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Et il n’existe pas de répression, si dure et criminelle soit-elle, qui puisse entraver un peuple qui se lève.

Luis Sepùlveda est mort.

Luis Sepúlveda était un écrivain chilien « engagé » (c’est-à-dire attentif aux choses du monde) dont l’œuvre et la vie ont été marquées par un idéal politique.
Son premier roman, « Le Vieux qui lisait des romans d’amour », a été traduit en trente-cinq langues et adapté au cinéma. Le 16 avril 2020, il a été emporté par le Coronavirus, en Espagne où il vivait.
Serge Pey est un enfant de la guerre civile espagnole et de l’immigration. Poète, performeur, plasticien, romancier, maître de conférence à l’université Toulouse-Le Mirail, éditeur (il a édité Jaroslav Seifert, prix Nobel de littérature 1984 ), conférencier international, il a été récompensé par le Prix Boccace, le prix Guillaume-Apollinaire, le Grand prix SGDL de poésie.
Serge Pey et Luis Sepùlveda ont participé au Chili à la résistance contre Pinochet dans le MIR (Movimiento de Izquierda Revolucionaria), armés de l’enthousiasme de leur jeunesse et « de vieux Beretta ».

Ce que vous allez lire ici, est une création poétique, écrite dans la nuit par Serge Pey pour Le Grand Soir, en hommage à son ami Luis Sepùlveda.

LGS

La vérité se retourne parfois comme un gant pour chercher sa main. Ainsi est la mort qu’il nous faut savoir retourner. Le virus que nous prenions pour un allié de la grève générale a tué un des nôtres. L’utopie perd son sang sur l’horizon et fait pleurer le soleil. La lumière est morte. La lumière est vivante. Il s’appelait Luis. Une majuscule de Luz devant une lumière sans majuscule. Sepùlveda est mort. Les journalistes qui enterrent le jour se mettent soudain à déterrer une histoire qu’ils ne connaissent pas, et dont seuls les vieux et les chiens se souviennent. Il s’appelait Luis.

C’était il y a pas longtemps. Nous sortions avec Hugo et Chiara de la Villa Grimaldi. Je murmurais alors des poèmes devant les cages de torture, et seules les perruches qui sifflaient dans les arbres nous écoutaient. Mon ami regardait les fourmis à ses pieds qui transportaient des feuilles d’arbre et me disait que c’était les mêmes qui charriaient les cris de sa compagne que quarante ans avant des masques interrogeaient.

Luis. Camarade–lumière. On s’était connu jadis, hier, dans l’avenir, avec d’autres dans les marches armées de l’utopie face aux souliers cloutés de l’Amérique latine. Oui c’était hier. Oui, c’était demain. C’était un bistrot, et l’opération condor faisait rage parmi les nôtres, et on buvait les bières bouillantes qui restaient dans les frigos de l’histoire.
Les perroquets en uniforme imitaient les chiens des nazis, torturant nos poèmes de sang et d’os. Tout le monde semblait mourir, mais Luis vivait pour faire vivre le monde car il racontait que des histoires de vie.

Il faudrait énumérer les titres de ses parenthèses de temps :
- un pistolet à poèmes pour protéger Allende dans la Moneda
- la prison de Temuco où les rats apprenaient à lire avec les soldats
- les balles dans la jungle sandiniste.
- le bateau vert de Greenpeace
- la traversée de l’Amérique latine sur la moto du Che

Mais nous buvons une bière mexicaine dans une boîte de fer. Luis était de la race des héros simples.

Écrivain de la vie, de toute la vie, et de toute la mort, je lui murmurais en regardant monter les bulles de la bière, que nous aimions boire dans un verre, que la révolution est aussi une histoire de la littérature.
Mon camarade avait conscience que son prénom était celui de la Lumière, et que c’était cette lumière qui lui donnait son courage devant les balles et les tournevis des mécanos de la poésie.
Cette lumière, dont il portait le nom, savait donner la parole à ceux qui ne l’avaient pas ou qui l’avaient oubliée. Oui, avec Luis on jouait parfois au foot avec le soleil justement quand la lumière parfois s’éteignait.

Luis-la lumière riait souvent. Il disait qu’il fallait rire pour que notre soleil continue à briller dans l’absurde de l’univers où le grand sens parfois se cache. C’était le seul sacrifice que la poésie pouvait se permettre.
Généreux dans ses éclats de rire, Luis, le camarade-lumière, portait la liberté dans sa main ouverte comme un livre déchiré, et notre rire jusqu’à la joie brûlait nos mains sur nos vieux Beretta. Luis avait le pardon des balles.
Il était aussi un de ses poètes qui donnait les verbes aux pierres et aux chiens qui volaient comme des mouettes à Valparaiso devant les navires de guerre.
Luis savait parler aux fleurs quand les bouquets que nous offrions n’avaient qu’une fleur. Aussi, quand nos papillons ne volaient qu’avec une aile au-dessus des poubelles.

