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Lu sur le blog de Jean-Luc Mélenchon

Après le 7 juin

reprise d’article

Il y a un vertige de la page blanche un lendemain d’élection. En témoigne ce retour à mon clavier deux jours après un événement aussi considérable que cette élection européenne du 7 juin. S’ajoute à tout ce que l’on devine qui peut bloquer la plume, ce fait, dorénavant, que je ne peux substituer ma parole purement personnelle à celle nécessairement plus lente, parce qu’elle s’élabore collectivement, du Parti de Gauche dont je suis le porte parole. Ce qui suit n’est donc rien d’autre que quelques éclairages.

L’analyse globale viendra, dès que nous aurons fini d’en convenir ensemble, cette fin de semaine. Je commence par quelque chose de personnel. Je suis élu député des 18 départements du grand sud ouest de la France au parlement européen. C’est peu de dire que j’en ressens une immense et existentielle gratitude et fierté. D’autant que je sais à quel point c’est à un spectaculaire effort de mobilisation militante que ce résultat est du. Un effort dont je n’oublie jamais qu’il ne se faisait pas pour une personne. Mais pour une cause. Si bien qu’au moment où je suis chargé d’en assurer la représentation, le mandat ainsi acquis me fait devoir d’une façon spécialement impérative. J’en viens à mes éclairages. Et d’abord à propos du coût du refus par le NPA de l’alliance dans le Front de Gauche.

L’ARDOISE DE LA DESUNION

On se souvient, c’est une façon de parler, de notre bataille pour rassembler dans le Front de gauche toute l’autre gauche. Et notamment le NPA. Au vu des résultats que ce serait-il passé ? En se contentant d’une simple addition, en excluant toute dynamique collective, le constat est vraiment très rageant. Et même accablant. Les scores, le nombre de sièges pour l’autre gauche et aussi le rapport de forces au sein de la gauche auraient été profondément changés. Et nous aurions bouleversé le paysage politique. En effet nous aurions été la quatrième force. A une toute proche encablure du PS et des Verts. Et surtout le résultat en sièges aurait été radicalement différent. Tous ensemble nous aurions pu avoir 12 élus au lieux des seuls 5 du Front de Gauche (puisque le NPA pour finir n’a aucun élu). Ce n’est pas tout.

Il faut regarder le détail de la répartition des sièges dans chaque circonscription. Nord : deux élus au lieu d’un. Est : un élu au lieu d’aucun. Et nous aurions alors privé le FN d’un siège ! Ouest : un élu au lieu d’aucun. Cette fois ci au détriment de l’UMP. En Ile de France : deux élus au lieu d’un. Là encore au détriment de l’UMP. Sud Ouest : deux élus au lieu d’un. Et dans cette circonscription nous aurions pu être la troisième force politique…Sud Est : deux élus au lieu d’un. Et surtout voici le vrai sujet de remord : nous aurions privé Le Pen de sa réélection ! Centre : un élu au lieu d’aucun. Et là , c’est à Hortefeux que nous aurions coupé les ailes ! Hortefeux, l’homme de la traque aux sans papier ! Quel symbole non ? Relisez et faites savoir : la désunion de l’autre gauche a permis à Le Pen et à Hortefeux d’être élus… Unis, nous aurions laminé le Front national. Je suis certain que les camarades du NPA n’ont jamais imaginé que leur stratégie aurait ce coût quand ils nous accusaient de façon si étroitement polémique de vouloir faire un « bon coup électoral ». Mais peut-être auraient-il dû au moins écouter nos arguments « électoraux » en comprenant qu’une bataille électorale est une lutte dont le contenu et les résultats peuvent être tout à fait concrets. En effet, battre le Front National en le devançant comme le fait le Front de Gauche est déjà très beau. C’est un mérite de ses militants et de leur campagne. Mais sortir Le pen lui-même de la scène politique où il représente notre pays devant l’Europe, voilà qui eut été notre plus grand titre de mérite. Non ? Sans parler d’Hortefeux et sans le mettre dans la même case que Le Pen ! De cela le NPA ne semble même pas avoir conscience du tout. Et je me demande quel enseignement tire Olivier Besancenot, personnellement candidat en troisième position sur la liste d’ile de France, du fait qu’il recueille 3 % des suffrages, tandis que le Front de Gauche en fait le double ! J’imagine assez facilement ce qu’auraient été les commentaires si tel avait été mon cas dans le grand sud ouest !

UNE PROGRESSION CONCRàˆTE

C’est la première présence du bulletin de vote « Front de Gauche » dans les bureaux de vote. A quoi comparer son résultat pour en mesurer la signification politique ? La seule comparaison possible est avec les résultats obtenus aux précédentes élections par le PCF, puisque c’est le seul parti du Front de Gauche présent à l’élection européenne de 2004. Soit. Le journal l’Humanité note que le score est en progression alors qu’il était en baisse constante pour les communistes depuis la première élection de 1979. De fait, on constate bien une augmentation des suffrages non seulement en pourcentage mais surtout en valeur absolue. Et aussi un renouvellement des électeurs. Un nombre plus grand d’électeurs. Représentant un part croissante du total de ceux qui ont voté. Des gens nouveaux pour voter. Ces faits se vérifient dans chaque bureau de vote. Comme l’abstention a aussi frappé les bastions communistes traditionnels c’est donc que des électeurs nouveaux sont venus compenser ceux d’hier qui ne sont pas venus cette fois ci. Dès lors on doit faire ce constat qu’il existe dorénavant un électorat Front de Gauche spécifique. Et il ne se résume pas uniquement à l’addition de ceux qui votaient avant communiste même si ceux bien évidemment y sont déterminants. La progression en nombre de voix est l’aspect le plus important et le plus incontestable de ce constat. Parce qu’il s’agit de personnes réelles qui se déplacent et pas de pourcentages de quantité de gens en diminution comme c’est le cas pour les premiers Partis du tableau des résultats. C’est particulièrement frappant si l’on compare aux résultats en voix du premier tour de la présidentielle de 2007. La quasi totalité des listes perdent des voix. C’est le cas de l’UMP qui perd plus de 6 millions de voix. Le PS, plus de 5 millions. Le Modem, près de 3 millions. Le FN, 650 000. Le NPA, 400 000. Seules deux listes progressent. Europe Écologie qui gagne 1 700 000 voix. Et le Front de Gauche qui en rassemble 400 000 de plus ! Mais si l’on en revient à la comparaison avec le scrutin européen de 2004, la progression n’en est pas moins frappante. Les plus fortes progression sont dans ma circonscription du Sud Ouest avec 31,36% de voix supplémentaires. Puis dans l’est avec 30,41% de voix de plus. Une seule circonscription est en recul, le Nord-Ouest qui perd 3,03% de voix mais sur une population elle-même en décroissance.

