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Génocide et occupation militaire : Les cinq clés essentielles du "contrat guaido" - Silvercorp

Finalement, le contrat complet du contrat signé par Juan Guaido’, Sergio Vergara et J.J. Redon avec la société mercenaire américaine Silver corp, sous la direction de l’ancien officier militaire Jordan Goudreau, a été publié. Le ministre des communications vénézuélien Jorge Rodriguez, dans une conférence de presse depuis le Miraflores Palace il y a deux jours, a fourni une analyse détaillée des clauses de ce contrat et expliqué sa portée et ses objectifs, qui intégraient l’élimination physique du président Nicolas Maduro et des hautes autorités de l’état vénézuélien.

Avec les preuves révélées jusqu’ici, il est établi que Juan Guaido avait une connaissance précise de ce qu’il avait signé, en vue de promouvoir l’intervention mercenaire contre le Venezuela qui s’est déployée sur ses côtes le 3 mai.

Même si ce membre auto-proclamé du congrès a refusé toute implication au moyen de vagues déclarations, son conseiller J.J. Rendon a confirmé la véracité de ce contrat, pendant que, par ailleurs, un nouvel enregistrement a révélé une conversation entre Goudreau et Guaildo lors de la conclusion de cet accord.

Le contenu de ce contrat signé prévoit que l’élimination physique du président Nicolas Maduro et des hautes autorités de l’état vénézuélien était bien le premier objectif d’une opération qui planifiait l’occupation militaire prolongée du pays, grâce à une armée privée de mercenaires.

1/ Le contrat établit que la présence de Silvercorp dans le pays, devait s’étendre sur 495 jours continus, en agissant en tant que « force de sécurité » pour le gouvernement factice, afin de « stabiliser le pays ».

Alors que l’opération de « capturer/ détenir/ éliminer Nicolas Maduro, supprimer le gouvernement actuel et installer comme président vénézuélien reconnu Juan Guaido’ (sic) » était l’objectif principal, Guaido’ s’engageait à régler les versements mensuels à Silvercorp, même si le président vénézuélien légitime était destitué avant l’incursion armée.

Le paiement pour les services contractés seraient effectués au moyen de barils de pétrole ou avec l’aide d’investisseurs privés. Silvercorp s’est engagé à rapprocher Guaido des investisseurs, en facturant 55 % d’intérêt à régler à la société mercenaire de Goudreau.

Suivant ces clauses, Silvercorp agirait en tant qu’intermédiaire financier entre le gouvernement factice de Guaido et les capitalistes intéressés par l’obtention d’un revenu des opérations illégales des mercenaires à l’intérieur du territoire vénézuélien. Par conséquent, le contrat était autant une aventure financière qu’une carte de navigation pour l’artillerie néo-libérale. La société de Goudreau serait devenue le contractant vedette de sociétés extractives qui n’auraient plus qu’à requérir les services de Silvercorp pour opérer au Venezuela « en toute sécurité ».

Une telle relation entre des sociétés transnationales et des entreprises de mercenaires privées est courante en Colombie, en Irak ou en Afghanistan où de grosses entreprises engagent des sociétés de sécurité privées pour protéger leurs affaires au cœur d’un conflit armé de faible, ou moyenne, intensité. Les affaires de la guerre.

2/ Suivant le contrat, Silvercorp pouvait agir en commun avec le gouvernement factice de Juan Guaido’, par-dessus les institutions de défense nationale et de sécurité conçues par la constitution de la république Bolivarienne du Venezuela pour les forces armées Bolivariennes (FANB).

Le pouvoir de Goudreau serait au-dessus de la constitution et il ne serait responsable que devant Guaido’. Il serait au-dessus des FANB, des services secrets et de la police, exerçant des moyens d’actions multilatérales dans divers domaines du militaire.

Dans ce sens, les clauses du contrat impliquaient la dissolution de la république Bolivarienne, de ses institutions et du système de droits humains tels qu’ils avaient été établis dans la Magna Carta de la nation. Les FANB seraient remplacées par une armée privée d’occupation et les chefs de l’administration publique seraient considérés comme des « forces hostiles ».

C’ÉTAIT UNE OPÉRATION DE TERRE BRÛLÉE, OÙ LES MAIRES, LES GOUVERNEURS, LES JUGES, LES PROCUREURS, LES MINISTRES ET AUTRES AUTORITÉS DÉSIGNÉES COMME « cHAVISTES » SERAIENT CAPTURÉS, poursuivis ou tués. En appliquant ces techniques de terrorisme d’état, le gouvernement factice de Guaido’ réorganiserait l’état vénézuélien dans tous ses appareils organisationnels.

Le contrat met en évidence que des personnalités clés comme Diosdado Cabello, Nicolas Maduro et leurs « partisans » seraient déclarées comme telles, ce qui concrètement impliquerait la persécution et la saisie de toutes les positions publiques institutionnelles de l’état du Venezuela.

