Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Adieu l’Amérique et bon vent. (Antiwar)

Il est intéressant de constater à quel point l’impérialisme a "réussi" aux Etats-Unis. A la fin de l’année dernière, les Etats-Unis ont été éjectés de l’Irak après avoir dépensé quelques milliers de milliards de dollars pour tuer des centaines de milliers d’Irakiens et d’Américains. Al-Qaeda, qui n’était pas présent en Irak lorsque les Etats-Unis sont arrivés, a récemment effectué des attentats à la bombe qui ont tué des centaines d’Irakiens, principalement des civils. Et suite à l’intervention des Etats-Unis, le plus proche allié de l’Irak est désormais l’Iran, et non les Etats-Unis.

Epouvanté par les excès de l’armée US, le président Afghan Hamid Karzai a réagit, d’abord en exigeant que les soldats US soient confinés dans leurs bases, une mesure qui signifierait que la présence US en Afghanistan pourrait bien prendre fin plus tôt que prévu ainsi que la perte de quelques milliers de milliards de dollars supplémentaires après la mort de quelques dizaines de milliers de soldats de la coalition et de civils afghans. Même si Karzai accepte une présence états-unienne mise sous le contrôle de son propre gouvernement «  souverain », la suite des événements est prévisible et il ne manque plus qu’une date définitive d’évacuation. Sans oublier que les Talibans effectueront certainement un retour sous une forme ou sous une autre.

Pendant ce temps, dans le Pakistan voisin, le parlement discute sur la fin de la coopération avec les Etats-Unis à cause des campagnes de drones qui se poursuivent et qui, comme prévu, tuent principalement des civils. Le Pakistan possède l’arme nucléaire et de vrais terroristes qui rôdent dans les régions tribales. Le retrait du Pakistan révélera au grand jour le gâchis de ces 11 dernières années, lorsque Washington quittera l’Asie Centrale en laissant derrière elle une situation bien pire que lorsque l’armée US et la CIA sont arrivées.

Comment une grande nation, avec de si vastes ressources en matière de renseignement et de diplomatie, peut-elle être aussi sourde et aveugle ? Un article publié la semaine dernière dans le Washington Post illustre parfaitement la futilité absolue de la politique étrangère de l’administration Obama. L’article commence ainsi :

Le président Obama a prononcé mardi son message annuel au peuple iranien, sur un ton bien plus polémique que d’habitude et dans lequel il a déclaré qu’il chercherait des moyens pour briser la barrière électronique que Téhéran a dressée autour de l’Internet et des autres moyens de communication. «  Je veux que le peuple iranien sache que l’Amérique cherche le dialogue pour entendre votre point de vue et comprendre vos aspirations, » a dit Obama lors de la commémoration du Nowruz, le nouvel an perse. «  Les Etats-Unis continueront à attirer l’attention sur la barrière électronique qui isole le peuple iranien du reste du monde » a-t-il dit. «  Et nous espérons que d’autres se joindront à nous pour faire avancer cette liberté fondamentale du peuple iranien : la liberté d’échanger les uns avec les autres et avec le reste de l’humanité ». Depuis sa prise de fonction, Obama a profité de ses messages délivrés pour le Nowruz pour s’adresser directement aux Iraniens et tenter de trouver un terrain d’entente entre les Etats-Unis et la République islamique.

Malheureusement, ce n’est pas le peuple iranien qui contrôle la politique étrangère de l’Iran mais son gouvernement. La préoccupation du Président Obama pour leurs aspirations est aussi bidon que son intention de donner un véritable état aux Palestiniens. Est-ce qu’il comprend au moins ce qui se passe en Iran ou est-ce seulement un discours destiné à un auditoire interne ? Et parler de la liberté de l’Internet est d’une hypocrisie insondable car il n’y a pas d’autre pays qui s’ingère plus dans la cyber-espace que les Etats-Unis d’Amérique. Et ce n’est pas un Internet plus libre qui empêchera la guerre, surtout lorsque les Israéliens et le Congrès US semblent décidés à y entrer, quoi que puisse faire l’Iran. En réalité, la Maison Blanche cherche à tout prix à éviter le dialogue avec l’Iran parce qu’Obama a l’intention d’être réélu et il ne veut surtout pas s’attirer les foudres du lobby pro-israélien. Ce qui signifie qu’il ne se passera rien cette année, sauf si Israël décide de passer à l’action. Une situation de «  ni guerre, ni paix » est précisément ce que l’administration US recherche.