PIRE QU’AVANT

Si j’en reste là , et quels que soient les précautions que j’ai prises avant de commencer pour signaler que je ne donnerais que quelques éclairages sans prétention globalisante, on me dira que je reste dans le triomphalisme de Parti. Rien n’est plus éloigné de moi que cette approche,à cette heure. Pour moi la gauche est dans le trou. Le 7 juin, dans les urnes, cette Europe là , la leur, celle du traité de Lisbonne, est officiellement devenue un désert de la démocratie. Dans toute l’Europe les milieux populaires s’en sont auto-exclus par une abstention presque totale. Les élites sociales, et leurs préoccupations qui ne sont guère sociales, la dominent presque sans partage. Du coup, ce qui va mal, ira encore plus mal. En France, ubuesquement, la droite l’emporte. Toutes listes confondues, elle est majoritaire en voix. Il faut regarder cette réalité en face. La droite marche en tête et donne le rythme au moment même où sévit une crise historique du capitalisme. C’est vrai dans toute l’Europe. Le Parlement européen sera ainsi l’un des plus à droite de son histoire. Un cauchemar. Ce n’était pas une fatalité. L’histoire aurait pu être tout autre. Les partis sociaux-démocrates dominants à gauche en Europe portent la principale responsabilité de ce désastre. Face aux partis de droite, ils n’offrent aucune alternative. Aux mieux proposent-ils, d’une façon d’ailleurs très vague, la régulation du capitalisme financier. On connaît le modèle. Et on peut donner des noms. Pascal Lamy et Dominique Strauss Kahn comme horizon politique !. « Non merci » ont répondu les salariés dans tous les pays, délaissant une partie qui semblait jouée d’avance entre pareil et même. Tous les modèles sociaux-démocrates sont en déroute. En Italie, pays des primaires, la défaite est sans appel. En Grande-Bretagne, pays du « parti unique à gauche », le Labour, l’effondrement est historique. C’est donc un problème d’orientation politique qui est posé à la social-démocratie en Europe. Hélas, mille fois hélas, c’est exactement la pente que j’avais décrite dans mon livre « En quête de gauche ». Le Parti socialiste en France peut-il en tirer les conséquences ? Va-t-il renoncer à son alignement sur le PSE ? Va-t-il enfin renoncer à cogérer le Parlement européen avec la droite avec le groupe du PSE ? Bref va -t-il situer la source de son impuissance là où elle est c’est à dire dans son orientation social libérale dont l’adhésion au Traité de Lisbonne est le coeur ? Ca m’étonnerait. Les discours contradictoires des grands chefs et sous chefs innombrables, vont fonctionner comme d’habitude sur le modèle des pavés auto bloquant. Il ne se passera donc rien. Ou alors seulement des appels poignant à la « rénovation". A moins que ce soit à la « modernisation ». Ou l’inverse. La rénovation de la modernisation serait mieux venue. Ou bien la modernisation de la rénovation. Ca changerait un peu le refrain de ces invocations psalmodiées en cadence depuis dix ans après chaque défaite électorale. Combien ont-elles usées de trentenaires devenus quadras et à présent quinquas ! Il est probable enfin que la rédaction d’un nouveau projet « pour dix ans » sera annoncée. Sera aussitôt mise sur pied une magnifique commission de deux cent membres pour le rédiger et cinq grand coordinateurs représentatifs des personnalités, de la parité, de la diversité, des minorités visibles et des courants pour l’animer. Ce sera la quatrième fois en sept ans que le PS se projettera sur les dix prochaines années dans un splendide parcours des feuilles de papier de l’ordinateur à la poubelle en passant par la case « amendements venus des sections ». On peut faire mieux. Sans trop de mal. D’ici samedi, sur le site du Parti de gauche nous ferons nos propositions. Ce n’est pas le lieu ici. Ici je parle à saut et gambade de ce qui me semble devoir relever d’une parole qui va à son rythme et selon ses inclinations, sans autres limites qu’elle-même. Hum ! Et la limite de l’heure. Je vais dormir, plaisir rudement disputé aux emploi du temps depuis plus de quatre mois…..

Jean-Luc Mélenchon.

Mercredi 10 juin.

COMMENTAIRES  

12/06/2009 10:14 par Simone Le Baron

"La gauche est dans le trou" écrivez-vous mais que signifie "gauche" à l’époque actuelle ? Plus grand chose il me semble. Seule la notion de "droite" est encore bien ancrée dans les esprits conservateurs et c’est pour cela que l’UMP arrive en tête en cette période de déconfiture du capitalisme. Mais, qu’ils ne se leurrent pas ces gens de droite : ils ne sont plus que 28 sur cent et sur 60% des électeurs.... Cà ne fait pas grand monde. Et, il n’y en a pas beaucoup plus en France dans le fond car l’abstention n’est pas une démarche UMP. Ils s’y sont rendus aux urnes, presque tous !!!
Ma question est la suivante : qui sont les écologistes et les pro NPA ? Ils ne sont sûrement pas de droite. Alors, que cherchent-ils ? Sans vouloir offenser Daniel C.B. ni Olivier B., leur combat est incomplet. L’écologie seulement, ce n’est pas possible et le combat d’O.B. est d’un autre temps, il ne propose pas de solutions adaptées aux problèmes actuels.
Conclusion : aux prochaines présidentielles, l’intelligence serait que les électeurs de D.C.B. et d’O.B. se rangent derrière Jean-Luc Mélenchon avec ceux du P.S. qui est dans les limbes et ceux du MODEM qui est à l’agonie. A vous de jouer Jean-Luc !!!!!