Te souviens-tu Luis, camarade lumière ? Te souviens-tu ? Comme une chanson de Victor Jara.

Nous avons toujours un miroir à la poche, car nous avons été des miristes dans le monde, comme les miroirs d’un Mouvement Insurrectionnel du Rêve. C’est le titre que j’inscrivais sur la couverture de mon livre l’AGENDA ROUGE que je rédigeais patiemment chaque jour contre l’Histoire qui ne nous faisait pas de cadeaux de noces ni de communion. Pour toi le guérillero exemplaire. Parce que poète, dans le dédale des métaphores de nos stratégies.

Te souviens-tu Luis Sepùlveda, quand nous avions accompagné par nos chants et notre poussière, les espérances d’une Brigade internationale appelée Simon Bolivar ? L’Amérique latine reste la porte du monde.

Oui, nous avons été en même temps des souliers et des pieds nus, et on a cloué nos souliers sur des croix.
Luis, avec toi et tes mots, nous avons été des millions à passer notre temps à arracher nos orteils de ces poteaux croisés que les bourreaux plantaient sur nos chemins.
Oui, nous avions eu le même âge, oui nous avions eu la même lune. Oui, nous avons joué au foot avec le même soleil. Oui, nous avons porté aussi d’autres noms pour qu’on ne nous reconnaisse pas dans les villes. Oui, tu as été un de ceux qui voulait déclouer le Christ de la croix.

Il y a quelque temps, j’avais décidé d’aller te visiter chez toi pour te remettre l’Agenda Rouge, dont Carmen Castillo t’avait parlé. C’était ce journal de la résistance chilienne du MIR, que tu avais eu en main à Santiago, lors de l’anniversaire de la mort de Miquel Enriquez. Mais trop tard.

On ne se sera jamais revu ni échangé nos pseudonymes, ni nos verres de rhum, ni nos chargeurs, ni nos poèmes remplis de vin, ni nos larmes séchées qui creusent sans arrêt des rides de sel sur nos visages.

On ne pourra plus jamais boire chez Hector, dans tous les Rincon Chileno de la planète. Ni sur Mars ni Vénus, ni sur les extra-terrestres de la Révolution.
Nous serions-nous reconnus après tant d’années ?

Le temps nous a séparés comme une pomme coupée en deux dans le sens où elle roule pour voir l’étoile de notre espérance dévaler entre les poubelles le jour d’une grève générale illimitée. C’est avec une pomme que nous nous reconnaissions. Oui, une pomme coupée en deux dans le sens ou elle roule, car la poésie après tout n’est qu’une réflexion sur les étoiles.

Luis, tu savais déplacer le monde pour mieux le faire tenir debout, avec des mots saoulés de vérité. Avec une seule de leurs lettres, arrachée comme une plume à un oiseau, tu savais fait rire l’espérance.

Tu disais qu’il fallait ériger des barricades de livres pour rêver, aimer et lutter. Même si les ordures psychopathes d’en face ne lisaient pas.

Nous te le promettons. Nous raconterons ton histoire. Car tes mots ont la force d’inonder les cimetières de mots d’amour, et distribuent toujours des cartes à jouer aux morts qui en ont assez d’être morts. Même si en se levant, ils titubent pour lancer des pierres sur les tortionnaires, depuis Jésus jusqu’à Victor Jarra, en passant par Rosa Luxembourg ou la comandante Tana, devant les « pacos » qui leur donnent à boire une éponge trempée dans le vinaigre puant de l’Histoire.

Je pleure ce matin. Je n’ai jamais pu aller chez toi, te porter ce livre dont Carmen t’avait parlé. Je disais demain, et demain s’est soudain retourné dans les épaules.
Uniquement ce souvenir où nous avions partagé ensemble, un ancien croisement tout neuf. Ce jour où dans une taverne d’Estelí une lune rouge s’était cassée au-dessus du comptoir et où un M16 à silence tirait sur des calendriers. Ce jour où chaque jour un saint était effacé par un des nôtres.

Bon voyage à ton voyage, Luis, mon amarade !
Toi que je récite par cœur dans le chili sans majuscule des chiens de notre espérance.

Hasta la poesia ! Siempre !

