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Le charme discret de la libération de Julian Assange (ou comment il a sauvé WikiLeaks)

L’affaire de presse la plus importante de notre génération, pour citer le regretté John Pilger, s’est conclue un peu comme elle avait commencé : en provoquant un pic d’intérêt éphémère des médias (il faut bien alimenter le fil de l’actualité, que diable) accompagné de leur désinvolture habituelle dans le traitement de cette affaire (il y a d’autres sujets à traiter, que diable).

D’ailleurs, je constate que pas mal de "médias alternatifs et indépendants" n’ont pas moufté plus que ça. Ils ont honte ou quoi ?

En résumé, Julian Assange a fini par craquer et plaider coupable - ce qui prouve qu’il l’était, sinon il aurait plaidé innocent et aurait fait confiance à la justice - et a profité de la magnanimité du gouvernement des États-Unis qui a finalement décidé en son âme et conscience, et sous la pression amicale de son allié Australien, que l’affaire devait être réglée dans un souci de…

Doux Jésus. Pour un gouvernement qui avait envisagé de l’enlever, l’empoisonner ou de l’assassiner, qui a soudoyé de faux-témoins, qui l’a fait séquestrer sous une forme ou une autre, harcelé, espionné, calomnié et diffamé et fait torturer pendant près de 15 ans, voilà un sacré revirement. Que dis-je, une volte-face. Que dis-je, une reconversion. Que dis-je, une illumination. Que dis-je, un miracle. Que dis-je, entendez cette musique céleste et voyez cette lumière divine. Que dis-je, je ne sais plus, mais Hallelujah quand même.

Un peu de contexte

Commençons par le commencement. Il ne s’agit pas d’un aveu de culpabilité, mais d’un accord négocié. Il s’agit de ce qu’on appelle, en anglais, un « plea deal » (ou « plea bargain »), ce qui signifie littéralement un plaidoyer négocié. Notez au passage que la nature du plaidoyer – coupable ou innocent – n’est pas précisée même si, dans la pratique, il s’agit toujours de proposer à l’accusé de plaider coupable en échange de quelque chose. Lorsqu’il s’agit d’instrumentaliser la loi, autant aller jusqu’au bout.

En échange d’un « plaider coupable », on offrira par exemple à l’accusé une réduction (le plus souvent généreuse) de la peine qui pourrait être prononcée si ce dernier décidait de tenter sa chance devant un juge ou un jury. L’accusé s’évite des procédures sans fin et très coûteuses et les procureurs US obtiennent un ’taux de succès’ (condamnations) pharamineux. Les peines négociées sont souvent, comme dans le cas de Julian, équivalentes au temps déjà passé en préventif, ce qui fait que l’accusé est plus que tenté d’accepter. Lorsqu’il s’agit d’instrumentaliser la loi, autant aller jusqu’au bout.

Sur le plan technique, l’accusé voit cette « condamnation » (qui n’en est pas vraiment une) inscrite dans son casier judiciaire. Ainsi, Julian Assange n’a plus le droit de se rendre aux États-Unis, si jamais l’envie lui en prenait. Sur le plan juridique, la condamnation ne peut pas devenir jurisprudence puisqu’il s’agit d’une négociation et non d’une condamnation formelle. Ce qui me paraît contradictoire avec l’inscription au casier judiciaire. Mais, lorsqu’il s’agit d’instrumentaliser la loi, autant aller jusqu’au bout.

Dans certaines affaires, un tel accord permet aussi d’éviter « d’étaler du linge sale en public » puisqu’on court-circuite ainsi un procès avec audiences, présentations de pièces, et tout le tralala.

Le plus souvent, un plaidoyer négocié est présenté comme une « victoire » des procureurs états-uniens. Mais parfois il exprime la volonté d’éviter une défaite annoncée et constitue une tentative de sauver la face.

Négocier un « plaider coupable » n’est pas un aveu de culpabilité. C’est un accord pour prononcer une suite de mots précis pour former une phrase, en échange de quelque chose. La fin d’une torture, par exemple.