12/06/2009 10:47 par Roger

J’ai voté NPA, pour 2 raisons :
1)La "radicalité" de son projet (s’attaquer aux racines de l’absurdité de la société de capitalisme de marché) ;
2)Le souci de pouvoir agir avec le mandat des électeurs.
Or, être élu au parlement européen ne peut que donner l’impression de trahir en permanence un mandat de gauche radicale.
Barroso va poursuivre tranquillement sa mission d’implantation du modèle américaniste en Europe, sans qu’aucun des élus du FG ou des Verts y puisse quoi que ce soit.
J’ai voté NPA,non pas dans l’espoir illusoir de changer à court terme la puissante dynamique néolibérale de l’europe, mais pour permettre au NPA de commencer à compter les électeurs qui sont prêts à vouloir changer radicalement de société.
La démocratie européenne est largement pipée (comme le manifeste les abstentionnistes).
Reste à préparer sur le long terme l’émergence du "Grand soir".
Roger, retraité de l’enseignement supérieur.

12/06/2009 11:27 par Belenos

Je rejoins Roger dans son commentaire sur son vote NPA. Je me sens plus proche d’eux car ils sont clairs dans leur positionnement radical et anti-capitaliste. Je ne retrouve pas cette volonté de rupture avec le système actuel chez M. Mélenchon. Ce dernier affiche son désir de réformer la société avec son mandat électoral... il se fourvoie.
Quant à dire que le combat du NPA est d’un autre temps, je conseil de relire Marx et son Capital, bien qu’écrit il y a 150 ans il est d’une actualité étonnante. Comme il le dit les mécanismes du Capital ne changent que dans leur échelle. Le productivisme et l’automatisation ont jeté les ouvriers hors des usines et la mondialisation achève le processus. Il faut donc continuer à transmettre et essayer de convaincre que ce combat est actuel et briser le carcan du lavage de cerveau opéré sur le peuple depuis des décennies pour leur faire croire que ce combat est d’un autre âge.

12/06/2009 11:51 par Sierra

@ Simone Le Baron

Bonjour,

Il existe une différence entre la gauche et la droite, si aucun des deux bords ne souhaitent remettre en cause le système dans son ensemble, les protagonistes se différencient pourtant par une méthode de gestion différente dans la répartition des richesses. Juste une méthode de gestion différente, et avec un minimum de recul, tout cela apparait loin de toute idéologie et foncièrement pitoyable. Nous sommes bien loin de Hugo Chavez et des cubains qui apportent une réponse différente au capitalisme.

Pour tenter de répondre à vos questions - sans avoir la prétention d’apporter des réponses exhaustives - la liste de Dany l’ex-rouge semble être un assemblage qui, sans être marqué à droite, va s’allier avec des sociaux démocrates pour tenter d’avoir une majorité. Il semblerait également que sur le créneaux "porteur" de l’écologie, en terme marketing, des noms dont nous ne doutions pas de leur engagement à gauche, sont prêt à se rallier à n’importe qui. Voir José Bové qui est loin de ses OGM, et visiblement, cela ne lui semble pas aberrant de s’allier avec des soc-dem qui sont sans nul doute ancré à droite, telle Corinne Lepage.

Effectivement, l’écologie en soi ne suffit pas, c’est d’ailleurs actuellement l’excroissance d’un secteur porteur sur lequel les firmes comptent s’appuyer pour péréniser leurs productions. J’en veux pour preuve les multiples brevets automobiles, qui miraculeusement reviennent sur le devant de la scène, tel les moteurs rotatifs (Wankel), les voitures éléctriques (Le premier véhicule électrique date de 1899 et roulait a 110 km/h), ou bien les moteurs à air comprimé (MDI) et autres principes Pantone. Ce ne sont que quelques exemples, mais qui démontrent que le soudain interêt pour la planète, de la part des trans-nationales, ne sera effectif dans la pratique, à la seule condition que cela génère des nouveaux marchés et des profits équivalents.

Au final, l’écologie en terme politique est une aberration puisqu’il s’agit d’une garde-fou alors qu’il est nécessaire de changer en profondeur les modes de production-consomation, et à ce stade de réflexion, ces changements ne pourront être produit sans un important volet idéologique allié à une prise de conscience de cet état de fait.
De plus, nous ne pouvons plus faire l’économie d’une réflexion sur l’aspect financier personnel et les avantages, que procurent une carrière à Bruxelles ou ailleurs.

Pour ce qui est du NPA, il est indéniable de constater qu’il s’agit d’une opération marketing qui a loupé. Les trotskistes de cet "assemblage" hétéroclites ont même jugé honteux de s’appeler encore communiste au 21eme siècle...
...Alors ils sont anti, anti quoi ? Le feu ça brule et l’eau ça mouille, tout le monde le sait et c’est fédérateur, mais au-dela, ou se situe leur réflexion, incapable de saisir l’opportunité historique d’une crise sans précédent dans ses effets collatérals ? S’il ne faut pas douter de la bonne foi d’une majorité des militants, on peut s’interroger sur les desseins des dirigeants, qui prônent la division, loupant par la même une occasion de rassembler.

L’attente du rassemblement est forte, le score du Front de Gauche en atteste, et c’est une très bonne chose de voir le PCF sortir du marasme, et c’est une très bonne chose de voir l’émergence d’homme comme monsieur Mélenchon.

