Faire des économies ? Confions notre diplomatie à Trump et notre sécurité à Israël.

Macron, même Dieu et Jupiter, et les mirobolants qui l'entourent dans sa marche sur les eaux où il nous noie, n'a pas pensé à tout. En tant qu'économiste atterrant, je suggère, plutôt que de supprimer des infirmières et des assistants de vie pour les vieux, de virer tous les diplomates et de confier les clés du Quai à Trump ? Pourquoi aussi ne pas céder celles de notre sécurité à Netanyahu ? Ça aurait de la gueule !

Régis Debray vient de publier un livre – que je n’ai pas lu – mais dont le contenu général est largement déroulé dans la presse : Civilisation. Comment nous sommes devenus américains. Observation de géographe, l’art premier de son maître Julien Gracq, le philo-médiologue constate que la dérive des continents a fonctionné en douce : « La France est devenue l’Amérique ». Maintenant que nous sommes arrimés, par exemple, quand les socquettes blanches et les jupes plissées bleues s’en vont célébrer la mémoire de Pétain à l’Ile d’Yeu, elles devraient facilement entendre parler l’américain. A pied l’Amérique c’est vraiment chez nous.

Cet état de l’union, vous me direz, il y longtemps qu’on le vit. Si on excepte la parenthèse du Général, il y a des lustres que nous nous éclairons aux étoiles de la bannière. Les plans de l’Europe, celle qui fait saliver Macron, ont été tracés par les diables de Wall Street, puis réalisés par Jean Monet, un ouvrier de la CIA et Robert Schuman, rescapé de Vichy. Ajoutez à cet équipage le parapluie de l’OTAN même quand le ciel est clair, et vous avouez sans tortures qu’il y a près d’un siècle que nous sommes tous Américains. Logique, avec un petit décalage de filles distraites, que la culture, l’art de vivre de Buffalo aient pris plus de temps pour venir nous rejoindre. C’est fait.

L’Europe fait partie des jouets que Trump a reçus en cadeau après son succès au téléthon. Un machin rigolo mais pas beau, que Donald a d’abord décidé d’ignorer, le doudou ne sentait pas bon. Et la fessée est tombée, délivrée par le sénateur Mac Cain concierge à Wall Street. Le petit blanc monté en neige est venu rappeler au désigné président que l’Europe est une propriété capitale des EU, un Nizam, le bijou de famille qu’on ne pouvait oublier sur le bord du lavabo. « A genoux Donald, et fait un bisou à tata Angela qui tient notre boutique à Berlin ! ». Ouf, nous avons échappé à la liberté. La politique peut donc poursuivre sa cuisine ordinaire, et Washington tranquillement conduire notre destinée à l’aide de ses guides d’aveugles de chez Goldman Sachs, Emmanuel I jouant de la lyre.

Cette confusion américaine doit, comme le dirait Le Maire dans sa langue si originale « porter ses fruits ». C’est l’occasion de « changer de paradigme », de faire des « économies d’échelle », des mots à l’hydromel. Trop de fonctionnaires ? Même pas mal. Un premier exemple : on ferme le Quai d’Orsay (j’ai déjà milité pour sa vente au Qatar à fin d’hôtellerie), on vide les ambassades, les bureaux de Bruxelles et tout ça qui ne sert à rien. Ces trotskistes de Washington – devenus néocons » – vont, en notre nom, s’occuper de tout puisqu’ils décident déjà tout. On peut leur laisser la France en viager, en leasing en actions obligations, en tirage du Loto, en bons... Ce ne sera jamais plus mauvais : nous les aimons et ils nous aiment. Ça ne peut être pire que la première salve tirée en politique étrangère par notre « Lui-Président ». Macron au Mali louant l’œuvre considérable de nos Armées, celle poursuivie depuis deux siècles en Afrique. Ben mon colon !