Dans le contexte de l’affaire Assange, un « plaider coupable » est à l’aveu de culpabilité ce que les sautillements de quelqu’un à qui un cowboy tire des balles près des pieds est à la danse. Il arrive aussi parfois, dans les versions comiques, que le cow-boy se tire lui-même une balle dans le pied.

Une audience, des pseudos-garanties et deux balles dans le pied

On se souviendra que lors des audiences pour déterminer si Julian Assange pouvait faire appel, les deux juges de la Haute Cour ont demandé aux avocats des États-Unis si Julian serait discriminé à cause de sa nationalité, c’est-à-dire s’il bénéficierait des même protections juridiques que les citoyens états-uniens, notamment celles garanties par le Premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression, celle de tous les citoyens et donc, par extension, celle des journalistes. En effet, le traité d’extradition entre la Grande-Bretagne et les États-Unis précise qu’une extradition n’est pas accordée si l’accusé encourt une discrimination pour des raisons de religion, orientation sexuelle, opinions politiques ou de… nationalité.

Les avocats US ont répondu qu’Assange pouvait toujours demander la protection du Premier amendement mais sans garantie de l’obtenir. Pressés par les juges, les avocats US ont tenté aussi d’argumenter en disant qu’Assange ne serait pas discriminé parce qu’il est Australien, mais parce qu’il n’est pas citoyen des États-Unis, et donc qu’il serait traité à égalité de tous les non-citoyens, donc qu’il ne serait pas discriminé...

Selon les témoins dans la salle, tout ceci a provoqué des haussements de sourcils chez les juges. Première balle dans le pied.

Les juges décidèrent d’accorder le droit de faire appel à Julian Assange, en demandant aux États-Unis de leur fournir entre-temps les garanties demandées. L’audience de l’appel fut fixée aux 9 et 10 juillet 2024.

Les garanties furent transmises l’après-midi du dernier jour du délai fixé par les juges. Dans une lettre à l’en-tête de l’ambassade des États-Unis, et non du Département de Justice, les garanties se révélèrent être la répétition, version plus laconique, des contorsions sémantiques des avocats US lors de l’audience.

Or, selon un observateur attentif de l’affaire Assange, Craig Murray, les deux juges de la Haute Cour étaient les premiers qu’il a pu observer qui donnaient l’impression de prendre l’affaire d’extradition de Julian Assange au sérieux. Et toujours selon Craig Murray, la Grande-Bretagne a beau être un allié servile des États-Unis, il y avait des limites à ne pas dépasser, et traiter avec désinvolture deux juges de la Haute Cour, en tentant de les enfumer avec des formules rédigées par un diplomate de l’ambassade, n’était pas une bonne idée. Deuxième balle dans le pied.

Bref, ça commençait à sentir le roussi pour le gouvernement des États-Unis et le 9 juillet, date de l’appel, s’approchait inexorablement. Selon certaines sources, le gouvernement des États-Unis avait été informé que le procès en appel lui serait défavorable. Mauvaise nouvelle pour l’image de marque des États-Unis, qui n’avait pas besoin de ça. Risque d’intrusion de l’Affaire Assange dans la campagne électorale US. Une presse états-unienne qui risquait de s’intéresser de plus près à toute cette pagaille.

Jennifer Robinson, avocate de Julian Assange, a déclaré que c’est durant cette période que le Département de Justice états-unien, jusqu’à là indifférent aux offres de négociation, a présenté un intérêt soudain pour un « plaidoyer négocié ».

L’accord aurait été signé le dimanche 23 juin. Le mardi 25 juin, nous nous sommes réveillés en apprenant que Julian Assange était dans un avion à destination de l’Australie, avec escale à l’île de Saipan, dans l’archipel des îles Mariannes, territoire des États-Unis situé dans l’ouest Pacifique. L’escale, audience au tribunal incluse, a duré moins de 24h.

Un dénouement que nous qualifierons de « coup de théâtre ».