Le NPA a tenté une OPA sur la gauche, avec une arrogance surprenante, un dédain innatendu et des arguments fallacieux. La vitrine de leur boutique vient de prendre un coup de vieux, et il ne reste que quelques "talibans" pour s’enterrer dans un discour passéiste prônant l’attitude du cavalier seul.
La hargne dont ils font preuve sur Bellaciao contre le FdG est la meilleurs preuve de leur déroute. Quel gachis !

Quant aux raliements du PS et du MODEM, il faudrait un sérieux coup de barre à gauche pour que cela soit rendu possible, cela semble utopique en l’état et au vue de leur électorat respectif.

Je conluerais comme vous : A vous de jouer Jean-Luc !

Cordialement,

Sierra

PS : Amis trotskystes, c’est à vous.

12/06/2009 12:19 par Aodren

Même si j’ai voté Front de gauche je suis tout à fait d’accord avec toi Roger. Avoir des élus ne change rien dans le cadre du parlementarisme bourgeois, Jean-luc Mélenchon ne fera rien au parlement qui puisse aider les salariés.

Cependant ne pas mener un combat electoral est une erreur. Il permet aux salariés de prendre conscience de leurs forces. J’espère que la prochaine fois on sera unis avec le NPA et là , la bourgeoisie commencera à nous craindre (un peu)

12/06/2009 12:49 par Sierra

@ Aodren

Effectivement, les élus au parlement européen ne servent pas grand projet, cependant, la réunion du PCF et du PG est un succès. Un galop d’essai qui met en lumière une dynamique de rassemblement, et c’est la tout le problème de la gauche depuis trop longtemps. Si le NPA s’enterre dans la réthorique de division, ils perdront toute crédibilité, du moins ce qu’il en reste.

12/06/2009 12:51 par Anonyme

j’esperes seulement que le NPA ne deviendra pas une LCR bis c’est à dire juste une force de contestation

12/06/2009 18:07 par Anonyme

Besancenot tend la main au PCF, pas au PS

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Politique/Besancenot-tend-la-main-au-PCF-pas-au-PS/(gid)/228553

"L’ancien porte-parole de la LCR ne ferme toutefois pas totalement la porte aux socialistes"

Oulala, tout ça devient vraiment compliqué.

12/06/2009 22:28 par Anonyme

Très bien, excellent !
En 2012 je me suis dit que si le NPA et le Front de Gauche ne s’alliaient pas, je déchirerais ma carte électorale pour la poster, moitié au NPA et moitié au Front de Gauche. Je le ferai sans doute vu ce que je viens de lire.
Notre postier du 16è a prétexté qu’il ne voulait aucune alliance avec le PS. Il a raison. Mais avec vous, là je ne le comprends plus. Nous verrons en 2012... Mais bon, ce NPA pour lequel j’ai voté 2 fois en 2002 et en 2007 me les gonflent avec ses principes staliniens qui le fixent à 5%. Nul de chez nul le NPA ! Il mange bien le postier. Il a sans doute de trop bonnes joues. Et en 2012 ce sera un guignol.
A moins que...
Pascal.

13/06/2009 00:27 par ibes

Ete anti capitaliste ou du moins anti libéral Mr Melenchon ça suppose de rejeter toute participation ou tout soutien à des coalitions avec notamment un PS qui accepte le cadre des réponses néo libérales à la crise ( et vous l’avez annoncé plusieurs fois vous vous allierez avec eux à maintes reprises lors des prochains scrutins ), mais je pense que vos vieux amis socialistes vont sinon vous faire rentrer à la bergerie au moins vous inviter à ne plus crier " au loup" ; cohérence quand tu nous tiens ...........

13/06/2009 17:31 par marj

Par rapport à des commentaires concernant la "radicalité " du NPA , je ne suis pas d’accord , je pense que cette pseudo radicalité du NPA est surtout présente dans leur discours .
Mais un discours ne fait pas une politique ...pour le reste , je n’y vois pas plus de radicalité que dans les projets du Front de gauche ou du PCF sachant qu’ils auraient , en plus , siégés dans le même groupe au parlement Européen.
Je pense que, plus que sur le fond, c’est sur la stratégie qu’il y a divergence . Pour le NPA, la révolution ne passe pas par les urnes , donc nul besoin de créer une majorité .Personnellement , je ne vois pas trés bien d’autres solutions adaptées et surtout suceptibles de marcher que de faire des rassemblements , convaincre une majorité afin d’avoir des élus qui font voter des lois "révolutionnaires" ,c’est à dire améliorant la vie des gens...
Sinon, en attendant "le grand soir", les gens ont le temps de s’en prendre plein la poire ...et le NPA de clamer des discours radicaux !
Au niveau Européen , la division nous a coûté qques députés ... et surtout, on l’a vu en 2005 , elle a ,en partie, empêché la création d’une dynamique .

13/06/2009 18:00 par zenbreko

normalement le PS devrait s’autodetruire si il y avait des militants sinceres et probes .il n’a plus le droit au chapitre comme parti politique,la preuve,c’est que ces militants se confondent avec le centre et la droite sans aucune espece de géne !!!

13/06/2009 22:12 par sergio

Après la victoire écrasante des abstentionnistes

On peut gloser à l’infini sur telle ou telle méthode, cela ne change rien sur le fond. Le combat politique est avant tout une démarche et une décision personnelle, que l’on adapte à son environnement et qui s’accommode des connaissances dont chaque individu dispose. LE peuple a pris conscience de certaines réalités, pourquoi devrions nous nous en plaindre ? On lui a seriné qu’il n’aurait plus son mot à dire suite à l’abstention massive aux dernières élections, mais qui exactement véhicule ce message ? (1) Avant cela il votait, le peuple souverain, et parfois massivement, cela a-t-il changé quoi que ce soit sur le fond ? Et malgré le rituel de cette "gestuelle citoyenne " son avis comptait pour du beurre, et les élus (soit-disant représentants par procuration de la volonté populaire) n’en faisaient qu’à leur tête ! L’Histoire, celle des peuples du monde, nous enseigne qu’il faut envisager de mener la lutte autrement (s’ouvrir sur le vaste monde est riche d’enseignement) ; cela demande un peu d’imagination, et nous pouvons faire confiance au peuple, il trouvera les ressources nécessaires, et comme il était dit lors de certains évènements : « L’imagination au pouvoir ! » et d’ajouter « résister c’est créer ».

