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Auteur : Bernard GENSANE

Pierre Serna. L’extrême centre ou le poison français, 1789-2019.

Bernard GENSANE
En tant qu’historien, Serna (proche politiquement de Jean-Luc Mélenchon et collaborateur régulier de L’Humanité) opère, dans les deux sens, un aller et retour permanent entre le passé et le présent. L’historien « débusque dans le présent des formes rejouées, renouvelées, réinventées du passé. » Il montre que, depuis la Révolution française, notre pays s’épuise, non dans l’affrontement droite gauche, mais sous le poids de l’extrême centre. Avec le banquier éborgneur, la situation est devenue paroxystique. Pour l'historien, en effet, l'extrême centre est un mode de gouvernement qui prône une politique modérée conduite par un exécutif autoritaire. Nous vivons désormais avec un pouvoir qui se veut courtois sous les lambris de l’Élysée mais brutal et policier au ras du sol : des centaines de personnes ont été blessées à vie par l’utilisation de tirs de balles de défense le plus souvent à hauteur du visage, sur ordre du banquier éborgneur. Les classes laborieuses sont redevenues des classes dangereuses. Le chômeur est (...) Lire la suite »

Le Monde Diplomatique (juillet 2019)

Bernard GENSANE
Serge Halimi doute que l’Europe puisse être à la fois libre-changiste et écologiste : « En remportant 10 % des sièges lors de l’élection du Parlement européen, les écologistes ont réveillé un vieux débat sur le positionnement politique de leur mouvement. Est-il plutôt de gauche, comme le suggèrent la plupart des alliances qu’il a nouées jusqu’ici, ou plutôt libéral, comme l’indiquent à la fois le ralliement à M. Emmanuel Macron de plusieurs anciens dirigeants écologistes (MM. Daniel Cohn-Bendit, Pascal Canfin, Pascal Durand) et certaines coalitions qui, en Allemagne, incluent déjà la droite et les Verts ? » Peut-on réconcilier l’industrie et la nature, demande Jean Gadrey : « Ayant associé le développement économique et l’amélioration des conditions de vie, les forces politiques progressistes ont longtemps négligé l’impact des activités humaines sur l’environnement. L’urgence de protéger la planète impliquerait-elle de renoncer aux bienfaits de la société industrielle ? Pas nécessairement, dès lors que mutent (...) Lire la suite »

Fed up with French ! (Ras-le-bol du français !)

Bernard GENSANE
« You’re welcome », me dit le youtuber un peu yuppie sur les bords. J’avais le blues. Je venais de me faire squeezer à cause du staff turnover rate de ma boîte. J’avais beau être stainless, mature, les réunions professionnelles étaient devenues de vrais mauls. On ne prenait plus la peine d’échanger le moindre greeting. Moi, je ne pensais plus qu’à mon fonds de pension, une perspective un peu just, pas vraiment dopante. En plus je venais d’être victime d’un dognapper. Adieu, mon labrit des Pyrénées ! Je venais au bureau en casual Friday – surtout en cas de shitstorm – et je ne lisais plus que de la celebrity gossip press. Ma mère, en bonne housewife ambitieuse pour sa progéniture, m’avait poussé à être un broker, ce qui n'était pas ma tasse de thé. Tout comme un buddy un peu fake, un chap complètement nerd, dont je découvrirai qu’il n’était pas secure. J’avais réalisé un lip dub envoyé à des talent scouts. J’avais assisté à plusieurs master classes pour savoir si je matchais pour le poste. Peanuts ! Je m’étais (...) Lire la suite »
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Alice Guy, la première vraie cinéaste au monde