Qui, à part la bande de conseillers en politique étrangère qui entourent les trois principaux candidats républicains à la présidence, qui tous salivent à l’idée d’une guerre, peut nier que les Etats-Unis sont engagés dans la pente raide du déclin ? Si des états habituellement serviles comme l’Irak et l’Afghanistan trouvent le courage pour envoyer balader Obama, alors n’importe qui en est capable. En fait, tout le monde devrait le faire, en prenant exemple sur les Égyptiens qui ont jeté en prison la bande habituelle de militants du National Endowment for Democracy décidés à importer la démocratie américaine au reste du monde. Le président russe Vladimir Poutine serait d’accord avec les Egyptiens, et se demanderait pourquoi il y a tant d’ONG américains et européens qui sillonnent son pays pour expliquer aux gens quel genre de révolution colorée ils auraient besoin pour le renverser. Apparemment, le reste du monde est en manque de démocratie à la sauce US, si on en croit les justifications d’Eric Holder, ministre de la justice, pour les assassinats de citoyens étrangers et ses explications sur les bienfaits de la guerre par drones interposés. Et il y a aussi la déclaration contenue dans la loi National Defense Authorization Act qui stipule que le monde entier est devenu un champ de bataille et que n’importe qui peut devenir un combattant ennemi. Ou le décret présidentiel qui autorisera le gouvernement à prendre le contrôle de toutes les ressources nationales en cas d’état d’urgence. Et qui décrète l’état d’urgence ? La Maison Blanche, pardi !

Lorsque tout le monde aura enfin compris qu’ils n’ont pas vraiment besoin que ce que l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright a appelé «  la nation indispensable » qui «  voit loin » (les Etats-Unis - NdT pour ceux qui auraient raté un épisode), ils pourront enfin se consacrer à faire le ménage chez eux. Un Moyen Orient débarrassé des ingérences de Washington signifierait que les Israéliens et leurs voisins pourraient enfin se parler et établir un modus vivendi. Les Afghans et les Pakistanais seront obligés de trouver une solution. Les Iraniens pourraient même décider que plus personne ne les menace et se débarrasser d’une partie de leur paranoïa. Idem pour les Nord Coréens. Les Américains pourraient enfin retourner faire ce pour quoi ils sont doués : fabriquer des choses, être inventifs, et mener une vie tranquille sans ressentir le besoin d’envahir un pays ou d’imposer leurs diktats à quelques gouvernements par-ci par-là . Ce serait adieu à toutes ces choses inutiles et bon vent l’Amérique - cette fois dans le bon sens du terme.

Philip Giraldi

Philip Giraldi est un ancien officier de la CIA et contributeur au magazine The American Conservative et directeur exécutif du Council for the National Interest.

Source : http://original.antiwar.com/giraldi/2012/03/28/good-night-america-and-good-bye/

Traduction « et même Bon Débarras » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 16231
   
Même Thème
Les enfants cachés du général Pinochet - Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation
Maurice LEMOINE
Le 15 septembre 1970, onze jours après l’élection de Salvador Allende, le président Richard Nixon, en 15 minutes lors d’une réunion avec Henry Kissinger, ordonne à la CIA de « faire crier » l’économie chilienne. Le 11 septembre 1973, Allende est renversé… En 1985, Ronald Reagan déclare que le Nicaragua sandiniste « est une menace pour les Etats-Unis » et, le 1er mai, annonce un embargo total, similaire à celui imposé à Cuba. Depuis le Honduras et le Costa Rica, la « contra », organisée et financée par la (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer.

Karl Marx


Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
68 
Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
97 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
40 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.