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La démocratie sans le peuple.

PRESIDENT PAR DEFAUT : Tout ceci a commencé par une campagne lamentable orchestrée de main de maitre par le machiavel « Hollande », demandant aux médias une double opération :

  • La « dédiabolisation de Le Pen »
  • Le lancement de son poulain Macron, pour s’opposer à toute autre solution de progrès, expliquant son positionnement, de non soutien à Hamon et très négatif vis-à-vis de Mélenchon dans la dernière semaine de la campagne des Présidentielles.

Le deuxième tour fut une caricature de démocratie opposant « l’extrême haine » à « l’extrême marché » et le débat du second tour démontrant la manœuvre grossière de planification de l’élection de Macron.

Rappelons ici, que si Macron fut élu, ce fut par défaut et non sur son programme, car seuls 16 % des électeurs du premier tour ont voté pour le programme de Macron, quand plus de 80 % des électeurs de Mélenchon votaient pour le programme.

LES LEGISLATIVES UNE CARICATURE DE DEMOCRATIE : Si le rôle des médias, est de construire « l’agora démocratique  », on peut dire que l’échec est patent. Aucun débat de fond n’eut lieu, juste la nécessité de la cohérence Président/Assemblée fut assénée comme seul véritable enjeu des législatives, là où, depuis 1791, rappelons le, les Législatives servent à élire les députés du peuple, députés qui proposent écrivent et votent les lois de la République…. Mais la Vème République est devenue tellement monarchique que le « Président Roi », une fois élu, ce ne sont plus des députés qui sont élus mais, juste des « pots de fleurs », soumis au pouvoir du monarque dont la seule fonction consiste à voter oui, sur la demande du souverain.

LES RESULTATS BRUTS : Il faut observer les résultats avec attention pour comprendre en quoi tout ceci est une caricature de démocratie. Certes, en apparence, l’élection a eu lieu, certes, les listes Macron arrivent en tête avec 32 % des voix ce qui en projection potentielle, lui donnerait une majorité absolue telle que le représente le graphique ci-dessous. Mais cette majorité obtenue est artificielle, puisqu’avec une abstention de 51 %, celle-ci s’opère sans le peuple, ce qui explique la photo non triomphante du Roi…

LA NON ADHESION AU PROJET : Je reprends ici, dans ce titre, les termes utilisés dans un journal « Main-Stream  », pour vous dire à quel point cet aspect est visible : « La grande gagnante de cette élection ? L’abstention. Elle a atteint, en ce premier tour des élections législatives, un niveau record. Dimanche 11 juin en effet, 51,29% des électeurs ont décidé de ne pas se rendre aux urnes. L’une des raisons de ce très faible taux de participation est la non-adhésion au projet du président Emmanuel Macron. » [1]. Ceci explique sans doute la « moue » du Président, car il sait qu’avec ce niveau de participation, la légitimité de l’Assemblée à réformer est compromise, et que toute initiative de contestation sociale soutenue, pourrait peser sur le cours des choses et ce ne serait pas la première fois dans l’Histoire de notre Pays (1936-1968-1995).

UNE DEMOCRATIE EN TROMPE L’ŒIL : Toujours dans les apparences, la démocratie est sauvé, l’élection a eu lieu, donnant un arbitrage majoritaire, le F.N recule, mais, dès lors qu’ils sont analysés, les chiffres sont têtus et révèlent les faiblesses de la future assemblée « Macronienne  ». Mais donnons une fois de plus la parole aux journalistes « main-stream » : « En prenant en compte l’abstention, les résultats sont beaucoup moins flatteurs pour les candidats d’Emmanuel Macron. Au final, seuls 13,43% des inscrits sur les listes électorales ont voté pour La République en marche.  » [2]. Le journal va encore plus loin faisant pire que Mélenchon dans la recherche du détail : « Si l’on prend en compte les habitants qui ne sont pas sur les listes électorales (29%, entre les non-inscrits, les mineurs, les étrangers et ceux qui n’ont plus leurs droits civiques), le chiffre est encore plus explicite. Ainsi, si la France était un village de 100 habitants, moins de 11 habitants auraient voté pour les candidats du président de la République ». [3] Rappelons ici que le fondement de la démocratie est de permettre au peuple de décider des lois qui organisent la vie en société, et qu’il faut pour pouvoir gouverner au nom du peuple, une majorité. Avec 11 % réel, on assiste, non à un processus démocratique, mais à la dictature du « petit nombre ».

