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Thème : Chili

Daniel Jadue, un président communiste pour le Chili ?

Pierre CAPPANERA
Au fil des mois, dans les sondages pour la présidentielle, Daniel Jadue, le très populaire maire communiste de Recoleta, est passé progressivement de 6 à 24% des voix. Ces chiffres dépassent largement l’influence traditionnelle du PC du Chili qui se situe à environ 5% des voix. Ses meilleurs scores, le PC les a obtenus dans les années 70, durant l’Unité Populaire. Il recueillait 16% des voix. Les données très favorables à Daniel Jadue traduisent pour une part l’augmentation de l’influence du PC à partir de l’explosion sociale du 18 octobre. Elle reflète aussi l’aura personnelle dont bénéficie Daniel Jadue comme maire de Recoleta, une des communes de Santiago. Dans sa commune, Daniel Jadue a été à l’initiative de très nombreuses expérimentations sociales. En particulier, Daniel Jadue a créé à Recoleta la première pharmacie municipale populaire qui pratique des prix de médicaments entre 30 et 50% inférieurs à ceux de la concurrence du privé. Daniel Jadue est un homme ouvert, il aide même des municipalités de (...) Lire la suite »

Chili : Covid 19, prisonniers politiques mapuche, racisme et déni de justice dans l’ombre de Pinochet

Patricia Parga-Vega
De graves incidents racistes contre des membres de la communauté mapuche ont été enregistrés dans le sud du Chili. Le tout en plein milieu du couvre-feu et sous le regard patient de la police qui n’est pas intervenue. Les événements se sont produits après le soutien du Ministre de l’intérieur Victor Pérez à des groupes anti-mapuche pendant qu’il a visité la région. La crise de la pandémie a violemment affecté les modes de vie des peuples indigènes du monde entier, exacerbant leurs inégalités et dévoilant sa véritable force motrice : la marchandisation totale de la vie sociale. Crise sociale et pandémie La révolte sociale qui a débuté en octobre dernier au Chili exigeait un nouveau projet de société, juste et égalitaire, qui garantisse les droits sociaux essentiels, tels que le droit à la santé, à l’éducation, au travail et à la sécurité sociale. Mais la seule réponse du gouvernement à cette demande a été une forte répression policière et militaire, qui s’est traduite par une violation massive, grave et (...) Lire la suite »

Explosion de l’épidémie au Chili : pas qu’à Santiago

Pierre CAPPANERA
CHILI, Santiago. Mardi 2 juin 2020. Depuis le 29 avril, l’épidémie est hors contrôle. La volonté des autorités de ne rien faire donne les résultats annoncés depuis des semaines. Une catastrophe. Le schéma à l’italienne. Le nombre de contaminés vient de dépasser les 100 000 pour une population de 18 millions d’habitants. Début avril, plusieurs études scientifiques et épidémiologiques avaient prévu ce chiffre pour juin si le gouvernement ne décidait pas d’établir un confinement généralisé du pays. Le gouvernement ne l’a pas fait. Le résultat est là. Aujourd’hui tous les yeux sont tournés vers Santiago (40% de la population). La capitale concentre aujourd’hui 81% des contaminés et 76 % des décédés. Dans les trois semaines qui ont précédés le 29 avril, la moyenne quotidienne nationale des nouveaux cas de contamination étaient successivement de 389, 432 puis 512 avant d’exploser à 1 160 la première semaine de mai. La moyenne de la semaine en cours sera de plus de 4 000. Le pic devrait être atteint durant ce mois à (...) Lire la suite »
Et il n’existe pas de répression, si dure et criminelle soit-elle, qui puisse entraver un peuple qui se lève.

Luis Sepùlveda est mort.

Serge PEY (+ un texte de Luis SEPULVEDA sur le Chili)

Luis Sepúlveda était un écrivain chilien « engagé » (c’est-à-dire attentif aux choses du monde) dont l’œuvre et la vie ont été marquées par un idéal politique.
Son premier roman, « Le Vieux qui lisait des romans d’amour », a été traduit en trente-cinq langues et adapté au cinéma. Le 16 avril 2020, il a été emporté par le Coronavirus, en Espagne où il vivait.
Serge Pey est un enfant de la guerre civile espagnole et de l’immigration. Poète, performeur, plasticien, romancier, maître de conférence à l’université Toulouse-Le Mirail, éditeur (il a édité Jaroslav Seifert, prix Nobel de littérature 1984 ), conférencier international, il a été récompensé par le Prix Boccace, le prix Guillaume-Apollinaire, le Grand prix SGDL de poésie.
Serge Pey et Luis Sepùlveda ont participé au Chili à la résistance contre Pinochet dans le MIR (Movimiento de Izquierda Revolucionaria), armés de l’enthousiasme de leur jeunesse et « de vieux Beretta ».

Ce que vous allez lire ici, est une création poétique, écrite dans la nuit par Serge Pey pour Le Grand Soir, en hommage à son ami Luis Sepùlveda.