(1) encore une fois, les profiteurs et tenants de l’idéologie dominante, les siamois UMPS.

PS : pour monsieur Mélenchon qui parle au nom du peuple souverain (mais de quel droit ?), on peut excuser une saute d’humeur mais pas l’aveuglement. La rage a changé de camps maintenant que nous sommes des dizaines de millions, n’est-ce pas ? Un général, Fievet, déclarait : « nul ne peut échapper à la stratégie, parce que refuser de choisir c’est encore choisir, parce que refuser de décider c’est encore décider », cet axiome aurait très bien pu justifier le refus de dizaines de millions de Françaises et de Français de participer à cette mascarade "démocratique", et bien que cette décision les engageait personnellement ; ce choix est aussi respectable que les autres choix ! Et ils (les abstentionnistes) répondent aussi aux arguments d’une incroyable pauvreté, que développait madame Dati, lorsqu’en réponse à une question du secrétaire national des jeunes militants umpéistes, elle s’exprimait sur le sujet : « Elle (L’Europe) s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper ! » Cela à l’air assez risible, mais sur le fond tout est dit.

14/06/2009 09:53 par Gerardo Montero

Le NPA a tenté une OPA sur la gauche, avec une arrogance surprenante, un dédain inattendu et des arguments fallacieux. La vitrine de leur boutique vient de prendre un coup de vieux, et il ne reste que quelques "talibans" pour s’enterrer dans un discousr passéiste prônant l’attitude du cavalier seul. La hargne dont ils font preuve sur Bellaciao contre le FdG est la meilleurs preuve de leur déroute. Quel gâchis !

Je suis frappé moi aussi que le site Bellaciao, qui a soutenu la candidature de M.G Buffet sans tolérer les contradicteurs, soutienne aujourd’hui le NPA avec la même fougue excommunicatrice et en refusant des avis divergents.

Les rares internautes dont les commentaires favorables au FdG sont publiés se voient couverts d’injures. L’argument le plus prisé est "stalinien".

On assiste alors à ce paradoxe : les militants NPA hébergés par Bellaciao ont catalogué le FdG : un ramassis de social-traîtres et de partisans de Staline avec qui le NPA voulait s’unir, mais eux non pas voulu !

Quant à l’inutilité d’avoir des élus pour le NPA, c’est la version moderne de la fable de la Fontaine où le renard, ne pouvant atteindre les raisins convoités, décréta qu’ils étaient "trop mûrs et bons pour les goujats".

Krivine tenait un langage différent quand il était député européen, son attaché parlementaire d’alors, Besancenot aussi. Pendant la campagne électorale, Besancenot souhaitait avoir des élus et il vient de redire que la NPA aurait aimé avoir au moins un député à Strasbourg.

La violence des propos des propagandistes du NPA sur Internet, la variabilité de leur argumentation mettent en évidence un fait que chacun, hors de quelques militants aveuglés connaît : "Le NPA a perdu son pari de course solitaire victorieuse".

On ne va pas ressasser ça indéfiniment, mais il faudrait l’admettre pour pouvoir mieux passer à autre chose. En effet, sauf à se complaire dans la polémique haineuse, le NPA et le FdeG, débarrassés depuis des décennies des hitléro-trotksites et des staliniens, doivent s’entendre ; ce qui oblige à accepter ses différences, à ne pas maquiller le passé en présent, à stopper net les insultes.

On remarque d’ailleurs que les dirigeants du NPA et du FdG se respectent. Mieux, sur le plateau d’Arlette Chabot, Mélenchon et Besancenot, au grand désespoir de l’animatrice sarkoziste, ont refusé de se livrer à un « duel » qu’elle avait organisé.

Ces deux responsables politiques savent qu’en insultant le concurrent, on insulte l’avenir.

14/06/2009 09:59 par Désespoir

A Anonyme qui espère que le NPA ne deviendra pas une LCR bis, simple force de contestation.

Vous devriez mettre votre verbe au passé composé.

Hélas !

14/06/2009 10:09 par La Vigie

J’ai voté NPA, pour 2 raisons : 1)La "radicalité" de son projet (s’attaquer aux racines de l’absurdité de la société de capitalisme de marché) ; 2)Le souci de pouvoir agir avec le mandat des électeurs.

la "radicalité " d’un projet est contre-révolutionnaire si elle ne s’accompagne pas de mesures pour le faire triompher. Le choix de l’isolement, le ravissement proclamé d’avoir progressé de 2% et des poussières en 5 ans, d’avoir ainsi presque atteint les 5 %, révèle que l’objectif est de ripoliner l’outil, de gonfler le moteur, pas de gagner la course.

Or, être élu au parlement européen ne peut que donner l’impression de trahir en permanence un mandat de gauche radicale

Transmis à Krivine, député et traître au "mandat de gauche radical" et à Besancenot qui fit campagne pour envoyer des traîtres NPA à Strasbourg et qui regrette de n’y être pas parvenu.

14/06/2009 10:55 par Maxime Vivas

Belenos écrit :

Quant à dire que le combat du NPA est d’un autre temps, je conseil de relire Marx et son Capital, bien qu’écrit il y a 150 ans il est d’une actualité étonnante

Je crois que cette lecture a été faite par la plupart des dirigeants de pays d’Amérique latine qui sont en train d’échapper aux USA.

Ils sont au moins allés jusqu’à la page où Marx exhorte les prolétaires à s’unir.

S’unir ! C’est ce qu’ils font là -bas. Malgré d’incroyables divergences entre leurs pays, ils parlent d’une même voix à Obama, ils sont solidaires sur le front des luttes (réunions de l’OEA, sommets divers, séances à l’ONU, etc.). Ils avancent vers un "socialisme du XXI ème siècle" tandis que Sarkozy applique chez nous la politique de Reagan.