En se servant de cet état de siège de facto et avec les malfrats de Silvercorp dans les rues, il pourrait forcer le démantèlement de la république Bolivarienne, la disparition du Chavisme en tant que force politique et institutionnelle, et créerait les conditions d’une mise aux enchères des entreprises publiques au profit des transnationales.

3/ Il est catastrophique (et même sans précédent) qu’un contrat privé avec une société mercenaire puisse être à l’origine de la dissolution du Venezuela tel que nous le connaissons. Ceci est sans équivalent dans l’histoire de notre république, et au niveau mondial, il faudrait rechercher des exemples qui pourraient s’en approcher.

Le contrat signé par Guaido entraîne une réorganisation de l’état et une restructuration de notre système légal. Par exemple, une des clauses établit l’instauration d’un Commandement Stratégique Vénézuélien, auquel Silvercorp aurait à répondre. Ce Commandement supposé, qui aurait comme chef encore non déterminé, probablement un officier de Silvercorp, pourrait autoriser des opérations militaires illégales contre les « forces hostiles », toutes les manœuvres opérationnelles pouvant intégrer les perturbations et manifestations, et arrêter les personnes partisanes du Chavisme.

Logiquement, le texte assume qu’une fois que le gouvernement constitutionnel sera renversé, il y aura des manifestations et des perturbations contre un tel coup d’état. Pour dissimuler la persécution d’un mouvement de contre-coup Chaviste dans les rues, Silvercorp désigne tout ce qui s’élèverait contre le gouvernement factice de Guaido comme des « forces hostiles ».

Celles-ci comprennent le Hezbollah, le groupe de guerilla colombienne ELN, les « forces illégitimes vénézuéliennes », des collectifs et les FANB elles-mêmes. Cette clause correspond exactement au discours sur la « présence du Hezballah au Venezuela » diffusé par les faucons et surtout par Mike Pompeo et la direction du Southern Command, et donc il est clair que Silvercorp s’associerait avec des troupes états-uniennes, avec la Air Force et le Southern Command (déployé dans tout le Pacifique avec plusieurs contre-torpilleurs dont un spécifiquement prêté par la quatrième flotte [Fourth Fleet]) pour s’attaquer aux supposés « éléments terroristes ».

La reconnaissance diplomatique et illégale de Juan Guaido comme « président en charge » serait suffisante pour « légaliser » les opérations de la U.S. Navy, de la Air Force et le débarquement des Forces Spéciales sur notre territoire au point de justifier les conditions politiques à l’installation de bases militaires U.S. sur une base permanente et la conclusion de traités illégaux autorisant des agences U.S. telles que la CIA, le FBI ou la DEA, comme cela s’est passé en Colombie avec le « Plan Colombia » et au Mexique avec la « Merida Initiative ».

En termes courants, le contrat a ouvert la porte à une intervention U.S. conventionnelle, unilatérale et hors du cadre du Conseil de Sécurité des Nations Unies, susceptible de contrôler le pouvoir face à une vaste insurrection militaire et civile après le coup d’état, au cas où le Chavisme retiendrait encore les structures militaire, policière et populaires susceptibles de se confronter aux envahisseurs.

4/ Le contrat dissout également la législation vénézuélienne dans le domaine du criminel et suspend effectivement toutes les institutions chargées d’assurer la protection des droits fondamentaux de la population.

Silvercorp a établi que par l’unité CSO irrégulière et par commandement unilatéral de prétendus VSC, il serait possible d’effectuer des arrestations de personnes, des fouilles de lieux et de domiciles, des appréhensions et autres mesures de répression des « forces hostiles » ou des présumés collaborateurs des « forces alliées du régime précédent ». Dans ce sens, il établit que les « crimes » de l’après-coup seront : être un Chavista, un fonctionnaire, un officier de police ou un soldat qui ne se soumet pas aux malfrats de Silvercorp « commandés » par Guaido, leur « commandant en chef » en accord avec le contrat.

Ces arrestations seraient effectuées illégalement quand il y aurait « raisonnable suspicion » et ne seraient soumis à aucun mandat institutionnel, et les détenus et persécutés n’auraient alors ni bureau du procureur ni protection juridique capable de les défendre. La milice de Goudreau serait alors transformée en un bureau du procureur, un tribunal et un bourreau, simultanément.

De manière à massifier ces techniques de terrorisme d’état, le contrat accorde une certaine légalité au meurtre de civils innocents après qu’il aient été faussement accusés d’appartenir aux « forces hostiles » décrites dans le document. Accuser un chef de CLAP ou une catégorie de chefs de communautés des bidonvilles de Caracas comme « collaborateurs de l’ELN ou du Hezbollah » ou « en train d’entraver notre mission, d’être associés avec des terroristes ou un trafic de drogue » cela serait suffisant pour qu’ils soient tués.

