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Thème : Chili

Chili : vers une nouvelle constitution

Jean-Michel HUREAU

Après 3 jours de négociations intenses, la majorité parlementaire et une grande partie de l’opposition sont parvenus à un accord, que l’on peut qualifier d'historique, qui établit la feuille de route pour parvenir à changer la constitution, qui est une des principales revendications des manifestations qui secouent le pays depuis 4 semaines.

L’accord prévoit l’organisation d’un référendum en avril 2020 où seront posées 2 questions aux citoyennes et citoyens. La première s’ils veulent d'une nouvelle constitution, oui ou non. La seconde concernera le type d'assemblée qui devra la rédiger et 2 solutions seront proposées : soit une assemblée constituante composée de 50% de parlementaires et 50% de citoyen(ne)s élu(e)s pour l'occasion, soit une assemblée constituée uniquement de citoyen(ne)s élu(e)s. Au cas où le oui l’emporterait, ce qui très probable, un second référendum serait organisé pour sa ratification au suffrage universel obligatoire, comme le prévoit la constitution actuelle de 1980, ultime héritage de l'ère Pinochet. Quelques formations ont été contre ou se sont abstenues lors du vote mais pour des raisons totalement différentes. L’Union Démocratique Indépendante (UDI) a, évidemment voté contre puisqu’elle représente le reliquat des ultra-pinochetistes. Le Parti Humaniste, le Front Elargi et le Parti Pirate se sont abstenus parce que l’accord (...) Lire la suite »

Les manifestations au Chili : une révolte contre le néolibéralisme dont les médias refusent de parler

Alan MACLEOD

Santiago du Chili – « Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant et implacable qui ne respecte rien ni personne », a lancé le président chilien Sebastian Piñera lors d’un discours prononcé devant la nation, faisant délibérément écho à la célèbre accroche du dictateur militaire fasciste Augusto Pinochet. L’« ennemi » dont il parle sont des citoyens chiliens, dont plus d’un million sont descendus dans la rue vendredi après-midi dans une révolte contre le système néolibéral que Piñera continuait d’implanter contre leur volonté, exigeant sa démission.

L’étincelle de la révolte qui a commencé le 14 octobre a été une augmentation de 30 pesos du prix du métro à Santiago, la capitale du pays et de loin sa ville la plus grande et la plus importante. Mais les manifestations ont rapidement dégénéré en une protestation générale contre les décennies de politiques économiques néolibérales menées par les gouvernements successifs, qui ont fait augmenter le coût de la vie, marginalisé et privé une partie de la population de ses droits, entraînant une aggravation des inégalités sociales et économiques. Comme le dit un slogan populaire de la manifestation : « Il ne s’agit pas de 30 pesos, mais de 30 ans. » La réaction du gouvernement a été brutale. Le président a déclaré l’état d’urgence dans une grande partie du pays et a ordonné aux chars d’assaut de pénétrer dans Santiago afin de briser le mouvement. Des images qui se répéteraient en boucle dans nos médias si Piñera n’était pas un allié aussi loyal de Washington. On compte pour l’instant 18 morts et les forces de sécurité ont (...) Lire la suite »

Chili : comment en est-on arrivé à ce point ?

Jean-Michel HUREAU

La situation chilienne interroge aujourd’hui pour quiconque connaît le pays et sans doute, pour des millions de Chiliennes et de Chiliens. Non pas sur la situation économique que nous pouvons expliquer assez aisément, et nous y reviendrons, mais sur le rejet de la population à l’égard des Forces Armées et des Carabiniers quant aux multiples exactions dont il se sont rendus coupables dans les trois dernières semaines. Mais pour tenter de le comprendre, il faut se reporter un demi-siècle en arrière.

En 1970, Salvador Allende a été élu Président de la République avec 36,6% des voix contre 35,3% à son adversaire de droite Jorge Alessandri et 28,1% au candidat du parti Démocrate-Chrétien Radomiro Tomic qui, comme il s'y était engagé, a reconnu la légitimité de la victoire d’Allende devant le Congrès. L’ordre constitutionnel était ainsi respecté d’autant plus que, par la voix du Général René Schneider, les Forces Armées s'étaient engagées à respecter le scrutin démocratique malgré les pressions de la CIA et de Nixon. Il lui en coûtera la vie dans une opération menée par la CIA en octobre de la même année. Il s’ensuit les multiples déstabilisations du régime menées par la CIA qui amèneront au Coup d’Etat de Pinochet le 11 septembre 1973. Il est à noter que ce n'est que la deuxième fois dans l'histoire du pays depuis la déclaration d'indépendance que l'armée intervient en violant la Constitution et l'ordre démocratique. Alors que l’armée et les carabiniers s’étaient toujours comportés en garants de l’ordre républicain, (...) Lire la suite »

Crise au Chili : Interview de la sociologue Emilia Tijoux

Romain MIGUS

Emilia Tijoux, sociologue, professeure à l’Université du Chili, analyse avec nous le mouvement social actuel au Chili, la répression, et le futur politique du pays.