LGS

La vérité se retourne parfois comme un gant pour chercher sa main. Ainsi est la mort qu’il nous faut savoir retourner. Le virus que nous prenions pour un allié de la grève générale a tué un des nôtres. L’utopie perd son sang sur l’horizon et fait pleurer le soleil. La lumière est morte. La lumière est vivante. Il s’appelait Luis. Une majuscule de Luz devant une lumière sans majuscule. Sepùlveda est mort. Les journalistes qui enterrent le jour se mettent soudain à déterrer une histoire qu’ils ne connaissent pas, et dont seuls les vieux et les chiens se souviennent. Il s’appelait Luis. C’était il y a pas longtemps. Nous sortions avec Hugo et Chiara de la Villa Grimaldi. Je murmurais alors des poèmes devant les cages de torture, et seules les perruches qui sifflaient dans les arbres nous écoutaient. Mon ami regardait les fourmis à ses pieds qui transportaient des feuilles d’arbre et me disait que c’était les mêmes qui charriaient les cris de sa compagne que quarante ans avant des masques interrogeaient. (...) Lire la suite »

Ce ne sont pas trente pesos, ce sont trente ans…

Sylvie R. Moulin

Mon amie Sylvie R. Moulin est résidente au Chili depuis plus de 20 ans. Enseignante, universitaire, écrivaine, elle connaît le Chili dans tous les aspects de la diversité de sa population. Son témoignage, dans toute sa fraîcheur et sa sincérité issues de son vécu, est un témoignage de la réalité de ce que vit le peuple chilien actuellement. Jean-Michel Hureau

J’ai appris la nouvelle alors que je me trouvais au Costa Rica, par un appel téléphonique de ma fille qui se trouvait à Santiago et qui avait dû marcher trois heures pour rentrer chez elle en raison de la fermeture intempestive du métro. Hors contexte, cela peut sembler burlesque, et d’ailleurs, au départ, personne n’a très bien compris ce qui se passait, ni soupçonné les proportions qu’allaient prendre les affrontements en l’espace de quelques jours. La semaine, il est vrai, avait été agitée. Tout avait commencé le lundi 14 octobre, lorsque le prix du billet de métro avait de nouveau monté. Durant les douze dernières années, il a augmenté de plus de 80%, et la part la plus significative de cette hausse a eu lieu en 2019. Il faut savoir que le métro de Santiago a trois tarifs selon les horaires, le plus élevé se situant entre sept et neuf heures le matin et dix-huit à vingt heures le soir, c’est-à-dire aux heures de pointe. Le transport urbain de Santiago se confirmait ainsi comme l’un des plus coûteux (...) Lire la suite »

Le Chili ou l’héritage d’une accumulation de luttes

Jérôme DUVAL

La révolte au Chili fait écho à bien d’autres soulèvements contre des mesures néolibérales, telle la hausse du prix des transports au Venezuela, au Brésil, en Haïti ou encore en Équateur. Alors qu’en France, le mouvement des gilets jaunes, déclenché pour les mêmes raisons, célèbre son premier anniversaire, l’Iran est le dernier exemple de révolte contre une hausse de 50 % du prix de l’essence.

Au Venezuela, le traumatisme de la révolte du Caracazo réprimée dans le sang est encore tenace. En 1989, une série de mesures dictées par le FMI, appelée « le grand tournant » (El Gran Viraje), parmi lesquelles figure l’augmentation de 30 % du prix des transports et de 83 % du prix de l’essence, déclenche l’ire populaire. Ces contre-réformes sont présentées par le président Carlos Andrés Pérez pour obtenir un prêt d’environ 4,5 milliards de dollars du FMI sur trois ans. Comme au Chili aujourd’hui, dans un contexte au degré de violence incomparable, le gouvernement envoie plus de 9 000 soldats dans les rues pour mater la rébellion d’un peuple affamé. La Guardia Nacional, la Police militaire, et l’Armée de terre s’adonnent à une répression sans limite. L’histoire se termine en bain de sang qui entache encore aujourd’hui les annales de l’institution financière internationale la plus contestée. Aucun chiffre exact des assassinats n’a pu être établi, mais celui de 276 morts, avancé par le gouvernement de Carlos (...) Lire la suite »

Chili : vers une nouvelle constitution

Jean-Michel HUREAU

Après 3 jours de négociations intenses, la majorité parlementaire et une grande partie de l’opposition sont parvenus à un accord, que l’on peut qualifier d'historique, qui établit la feuille de route pour parvenir à changer la constitution, qui est une des principales revendications des manifestations qui secouent le pays depuis 4 semaines.

