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Auteur : François RUFFIN

François Ruffin à la cérémonie des César

François RUFFIN
Lors de l'édition 2017 des César, François Ruffin a remporté celui du meilleur documentaire pour son film Merci Patron, qui raconte les conséquences sur une famille de la délocalisation d'une usine LVMH. Après avoir reçu son trophée, il s'est lancé dans un discours particulièrement musclé. Ruffin arborait un maillot à l'effigie de Bolloré, propriétaire de Canal+ qui retransmettait la cérémonie, maillot que le cadreur s'efforça de montrer le moins possible. La fin du discours de Ruffin où il remerciait les héros de son film, les Klur et Marie-Hélène Bourlard, ex-déléguée CGT, a été couverte par la musique soudain devenue assourdissante (LGS). "Mon film, il parle d'une usine qui part en Pologne et qui laisse derrière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c'est une usine d'Amiens, qui s'appelle Whirlpool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même histoire puisque maintenant ça part là aussi en Pologne. Ça fait maintenant trente ans que ça dure dans l'ameublement, dans (...) Lire la suite »
Entretien avec Emmanuel Todd sur le mouvement Nuit Debout

Emmanuel Todd : « Nuit debout contre le grand vide »

François RUFFIN
Fakir : C’est un petit truc, Nuit debout… Emmanuel Todd : Il ne faut pas dire ça. D’abord, c’est peut-être une petite chose mais au milieu de rien. Et ça, le fait que les médias s’intéressent à cette petite chose, c’est aussi un signe du grand vide. Les journalistes, qui certes appartiennent à des grands groupes, liés à l’argent, qui certes ne remettront jamais en cause ni l’euro ni l’Europe ni le libre-échange, mais qui sont des gens diplômés, pas toujours bêtes, ils sentent ce grand vide. Ils savent qu’ils donnent la parole à des hommes politiques méprisables, inexistants, tellement creux. Eh bien, ce qui se dit, ce qui se passe place de la République, et sur les places de province, parce qu’il faut regarder l’ouest de la France, Rennes, Nantes, Toulouse, la jeunesse des villes universitaires, ce qui se dit sur ces places, pour aussi farfelus que ce soit, ça vaut toujours mieux que ce grand vide. Et il ne s’agit pas seulement de remplir des pages, de vendre du papier… Fakir : Ça remplit l’âme ? C’est (...) Lire la suite »
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Quand des stars du foot risquaient leur carrière, voire leur vie, pour la démocratie et la justice

Antoine DUMINI, François RUFFIN
Ils ont marqué l’histoire du football, et pas seulement par leur jeu. Socrates au Brésil, Carlos Caszely au Chili, Robbie Fowler au Royaume-Uni : ces joueurs se sont engagés à leur manière en faveur des opprimés. Les deux premiers contre les dictatures latino-américaines, le troisième en faveur des dockers en grève de Liverpool. A l’heure où le foot est totalement dominé par l’argent et une logique économique malsaine, ces trois portraits nous rappellent qu’une autre conception du football est possible. En partenariat avec Fakir Éditions à l’occasion de la sortie du livre « Comment ils nous ont volé le football ». (Bastamag) Chili : un footballeur contre Pinochet « Très peu de sportifs se sont fait connaître pour des prises de positions politiques ou sociales. Par peur. Parce qu’ils ont peur qu’on leur fasse payer. C’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé. Je continue de payer la note aujourd’hui car j’ai cru à la valeur de la démocratie. » Chili, 11 septembre 1973. La junte militaire renverse par un coup (...) Lire la suite »

Mieux que la Bourse : les hommes

François RUFFIN

Le journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

La générosité, ça paie. La mesquinerie, ça se paie. C’est vrai pour les Roms. Et pour la petite Julie. La preuve par les harkis : eux avaient combattu pour la France, parlaient français pour beaucoup, saluaient le drapeau, bref, étaient prêts à « s’intégrer », pleinement « assimilables ». Et pourtant, vingt ans après, on a abouti à un désastre dans la seconde génération : chômage record, délinquance, voitures brûlées. Et pourquoi ? Parce qu’ils étaient « inassimilables » ? Non, à cause de notre pingrerie. Pour n’avoir pas mis le paquet, amplement, généreusement, largement, dès leur arrivée. Va-t-on, éternellement, répéter cette histoire ? * * * Faut que je prévienne d’abord. Les drames des Roms, à la radio, pardonnez-moi mais franchement, j’écoute ça d’une oreille distraite. Y a du monde pour s’indigner à ma place. C’est bon, je passe mon tour. Mais un chiffre a retenu mon attention : 17 000. Quoi ? 17 000. J’ai vérifié sur Internet : « Alors que la population Rom vivant en France est évaluée à 20 000 personnes, l’étude du (...) Lire la suite »
Ne le répétez pas, dit-il, mais les CDI, c’est fini. Hollande devra faire ce travail.

Alliance de crasses

François RUFFIN

« La fin du CDI » ? Il y a un an, les financiers en rêvaient. Aujourd’hui, Hollande le fait. Avec la bénédiction de la CFDT.