Briser la dynamique du harcèlement judiciaire à vie

Le lecteur attentif se posera la question suivante (et les autres la découvriront en poursuivant leur lecture dans 3... 2… 1… maintenant) : si la défaite des États-Unis se profilait à l’horizon, pourquoi diable Julian Assange a-t-il accepté un « plea deal » au lieu de savourer une victoire annoncée ?

D’abord, une victoire qui se profile n’est pas une victoire garantie.

Mais le plus important est ceci : la stratégie des États-Unis était connue. Le harcèlement judiciaire était annoncé. Si les États-Unis perdaient définitivement une demande d’extradition pour des documents publiés par WikiLeaks en 2010, rien ne les empêchait de faire une nouvelle demande d’extradition pour un autre « crime », disons pour des publications de 2011. Ou de 2012. Ou de 2017. Ou de…

Nous allons voir comment Julian Assange a sauvé WikiLeaks et aussi ses collègues de WikiLeaks.

Plaider coupable, mais de quoi ?

Clarifions un point : Julian Assange n’a pas plaidé coupable pour les 17+1 chefs d’inculpation, objets de la demande d’extradition des États-Unis.

Dans le cadre de cet accord, une nouvelle et unique accusation annule et remplace toutes les autres. L’accusation est très générale et se formule par « conspiration en vue d’obtenir des documents classifiés et de les publier ». Ce que Julian Assange a admis (« avoué »), c’est d’avoir fait du journalisme (je parierais que le terme « conspiration » a fait l’objet d’âpres tractations).

Notons au passage que l’effacement, par un claquement de doigts et sans aucun élément nouveau au dossier, de 18 accusations pouvant valoir 175 ans de prison et leur remplacement pour une toute nouvelle et toute fraîche accusation estimée à vue de nez à, disons, 5 ans - ça alors, exactement la durée de sa détention à Belmarsh - est la preuve, la démonstration, s’il en fallait une, qu’il s’agissait bien d’une affaire politique, et ce depuis le début. Mais en doutions-nous encore ?

Plaider coupable, mais en échange de quoi ?

Parce que je vous connais, vous haussez les épaules en pensant « en échange de sa liberté, voyons ». Oui, mais pas que…

L’accord stipule (pour ce que j’ai pu relever) :

  • Julian Assange devait se présenter devant un tribunal états-unien. Ayant refusé de se rendre sur le territoire « continental » des États-Unis, le choix s’est porté sur l’île de Saipan.
  • Pour cela, il lui était refusé d’emprunter un vol commercial. Il a fallu donc affréter un avion privé, au prix de $520.000, montant avancé par le gouvernement Australien et à rembourser… (une cagnotte a été lancée immédiatement et a récolté la somme nécessaire. Par ailleurs, un don anonyme de Bitcoins d’une valeur approximative de $500.000 est venu compléter l’action.)
  • Il devait plaider coupable de la nouvelle accusation de « conspiration en vue de... »
  • La peine prononcée correspond au temps qu’il a déjà passé à la prison de Belmarsh.
  • Aucune restriction de mouvement, d’action ou de parole ne lui a été imposée.
  • La juge constatera qu’aucune vie n’a été mise en danger par les actions de Julian Assange ou de WikiLeaks
  • WikiLeaks devait détruire, preuves à l’appui, la totalité des courriers non publiés issus du Parti Démocrate. Ce qui a été fait. (Cette exigence m’interpelle au plus haut point car elle accorde une priorité inattendue à des publications potentielles autres que celles auxquelles on aurait pu penser. Mais bon, il y a sûrement des copies ailleurs...) —> CORRECTION, selon Mohamed Elmaazi et Kevin Gosztola, ce sont TOUS les documents non publiés qui ont été supprimés :
    https://thedissenter.org/inside-the-assange-plea-deal-why-the-us-government-abruptly-ended-the-case/

Et le plus important, à mes yeux :

  • Le gouvernement états-unien ne pourra pas engager de poursuites pour toute autre publication de WikiLeaks effectuée à ce jour.

