernard GENSANE

Á la demande d’un certain Maxime V., voici un article, pas vraiment féministe je le concède, tiré de mon blog.

Jusqu’où va-t-on s’enfoncer dans le globish ? Avec la caution d’une profession paramédicale – en l’occurrence les pharmaciens – les marchands du temple nous invitent à nous préoccuper de notre fessier. Leur plan-cul, autrement dit ... Observez cette affiche apposée à 15 mètres de chez moi (j’adore les grands reportages où je ne suis pour ainsi dire pas obligé de sortir de ma chambre), sur la devanture de la pharmacie Gambetta, sise juste à côté de la station de métro Garibaldi à Lyon. Un programme dit « Bum Bum » garantit des fessiers rebondis. Il nous offre au passage, par l’entremise de « Planet Fitness », trois mois de « coaching ». Le premier qui douterait de la caution des hommes et femmes de sciences que sont les pharmaciens qui assurent que Bum Bum « brûle les graisses », « raffermit la peau » et « diminue la cellulite » (quelle jolie expression : « diminuer la cellulite » !) sera condamné à cent fessées sur son Bum Bum. Comme la communication politique, la publicité est intrinsèquement, par essence, un (...) Lire la suite »
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Aux États-Unis, les médias sont libres et pluralistes !

Bernard GENSANE
Bon, d'accord, comme des perroquets en cage, mais tout de même ! C'est donc par le plus grand des hasards que des volées de présentateurs du groupe de médias Sinclair (193 stations qui seront bientôt 233 après une fusion avec un autre groupe, excusez du peu !) répètent exactement les mêmes paroles au même moment. Il s'agissait de dénoncer les fausses nouvelles (les “ fake news ”), ce nouveau concept Zunien dont on nous abreuve dans le monde entier, comme s'il pouvait y avoir d'un côté des “ vraies ” nouvelles et, de l'autre, des nouvelles “ erronées ”, comme ça, toutes brutes de décoffrage. Comme si un fait existait (ou n'existait pas) par la simple magie d'une énonciation. Il faut être un macroniste de base pour se figurer le discours sur le monde de manière aussi simpliste et simplette. Dénonciation des fausses nouvelles avec en arrière-plan l'idée piégeuse selon laquelle un journaliste qui s'y adonne peut passer pour un soutien de (...) Lire la suite »

Le Monde Diplomatique (avril 2018)

Bernard GENSANE
Pour Theresa May, Poutine est capable de tuer, donc il est coupable (Serge Halimi) : « La police estime que l’enquête prendra « de nombreux mois »,mais la première ministre britannique Theresa May a déjà identifié le coupable : l’ordre de tuer M. Sergueï Skripal serait venu du Kremlin. Pour le ministre des affaires étrangères Boris Johnson, le « comportement dangereux du président Vladimir Poutine » constitue en effet le « fil rouge »rattachant la tentative d’empoisonnement de l’ancien colonel des services de renseignement russes réfugié au Royaume-Uni à tous les forfaits antérieurs de Moscou : « l’annexion de la Crimée », « les cyberattaques en Ukraine », « le piratage du Bundestag », « l’ingérence dans plusieurs élections européennes », « l’indulgence envers les atrocités perpétrées par Assad en Syrie ». Allan Popelard et Paul Vannier observent une renaissance des travaillistes au Royaume-Uni : « Un pays où les divisions caractériseraient avant tout le camp conservateur ? Où la gauche susciterait l’enthousiasme des (...) Lire la suite »

« Belle » journée !

Bernard GENSANE
Des linguistes, des sociologues l’ont exprimé il y a bien longtemps : la langue que nous parlons n’est pas en nous. Nous sommes dans la langue. Une des raisons pour lesquelles, lorsque le capitalisme financier nous oblige insidieusement à nous exprimer en anglo-américain, dans la langue de Wall Street, en globish, il se commet un crime d’acculturation contre notre intelligence, notre intégrité, notre identité. Nous entrons dans la langue comme dans un costume déjà taillé pour nous. En tant que “ garçon ”, je ne peux pas me représenter à quel point une fille française, souffre lorsqu’on lui dit, dès la prime enfance, qu’elle appartient par raccroc au genre humain car elle n’est pas un “ Homme ”. Comment reçoit-elle, dès les petites classes, la notion que, en grammaire, en “ bon français ”, le masculin l’emporte sur le féminin ? Ce costume prêt-à-porter dans lequel nous entrons tout petits, la langue de notre mère, la langue de l’école, est, comme l’a formulé Émile Benveniste, « nécessairement l’instrument (...) Lire la suite »
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