L’accord prévoit l’organisation d’un référendum en avril 2020 où seront posées 2 questions aux citoyennes et citoyens. La première s’ils veulent d'une nouvelle constitution, oui ou non. La seconde concernera le type d'assemblée qui devra la rédiger et 2 solutions seront proposées : soit une assemblée constituante composée de 50% de parlementaires et 50% de citoyen(ne)s élu(e)s pour l'occasion, soit une assemblée constituée uniquement de citoyen(ne)s élu(e)s. Au cas où le oui l’emporterait, ce qui très probable, un second référendum serait organisé pour sa ratification au suffrage universel obligatoire, comme le prévoit la constitution actuelle de 1980, ultime héritage de l'ère Pinochet. Quelques formations ont été contre ou se sont abstenues lors du vote mais pour des raisons totalement différentes. L’Union Démocratique Indépendante (UDI) a, évidemment voté contre puisqu’elle représente le reliquat des ultra-pinochetistes. Le Parti Humaniste, le Front Elargi et le Parti Pirate se sont abstenus parce que l’accord (...) Lire la suite »

Les manifestations au Chili : une révolte contre le néolibéralisme dont les médias refusent de parler

Alan MACLEOD

Santiago du Chili – « Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant et implacable qui ne respecte rien ni personne », a lancé le président chilien Sebastian Piñera lors d’un discours prononcé devant la nation, faisant délibérément écho à la célèbre accroche du dictateur militaire fasciste Augusto Pinochet. L’« ennemi » dont il parle sont des citoyens chiliens, dont plus d’un million sont descendus dans la rue vendredi après-midi dans une révolte contre le système néolibéral que Piñera continuait d’implanter contre leur volonté, exigeant sa démission.

L’étincelle de la révolte qui a commencé le 14 octobre a été une augmentation de 30 pesos du prix du métro à Santiago, la capitale du pays et de loin sa ville la plus grande et la plus importante. Mais les manifestations ont rapidement dégénéré en une protestation générale contre les décennies de politiques économiques néolibérales menées par les gouvernements successifs, qui ont fait augmenter le coût de la vie, marginalisé et privé une partie de la population de ses droits, entraînant une aggravation des inégalités sociales et économiques. Comme le dit un slogan populaire de la manifestation : « Il ne s’agit pas de 30 pesos, mais de 30 ans. » La réaction du gouvernement a été brutale. Le président a déclaré l’état d’urgence dans une grande partie du pays et a ordonné aux chars d’assaut de pénétrer dans Santiago afin de briser le mouvement. Des images qui se répéteraient en boucle dans nos médias si Piñera n’était pas un allié aussi loyal de Washington. On compte pour l’instant 18 morts et les forces de sécurité ont (...) Lire la suite »

Chili : comment en est-on arrivé à ce point ?

Jean-Michel HUREAU

La situation chilienne interroge aujourd’hui pour quiconque connaît le pays et sans doute, pour des millions de Chiliennes et de Chiliens. Non pas sur la situation économique que nous pouvons expliquer assez aisément, et nous y reviendrons, mais sur le rejet de la population à l’égard des Forces Armées et des Carabiniers quant aux multiples exactions dont il se sont rendus coupables dans les trois dernières semaines. Mais pour tenter de le comprendre, il faut se reporter un demi-siècle en arrière.

En 1970, Salvador Allende a été élu Président de la République avec 36,6% des voix contre 35,3% à son adversaire de droite Jorge Alessandri et 28,1% au candidat du parti Démocrate-Chrétien Radomiro Tomic qui, comme il s'y était engagé, a reconnu la légitimité de la victoire d’Allende devant le Congrès. L’ordre constitutionnel était ainsi respecté d’autant plus que, par la voix du Général René Schneider, les Forces Armées s'étaient engagées à respecter le scrutin démocratique malgré les pressions de la CIA et de Nixon. Il lui en coûtera la vie dans une opération menée par la CIA en octobre de la même année. Il s’ensuit les multiples déstabilisations du régime menées par la CIA qui amèneront au Coup d’Etat de Pinochet le 11 septembre 1973. Il est à noter que ce n'est que la deuxième fois dans l'histoire du pays depuis la déclaration d'indépendance que l'armée intervient en violant la Constitution et l'ordre démocratique. Alors que l’armée et les carabiniers s’étaient toujours comportés en garants de l’ordre républicain, (...) Lire la suite »

Crise au Chili : Interview de la sociologue Emilia Tijoux

Romain MIGUS

Emilia Tijoux, sociologue, professeure à l’Université du Chili, analyse avec nous le mouvement social actuel au Chili, la répression, et le futur politique du pays.

Romain Migus : Bonjour, pour comprendre ce qui se déroule actuellement au Chili nous avons la chance d’être avec Emilia Tijoux qui est sociologue, professeur universitaire à Santiago au Chili donc. Emilia Tijoux merci beaucoup d’être avec nous, bonjour. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire déjà sur la vie de tous les jours en ce moment, comment vivez-vous les événements actuels à Santiago et dans toutes les villes du Chili ? Emilia Tijoux : Merci beaucoup, pour me donner la possibilité de de m'exprimer. En fait le Chili a changé très, très, vite après l’explosion sociale qui a commencé avec les jeunes étudiants lycéens, et encore une fois, je commence toujours par cela, dire que ce sont les jeunes qui ont ouvert cette demande de justice, d’égalité entre les chiliens. Et c’est à propos de l’augmentation du billet de métro que l’explosion a commencé. Mais ce n’est pas ça la cause en fait. De mon point de vue, il y a deux grandes choses à considérer. D’abord une question structurelle d’inégalités, d’injustices, (...) Lire la suite »
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