Romain Migus : Bonjour, pour comprendre ce qui se déroule actuellement au Chili nous avons la chance d’être avec Emilia Tijoux qui est sociologue, professeur universitaire à Santiago au Chili donc. Emilia Tijoux merci beaucoup d’être avec nous, bonjour. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire déjà sur la vie de tous les jours en ce moment, comment vivez-vous les événements actuels à Santiago et dans toutes les villes du Chili ? Emilia Tijoux : Merci beaucoup, pour me donner la possibilité de de m'exprimer. En fait le Chili a changé très, très, vite après l’explosion sociale qui a commencé avec les jeunes étudiants lycéens, et encore une fois, je commence toujours par cela, dire que ce sont les jeunes qui ont ouvert cette demande de justice, d’égalité entre les chiliens. Et c’est à propos de l’augmentation du billet de métro que l’explosion a commencé. Mais ce n’est pas ça la cause en fait. De mon point de vue, il y a deux grandes choses à considérer. D’abord une question structurelle d’inégalités, d’injustices, (...) Lire la suite »

Chili : une révolution populaire

Christian RODRIGUEZ
L’approbation de la population quant aux manifestations qui se déroulent en tous points du pays ne fait aucun doute. Selon le baromètre social CELSO, 85,8% approuvent le mouvement contre 7,3%. Une modification de la constitution serait assez ou très importante pour 80,7% des Chiliens quand 76% se disent insatisfaits ou très insatisfaits de la constitution actuelle. Dans le cas où une modification de la constitution serait envisagée, 75,7% pensent que le mécanisme devrait être celui d’une assemblée constituante élue par les citoyens, 14,7% pensent qu’elle devrait relever d’un groupe d’experts et 3,4% qu’elle devrait être entre les mains du parlement. 87% de la population dit ressentir de l’espoir et de l’intérêt pour ce changement. Les principales revendications évoquées concernent les retraites, la santé et l’éducation. Les indices de confiance reviennent d’abord aux pompiers (bénévoles, il faut le rappeler), aux universités, à l’INDH (Institut National des Droits de l’Homme), aux hôpitaux et aux (...) Lire la suite »

La Cordillère des Songes : sortir du labyrinthe néo-libéral pour retrouver les "grandes alamedas" du Peuple.

Rosa LLORENS

Après des décennies de silence médiatique (l’ordre est rétabli, circulez, y’a rien à voir), le Chili fait de nouveau parler de lui : 17 ans de dictature et 30 ans de néo-libéralisme n’ont pas anéanti la capacité de lutte du peuple chilien, qui est de nouveau dans la rue.

Ainsi, le film de Patricio Guzmán arrive au moment opportun, non seulement pour joindre sa voix à celles des révoltés, mais aussi pour montrer comment la génération actuelle a pu recueillir le témoin de la génération sacrifiée de 1970. La Cordillère des Songes (La cordillera de los sueños) est le troisième volet d'une trilogie inaugurée par La Nostalgie de la lumière, centrée sur le Désert d'Atacama au Nord, et poursuivie avec Le bouton de nacre, centré sur l'Océan et les glaciers de la Patagonie au Sud. Guzmán complète son parcours chilien par une sorte de trait d'union entre les deux, l'omniprésente Cordillère des Andes. En effet, cette trilogie n'est pas seulement une œuvre engagée, c'est tout autant une œuvre poétique : Guzmán développe un cinéma très éloigné du « bruit et la fureur », et de la naïveté des J'accuse : chaque film s'ouvre sur des images d'une nature grandiose, avant de « zoomer » sur le territoire des hommes. Ainsi l'Histoire des hommes est-elle intégrée dans une histoire cosmique, et entretient (...) Lire la suite »

Chili : « Ils nous ont tant volé, qu’ils nous ont même pris notre peur »

Jérôme DUVAL

L’important soulèvement populaire initié contre l’augmentation du coût de la vie et les inégalités sociales ne faiblit pas, malgré une répression sans précédent depuis la dictature.