Julian Assange a donc obtenu 1) la reconnaissance officielle de la justice états-unienne que WikiLeaks n’a jamais mis des vies en danger, et 2) l’annulation de la menace d’un harcèlement judiciaire sans fin, pour lui et pour tous les autres membres de WikiLeaks. 3) une liberté d’action et de parole totale.

Mine de rien.

A part ça, il paraît que c’est un égoïste narcissique mégalomane.

Viktor DEDAJ
« on a passé la ligne d’arrivée, là, ou bien ? Parce qu’après, j’arrête. »

PS : pour les sources, débrouillez-vous. J’ai fait mon taffe.

En complément :

Pour l’histoire : enregistrement audio complet de la comparution de Julian Assange devant un tribunal US, le 26 Juin 2024. (en anglais)

Voir aussi (en anglais) Les avocats de Julian Assange révèlent les péripéties de l’accord https://www.abc.net.au/news/2024-07-01/julian-assange-lawyers-reveal-the-freedom-deal/104046032

Voir l’article de Frédéric Dumas qui complète celui-ci https://www.legrandsoir.info/julian-assange-ce-que-nous-dit-l-audience-du-26-juin-2024-a-saipan.html

Documents joints
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L’accord de plaidoyer - en anglais - PDF

COMMENTAIRES  

01/07/2024 17:38 par Zéro...

« WikiLeaks devait détruire, preuves à l’appui, la totalité des courriers non publiés issus du Parti Démocrate. Ce qui a été fait. (Cette exigence m’interpelle au plus haut point car elle accorde une priorité inattendue à des publications potentielles autres que celles auxquelles on aurait pu penser. Mais bon, il y a sûrement des copies ailleurs...) »

Tiens, tiens, tiens...

Cela n’expliquerait-il pas cette précipitation à en finir avec cette affaire lorsqu’on songe que les Démocrates sont en mauvaise voie pour la Présidentielle américaine qui approche ?

Il ne faudrait quand même pas qu’un Président Républicain, obstiné à poursuivre Julian ASSANGE, soulève un énorme lièvre...

Sinon, cet article est un régal de précisions et d’analyses !!

A la place de Julian ASSANGE, je surveillerais mes propos et mes arrières car il semble comme en liberté surveillée et en survie...

01/07/2024 20:25 par Vincent

« le gouvernement des États-Unis avait été informé que le procès en appel lui serait défavorable. Mauvaise nouvelle pour l’image de marque des États-Unis, qui n’avait pas besoin de ça. Risque d’intrusion de l’Affaire Assange dans la campagne électorale US. Une presse états-unienne qui risquait de s’intéresser de plus près à toute cette pagaille. »
Tout est là.
Au regard du silence complice des médias sur ce sujet (quand il était en taule etc.), pour moi c’est la preuve que c’est la presse alternative qui a bien fait le boulot :
On peut imaginer qu’une jeunesse "de gauche" étasunienne déjà peu enjouée à l’idée de devoir voter "Biden", fortement échaudée par Gaza etc. avec les campus en ébullition, aurait potentiellement fait trop de bruit autour du cas Assange, dont par ailleurs il reste facile d’imputer la torture à l’administration Trump et à Mike "we lied, we cheated, we stole" Pompeo, et dont la libération peut aussi accessoirement être mise au crédit du clan Démocrate. Lorsqu’il s’agit d’instrumentaliser l’opinion publique à grands coups de subversion, autant aller jusqu’au bout.
Merci Viktor DEDAJ pour tout le travail réalisé durant toutes ces années sur cette affaire du Siècle, et pour toutes les synthèses impeccables qui ont permis à un plus large public de connaître ce nom et ce cas, et qui (avec Murray, Pilger, entre autres) m’ont permis de mieux la raconter simplement et efficacement partout : En famille, dans les troquets, en manifs, sur les ronds-points, etc. J’aime à penser que ça compte, même juste un peu.
Merci aussi pour la vigilance qui permet encore ce billet riche en précisions importantes voire réjouissantes, et vivement la suite.