LE VOTE DE LA BOURGOISIE MONDIALISEE : Il ne s’agit pas d’une provocation par le titre, mais de la réalité statistique observée : « Si le parti d’Emmanuel Macron séduit les hauts revenus, les candidats de La République en marche arrivant largement en tête (43%) chez les électeurs dont les revenus du foyer dépassent 3 000 euros, il ne convainc pas les plus modestes. Les électeurs dont les revenus sont inférieurs à 1 250 euros mensuels placent le Front national en tête (25%) et n’accordent que 17% des voix à La République en marche » [4]. A défaut de Révolution annoncée, le vote Macron est du pur « conservatisme social  » des avantages reconquis par la « bourgeoisie mondialisée », face au « précariat mondialisé » dans le cadre d’un système imposé depuis 30 ans, le « Capitalisme mondialisé », dont la seule production effective est le développement sans fin des inégalités et des violences sociales qui y sont attachés.

ET LA PRESSE ETRANGERE ? Chose curieuse, après avoir tremblé au risque « Le Pen-Mélenchon », voilà qu’elle devient elle aussi sourcilleuse des principes de la démocratie et surtout, pas bête, se rends compte que le « vol  » est trop gros et qu’il risque de se voir. Que de ce fait, la « victoire de Macron » pour réformer enfin ce « Pays des révolutions », risque de se retourner contre l’objectif : « Le raz-de-marée de La République en marche (LREM) lors du premier tour des législatives, dimanche 11 juin, a laissé la presse internationale en partie perplexe, notamment en Allemagne et aux États-Unis. L’incontestable avance des candidats du parti du président Emmanuel Macron sur leurs adversaires a, pour certains titres, comme un arrière-goût d’”absolutisme”, qui se marie mal avec leur conception d’un système démocratique sain » [5]. Mais l’analyse se poursuit : La France est devenue une monarchie”, titre sans détour le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung » ; A lire l’expression « arrière-goût d’absolutisme » et de « monarchie » on aurait pu penser à du Mélenchon…perdu, voilà l’A.F.P citant la presse étrangère, pris du syndrome de vouloir faire du « dégagisme »

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LE HOLD-UP POLITIQUE : Non vous ne rêvez pas, l’élection est un « hol-up politique », et ce terme ne vient ni de Mélenchon ni de votre serviteur. Il vient d’une main « non innocente », Professeur associé à l’Université de Paris 1 la Sorbonne et qu’il faut lire avec attention : « Le hold up politique d’Emmanuel Macron sera total dimanche prochain. Après la victoire présidentielle, voici un blockbuster parlementaire pour son mouvement » [6]. Parler de « hold-up », c’est bien parler de vol. Mais l’article continue : « il s’agit d’abord d’une terrible défaite pour notre démocratie …/… » et de la défaite on passe à l’analyse politique : « Au cœur de ce maelström démocratique pourrait naître, dimanche prochain, une France parlementaire sans le peuple. Et il ne s’agit ni de fatigue électorale, ni d’oubli ou de légèreté citoyenne. C’est un choix ! »  [7]. « Une France parlementaire sans le Peuple », c’est à l’opposé de ce qu’est la démocratie. Et de l’analyse politique, on passe alors à l’analyse des causes profondes : « Au-delà de l’hypnose collective d’une France qui se serait réunie par la magie d’Emmanuel Macron pour être totalement En Marche, demeurent les terribles fractures, les violences inquiétantes d’une société majoritairement en désertion des urnes » On voit ici que l’analyse se déplace sur l’analyse de la société, perçue comme violente pour le plus grand nombre, expliquant la désertion…Car il n’y a pas de démocratie possible, sans analyse réelle de la société, et notre société actuelle est en grande souffrance sociale, c’est ce qu’exprime l’abstention de masse dans les quartiers populaires (Plus de 60 % d’abstention en Seine-St Denis).