Bernard GENSANE
C’est en voulant me documenter de nouveau sur Louis Le Prince, chimiste français émigré en Grande-Bretagne et auteur du premier film cinématographique que je suis tombé sur la Française Alice Guy, réalisatrice (pardon : réalisateure) du second film de fiction de l’histoire du cinéma. Je connaissais l’existence de Le Prince depuis très longtemps car cet inventeur de génie s’était installé dans le West Riding du Yorkshire, à deux pas d’un endroit où j’ai beaucoup séjourné. Le 14 octobre 1888, Le Prince filma ses beaux-parents et son fils pendant deux secondes et demi. Après une brève et féconde carrière, Le Prince disparaîtra de manière très mystérieuse dans le train Bourges-Paris. On évoquera un possible assassinat ou un suicide. Enfoncés, les frères Lumière ! Inventeurs de génie – et, accessoirement, ardents soutiens de Mussolini et Pétain – ils tournèrent leur premier film le 19 mars 1895 en plantant leur caméra devant leur usine avant de tourner, quelques mois plus tard, L’arroseur arrosé, premier film de fiction (...) Lire la suite »

Le Monde Diplomatique (mai 2019)

Bernard GENSANE
Juan Branco évoque l’« indomptable Julian Assange » : Réfugié politique depuis 2012 dans l’ambassade d’Équateur à Londres, Julian Assange a été livré aux autorités britanniques le 11 avril. S’il est extradé aux États-Unis, le fondateur de WikiLeaks risque gros. En dévoilant des millions de documents sensibles, il a fait le travail qu’on attend des journalistes ; est-ce pour cela que tant de ses confrères l’ont abandonné ? » Pour Serge Halimi et Pierre Rimbert, nous assistons actuellement à un « Tchernobyl médiatique » : « Depuis l’élection de M. Donald Trump, l’élite journalistique mondiale propage une théorie du complot selon laquelle le Kremlin contrôle la Maison Blanche. Une enquête a pulvérisé cette élucubration. Le cercle de la raison est-il devenu paranoïaque ? » Wolfgang Streeck envisage « un empire européen en voie d’éclatement » : « Pour la première fois depuis l’Acte unique en 1986, des forces politiques conservatrices et nationalistes puissantes ne proposent pas de quitter l’Europe mais de l’asservir à leur (...) Lire la suite »

Le Monde Diplomatique (avril 2019)

Bernard GENSANE
Dans ce numéro d'avril 2019, Serge Halimi évoque un très nauséabond cordon sanitaire contre les forces de gauche : « Voici des décennies que la puissance électorale de l’extrême droite sert de police d’assurance aux libéraux de gauche et de droite : n’importe quel bourricot modéré franchit sans peine la ligne d’arrivée une fois opposé à une formation politique irrecevable, infréquentable, irrespirable. Lors de l’élection présidentielle française de 2002, le résultat de M. Jean-Marie Le Pen stagna entre les deux tours, passant de 16,8 % à 17,8 %. Dans le même temps, celui de son rival Jacques Chirac s’envola de 19,8 % à 82,2 % des suffrages exprimés. La même opération a permis à M. Emmanuel Macron de l’emporter en 2017, quoique avec une marge moins spectaculaire. Ce qui a réussi contre l’extrême droite, les libéraux comptent le refaire contre la gauche. Ils cherchent donc à bâtir contre sa progression éventuelle un mur des valeurs qui la rendra suspecte à son tour. Et obliger ainsi ceux qui ne supportent plus les (...) Lire la suite »

Alain Juppé au Conseil Constitutionnel : la Vème République dans tout son éclat

Bernard GENSANE
Quel triste sire ! D’ailleurs, l’a-t-on déjà vu rigoler un bon coup ? Il aura été le plus fidèle des Chiraquiens. Normal : comme son modèle, il n’aura cessé de fluctuer, de changer d’avis. Sur le capitalisme, le gaullisme, la place des femmes dans la politique, le mariage pour les homosexuels, l’islam, l’immigration, le Front national. Il a même voté Krivine en 1969, trouvant que Pompidou « manquait de punch ». Il s’est défini comme « catholique agnostique ». Lors de la guerre fratricide Chirac-Balladur, il s’est dit fidèle à Balladur tout en soutenant Chirac (ou l’inverse, quelle importance !). Va comprendre, Charles ! Il ne fut en vérité – contrairement à une proclamation bravache – jamais « droit dans se bottes ». Mais toujours, globalement, de droite, comme le sera son ralliement à Macron après avoir quitté une famille politique qui l’avait accompagné pendant des dizaines d’années. Il vient d’intégrer le Conseil constitutionnel, nommé par Richard Ferrand, l’une des consciences noires du macronisme. Quoi qu’il (...) Lire la suite »
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Le Monde Diplomatique (mars 2019)