01/07/2024 20:46 par Suzanne

Un très grand merci pour toutes ces précisions !! "Sur le plan juridique, la condamnation ne peut pas devenir jurisprudence puisqu’il s’agit d’une négociation et non d’une condamnation formelle." Quelle bonne nouvelle ! Je craignais beaucoup cette jurisprudence qui permettrait de poursuivre d’autres journalistes.
Et aussi "Ainsi, Julian Assange n’a plus le droit de se rendre aux États-Unis, si jamais l’envie lui en prenait. ". Quel dommage ! C’est sûr que c’est le premier pays où il va avoir envie d’aller désormais.

02/07/2024 11:05 par Zéro...

En regardant cette photo de Julian ASSANGE, qui a probablement été prise dans l’avion qui l’éloigne de l’enfer de sa prison anglaise, je trouve cet homme très fatigué et triste, usé par les terribles épreuves qu’il a vécues pour avoir simplement voulu informer sur l’odieuse politique extérieure des USA...

02/07/2024 12:21 par RV

Pour info ...

L’accord de déclaration de culpabilité de 23 pages entre Julian Assange et le Gouvernement des États-Unis qui a libéré le fondateur de WikiLeaks cette semaine contient une disposition par laquelle il accepte de rendre ou de détruire tout le matériel inédit encore en possession de WikiLeaks.

http://bolivarinfos.over-blog.com/2024/06/medias-julian-assange-a-accepte-de-detruire-les-documents-secrets-inedits.html
Source en espagnol :
https://www.resumenlatinoamericano.org/2024/06/29/comunicacion-assange-acordo-destruir-material-clasificado-inedito/

02/07/2024 13:34 par marc molitor

Je pense, à bien lire l’accord, qu’il s’agit uniquement des documents non publiés dans le cadre de ceux ayant généré les poursuites, cad les afghan , iraq war logs, cables gate and gitmo ... .Le périmètre des documents litigieux est défini dans les points 8 et 9.
Par exemple, les milliers de documents afghans que Wikileaks n’a pas publié pour raisons de sécurité.
Et d’ailleurs comment les USA connaitraient-ils l’existence d’autres documents non publiés dont il n’a jamais été question ?

Mais rien dans l’agreement permet de penser qu’il s’agit de toute la bibliotheque de wikileaks.Elle existe d’ailleurs toujours, sur le site ou sous une autre forme de répertoire comme celle-ci

https://file.wikileaks.org/file/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTAAAR17XjImg8sTXbyqgvJfXwp249n_zGU8NDiGkt86gI7HSjvM7y3ZVpPpzjY_aem_UH8e71c0LSzwEYYAZvKaWQ

02/07/2024 13:56 par Viktor Dedaj

@Marc Molitor

Intéressant en effet. Les paragraphes 8 et 9 précisent les documents en litige et plus loin le paragraphe 22 ordonne la destruction de tout document non-publié en possession ou sous le contrôle de WikiLeaks, mais sans préciser quelque chose comme "tout document référencé aux paragraphes 8 et 9".

02/07/2024 14:43 par marc molitor

Si j’ai bien lu et compris, je crois aussi que cette clause devaît être exécutée avant la signature du deal.

donc cela doit avoir été fait.

Et si tout reste accessible sur WL je suppose que cela concerne bien les documents non publiés dans le cadre cité ci-dessus.
evidemment, il faut vérifier.

Oui, demander aux avocats

02/07/2024 14:46 par Viktor Dedaj

Je viens d’échanger avec un avocat. Son interprétation, basée en partie sur ce qu’il appelle la "Commune Intention des Parties", est qu’il s’agit bien de détruire TOUS les documents non publiés et pas seulement ceux relatifs à la période incriminée.

Et oui, cela a déjà été fait.

On aura la fin mot (j’espère) lorsqu’on saura que ce WikiLeaks a effectivement détruit.