LES RETOURS DE L’HISTOIRE : Au vu des projections réalisées et du faible score initial de Macron aux Présidentielles, on pourrait parler de « Chambre introuvable » ou de « chambre bleue horizon »… Hors ces deux expressions sont deux moments historiques qui ont déjà eu lieu dans notre Pays :

  • La chambre introuvable : Après la défaite de Waterloo (1815), l’empereur banni, le Roi Louis XVIII, revenu aux affaires, obtient une chambre occupée par 350 ultra-royalistes sur 400 députés. Pour réussir la contre-révolution, les ultras veulent effacer l’héritage révolutionnaire, comme aujourd’hui Macron veut effacer, par ordonnances, le code du travail.
  • La chambre bleue horizon : Celle-ci se constitue après la première guerre mondiale : « 369 députés avaient en effet été élus pour la première fois, dont une majorité parmi les 412 élus du Bloc national, une alliance des forces centristes et conservatrices. 44 % des 616 députés élus au scrutin mixte à un tour sont des anciens combattants, parmi lesquels Georges Clemenceau, ce qui vaut à la chambre son nouveau surnom ’Bleu horizon’, en référence à la couleur des uniformes français. » [8] Elément remarquable, cette comparaison avec la chambre de 1919 revient dans l’article de France-Culture : « A en juger par les dernières estimations, les élections législatives pourraient bien voir En Marche et ses nouveaux candidats sortir vainqueurs du scrutin. Il faudrait remonter en 1919 pour trouver un bouleversement d’une telle ampleur » [9].

EN FRANCE CELA SE TERMINE EN REVOLUTION : Pour celui qui connait l’Histoire, en définitive, la « chambre introuvable » s’achève quelque par la Révolution de 1830 (les trois glorieuses) et l’élimination de Louis XVIII. Les prolétaires durent remettre ça en 1848, pour qu’enfin la République triomphe. Quant à la boucherie de 1914 et la chambre « bleue horizon », elle fut suivie de la création des Partis communistes en Europe et du front populaire de 1936. Rappelons ici qu’après la mort de Jaurès la S.F.I.O vota les pleins pouvoirs pour mener la guerre dans un gouvernement « d’union nationale » comme aujourd’hui le P.S se rallie au « Macronnisme » de « l’extrême marché ». Mais là aussi, prenons date, c’est la violence des banquiers et leur usurpation du pouvoir, qui seront cause des déclenchements sociaux à venir, pas le peuple fourvoyé et trompé par une propagande de type soviétique…

Décidément l’Histoire n’est pas une « gazelle pudique », selon l’expression consacrée…Dans ces conditions, la victoire de Macron n’augure pas forcément une aire de stabilité. Le peuple le décidera en temps voulu comme il a toujours su le faire (1789, 1830, 1848, 1871, 1944).

LA DEMOCRATIE DE MARCHE OU LA DEMOCRATIE SANS LE PEUPLE : Cela fait longtemps désormais, que les gouvernements issus des élections du système de la Vème République sont à contre-courant du peuple réel. Les souffrances successives, imposées à coup de rigueur et d’austérité, imposant les précarités sociales, financières, économiques, culturelles, sportives, ont généré un terreau de ras le bol, qui s’accumule à nouveau à chaque cycle. Observez et le chiffre est un véritable uppercut, que celui qui se présente comme moderne sait que 63 % des jeunes de 18 à 24 ans se sont abstenus lors de ce premier tour des élections Législatives. Et il ose encore parler d’avenir… Macron ce n’est que le passé qui revient avec un « relooking » de « start-up » qui sent la naphtaline et le « vert de gris ».

Le marché rêvait depuis longtemps de pouvoir avoir tous les pouvoirs, dans la perspective de revenir sur tous les « conquis sociaux » du XX ème siècle. Obligé de s’accommoder aux formes de la démocratie, il en a perverti le sens, en prenant le contrôle direct de l’économie, de la politique et des médias. Pour lui, la seule démocratie possible est celle de la « démocratie de marché » où le marché, via les concessions formelles de l’élection, garde toujours la main. La « démocratie de marché », se méfie du peuple. Dans la « démocratie de marché », le marché est au-dessus et le peuple doit se laisser guider par la « main invisible », substitut habile à la « main de Dieu », du système féodal, là où la République attribue ce rôle et cette mission à l’Etat, expression de la puissance publique en action.