Des points bloquants qui devraient interdire tout dialogue entre ces pays ? On en citerait cent, et des beaux. Des pratiques opposées, des itinéraires incompatibles ? On en citerait autant.

Le programme électoral d’Ortega au Nicaragua interdisait l’avortement même en cas de viol, Cuba pratique des opérations pour les transexuels qui veulent changer de sexe.

Chavez nationalise, Bachelet du Chili respecte l’oligarchie qui fit assassiner son père.
Morales de Bolivie est un indien de culture indienne, Correa de l’Equateur a fait ses études aux USA.

La puissance de l’union des pays révolutionnaire en Amérique latine est telle que les plus modérés ne peuvent plus faire allégeance aux USA. En d’autres termes, alors que les dirigeants « socialistes » français filent par paquets chez Sarkozy, sans être combattus comme des traîtres, les sociaux-démocrates et même la droite latino-américaine ne peuvent plus aller se vendre ouvertement à Obama.

Ils avancent, ayant mis leur intransigeante radicalité sous le boisseau, alors qu’une partie de la gauche française en fait des boulets au port obligatoire pour tous, une cheville alerte, un pas léger étant signe de stalinisme ou de centrisme.

Quelqu’un demande-t-il au NPA de changer de programme ? Que nenni.

Quelqu’un (en plus de Marx) demande-t-il à la gauche de s’unir ? Oui, toute la France qui souffre.

Un jour, dans un salon du livre, je souffrais d’une rage de dents. Je me trouvais pour le déjeuner à la table d’une collègue polardeuse qui se présenta comme « dentiste ». Je lui demandai si elle pouvait faire quelque chose pour moi. « Bien sûr, me dit-elle, mais commencez par mourir, je suis dentiste légiste ».

J’ai parfois l’impression qu’on parle ainsi aux pauvres de ce pays.

15/06/2009 00:28 par antiempire

a maxime vivas
quels dirigeants echappent aux usa ? lula, le social liberal ou chavez le revolutionnaire ? ce que vous avez ecrit n’est vrai que pour castro, chavez, morales... si lula etait vraiment marxiste ne va pas accepter des prets de la banque mondiale, du fmi ou des banques de wall street sinon c’est un traitre. ou alors je voudrais bien savoir en quoi il est de gauche car moi je vois pas.
je suis d’accord avec vous sur le fait sue l’union de la gauche devrait se faire mais le probleme est que la guerre froide a cree une division de la gauche comme la dite guerre au terrorisme entre atlantico sionistes. la fondation franco americaine et les reseaux us en europe qui sont responsables de cette pensee unique a gauche. de meme que les lobbies israeliens comme le et crif que frequentent fabius ou sarkozy.

@ roger
je trouve pas que le npa est revolutionnaire. pour moi c’est un instrument pour vider les voix du pcf. le parti des travailleurs a ete utilise pendant la guerre froide par la cia contre les "staliniens" et puis reconnaissons la verite diaboliser les communistes tout le monde le fait mais critiquer les reformes imposees par les us et les institutions de bretton woods aux pays de l’ex urss et de l’ancien bloc de l’est, la y a personne ! c’est etrange non pour des gens qui se disent de gauche ? au moment ou les usa montent de plus en plus la pression sur la russie avec la complicite de leurs allies de l’otan dont la plupart sont membres de l’ue j’aimerais qu’on arrete cette haine anti russe d’abord contre revolutionnaire puis maintenant contre un pays qui justement veut retrouver sa puissance au detriment de l’imperialisme us. mais chez nous les prejuges ont la vie dure c’est comme l’anticommunisme tiens. l’ue ne veut pas changer parce qu’obama veut que l’otan envoie des renforts en afghanistan et la guerre ça coute cher donc pour la financer l’elite pratique des coupes budgetaires c’est comme ça. les usa quant a eux pour nous obliger a nous mettre de leur cote deploient leur bouclier antimissiles et voila comme ça on est obliges de suivre pendant que la politique neo liberale de l’ue lui permet de suivre son agenda atlantiste calque sur celui de l’otan. la vraie unite en somme se fera quand nous nous libererons de la gauche et de la droite atlantistes et sionistes.

15/06/2009 10:39 par maxime vivas

A Antipire :

à maxime vivas quels dirigeants échappent aux usa ? lula, le social liberal ou chavez le révolutionnaire ? ce que vous avez ecrit n’est vrai que pour castro, chavez, morales... si lula était vraiment marxiste ne va pas accepter des prêts de la banque mondiale, du fmi ou des banques de wall street sinon c’est un traître.

C’est globalement toute l’Amérique latine qui est en train d’échapper (qui a déjà échappé en partie) aux USA. Ceux-ci ne peuvent plus imposer leurs accords commerciaux, leurs bases militaires, fabriquer des élections, fomenter des coups d’Etat, installer et soutenir des dictatures, intervenir militairement, ostraciser Cuba comme ils le firent. Avez-vous remarqué que l’organisation des Etats Américains (l’OEA) dont les USA font partie mais dont Cuba a été exclue, veut le retour de Cuba (laquelle refuse à présent d’en être) ?

L’autre point à considérer, est que chacun des pays d’A.L. qui a élu un dirigeant de « gauche » avance à son rythme, compte tenu du rapport des forces internes (comme : la majorité ou pas au parlement pour le parti du président) et compte tenu du contexte.

Par suite, personne là -bas ne reproche aux Cubains de ne pas adopter le système pluraliste et électoral du Venezuela, personne ne reproche à Lula de ne pas copier le système économique cubain.

Aucun des dirigeants chez qui vous voyez une action révolutionnaire (Chavez, Castro, Morales) ne vous approuverait quand vous qualifiez Lula de traître.