02/07/2024 15:17 par RV

@ marc molitor - 02/07/2024 à 14:43
Tout dépend de ce que désigne dans la langue de l’Empire le terme utilisé pour "publier".
Pour ma part tout ce qui était accessible sur wikileaks avant l’accord et à fortiori ce qui l’est après l’accord doit être considéré comme "publié". Seuls les documents non révélés au public, donc absent du site wikileaks et de ses miroirs, avant l’accord, si tant est que l’on puisse savoir en quoi ça consiste puisqu’à ce jour ils n’ont pas été révélés, doit être considéré comme "non publié".
Mais bon, je ne suis pas juriste.

02/07/2024 16:16 par Abdul

Lui a l’air compétent juridiquement, ou bien il se vante :

https://www.vududroit.com/2024/06/cartouche-du-29-juin-2024/

02/07/2024 19:15 par marc molitor

@RV

ça me semble correct, oui

et @Viktor

La précision de l’avocat porte sur une période et pas sur l’objet.
Il me semble évident qu’il ne peut s’agir que des documents non publiés relatifs au litige opposant les USA à Assange, donc ceux circonscrits dans l’accord .
Si WL a en réserve des documents non publiés relatifs , supposons par exemple, à Total , ou à la famille Lepen, je ne vois pas en quoi ils pourraient être concernés ici.

Bien à vous

03/07/2024 10:14 par RV

mail transféré ----------
Envoyé : mardi 2 Juillet 2024 23:44
De : "Comité de soutien Assange"
A : undisclosed-recipients : ;
Objet : Tr : Fêtons demain la libération d’Assange à l’occasion de son anniversaire + dernières infos

Bonsoir,

Julian Assange est libre, en Australie, depuis une semaine et il aura 53 ans demain mercredi. Le dernier anniversaire qu’il a pu fêter en toute liberté c’était le 3 juillet 2010, il avait alors 39 ans et WikiLeaks s’était fait connaître mondialement en révélant la vidéo Collateral Murder.

Pour fêter sa libération ainsi que la vraie et belle victoire que celle-ci représente, nous proposons aux Franciliens de nous retrouver à partir de 19h pour un pique-nique convivial au parc des Buttes-Chaumont (Paris 19e).

Point de rendez-vous précis dans le parc : intersection de l’avenue des Marnes et de l’avenue Jacques de Liniers (la station de métro la plus proche est Buttes-Chaumont sur la ligne 7 bis). C’est ici.

Nous invitons chacun à apporter quelques victuailles et boissons.

Profitons de ce courriel pour donner les informations importantes que nous avons apprises depuis une semaine, notamment concernant l’accord conclu entre Julian Assange et le département de la Justice des États-Unis :

le 26 juin, lors de l’audience à l’issue de laquelle Julian Assange est sorti libre, la juge états-unienne Manglona du tribunal fédéral de Saipan (île Mariannes du Nord) a déclaré : « le gouvernement a indiqué qu’il n’y avait pas de personne victime dans cette affaire. Cela signifie que la diffusion de ces informations [par WikiLeaks] n’a pas entraîné de préjudice physique connu. » Washington admet donc avoir menti sur ce point. Logiquement, ceci aurait dû déclencher dans les médias une avalanche de correctifs et d’excuses. On attend toujours...

lorsque la juge a demandé à Julian Assange ce qui constituait le crime pour lequel il a admis une culpabilité, il a répondu : « En tant que journaliste, j’ai encouragé ma source [Chelsea Manning] à fournir des informations dites classifiées afin de les publier. Je pense que le premier amendement protège cette activité [et que celui-ci] et l’Espionage Act sont en contradiction l’un avec l’autre. » Il a donc plaidé coupable... d’avoir fait du journalisme (vous pouvez entendre sa voix claire et posée ici) ;

un plaider-coupable ne fait pas jurisprudence, ainsi l’accord ne pourra pas servir à poursuivre d’autres journalistes et renforcer la position juridique du département de la Justice US. Comme l’a dit l’avocate australienne Jennifer Robinson, ce n’est pas cet accord qui constitue un précédent inquiétant mais les quatorze années de procédures ;

lors de la conférence de presse à Canberra après l’arrivée de l’avion qui a ramené le fondateur de WikiLeaks sur sa terre natale, Stella Assange a déclaré que Julian avait besoin de temps pour se reposer et récupérer, et elle a demandé à ce que leur intimité soit préservée pendant qu’ils passent du temps en famille, jusqu’à ce qu’il soit prêt à s’exprimer publiquement, au moment qu’il aura choisi ;

elle a également dit que la libération de son mari était l’œuvre de « millions de personnes... des personnes travaillant dans l’ombre, des personnes qui ont manifesté dans la rue - pendant des jours, des semaines, des mois et des années » ;