Cependant à force de vouloir imposer les solutions du marché, comme seule solution « crédible  », le système, par lui-même, construit « ses propres fossoyeurs ». Et il en sera avec Macron comme il en fut avec « l’ancien régime féodal  ».

Si la victoire électorale de Macron est incontestable, rien n’indique que cette « victoire  » matérialise celle de la démocratie [10] car, « on ne construit pas la démocratie sans le peuple ».

Le 13 Juin 2017, Fabrice

[1Franceinfo / 12-06-2017

[2« Législatives : cinq chiffres pour relativiser la victoire de La République en marche au premier tour  ». Franceinfo / 12-06-2017

[3Idem

[4idem

[5« Législatives : vu de l’étranger, un petit vent monarchique souffle sur la France » A.F.P / 12-06-2017

[6« La défaite démocratique de la France d’Emmanuel Macron  » Jean Christophe Gallien | 12/06/2017 La Tribune

[7Idem

[8« France culture »

[9Idem

[10Rappelons ici que Démocratie signifie : « pouvoir du peuple ».


COMMENTAIRES  

16/06/2017 12:39 par Pedro Mota

Propagande de type sovietique ! Pourquoi pas de type français ?

16/06/2017 18:28 par Szwed

Les médias ne sont pas en mesure de construire « l’agora démocratique ».... cela se saurait ! Détenus par les milliardaires les médias sont installés et payés pour protéger l’idéal oligarchique d’un groupe minoritaire et parasite. L’agora démocratique n’est qu’un leurre puissant avec ses fausses informations, ses désinformations, ses débats tronqués, et ses vacheries en tout genre à l’égard des opposants etc...Le résultat on le voit:des électeurs effrayés ou sidérés, désabusés. Le machiavélisme des média conduit à un tour de passe passe extraordinaire, pire que le bourrage des urnes, le bourrage des crânes.Toutefois dans ce constat lourd et désespérant il fut un peu réconfortant de voir que plus de 80 % des électeurs n’accordent pas leur confiance aux députés du dernier néo-cons de l’année

16/06/2017 18:56 par irae

Analyse très juste.

16/06/2017 19:43 par G. SPORRI

Petite remarque sans importance : en 1848 la République a gagné mais la DEMOCRATIE NON ! Les femmes étant exclues du DROIT de VOTE... Et nous en sommes toujours là. Les rituels républicains aboutissent à une non-représentation systématique des ouvriers et des employés. Et, de plus, si un ouvrier était élu il deviendrait immédiatement un cadre sup bien mieux payés que 50% des cadres, et, avec l’attribution d’attachés parlementaires, il deviendrait un petit patron responsable du destin de travailleurs précaires...
Pour que la république deviennent aussi une démocratie, il faudrait que les femmes votent pour des femmes et les ouvriers pour des ouvriers + beaucoup d’élus pour que tous les territoires et toutes les professions soient représentées + élus à temps partiel pour les maintenir dans la vie réelle + constitution qui interdise explicitement toutes les options paternalistes autoritaires liberticides et tous les gadgets pseudo démocratiques comme les référendum d’initiative populaire ou les critères moraux qui excluent le diable et imposent l’angélisme.

16/06/2017 21:19 par Renard

Très bonne analyse, n’oublions pas que "le centrisme est le vichysme de temps de paix" assertion qui s’applique parfaitement à cette nouvelle assemblée.

16/06/2017 22:30 par leon

il manque dans cet article une analyse sur la désunion,la gauche de transformation social qui est passé de 20 % a la présidentielle avec une participation de 70%, le score est tombé a la législative a 14% (FI +pcf) et une participation de 49%. comment le qualifié d’échec, de gâchis, occasion manquée ?

16/06/2017 23:43 par François

La question est qui de la FI ou du fn profitera de la politique terre brulée de macron.
Ce dernier passera sa loi et passera la main après avoir commis son forfait.
La France se réveillera t’elle encore avec une nouvelle illusion d’espoir de changement.
Ça parait difficile à croire, mais la bêtise n’ayant pas de limite, c’est possible.
Sinon, les dominants préféreront le fn à la FI et la lutte sera âpres.