C’est donc désormais le State Department qui conduira la politique en direct, plus besoin de stabilisateur au vélo. La guerre que l’on devra faire à Poutine, l’autre à l’Iran et une troisième pour la route, tenez à la Chine... plus à s’en occuper, plus besoin de nous asseoir sur la carte pour effacer les territoires. Construire un mur pour protéger la Palestine des mexicains ? C’est fait. Zéro souci. Comme la Rolls, l’auto garantie à vie. Trouvez quelque chose de plus moderne, de plus start, de plus up ? Après l’avoir tant loué, on pourrait même sous-louer Le Drian. Avec la fusion dont nous parlons, Washington n’est-elle pas en banlieue de Rennes ? Et mettre le ministre de l’Intérieur Gérard Colomb, sioniste hystérique, en prime en faisant croire à nos amis qu’il y a eu erreur du facteur, que c’est un retour à l’envoyeur, qu’il descend de Christophe.
Tout cela me semble bien avancer. En marche ! Mais, pour continuer de causer en Le Maire, ces économies ne sont pas assez « drastiques »... J’ai une autre idée, confier la sécurité physique et morale de la France à Israël. Les plus grands politiciens de l’histoire de France, des goélands que leurs trop grandes ailes empêchent de voler, ont déjà souhaité ce transfert. Je donne la liste de ce Panthéon : Ciotti Eric, Estrosi Christian, Larrivé Guillaume, Keller Franck, Houpert Alain, Morin Hervé, Lisnard David. Voyez que je n’ai pas alléché en vain, ne sont-ce pas de grandes consciences, des phares de la pensée, des monuments ? Ceux-là et une kyrielle d’autres poussent à ce que Shin Bet, Mossad ou les Golani rendent notre vie plus tranquille. Encore un considérable bonus. A la lourde les DGSI, DGSE, DRM, RAID, GIGN et autres services en culottes de dentelles. Le pli est déjà pris, discrètement. Par le biais de sociétés, le plus souvent peintes aux couleurs anglaises, les supposés as israéliens de la « sécurité », conditionnés « civils », sont déjà chez nous, au Festival de Cannes où ailleurs, pour supplanter les polices de la République. En plus, nos amis pourraient construire ici de biens jolis « murs de séparation ». Toujours efficaces et d’un bel effet. Toutefois un bémol, ce toc qu’ont ces merveilleux experts, celui de tirer pour engager le dialogue. Donc, période d’essai obligatoire.

La police n’est pas qu’affaire de matraque, mais de pensée. Sur ce terrain, grâce encore à nos amis d’En Marche, nous avons pu constater une importance avancée. La liste des candidats à la députation prochaine, les frères d’Emmanuel, qui compte « 52% de représentants de la société civile » (avec zéro ouvrier ou employé), a été scannée afin de s’assurer que pas le moindre futur élu ait jamais eu la langue ou la main prise dans une critique d’Israël. Remonter tous les « twittes » et « posts » Facebook au long des années ? Pas difficile. En Israël, la NSA elle-même sous traite avec des officines locales. Suffit de lancer le logiciel et hop, le candidat est nu.

Ainsi le très estimable homme de presse Christian Gérin, qui n’a pas toutes les qualités du journaliste puisqu’il est naïf, a-t-il cru qu’il pouvait, peinard, postuler pour un job de député avec En Marche ! Sans avoir lu le programme. Ni vu qu’une certaine Laurence Haïm, amie de Netanyahou, avait été nommée chef de patrouille à En Marche. Un coup de fil pour actionner le CRIF et autre LICRA : le journaliste optimiste est publiquement flingué. Un grand antisémite ce Gérin, un suppôt du boycott « BDS », prônant aussi la « séparation du CRIF et de l’Etat ». Du Faurisson en cresson.

Une autre tête de linotte a, elle aussi, été victime du tir aux pigeons. William Tchamaha, pourtant candidat à un bel avenir. Boum, à terre le Tchamaha, ça c’est pas du reggae. Le 8 février 2017 ce raciste n’a-t-il pas twitté : « Israël, un état hors la loi. Boycott les produits d’Israël et embargo économique » ! Comme tu y vas mon petit père. Tu te crois en République.

Jacques-Marie BOURGET

PS. Pour achever ce tour d’horizon de la police des esprits, n’oublions pas que la sénatrice Leïla Aïcha, elle aussi candidate à la députation pour En Marche a été débarquée en route. Son péché ? Avoir tenu des paroles raisonnables en faveur du Polisario. Le Maroc, lui aussi « En marche » (verte), a fait débrancher Leïla. Et l’immense Jack Lang a prêté sa main d’honnête homme à cet assassinat politique.

(1) Régis Debray. Civilisation. Comment nous sommes devenus américains, Editions Gallimard, 19 euros

EN COMPLEMENT : https://www.legrandsoir.info/regis-debray-civilisation-comment-nous-sommes-devenus-americains.html

Article publié dans le numéro de juin du mensuel Afrique Asie

COMMENTAIRES  

16/06/2017 13:35 par Geb.

Pan dans le Mille.+++ deux Oscars !

Chacune des phrases/synthèses de JMB est un "programme" à elle toute seule.