Barry Pollack, l’avocat états-unien de Julian Assange, a déclaré à cette même occasion que le fondateur de WikiLeaks n’était pas soumis à une « clause de silence » (gag order) par l’accord conclu avec Washington. C’est un point crucial. Cela veut dire qu’il pourra s’exprimer librement ;

par contre, selon cet accord, Julian Assange a dû renoncer à son droit de « FOIA » (Loi pour la liberté de l’information) sur les dossiers US le concernant. Mais heureusement, la remarquable journaliste Stefania Maurizi va continuer avec l’aide de ses avocats spécialisés en FOIA à chercher la vérité sur cette persécution judiciaire ;

Julian Assange s’est également engagé à « détruire » les documents non publiés provenant du lot fourni par Chelsea Manning (contrairement à ce qui a été souvent répété, WikiLeaks était consciencieux et avait décidé de ne pas rendre publics certains documents, estimant qu’ils mettaient en danger certaines personnes) ;

de son côté, Washington s’est engagé à ne pas lancer de nouvelles poursuites contre Assange, que ce soit pour les révélations de 2010-2011 (documents Manning) ou pour toutes les autres publications de WikiLeaks effectuées jusqu’à la date d’entrée en vigueur de l’accord ;

si Washington a décidé de conclure un accord après quatorze ans de persécution, ce n’est pas par clémence, les raisons suivantes les y ont vraisemblablement contraints : (1) la croissance du mouvement de solidarité mondial, le martyre de Julian Assange devenant de plus en plus flagrant ; (2) la crainte de perdre l’appel au Royaume-Uni et de se retrouver avec une jurisprudence gênante pour d’autres demandes d’extradition à l’avenir ; (3) les efforts diplomatiques de l’Australie ; (4) la grande difficulté dans laquelle se trouve Joseph Biden pour l’élection présidentielle de novembre prochain.

Stella Assange a posté ce message sur son compte X/Twitter aujourd’hui : « Julian Assange est sorti de prison, mais le combat pour sa liberté (et la nôtre !) continue. Les actions menées contre lui n’ont pas seulement un effet dissuasif, elles ont un effet glaçant. Nous continuerons à œuvrer pour garantir une plus grande liberté à Julian et obtenir justice pour les nombreux abus – tétanisants pour les autres – dont il a été victime. »

Nous aussi, chère Stella !

À bientôt et peut-être à demain (mercredi) pour les Franciliens,
Comité de soutien Assange
comiteassange.fr

04/07/2024 12:11 par André LACROIX

Détail amusant : l’île de Saipan où Julian Assange a comparu est aussi celle où la CIA a commencé à entraîner des guérilléros tibétains antichinois avant de poursuivre cet entraînement au Camp Hale dans le Colorado. Les opérations de commando de ces rebelles en territoire tibétain n’ont connu aucun succès, car elles n’étaient pas soutenues par la population locale.
Dans les deux cas qui ont eu pour décor l’île de Saipan - le "jugement" d’Assange et la formation de rebelles tibétains - on ne peut pas dire que l’image des Etats-Unis en soit sortie grandie.

05/07/2024 10:55 par Jclaude

Absent pour cause de panne grave de fibre pendant presque deux mois, je me réjouis de cet accord arraché à un Uncle Sam aux dents de plus en plus gâtées..... une de moins !

10/07/2024 08:27 par Eylenbosch

Un énorme merci / bravo au "legrandsoir" pour n’avoir rien lâché durant ces années !!

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