Dans ce sens, le contrat de Silvercorp est un moyen d’effectuer un génocide, tel que défini par la Cour Criminelle Internationale. Est génocide :

« chacun de ces actes commis avec l’intention de détruire, entièrement ou partiellement, un groupe national, ethnique, racial ou religieux : a) en tuant des membres de ce groupe ; b) en causant des dommages physiques ou mentaux à des membres de ce groupe ; c) en infligeant délibérément à ce groupe des conditions de vie telles qu’elles amènent sa destruction en tout ou en partie ».

5/ Silvercorp a également offert ses services afin de mettre en place un département de gestion des biens, pour poursuivre et saisir les biens de la nation en tant que propriétés de l’état. D’après le contrat, Guaido devrait payer une redevance de 14 % selon la valeur réelle de toute propriété « récupérée ».

Cependant, le jargon financier et légaliste qu’ils donnent aux termes de cette clause ne réussit à camoufler qu’ils voudraient autoriser une vaste opération de trafic de propriétés culturelles, typique des groupes mercenaires, et condamnée par les résolutions des Nations Unies.

Ainsi, suivant le contrat, Silvercorp prendrait le contrôle de l’état vénézuélien en étant habilité à exercer les services de la police, en formulant une législation pour mettre hors la loi le Chavisme et en autorisant toute manœuvre militaire contre la population civile et les structures gouvernementales faussement accusées de « collaboration » avec les « forces hostiles ». L’utilisation de mines anti-personnel et d’opérations armées à grande échelle est ainsi autorisée directement contre les institutions publiques, les structures des FANB et les quartiers généraux du gouvernement Bolivarien où les « crimes » définis précédemment par Goudreau seraient commis.

Bien que l’opération soit basée sur une sous-estimation de la capacité de résistance du Chavisme, il faut remarquer que le contrat lui-même établit dans ses calculs la forme de gouvernement que prendrait le Venezuela après l’élimination de Maduro. C’est une déclaration d’intention.

Le « modèle d’état » que prévoit le contrat ressemble dangereusement à la « communauté d’états [commonwealth] » par lequel les U.S . ont justifié leur occupation militaire et politique des Philippines après leur guerre contre l’empire espagnol. Tout aussi scandaleux sont la similitude à l’amendement Platt appliqué à Cuba au début du 20ième siècle et le statut colonial actuel de Puerto Rico.

Ils veulent un régime d’occupation avec des perspectives d’annexation.

Les principes, sur lesquels le contrat est fondé, établissent que le Venezuela perdrait son statut de république souveraine, pour devenir un régime militaire, prétendument parlementaire (c’est là qu’apparaît la marionnette Guaido) occupé et dirigé par les États-Unis.

Cette façon de pensée est reliée à l’occupation U.S. (faussement appelée stabilisation) en Irak.

N’oublions pas qu’après leur intervention militaire, Washington avait nommé Paul Bremer (un faucon lié à Dick Cheney et Henry Kissinger) comme administrateur pour l’Irak, en lui transférant les pouvoirs conjugués auparavant par Hussein.

Bremer, comme président de la coalition de l’Autorité de Coalition Provisoire (CPA – Coalition Provisional Authority) serait en charge de « reconstruire le pays » en autorisant des contrats pétroliers avec des société U.S., en favorisant des incursions de l’armée et en créant un nouveau cadre pour la continuation du Baathism. Les U.S. ont gouverné le pays en militarisant et en étendant l’imposant modèle colonial britannique.

La gestion de Bremer avait mis à jour de façon néocoloniale, suivant l’optique géopolitique des faucons, un modèle de gouvernance par une armée d’occupation qui déciderait la destinée d’une nation et contrôlerait les institutions pour le profit de grosses entreprises privées.

Pour cette raison, le contrat de Silvercorp suit le chemin armé du néo-libéralisme, en confiant illégalement la sécurité et les pouvoirs de défense du pays à la société mercenaire de Goudreau.

Grâce à cela, le pays serait conduit à une phase de fragmentation, de dissolution institutionnelle et de « somalisation », quand de grosses compagnies peuvent prendre le contrôle, en employant des mercenaires, de puits de pétrole, de gisements de gaz et de mines d’or, suite à la suppression de l’état de droit et à la destruction du monopole d’un pays pour ses matières premières stratégiques.

Les coordonnées courantes du conflit géopolitique ont aussi structuré les clauses du contrat : la voracité d’un capitalisme en crise, en temps de pandémie, en lutte avec l’état-nation pour le contrôle d’un meilleur taux de profit et d’exploitation.

Dans ce chapitre vénézuélien de la troisième Guerre Mondiale, ce document expose la volonté géopolitique de réduire les entraves que peut placer un état dans la poursuite de la circulation des liquidités, d’un capital flexible sans frontières ou contrôle institutionnel.

Et ceci est la voie armée que Washington a choisi pour précipiter cette manœuvre de réorganisation constitutionnelle et politique de notre patrie.

Piotr

(traduit de l’anglais par ’Jabberwocky’, récupéré sur MRonline.org suite à un envoi précédent (environ 10 jours), de l’italien, toujours à propos du Venezuela)

(Publié à l’origine par Internationalism 360, via Mision verdad (10 mai 2020))

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