Alors qu’en Équateur une insurrection populaire menée par le mouvement indigène a mis fin à une mesure économique imposée par le FMI impliquant une hausse spectaculaire du prix du carburant, et par conséquent des prix des aliments, le président du Chili, parfois surnommé le « Berlusconi Chilien », se voit contraint de renoncer à une hausse du prix des transports face à la contestation. Pour la première fois depuis la fin de la dictature, le gouvernement recourt à l’état d’urgence et l’armée se déploie dans tout le pays, déterminée à mater la révolte en cours contre le modèle néolibéral des Chicago boys. Le Chili entre dans une période insurrectionnelle dès le 18 octobre. Ce jour, des actions d’« évasion massive » [acte de protestation des étudiants qui consiste à passer en masse au-dessus des portiques afin de ne pas payer le métro] se multiplient et imposent l’interruption de l’ensemble du service. La colère de la population estudiantine s’intensifie alors contre une hausse, de 800 à 830 pesos, du prix des tickets (...) Lire la suite »
Le président chilien vient d’annoncer la démission de tous ses ministres

Chili : les grandes avenues s’ouvrent enfin

La JORNADA

Editorial du 26 octobre du quotidien mexicain La Jornada.

Quelques jours après que le président Sebastián Piñera a qualifié ceux qui manifestent contre ses politiques de poignées de délinquants, le préfet de Santiago a dû reconnaître hier que plus d'un million de personnes étaient descendues dans les rues de la capitale pour exiger la fin du modèle néolibéral suffocant imposé par le dictateur Augusto Pinochet dans les années 1970, maintenu et même intensifié par tous les gouvernements élus depuis le retour de la démocratie en 1990. La journée de protestations, soutenue par des centaines de milliers de personnes dans d'autres régions du pays, a été jusqu'à maintenant le point culminant du plus grand soulèvement populaire de la nation andine depuis la fin de la dictature, il y a trois décennies. L'ampleur de la participation montre le rejet des mesures cosmétiques annoncées par Piñera pour tenter de contenir l'incendie social qu'il a provoqué en autorisant une augmentation du prix du métro de Santiago, mais surtout, en répondant aux premières manifestations en (...) Lire la suite »

Le peuple chilien en lutte contre le capitalisme et sa barbarie

Cecilia ZAMUDIO
Les peuples se soulèvent contre le capitalisme et l’appauvrissement qu’il entraîne pour la majorité, pour la classe exploitée. Au début du mois d’octobre, le peuple équatorien s’est massivement soulevé pour rejeter les injonctions du FM I[1], tout comme l’a fait le peuple haïtien appauvri par des siècles d’une « dette » fallacieuse datant de l’époque coloniale [2], maintenant, c’est le peuple chilien qui se soulève contre le pillage capitaliste, contre l’exploitation et la prévarication des conditions de vie. Il se soulève contre le pillage perpétré par les multinationales minières, énergétiques, agro-industrielles (etc.), celles qui dévastent des rivières, des forêts, des montagnes et des glaciers, celles qui exterminent le peuple Mapuche, les autres peuples indigènes et les petits paysans. Le peuple chilien se dresse contre la rapine légalisée du capitalisme. Il se soulève contre les diktats du Fonds monétaire international et d’autres institutions impérialistes, contre les dettes inutiles et infâmes (...) Lire la suite »

Conseil de lecture #1 : ¡VENCEREMOS !

RÉPUBLIQUE SOCIALE

La lecture est un outil indispensable pour se former, s'éduquer, s'émanciper et s'épanouir. Une arme d'autant plus importante aujourd'hui à l'heure où il est souvent difficile d'avoir accès à certaines vérités, notamment historiques. Au travers de cette nouvelle série d'articles je vais essayer de présenter certains ouvrages qui m'ont semblé importants. Le livre que je vais présenter aujourd'hui traite d'événements qui se sont déroulés au début des années 70', mais qui peuvent se transposer à la situation actuelle. 

¡VENCEROMOS ! Analyses et documents sur le Pouvoir populaire au Chili (1970-73) est un ouvrage qui revient sur l'expérience chilienne du socialisme lorsque Salvador Allende et l'Unité populaire arrivèrent à la tête du pays en 1970. Cette histoire est assez connue, tout comme sa fin tragique suite au coup d'état du général Pinochet, avec la bénédiction du voisin Nord-américain. Mais ce qui l'est moins c'est l'activité des militants de base, dans les usines notamment qui, au jour le jour, tentèrent de faire vivre le programme de l'Unité populaire. Que ce soit au sein des "Cordons industriels", des "Commandos communaux", ou des "Conseils paysans", le peuple chilien a tenté pendant cette période de s'organiser. Il avait compris que sans un appui de la base au gouvernement, jamais ce dernier ne pourrait réaliser son programme, ni aller au bout de ce pour quoi il fut élu. Hélas les multiples mobilisations n'auront pas suffi. Le livre se termine par une lettre de la Coordination provinciale des Cordons (...) Lire la suite »
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