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Allemagne, Suède, revoilà l’extrême-droite

Depuis plusieurs années maintenant les mouvements et partis d’extrême-droite connaissent une résurgence dans toute l’Europe. Surfant sur les politiques ultralibérales, qui ont conduit des millions de personnes à la pauvreté, et profitant aussi de la situation migratoire, ces partis voient leur scores électoraux grimper en flèche. Certains sont d’ores et déjà au pouvoir disposant d’une large majorité, ou bien ayant des Ministères importants dans des gouvernements de coalition avec les partis de droite. Italie, Hongrie, Autriche, Bulgarie, Finlande, Slovaquie, Pologne, les exemples se multiplient.

Certes tous n’ont pas le même visage, et ne s’apprécient d’ailleurs pas nécessairement, mais ces mouvements obligent à se questionner et à trouver les bonnes réponses. Les politiques austéritaires et ultralibérales en sont une. C’est sur ce terreau de la pauvreté que l’extrême-droite fait son lit et progresse inexorablement.

De nombreux articles ont déjà été consacrés à l’Italie, à la Hongrie où à l’Autriche, aussi j’évoquerai deux sujets qui ont, récemment, marqué l’actualité. D’une part les élections suédoises, d’autres part les manifestations d’extrême-droite qui ont eu lieu en Allemagne sous forme de chasse aux migrants. Mais simplement pour montrer à ceux qui penseraient que l’extrême-droite prône les droits des travailleurs, l’Autriche, par la voix de son gouvernement alliant droite et extrême-droite vient, au mois de juillet dernier, de voter une loi augmentant la durée maximale légale du temps de travail. Si la norme reste la journée de huit heures, et la semaine de quarante, la durée maximale passe, elle, de dix heures par jour et cinquante heures hebdomadaires, à douze heures par jour et soixante par semaine.

Suède : une montée freinée

Les élections suédoises se sont déroulées le dimanche 9 septembre dernier. Beaucoup craignaient une réelle percée de l’extrême-droite dans ce pays d’Europe du Nord qui, d’ordinaire, est montré en modèle pour les faibles scores de ces mouvements et la cohésion sociale qui y règne. Les démocrates de Suède (SD), c’est le nom du parti d’extrême-droite suédois, espéraient atteindre entre 20 et 30% des suffrages. Mais au moment de la proclamation des résultats, celui des SD affichait un score bien plus bas, quoique relativement élevé et inquiétant. En récoltant 17,6% des voix, les démocrates de Suède se placent ainsi en troisième position. Si les résultats sont moins élevés qu’escompté, ils marquent tout de même une réelle progression dans le paysage politique suédois puisqu’ils augmentent de 4,7 en terme de pourcentage et gagnent 14 sièges supplémentaires.

Devant eux les sociaux-démocrates, au pouvoir, conservent leur première place mais connaissent une baisse significative. Avec 28,4% ils enregistrent une baisse de 2,6% et perdent 12 sièges. De même pour les modérés (droite) qui recueillent 19,8% des voix, soit une baisse de 3,5% et une perte de 14 sièges.

Arrivé cinquième des élections, le Parti de gauche constitue la seule bonne nouvelle de ces élections suédoises. Un réconfort bien maigre pour les forces de gauche européennes, mais chaque petit pas est bon à prendre. Certes le Parti de gauche ne recueille que 7,1% des suffrages exprimés, mais il progresse tout de même en gagnant 1,4% par rapport aux dernières élections, une augmentation qui se traduit par l’obtention de 8 sièges supplémentaires.

L’extrême-droite ne sera donc pas au gouvernement suédois, sauf énorme surprise. Mais sa position et son score important lui confèrent, de fait, une importance clé dans le paysage politique et au Parlement suédois. Reste à savoir comment le Parti social-démocrate arrivera à gérer cette situation et de quels soutiens il disposera afin de former un gouvernement.

Allemagne : des manifestations qui inquiètent

En Allemagne, depuis quelques semaines se déroulent des manifestations dans les villes de Chemnitz et de Köthen. Des manifestations peu communes qui prennent des allures de chasse à l’homme. Les chasseurs ? Les groupuscules d’extrême-droite, mais aussi le parti d’extrême-droite allemand Alternativ fur Deutschland (AfD). Les cibles ? Les migrants fuyant la guerre, mais aussi les militants de gauche. Ce qui unit ces milliers de personnes qui manifestent c’est cette obsession sécuritaire et cette volonté commune de chasser les migrants cherchant refuge en Allemagne. Il faut toujours un bouc-émissaire aux problèmes d’un pays. Et l’Allemagne a, par le passé, déjà connu de telles pensées. Les boucs-émissaires n’étaient alors pas les migrants, mais les juifs, les tziganes et les communistes.

Pour rappel, ces manifestations ne sont pas seulement le fait de quelques néonazis, mais aussi celui de l’AfD. Un parti qui, aux dernières législatives allemandes, avait recueilli 12,6% des suffrages, disposant ainsi de 92 députés au Bundestag. La question sécuritaire est celle utilisée par les organisateurs pour faire descendre les gens dans la rue. Mais c’est aussi la politique de la chancelière Angela Merkel (au pouvoir depuis 2005), de son parti la CDU, et avant eux des politiques libérales menées par le Parti social-démocrate allemand, qui sont grandement responsables de l’appauvrissement des travailleurs allemands. Le schéma est le même, l’appauvrissement des travailleurs entraîne la colère. Une colère qui ne se témoigne plus, dans les votes, par des votes à gauche, mais par des voix données à l’extrême-droite. Parce qu’il est bien plus facile de taper sur celui qui est plus pauvre que soi, sur celui qui est au chômage, qui a une couleur de peau différente ou une confession différente, que de remettre en question le système actuel et tout ce qu’il implique.

Diviser pour mieux régner, cette phrase a été prononcée des milliers de fois, et s’est vérifiée à chaque fois. Car pendant que les manifestants chassent les réfugiés, les banques et les grandes fortunes allemandes et européennes peuvent continuer leur politique et leur appauvrissement généralisé sans que personne ne dise rien.

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