17/06/2017 16:43 par juan

nous ne sommes pas arrivés encore au 19 juin il nous faut patienter encore un peu pour connaître enfin le programme de Macron ? pour rappel son mandat est d’une durée de 5 ans ...
la dédiabolisation du FN ? je n’y crois pas tout a été fait pour jeter tout d’abord les non politisés dans les bras de la Macronerie
à gauche des militants purs et durs m’ont dit il faut voter Macron car le ventre de la bête humaine (le FN) est toujours fécond j’ai réponds hum hum !!!
j’ai imaginé à ce moment là le petit sourire malicieux de Macron disant à Brigitte regarde la gauche elle votera à l’affectif c’est à dire pour moi au deuxième tour , moi Macron j’ai du coeur ? oui bien sûr pour l’union européenne , pour le MEDEF , pour la finance , pour les fortunés résidents , non résidents en France ou ailleurs
regardez bon sang peuple de France j’ai dit moi Macron à Vladimir Poutine président de la république de Russie qu’il fallait qu’il fasse gaffe et ce à Versailles ! enfin un vrai président !
la version officielle ? Vladimir Poutine à dit à Macron que ce sont les states qui dirigent l’ OTAN , que la Russie n’entends recevoir des ordres d’aucun état
tout est prévu comme dirait Laurent Gerra le baladin Brigitte ouvrira demain soir les roteuses pas de l’eau gazeuses ça c’est fait pour ceux qui occupent leurs entreprises pour ne pas quelles ferment , Brigitte j’ai dit aux camarades que je suis pas le père noel !!

17/06/2017 18:18 par Szwed

@ Leon
La question serait plutôt de savoir pourquoi 65% des électeurs de Mélenchon (au premier tour de la présidentielle) ne sont pas allés voter pour les candidats de la FI au premier tour des législatives. 65% c’est énorme ! Attribuer les raisons de ce reflux aux seuls effets de la division de la gauche ce n’est pas suffisant. La volatilité(fragilité..?) de cet électorat pose aussi autant de question quant aux modalités de la stratégie des cadres de la FI pour les législatives (notamment l’insuffisante visibilité des candidats FI, affiches, profession de foi) que des basses manœuvres de la presse des oligarchiques, qui n’a rien fait pour développer les enjeux et les programmes.Mais ce dernier point est notoirement connu.

18/06/2017 12:49 par cunégonde godot

Les intellectuels européistes doivent cesser de donner des leçons de démocratie !
M. Macron est devenu président européiste de ce qui reste de République française par défaut. C’est-à-dire par manque d’adversaire. M. Macron est l’incarnation de l’européisme financier anglo-saxon (germano-américain). Un européisme totalitaire qu’il revendique haut et clair.
Parmi les candidats à la présidentielle qui, à gauche, a attaqué frontalement M. Macron sur ce terrain ? Personne.
Pour se voir plus belles en leur miroir, la gauche et l’extrême-gauche françaises n’ont pas cessé, depuis quarante ans, de combattre le "fascisme" des... années 30 et les totalitarismes... du siècle dernier. Le totalitarisme capitaliste d’aujourd’hui, l’européisme, non seulement elles ne le combattent pas, mais dans leur majorité y adhèrent.
Dans un système totalitaire, ou on adhère ou on s’abstient. Quoi d’autre ?

18/06/2017 13:56 par D. Vanhove

@szwed & léon : tentative de réponse à votre qstion, reprenons depuis le début...
1 an de campagne électorale pour dénoncer avec des moyens nvx (internet, hologramme, ...) et le talent vigoureux qu’on lui connaît, le système financier, les banques et tous ceux qui gravitent autour et en profitent sur le dos des petites gens... faisant au fil des mois de plus en plus d’adeptes au point que JLM pouvait prétendre au second tour... ce qui pourrait laisser entendre que les électeurs avaient adopté le fond, la ligne maîtresse du programme de la FI...
puis, le verdict que l’on sait au 1er tour des présidentielles et...les consignes invraisemblables des cadres de la FI : 3 possibilités = vote nul, abstention, vote Macron...
comment un mouvement qui est parvenu à rassembler des millions d’électeurs sur une programme clair peut-il en 24h basculer dans une stratégie qui d’un coup de baguette magique efface les discours tenus par son leader pendant une année... et opte, même "en faisant la grimace" (dixit A. Corbières, porte-parole de la FI) pour le système qu’il a combattu crescendo au fil des mois de campagne...?
vous cherchez des (je ne dis pas "la") raisons de l’abstention massive aux législatives... en voilà certainement une, et ss doute de taille !