Serge Pey, 15 avril 2020-04-17

PS. Pour toi ce poème extrait d’un livre
dont tu aurais aimé le titre : Apprentissage des synonymes, que je vais lire sur ta tombe mentale où nous serons des millions de lecteurs à manger tes cendres mélangées à tes livres brûlés.

l’infini
peut être divisé en deux
mais l’acte même de cette division
réalise deux parties
qui ne sont pas infinies

quand on coupe l’infini en deux
il commence par le point qui le divise
en deux morceaux

voici venir
les neiges rouges
voici le chant
des chemises égorgées

ainsi en commençant quelque part
l’infini cesse d’être infini
et crée deux droites
dont le bout est infini
mais dont le départ pour l’une
et l’arrivée pour l’autre sont finis

la division d’une droite
divise aussi le poème

car il s’agit de convaincre ceux
qui ne croient pas
même parmi nous,
mais qui remontent les horloges
en fermant les yeux
pour fixer une par une les lettres
du nom de l’horloger

nos vieux morts
ne pèsent jamais l’espérance
car ils savent
qu’elle se retourne
comme une pauvre veste
à la doublure déchirée

les porte-manteaux
ne sont pas des balances
et les poches pèsent plus
que leurs vestes
de carton

pour cette raison
jamais nos morts ne meurent
quand nous décidons
que le rien n’est qu’un instant
et que la joie ne ressemble jamais
à un éclat de rire

Serge PEY,
17 avril 2020, pour Le Grand Soir.

Site : sergepey.fr

Facebook Serge Pey

http://patrimoines.midipyrenees.fr/phtographie-panoramique/Region/Espa...

EN SUPPLEMENT par LGS.

Le Monde Diplomatique. Décembre 2019.

Chili, l’oasis asséchée
Par Luis SEPULVEDA

C’ETAIT début octobre, quelques semaines à peine avant l’explosion sociale qui secoue le Chili dans toute la longueur de son étrange géographie. Une explosion qui, à la fin novembre, s’était traduite par plus de vingt morts, des centaines de mutilés, des milliers de blessés, un nombre indéterminé de détenus, des actes de torture, des agressions sexuelles et d’innombrables atrocités commises par la police et les forces armées. Juste avant ce basculement, le président chilien Sebastián Piñera s’était exprimé sur les convulsions qui balayaient le reste de la région. Il avait alors présenté le Chili comme une « oasis » de paix et de tranquillité au milieu de la tempête.

Ce n’était pas la présence d’une eau particulièrement douce, ni de palmiers au feuillage exubérant, qui caractérisait cette « oasis », mais les barrières apparemment infranchissables qui la ceinturaient. Les Chiliens se trouvaient du bon côté de cette clôture, forgée dans un alliage singulier : économie néolibérale, absence de droits civils et répression. Les trois métaux les plus vils.

Jusqu’à ce que la foule noircisse les rues chiliennes ces dernières semaines, les économistes et les dirigeants politiques qui s’accrochent au credo « moins d’État, plus de liberté d’entreprendre » comme à une bouée expliquaient qu’un miracle s’était produit au Chili. Presque par génération spontanée. De ce miracle, ils lisaient la preuve irréfutable dans les chiffres de la croissance et dans des statistiques économiques applaudies par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
Mais ce petit paradis austral n’existait pas pour l’ensemble de la population. Il ignorait tout de détails apparemment aussi subjectifs que le droit à un salaire juste, à des retraites décentes, à une éducation publique de qualité, à un système de santé digne de ce nom. Il ne s’intéressait guère au droit des citoyens à décider de leur sort, au lieu d’être relégués à la seule fonction de déglutir les chiffres macroéconomiques dont le pouvoir s’emploie à les gaver.

Le 11 septembre 1973, un coup d’État emportait la démocratie chilienne (1). Une dictature brutale s’installait à Santiago, où elle se maintiendrait pendant seize années. Non pour restaurer un ordre menacé, ou pour sauver la patrie de la menace communiste : le projet qui a motivé le coup d’État était de mettre en œuvre les préceptes des gourous du néolibéralisme, emmenés par Milton Friedman et l’école de Chicago. Il s’agissait d’instaurer un modèle économique d’un type nouveau, lequel engendrerait à son tour un nouveau type de société. Un monde contraint au silence, où la précarité serait la norme et l’absence de droits la règle. Un monde où les fusils se chargeraient d’assurer la paix sociale.

La dictature civico-militaire a atteint ses objectifs. Elle les a inscrits dans une Constitution dont le texte consacre le modèle économique instauré par la force et l’érige en définition du pays. Aucune autre nation latino-américaine ne s’est dotée d’une boussole aussi fidèlement alignée sur le bien-être d’une minorité, au mépris du reste de la population.