Bernard GENSANE
Pour Serge Halimi, le président français joue les pyromanes en reconnaissant le « président » autoproclamé du Venezuela : « Le pire n’est point arrivé tant qu’on peut dire : “Ceci est le pire. ” » Ces jours-ci, la diplomatie française fait penser à ce vers du Roi Lear. À l’issue du quinquennat de M. François Hollande, on croyait avoir atteint le fond ; quelques-uns prédisaient même un sursaut d’orgueil. Après tout, dès lors que les États-Unis affichaient leur souverain mépris envers les capitales européennes et leur désir de se dégager des obligations du traité de l’Alliance atlantique, pourquoi ne pas en profiter pour quitter l’OTAN, renoncer à la politique de sanctions contre Moscou et imaginer la coopération européenne « de l’Atlantique à l’Oural » dont rêvait le général Charles de Gaulle il y a soixante ans ? Enfin libre de la tutelle américaine – et adulte ! Pour Frédéric Lordon, il faut sortir de l’impasse européenne : « Plutôt que de porter sur les problèmes communs de l’Union, les élections européennes (...) Lire la suite »

Pierre Verhas, Rébecca Lejeune. L’émancipation sans la charité.

Bernard GENSANE
Pierre Verhas est depuis longtemps un ardent défenseur du peuple palestinien et de sa cause. Avec Rébecca Lejeune, il vient de publier un petit livre fort bien documenté sur la BASR (Bethlehem Arab Society for Rehabilitation), une association très active œuvrant en faveur des handicapés physiques et mentaux en Palestine. Le mot “ Rehabilitation ” recouvre les notions de réadaptation à la vie et de réintégration dans la vie de la cité. Depuis plus d’un siècle, en effet, le peuple palestinien est frappé dans sa chair mais aussi dans son esprit par une occupation militaire d’une extrême brutalité. Il doit pleurer ses morts, et aussi réparer ses vivants. Avec la BASR, ce peuple a mis sur pied une entreprise de soins « humaniste et moderne ». Le livre s’ouvre sur un résumé bref et rigoureux du contexte historique, dont je me contenterai de retenir les points suivants. La Palestine – le mot date de 5 siècles avant Jésus Christ – fut d’abord une région historique de la Turquie d’Asie (Grand Larousse, 1909). (...) Lire la suite »

Le Monde Diplomatique (février 2019)

Bernard GENSANE
Pour Serge Halimi et Pierre Rimbert, « Au mouvement des « gilets jaunes » le chef de l’État français a répondu en lançant un « grand débat national ». Ce genre d’exercice postule que les conflits sociaux s’expliquent par des problèmes de communication entre le pouvoir et ses opposants, plutôt que par des antagonismes fondamentaux. Une hypothèse hasardeuse… » Raphaël Kempf analyse le glissement des violences policières vers les violences judiciaires : « Débordé par un mouvement social inédit, le gouvernement français s’est lancé dans une surenchère législative, au risque d’entraver la liberté de manifester. Entretenant un rapport cynique avec la violence, il enjoint à tous de la condamner, sauf quand elle relève de sa responsabilité. À défaut d’issue politique, il joue le pourrissement et engage une répression sans précédent depuis les années 1960. Qui a peur de l’initiative citoyenne ?, demandent Guillaume Gourgues etJulien O’Miel : « En réclamant la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC), les « (...) Lire la suite »
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