[par ailleurs et pour le fun, j’ai croisé en rentrant tard l’autre soir, un militant de la FI en train de coller - à la sauvette - de ptes affichettes sur des poteaux électriques d’éclairage public... vu la circonférence de ce genre d’engin, vous imaginez facilement la taille à peine visible de ces affichettes auto-collantes... vous pensez vrmt que ce genre de "pub" est encore adaptée au monde d’auj’hui...?
les électeurs seraient donc à scruter les poteaux électriques de leurs rues pour savoir pour qui voter...?! perso, je trouve ça plutôt lamentable comme approche, d’en être encore à de telles pratiques... et il y a donc aussi une manière de faire qui doit être revisitée par l’ensemble des militants s’ils veulent être efficaces et se donner les chances de gagner une élection...]

18/06/2017 14:22 par LAGIER

}Le lieu réel du rapport de force avec le Capital est dans la rue .
Qui donnera le signal de la Résistance et de la mobilisation ? Toute la question est là .

18/06/2017 15:59 par juan

en suivant le raisonnement des 65% des électeurs de Mélenchon ayant voter Macron au second tour , explique bien que les voix des PCF des FI de certains PS pour Macron n’ont servi qu’ à faire monter le pourcentage de réussite de ce dernier
ces voix étaient inutiles M lepen mathématiquement ne pouvait pas être élue
ces électeurs n’auraient pas voter Macron , celui-çi aurait obtenu moins de 55% des voix, il avait donc de la marge encore
ce calcul de 65% est vraisemblable , les faits sont têtus encore une fois hélas !

19/06/2017 09:38 par Assimbonanga

@17/06/2017 à 18:18 par Szwed

pourquoi 65% des électeurs de Mélenchon (au premier tour de la présidentielle) ne sont pas allés voter pour les candidats de la FI au premier tour des législatives

Je crois que c’est parce qu’il n’y a pas un Mélenchon ou un François Ruffin par circonscription ! Pas évident de mener une campagne. Certains candidats n’ont ni la stature ni les troupes derrière eux. Et puis, certaines circonscriptions sont découpées au désavantage de notre camps.
A ce propos, je signale la réélection du Poutine Auvergnat : Laurent Wauquiez. Étant interdit de cumul de mandat, il a fait campagne sur sa tête ( innombrables photos de lui sur les prospectus) mais sous le nom d’une candidate de paille. Cf Poutine 2008. Un joli coup fourré.
On remarquera le silence complice de notre presse si vertueuse ! Personne ne voit. Personne ne moufte.

19/06/2017 12:09 par Geb.

La question serait plutôt de savoir pourquoi 65% des électeurs de Mélenchon (au premier tour de la présidentielle) ne sont pas allés voter pour les candidats de la FI au premier tour des législatives

@ Swed...

Tu n’es quand même pas sans ignorer qu’au premier tour des Législatives une partie des électeurs qui avaient voté Mélenchon parce que leur(s), parti(s) respectifs avaient de plein gré ou par pragmatisme accepté de s’effacer en traînant les pieds, (Ne risquant rien de perdre vu qu’ils n’avaient pas réussie l’union scélérate avec les Soc’dems de EELV et du PS. Rien à perdre surtout financièrement tout en trouvant l’occasion de redorer un blason (bien usé). ces électeurs ont retrouvé la possibilité de voter pour des candidats de désunion pressés de retrouver leurs petites indemnités parlementaires ? Avec en prime une bonne propagande permettant de laisser croire au "totalitarisme" mélenchonien ?