Avec le « retour de la démocratie », ou, pour mieux dire, la « transition chilienne vers la démocratie », à partir de 1990, les règles du jeu n’évoluent pas. La Constitution de la dictature est retouchée sans qu’on en modifie l’essentiel. Tous les gouvernements de centre gauche et de droite qui se succèdent s’emploient à maintenir le sacro-saint modèle économique, cependant que la précarité gangrène des pans de plus en plus vastes de la société.

Si, lors d’un repas, vous avez deux personnes et deux gâteaux, d’un point de vue statistique, la consommation est d’un gâteau par personne. Même si l’une des deux mange tout, sans rien laisser à l’autre. Voilà le tour de passe-passe qui permet au Chili de présenter son modèle comme une réussite : pas vraiment une dictature, pas vraiment une démocratie, il assure sa survie grâce à la répression et à la peur.
L’un des hommes les plus riches du monde, M. Julio Ponce Lerou, ancien gendre du dictateur Augusto Pinochet et héritier, par ordre du général, d’un empire économique bâti en dépouillant les Chiliens de ce qui leur appartenait, a versé d’immenses sommes d’argent à la majorité des sénateurs, des députés et des ministres afin qu’ils poursuivent servilement les privatisations. Lorsque la société l’a découvert, l’État a répondu en deux temps : il a suggéré que critiquer ces faits revenait à mettre fin au « miracle chilien » ; il a organisé la répression des manifestants.

Au Chili, l’eau appartient à une poignée de multinationales. Toute l’eau. Celle des rivières, des lacs, des glaciers. Lorsque des gens sont descendus dans la rue pour protester contre cette situation, l’État a engagé le seul dialogue qu’il tolère : celui qui répond aux revendications populaires par des coups de matraque.

Même chose lorsque la société s’est mobilisée pour défendre le patrimoine naturel menacé par les transnationales de la production d’électricité ; lorsque les lycéens ont exigé une éducation publique de qualité, libérée du monopole du marché ; ou lorsqu’une grande partie du pays a pris la défense du peuple mapuche, systématiquement opprimé. Chaque fois, l’État a eu la même réponse : réprimer et affirmer que les protestataires menaçaient le miracle économique chilien.

La paix de l’oasis chilienne n’a pas volé en éclats à cause d’une simple hausse du prix du ticket de métro à Santiago.

Elle a été rongée par les injustices commises au nom des statistiques macroéconomiques. Par l’insolence de ministres qui conseillent aux gens de se lever plus tôt pour économiser sur le coût des transports en commun (2) ; qui, face à la hausse du prix du pain, recommandent d’acheter des fleurs parce qu’elles, au moins, n’ont pas augmenté ; qui invitent à organiser des soirées bingo dans l’espoir de récolter des fonds pour réparer la toiture de ces écoles que la première ondée inonde.

La paix de l’oasis chilienne a volé en éclats parce qu’il n’y a rien de juste dans le fait de terminer ses études universitaires lesté d’un fardeau de dettes qu’il faudra quinze ou vingt ans pour rembourser.

La paix de l’oasis chilienne a volé en éclats parce que le système des retraites se trouve aux mains d’entreprises vampires, qui investissent les fonds qu’elles récoltent sur les marchés spéculatifs et font payer les pertes qu’elles enregistrent aux retraités, ces petites gens auxquels elles versent des pensions de misère, calculées sur la base d’une évaluation morbide du nombre d’années qu’il leur reste à vivre.
La paix de l’oasis chilienne a volé en éclats parce que, au moment de choisir la société qui gérera son compte de capitalisation pour la retraite, le travailleur, l’ouvrier, le petit patron doit avoir à l’esprit cette mise en garde des autorités : « La plus grande partie de ta retraite dépendra de l’intelligence dont tu auras fait preuve en plaçant ton épargne sur les marchés financiers. »

La paix de l’oasis chilienne a volé en éclats parce qu’une majorité de gens ont commencé à dire « non » à la précarité et se sont lancés à la reconquête des droits qu’ils avaient perdus.

Il n’existe pas de rébellion plus juste et plus démocratique que celle qui secoue le Chili.

Les manifestants exigent une nouvelle Constitution, qui représente l’ensemble de la nation, dans toute sa diversité.

Ils exigent qu’on revienne sur la privatisation de l’eau et de la mer.
Ils exigent le droit d’exister, et d’être considérés comme les sujets actifs du développement du pays.

Ils exigent d’être traités comme des citoyens, pas comme la portion congrue d’un modèle économique condamné à l’échec par son inhumanité.
Il n’existe pas de rébellion plus juste et plus démocratique que celle qui secoue le Chili.

Et il n’existe pas de répression, si dure et criminelle soit-elle, qui puisse entraver un peuple qui se lève.

Luis SEPULVEDA

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