J’attend avec délice les accusations de "complotisme", et pourquoi pas d’"anti-américanisme primaire" et d’"antisémitisme", qui ne sauraient tarder dans la foulée.

Et surtout j’attend d’ouïr les cris d’orfraie de ceux, "de gôôôche", qui se reconnaîtrons, (Pour le dénier), comme en partie ou en tout responsable de cette situation au cours de toutes ces années perdues.

Situation dramatique qui n’est quand même pas arrivée par l’opération du Saint-Esprit,

Trop, trop, bon... Et à partager sans modération.

16/06/2017 20:06 par D. Vanhove

Bien vu...! Le pire, c’est que vous n’êtes pas si loin de la réalité que d’aucuns pourraient le penser...

16/06/2017 20:18 par alain harrison

Bonjour.
Excellent......
Question.
« « Ni vu qu’une certaine Laurence Haïm, amie de Netanyahou, avait été nommée chef de patrouille à En Marche. » » Est-ce à dire qu’Israël se serait immiscé dans les élections françaises, pareil à la Russie immiscé dans celle des US ?

Mais, je voudrais dire que, oui, comme vous le dites, Trump a hérité d’un formidable cadeau, que la Clinton doit jalouser, il a fallut de "peu", pour qu’elle rejoigne les dieux de l’Olympe libéral Démocratique, le 1% tout fantasme confondu.

Mais voyons un peu ce que contient « une » des nombreuses boîtes de cadeaux.

Venezuela : Les Etats-Unis menacent le Venezuela de plus de sanctions
Publié le 15 Juin 2017 par Bolivar Infos

Tillerson contre le Venezuela
L’actuel secrétaire d’Etat a servi pendant 40 ans dans la transnationale états-unienne ExxonMobil. Lorsqu’il était directeur exécutif de ce géant du pétrole, Tillerson a essayé de dépouiller le Venezuela de 12 000 millions de dollars avec une plainte contre la nationalisation, en 2007, de la Ceinture Pétrolifère de l’Orénoque et il a commencé illégalement en 2015 des travaux de forage sur les côtes de l’Esequibo, au Guyana, une zone en litige entre le Venezuela et le Guyana.
http://bolivarinfos.over-blog.com/2017/06/venezuela-les-etats-unis-menacent-le-venezuela-de-plus-de-sanctions.html

Je voudrais que nous prenions à la LETTRE ceci.

Hermann Göring,
Bien entendu, le peuple ne veut pas de guerre. Pourquoi est-ce qu’un pauvre gueux dans une ferme voudrait risquer sa vie dans une guerre dont il ne peut espérer au mieux qu’il en reviendra entier ? Naturellement, le commun de la population ne veut pas de guerre ; ni en Russie, ni en Angleterre, ni en Amérique, ni, en ce qui nous concerne, en Allemagne. C’est bien entendu. Mais, après tout, ce sont les dirigeants d’un pays qui en déterminent les lignes d’action, et ce n’est jamais qu’une question simple que d’entraîner le peuple, que ce soit dans une démocratie, une dictature fasciste, un Parlement, ou une dictature communiste. [...] Le peuple peut toujours être converti à la cause des dirigeants. Cela est facile. Tout ce qu’il suffit de faire, c’est de leur dire qu’ils sont attaqués et dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme qui expose le pays au danger. Cela marche de la même manière dans tous les pays.
Nuremberg Diary, Gustave Gilbert, éd. Da Capo Press, 1995 (Reprint Edition) (ISBN 978-0306806612), p. 278
https://fr.wikiquote.org/wiki/Hermann_G%C3%B6ring

Même les bons sentiments sont r.....avalés.

24/06/2017 13:01 par Assimbonanga

Hé oui. Le JT soir de France 2 nous annonce au son des trompettes que les supermarchés Costco arrivent en France. Ah ! Ce bonheur d’acheter par 10kg de la sauce tomate industrielle, plus ou moins frelatée, dealée par la mafia chinoise. Cette béatitude stocker des surplus de marchandises à la maison sans se soucier de la rémunération du producteur ni du bilan carbone. En acheter trop , voilà le bon gros plaisir bien jouissif.
Et sur France Inter, Sonia Devillers ne prend plus la peine de traduire en français les interviews américaines : sans doute que le discours en anglais de Macron a entériné le passage automatique de toute la population au bilinguisme... Par imposition des mains. De fait, ça fait que 3/4 des auditeurs restent bouché bée de n’avoir rien compris alors que Sonia trouve cela tellement évident. On se sent évacué de son propre pays, de sa propre radio nationale, et bien penaud (pour ne pas employer de mots vulgaires).

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