Il y a plusieurs moyens de trahir la Révolution : En la contrant directement, (C’est pas le pire), ou en faisant semblant de l’aider (plus ou moins "fraternellement")... Et en la poussant du côté ou elle risque le plus de tomber.

Ce penchant là c’était la faiblesse d’analyse politique des militants de tous les partis de gôôôche. A commencer par celle des militants du PCF. Certainement pas de tous, mais des plus faibles politiquement.

Je regrette de le souligner, mais il y avait plus de "clairvoyance", ou disons, de "désir d’efficacité", dans l’appel surprenant d’un Dieudonné appelant à voter "PHI" contre Valls dans l’Essone au deuxième tour, que dans les appels des "chefs de partis" dits "de gauche" présentant au premier tour des candidats qui ont fait échouer la possibilité d’être élus à des dizaines de candidats de la PHI. J’ignore si M’Bala M’Bala est l’enfoiré qu’on dit qu’il est, (Il a quand même fait presque 4% des votes), mais il y avait plus de continuité dans son appel par rapport à son attitude anti-système que dans tous les appels des autres diviseurs de Classe.

Ces attitudes scélérates ont amené une bonne partie des électeurs traditionnels du premier tour des Présidentielles à ne pas voter aux législatives pour Mélenchon, (Le "totalitaire", "Le Tsipras", "Celui qui veut nous prendre nos indemnités", c’est selon l’humeur), donc à s’abstenir, ou à se reporter sur la myriade de loufoques ou de candidats de la division.

Pour ces derniers il ne sortent pas grandis de l’aventure... Et plus rigolo, pour rester crédibles ils vont être contraints à l’Assemblée soit de se joindre à la "majorité" des députés de la PHI sur les décisions qu’elle jugera bonnes de prendre, soit de se mettre en retrait de la PHI ou de se soumettre à la Majorité macroniene. Au risque de dévoiler leur propre caractère pas trop franc.

On va suivre avec impatience LCP dans les prochaines semaines. Et surtout on suivra aussi le taux de fréquentation et les votes au Parlement. Qui est présent et qui fait quoi...

Ca va pas être triste.

19/06/2017 16:36 par Geb.

les électeurs seraient donc à scruter les poteaux électriques de leurs rues pour savoir pour qui voter...?

Perso, pour avoir participé durant des années à des campagnes d’affichage pour la JC, puis pour le PCF j’ai appris à comprendre qu’il était bien plus efficace de saturer l’espace public avec des dizaines de milliers de papillons siglés que de mettre des millions dans des affiches onéreuses 2 x 3.

Ceux qui l’ont bien compris ce sont les militants du FN, (Qui est un des derniers partis à avoir des "militants" actifs, même si ce ne sont pas nos amis). Ils ont saturé l’ENVERS des panneaux de signalisation et les poteaux EDF avec simplement leur sigle et des slogans simplistes sur ds affichettes 20 x 27 jusqu’à faire croire qu’ils étaient omniprésents. Et contrairement à ce qu’on pense quand tu vois la tronche de JMLP ou de MLP accompagné de phrase courtes et percutantes, à chaque fois que tu t’arrêtes à un feu rouge, nous ça peut nous faire vomir, mais si t’es pas au courant, soit ça te perturbes, soit ça t’interroges. Et pour peu que tu ne comprennes rien ça t’apportes des "réponses". C’est presque aussi saturant que la BFMTV en continu et ses apports pavloviens.

Et nous, au lieu de "vomir", on aurait peut-être mieux fait de réfléchir sur la méthode au lieu d’en rigoler.

19/06/2017 22:50 par Lyonnais

En 1830 ce n’est pas Louis XVIII qui régnait mais Charles X, quant à Clémenceau ce ne fut jamais un ancien combattant !
Ces deux erreurs risquent d’influencer fâcheusement certains lecteurs malgré toutes les qualités de cet article !

20/06/2017 14:13 par AUBERT

A Lyonnais.
"Errare humanum est"... en effet c’est Charles X, mais le raisonnement, n’en n’est pas impacté...

Pour Clemenceau, c’est donc à France-Culture, à qui j’ai fait confiance et qui m’aura "trompé", à l’insu de mon plein gré...

Fabrice

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