Le vendredi 11 janvier au soir, le Médef et la CFDT signent un « accord sur l'emploi ». « Un tournant majeur du quinquennat de François Hollande », salue Libération, « une première victoire sur la scène nationale », une « négociation [qui] apporte une bouffée d'air au dialogue social dans un pays au bord de l'asphyxie », etc. Laurence Parisot, aux anges, déclare que « ce soir, les partenaires sociaux ont placé la France en haut des standards européens en matière de marché du travail et de relations sociales », que c'est un « accord historique parce que son contenu est profondément innovant, parce qu'il couvre un champ très large de la vie du travail, de la vie sociale, parce qu'il va transformer la gestion des ressources humaines ». Pourquoi la patronne des patrons jubile-t-elle ainsi ? Parce que ce texte va « déjudiciariser la procédure de licenciement ». Et donc les faciliter. Ce qui est une priorité, c'est logique, dans un pays qui compte - officiellement - plus de trois millions de chômeurs, plus 10% en (...) Lire la suite »
Le fondateur de la Sécurité sociale n’était pas dans le dico. C’est réparé

Fakir refait le dico  !

François RUFFIN

Il a fallu attendre plus de soixante ans, et Fakir, pour que le fondateur de la Sécurité sociale entre dans le dico…

C'était il y a un an : « … et son nom ne figure même pas dans le dictionnaire ! Johnny Hallyday, oui, Rika Zaraï, oui, mais Ambroise Croizat, non ! » C'est son biographe, Michel Etiévent, qui me racontait ça, plein d'indignation, lors d'un reportage à Notre-Dame de Briançon, la ville de naissance du « ministre des travailleurs ». Qu'Ambroise Croizat, fondateur de la Sécurité sociale en 1945, ne figure pas dans le dico ? J'avais du mal à le croire. De retour à Amiens, j'ai ouvert le Petit Robert des noms propres. Et en effet : on trouvait bien « Croiza, Claire, cantatrice française (1882-1946) », puis « Crolles (38190). Commune de l'Isère », mais entre les deux, nul « Croizat, Ambroise ». Etonné par cette hiérarchie, j'ai appelé la rédaction du Petit Robert : « Un dictionnaire ne peut pas être exhaustif, m'a averti une collaboratrice. Je suis bien d'accord. Mais là , c'est l'initiateur de la Sécu… Oui, et alors ? Et vous avez la place pour une cantatrice et pas pour lui… Vous voulez en venir où ? (...) Lire la suite »
Prends l’oseille et tire-toi.

La nouvelle arme anti-patrons : le magnéto de Mickaël !

François RUFFIN, Grégoire SOUCHAY

Mickaël Prince, délégué CGT de Stef-TFE, ne s’est pas laissé acheter par son patron. Il a tout refusé : le chèque de 40000 €, la promotion comme cadre... et il a enregistré toute la conversation ! Depuis, son entreprise fait de son mieux pour le virer. En soutien à Mickaël, rendez-vous le 13 mars à 12h30 devant le tribunal d’Amiens.

« Allô ? Monsieur Prince ? Oui ? C'est Monsieur Morvan, le directeur de la région Normandie-Ile de France. On veut vous voir, pour parler de votre parcours professionnel dans le groupe. Pas de problème. On se rencontre à la plate-forme de Chaulnes quand vous voulez. Non, on préfèrerait un endroit plus discret. » C'est donc au Novotel de Longueau, près d'Amiens, que Mickaël Prince, délégué CGT de Stef-TFE - « le leader du transport frigorifique en Europe » - se rend le 14 février 2006 pour rencontrer sa direction. Qui lui offre un chèque de 40 000 €, en échange de son mandat syndical. « Toi, t'as répondu, "40 000 €, c'est pas assez" ? on le taquine. Nan, j'ai dit non. Quand même, on n'est pas des objets. On peut pas vous acheter comme ça, du jour au lendemain. Et en rentrant à TFE Chaulnes, j'ai rempli une fiche de frais pour le déplacement, et dessus, j'ai mis "achat du délégué syndical". C'était un message, pour dire que je n'étais pas à vendre. » Pour que le message soit encore plus clair, il (...) Lire la suite »

Leur Grande Trouille - journal intime de mes "pulsions protectionnistes"

François RUFFIN
GoodYear, Continental, Whirlpool, Parisot-Sièges... Depuis dix ans, à travers la Picardie d'abord, la France ensuite, j'ai visité des usines de robinets, de pistons, de cacao, de lave-linge, de canapés, de chips ; de yaourts, avec toujours, au bout, la défaite. Ca m'a lassé de pleurnicher. Mieux valait préparer la contre-offensive. C'est quoi, leur grande trouille, en face ? Leur peur bleue ? Il suffit de parcourir le site du MEDEF. Ou de lire leurs journaux, Le Monde, La Tibune, Les Echos : Laurence Parisot, Enrnest-Antoine Seillière, tous les PDG et leurs porte-plume, s'effraient des "tentations de protectionnisme", se mobilisent contre ce "spectre", ce "risque", ce "serpent", ces "pulsions", etc. Voilà leur talon d'Achille. Contre leur libre-échange, des barrières douanières. Des taxes aux frontières. Des quotas d'importation. La grosse artillerie. C'est notre dernière arme, j'ai l'impression. Les seules batteries qui les feront reculer. Sans quoi, le dumping social, fiscal, (...) Lire la suite »
Reçu de Fakir, bimestriel « fâché avec tout le monde, ou presque".