Nous espérons beaucoup de l’A.L., nous avons le droit d’être impatients. Mais, loin du front, mal informés des aléas de la lutte, il serait bien que nous soyons indulgents envers ceux qui voient sans jumelles la couleur des uniformes de l’armée US.

A plus forte raison, au nom de quelle compétence improuvée les citoyens européens peuvent-ils donner des conseils, infliger des blâmes à ceux qui avancent debout sous le nez des USA ?

Je ne vois comme explication qu’un complexe de supériorité que rien ne justifie dans ce que nous avons exprimé dans les urnes le 7 juin, dans les conditions de la lutte électorale et sociale qui ont abouti ici au triomphe des puissances que nos camarades d’A.L.font reculer là -bas, ensemble malgré leurs différences idéologiques et la disparité du contexte.

Nous divergeons donc sur ce point, Antipire et moi, mais je vois bien que d’autres nous unissent : inutile donc de s’étriper.

15/06/2009 14:22 par Pingouin094

Oui, le Front de Gauche doit s’élargir au NPA et à LO.

A ceux qui disent que des élus ne pourront rien changer au système actuel : qu’on-t-il de mieux à proposer ? La révolution, c’est à dire, la guerre civile. Refaire 1789 ou 1917 ? Je préfèrerais éviter, de peur de devoir à nouveau passer par la case "terreur" ou "purge".
D’autant que l’amérique latine nous a montré par l’exemple, qu’on pouvait changer les choses par les urnes.

Mais jusqu’où doit s’élargir le Front de Gauche ? Il a été pensé et conçu comme le rassemblement des forces du "NON" de 2005, au nom du refus de "l’économie sociale de marché".
Inclure des forces qui acceptent l’économie sociale de marché, comme le PS (cf. sa déclaration de principe, mouture 2008) ce serait se renier.

Alors oui à l’élargissement au NPA, à LO et à tous les anticapitalistes. Oui aux électeurs verts et socialistes qui ont voté Bové en 2007, qui ne se reconnaissent pas dans un PS qui croit en l’économie de marché. Mélenchon et Dollez furent les premiers à franchir le pas, oui à tous ceux qui les suivront !

Quant au PS en tant que parti, Mélenchon a dit en le quittant "ça suffit comme ça". Et ce n’est pas la dernière sortie de Valls (changer le nom du PS) qui lui donnera tord.

15/06/2009 20:27 par Anna

Antiempire, tu n’as rien compris au message de Maxime Vivas : il saluait l’union des pays d’Amérique Latine pour la question cubaine, et le fait qu’ils arrivent à parler d’une même voix à l’OEA. Même les vassals des USA que sont le Pérou, La Colombie et le Mexique n’oseraient pas saboter la lancée de l’intégration sudamériciane. Pour cela, je te renvois au billet du Monde Diplomatique, "l’Amérique latine cordiale mais ferme face à Obama" :

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-04-24-L-Amerique-latine-cordiale

En 2008, on avait eu quelquechose d’analogue, avec la provocation du narco-terroriste Alvaro Uribe par son bombardemnt en Equateur : toute l’Amérique Latine a soutenu Rafael Correa.
Ce sont des exemples de ce type auquel pense Vivas. Tu dis que tu regrettes les préjugés vis-à -vis des communistes, mais toi tu es bourré de préjugés, et refuse d’admettre que les rapports de force sont différents dans les pays. On ne peut pas comparer le Brésil à la Bolivie ! Et toujours cette accusation de "traitrise" à Lula : si la droite passe les prochaines élections, certains seront très nostalgiques de ce traître, qui a été l’un des fers de lance de l’intégration latino-américaine avec Chavez.

Encore une fois je te renvoie au Monde Diplomatique de ce mois concernant "Le Brésil, ce géant entravé".
Nier les rapports de force pour un idéal révolutionnaire romantique n’est pas très mature en politique.

Et pour l’analogie que fait Vivas avec le Front de Gauche auquel n’a pas souscrit le NPA, on voit les mêmes procédés : Mélenchon (qui fut l’un des membres du PS les plus à gauche, républicain et laïque), soupçonné du pire, ses poubelles virtuelles fouillées et scutées au microscope, il fait d’ailleurs le point à ce sujet ici (ainsi que sur Maastricht) :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=689

Question : le danger actuellement en France, c’est Sarkozy ou Mélenchon ? C’est l’application du Traité de Lisbonne (pourtant pas encore ratifié) ou les meetings de Méluche ? Le traître (ou incohérent) c’est un Bové menteur sur Cuba et qui s’allie avec des oui-ouistes ou un ex-PS qui fait campagne pour le Non une 1ère fois en 2005, et le répète en 2009 ?
Certains ont remarqué qu’on était dans la plus grande crise économique depuis 80 ans, et qu’il y avait des conflits un peu partout dans le monde ? Et c’est Méluche, Buffet et Picquet les dangers ?????

15/06/2009 23:41 par Alex67

Par pitié, arrêtez de parler des "leaders" ou de la "direction" du NPA. Penser en ces termes, c’est se fourvoyer sur la réalité de ce parti (dont je suis membre pour être bien clair). Comme je l’ai dit sur un autre article, il n’y a pas de chef au NPA mais une réelle démocratie. C’est pour dénoncer ça (entre autres nombreuses choses) que nous qualifions le PCF de stalinien car c’est un parti qui reste dépositaire de son histoire et dans lequel la figure du chef reste une figure importante. Rien de tout cela chez nous, malgré les apparences (construites par les médias) qui voudraient que Besancenot soit notre "leader" alors qu’il n’est QUE notre porte-parole.

Je tiens ici à remercier les camarades ici présents qui ont voté NPA malgré tout. Je dois dire qu’on en a pris plein la gueule pendant cette campagne électorale, notamment à cause de ceux-là que nous nommons les stals. Honnêtement, quand j’ai adhéré au NPA, j’avais un peu du mal avec cette terminologie, mais passée cette campagne, je commence à y croire.Bref, passons...