Contre le dumping social, fiscal, environnemental : Vive les douaniers ?

François RUFFIN

100 % des passagers sont scannés à leur arrivée à Roissy.

0,4 % des containers sont scannés à leur arrivée au Havre.

55 : c’est le nombre de douaniers au service de Tracfin, l’organisme supposé contrôler les mouvements financiers suspects.

256 : c’est le nombre de douaniers préposés au seul tunnel sous la Manche, point de passage des réfugiés vers l’Angleterre. Plus de 500, au total, avec Lille-gare et Paris-Nord qui travaillent sur l’Eurostar.

Ces chiffres résument l’orientation d’un métier moins tourné, désormais, vers le contrôle des marchandises et des capitaux que vers la surveillance des personnes.

Dans cette Europe forteresse pour les hommes (surtout les pauvres), et passoire pour le Capital et ses produits, on fait ça de nos douaniers : des auxiliaires de police.

Alors qu’ils pourraient remplir des missions bien plus utiles pour les salariés, les consommateurs, l’environnement. Alors qu’on pourrait bâtir une douane de gauche, rouge et verte. Alors que eux-mêmes approuveraient ces missions, plus conformes à leurs aspirations que « agents d’immigration »…

En Bretagne, en Lorraine, en Provence, on a rencontré des papys douaniers qui nous ont raconté. D’une douane à l’autre, ils ont vécu la mue de leur métier, la dérive. Leur « police des marchandises et des capitaux » qui devient, lentement, « la police » tout court…

Du « contentieux de classe » « Gamin, j'habitais à Givet, dans les Ardennes, raconte Alain Brombin (joint par téléphone). Le dimanche, parfois, on allait en Belgique, on achetait des vêtements et on les mettait sous nos habits, pour les cacher. Je me souviens de mon père, qui me disait : "Surtout, si le douanier te pose une question, tu ne réponds pas.' C'est qu'on avait peur d'eux, plus que des gendarmes. Y avait des queues, des centaines de mètres, à la frontière, et ils contrôlaient tout, les allumettes, les cigarettes. A l'aller, pour l'essence, il fallait faire une déclaration - pour qu'ils puissent sonder le réservoir au retour, vérifier qu'on n'avait pas fait le plein là -bas. » Alain n'était pas franchement prédestiné à faire carrière dans les Douanes : « D'ailleurs, quand j'ai passé le concours, je n'ai pas osé le dire à mes parents… Mais une fois dedans, j'ai découvert l'utilité sociale du métier : le contrôle des marchandises et des capitaux. J'étais recruté pour ça, en 1982. C'était au (...) Lire la suite »
Lu dans FAKIR du mois de décembre

Préparer l’après-Sarkozy.

François RUFFIN

Pendant que la droite câline DSK, les socialistes se répartissent déjà les maroquins. Et nous ? On s’entraîne à faire dérailler l’histoire.

« La droite se décompose autour de Sarkozy… sa présence à l’Elysée empêche son camp de se trouver un champion éligible en 2012… si Sarkozy garde ses partisans, ils ne sont plus les plus nombreux… un président, qui dans l’esprit de beaucoup d’électeurs, ne devrait plus l’être… » Où lit-on ces lignes ? Dans L’Humanité ? Dans Politis ?
Non : dans Valeurs actuelles, propriété de Dassault fils, plus à droite que Le Figaro
magazine.

Quand j'ai aperçu cette trahison, mon sang de « Jeune Pop » n'a fait qu'un tour. J'ai décroché le téléphone et contacté la rédaction de Valeurs actuelles, laissé des messages à la rédaction et envoyé un courriel : « Bonjour. Jeune militant de l'UMP, je viens de lire l'éditorial de Stéphane Denis. C'est ce qui s'appelle abandonner le navire en pleine tempête. Nicolas Sarkozy mène une politique courageuse contre vents et marées, il chasse les Roms, il réforme les retraites, il a contre lui les syndicats, la gauche, les droits-de-l'hommistes, et vous, plutôt que de le soutenir dans cette bataille, vous commencez à nous raconter qu'il va perdre, qu'il n'est plus populaire, etc. C'est le moment de se retrousser les manches et de soutenir le capitaine ! Pas de pleurnicher ! Un peu déçu par votre attitude, mais cordialement quand même… » Heureusement qu'on est là , parfois, pour leur remonter les bretelles. L'après-Sarkozy est ouvert, et même cette droite s'y prépare. Comment ? En optant pour la moins pire (...) Lire la suite »
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