Sur le fond, tant que les citoyens se délèsteront de leurs responsabilités politiques et délègueront ces dernières à des "chefs", des "leaders" ou une "direction", ils continueront de se faire ballader... Pour l’instant j’entrevois le pire : la reconstitution de la gauche plurielle (le PC ayant refusé une alliance sur le long terme avec le NPA contre le PS et ce dernier, affaibli, tentant de s’allier aux verts, pas assez forts malgré leur percée), on reprend les mêmes et on recommence... Dans ce contexte, vous pourrez dire adieu à la "vraie gauche" puisque celle-ci sera toujours ce qu’elle a réellement été, à savoir les "trotskystes", ultra minoritaires face à ce nouveau monstre de papier.

Tout ce que j’espère, c’est que les français ne se laisseront pas entuber une deuxième fois...

16/06/2009 07:38 par Anna

Alex, entuber une 2ème fois, tu fais sans doute référence aux sombres heures du fascisme en Europe, quand avant que les faschos ne prennent le pouvoir, les socialistes et les communistes refusaient de s’allier, se lançaient des anathèmes, et ont été récompensés en étant envoyés dans des camps, ou fusillés ?
Tiens Besancenot (le mari d’une riche héritière), ou plutôt la majorité exprimée au NPA a retendu la main au PCF sous des termes qui ressemblent à la main tendue par le FG :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gH_pKHc9yuByvxAxxT_GjcfNfV3w

Pourtant ce PCF si impur, stalinien, et qui s’est compromis dans la gôche plurielle ! Ce NPA qui n’a même pas fait front commun avec LO, alors que l’ex-LCR l’avait déjà fait !
Rappelez-moi, mais c’est pas ce gouvernement de gôche plurielle qui a fait passer des avancées sociales aussi importantes que les 35 heures et la CMU ? Fallait mieux attendre un vrai gouvernement de gôche ? OK, ça n’excuse absolument pas les privatisations sous Jospin, mais n’est-ce pas la preuve qu’il y avait de vraies consciences de gauche ?
Méluchon a-t-il été un ministre si important ? Ou n’a-t-il pas été parachuté brusquement après le soulèvement des enseignants contre Allègre ? Mélenchon n’a-t-il pas eu un blame par le PS pour s’être opposé au passage du franc à l’euro ? Pourquoi ne pas accorder le bénéfice du doute à sa mise au point sur Maastricht qu’il vient de faire sur son blog ?

Pourquoi l’otracisme du PG par les gauchistes purs (qui tendent quand même la main vers le PCF) me rappelle-t-il tant l’otracisme des messe-médias envers l’ensemble du front de gauche ?

16/06/2009 09:16 par Pingouin094

Alex, pour ce qui est de la démocratie interne au NPA, je n’en suis pas. Néanmoins, je sais de sources sûres ( Il y aura... le NPA )
qu’il y’a des militants du NPA qui ne partagent pas du tout ton avis sur la démocratie interne au NPA.

Quant au PCF, oui, il a encore quelques restes "staliniens" dans les coins. Néanmoins, pour avoir été troskyste dans mon jeune temps, je peut te dire que le PCF d’aujourd’hui est infiniment moins staliniens que l’était plusieurs partis troskystes il y’a une dizaine d’année.

Néanmoins et globalement, la ligne politique du PCF est décidée au moins aussi démocratiquement qu’au NPA (avec les réserves que j’ai faite à ce sujet au premier §) : vote démocratique mais personnages charismatiques qui ont une très forte influence sur le vote.

Enfin et pour terminer sur le PCF qui a refusé de faire compagne "contre le PS". Il y’a là une ambiguüité savamment entretenu par tous. Besancenot demande au PCF de s’engager sur l’indépendance vis à vis du PS, mais prône dans le même temps de constituer avec le PS un "arc des forces politiques et sociales" ( le JDD )

Alors indépendance comment, jusqu’où ? Dans les luttes ? Au premier tour des régionales ? Au deuxième tour des régionales ?
L’indépendance au deuxième tour des régionales, cela veut dire des triangulaires. Et une triangulaire, chacun en connait le résultat : le camp qui est unit gagne. En l’occurence, poser le principe d’un Front de Gauche se maintenant au deuxième tour des régionales, c’est accorder d’avancer 22 régions sur 22 à la droite à l’issu du scrutin. Est-ce le bon choix ? La question mérite d’être posée sans anathème...

16/06/2009 10:48 par Roger

Pour antiempire :
Le NPA n’est effectivement pas révolutionnaire au sens que se sont échinés à construire les média et la propagande capitaliste, ainsi que leurs intellectuels de service.
Il est révolutionnaire dans la manière de faire de la politique,soit une démocratie par en bas, fondée sur des valeurs radicalement différentes (opposées en tout point à celles qui nous incitent à une "guerre permanente de tous contre tous) Il s’agit de "se révolutionner" personnellement en même temps que collectivement).
Le NPA ne peut pas beaucoup plus vider les voix du PC qu’elles ne l’étaient déjà .

Pour la Vigie :
Les mesures révolutionnaires ne sont pas données a priori et encore moins énoncées par une quelconque avant-garde. Elles sont à inventer et a construire individuellement et collectivement...Et déjà à recenser dans les mutiples actions de résistances quotidiennes (ex : les AMAP,l’Antipub, l’usage subsersif d’internet, les media alternatifs, l’économie sociale, le vrai mutualisme, le boycott des multinationales,le journalisme d’investigation comme celui du Monde selon Monsanto etc...,)
Ce qui est révolutionnaire c’est de se dire les uns aux autres que l’on voit bien que le roi est nu...

Donc en accord avec Sergio : ces européennes c’est une grande victoire des abstentionnistes ; "résister c’est créer"
Je vais adhérer au NPA pour me mettre au travail et essayer avec et dans le peuple d’inventer un "autre vivre ensemble". Ma révolution c’est à 65 ans d’avoir encore envie de changer et de croire qu’il est préférable d’être naïf que cynique.

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