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Meshaal parle de la résistance, des négociations et de la politique régionale. (Middle East Monitor)

L’ennemi sioniste a fait deux erreurs. La première, c’est d’avoir conduit les négociations, menées sous le patronage de l’Egypte, dans une impasse et d’avoir fait avorter toutes les occasions de parvenir à un accord politique et par conséquent il portera la responsabilité de cet échec. La seconde erreur est d’avoir violé le cessez-le-feu plusieurs heures avant qu’il ne prenne fin et d’avoir menti, une fois de plus, à la communauté international et à l’administration américaine.

La veille du meeting entre l’Emir du Qatar, Tamim bin Hamad Al-Thani, et le président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, à Doha, Khaled Meshaal a donné cet interview exclusif à l’agence de presse Anadolu.

Le chef du Hamas, le Mouvement de Résistance Islamique, a dit que la résistance ne retournerait pas à la table des négociations avec Israël sans avoir «  l’assurance qu’Israël serait contraint de satisfaire les demandes palestiniennes, notamment la levée du blocus de Gaza. »

Pendant l’interview, Meshaal a redit que la résistance ne renoncerait pas à ses exigences : "Nous ne reviendrons pas sur les demandes palestiniennes, dont la première est la levée du siège de Gaza." Il a aussi insisté sur la volonté du mouvement de se battre "jusqu’au bout pour défendre la vie et la terre des Palestiniens," avant d’ajouter que "le peuple palestinien se battait depuis 100 ans et qu’il pouvait encore se battre un mois, un an et même des années."

Meshaal a nié que le Hamas avait violé le cessez-le-feu comme le prétendait Israël. "[Israël] ment comme d’habitude à la communauté internationale ; la dernière fois il a prétendu qu’un soldat avait été kidnappé et a violé le cessez-le-feu pour assassiner des chefs de la résistance mais il a échoué."

Il a aussi nié avoir voulu renverser l’Autorité Palestinienne comme le prétendait Israël et il a dit que le premier ministre palestinien, Rami Al-Hamdallah, avait « exagéré » les dégâts causés aux infrastructures du Hamas, dans ses déclarations, et a souligné que les pertes de la résistance étaient "limitées".

Le chef du Hamas a qualifié le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou de "tueur d’enfants" ; pour lui ce qui se passe dans la bande de Gaza depuis le début de l’attaque israélienne du 7 juillet est un "Holocauste".

Meshaal, qui vit actuellement à Doha, a dit que Netanyahu assimile le Hamas à l’Etat islamique (ISIS) pour "monter dans le train de la guerre étatsunienne contre le terrorisme, se mettre sur un plan d’égalité avec les Etats-Unis et limiter ses pertes."

Il a aussi souligné que le mouvement ne se mêle pas des affaires internes de l’Egypte et a appelé une fois de plus à l’ouverture du poste frontière de Rafah entre l’Egypte et la bande de Gaza. Il a félicité la Turquie et le Qatar pour leur position sur la question palestinienne en général et sur Gaza en particulier : "Nous sommes reconnaissants à la Turquie pour son soutien et nous remercions le peuple turc et ses dirigeants."

Meshaal a indiqué que son prochain meeting avec le président Mahmoud Abbas porterait sur les moyens de consolider l’unité nationale, d’améliorer la coordination et d’unifier leurs positions en se basant sur l’accord de partenariat national qui sous-tend le processus de réconciliation.

Voilà l’interview complet :

Lors d’une conférence de presse, Netanyahou a assimilé le Hamas à "ISIS", et affirmé qu’il avait détruit les tunnels et les infrastructures du Hamas. Qu’en est-il en réalité ?

Celui qui tue des enfants à Gaza, à Jérusalem, en Cisjordanie et dans beaucoup d’autres endroits du monde, n’a aucun droit de cataloguer les autres. Ce qu’Israël a fait pendant les 45 derniers jours à Gaza – tuer des enfants, détruire des espaces résidentiels, des mosquées, des écoles de l’UNRWA et de hôpitaux - s’appelle un holocauste. 10 000 personnes ont été blessées en plus des 2000 martyres dont un quart étaient des enfants et un autre quart des femmes et de vieillards. Notre ennemi reproduit les crimes qu’Hitler a commis autrefois. Il se comporte comme les Nazis. Netanyahou tente de monter dans le train de la guerre étatsunienne contre le terrorisme et de se mettre sur un plan d’égalité avec les Etats-Unis. Mais la communauté internationale voit clair dans le jeu de l’ennemi sioniste et comme il sent qu’il perd de plus en plus de terrain, il essaie de limiter la casse.

Quant à la destruction des tunnels et des infrastructures du Hamas, il y a toujours des pertes dans une guerre et je reconnais que nous en avons eu et que nous avons fait de gros sacrifices mais Netanyahou a beau se vanter, le fait est qu’il n’est arrivé à rien. La seule chose qu’il a réussi à faire c’est de tuer des enfants, de détruire des maisons et de commettre un holocauste à Gaza. Nous avons aussi eu des pertes militaires, mais elles sont limitées comme l’ont dit les Brigades Al-Qassam [la branche armée du Hamas], et la résistance, y compris les branches militaires, sont capables de faire face à l’agression israélienne et de gagner la bataille.

En parlant de bataille, les Brigades Al-Qassam ont annoncé hier qu’elles ne reprendraient pas les négociations. Qu’entendez-vous par là ?

Nous subissons une agression et nous devons d’abord nous défendre. Ensuite nous devons obtenir que les exigences de notre peuple soient satisfaites : à savoir la levée du siège, la libération des prisonniers et toutes les autres demandes que la résistance a présentées. Nous voulons qu’il soit mis fin aux attaques et au blocus et que les demandes des Palestiniens soient prises en compte ; notre cause est une et indivisible et nous nous battrons politiquement et militairement dans l’intérêt de notre peuple.

Avez-vous envie de reprendre les négociations avec Israël par l’intermédiaire de l’Egypte ?

Les pourparlers ne sont pas un but en soi, ils sont un moyen de parvenir à un accord. Nous ne discutons pas pour le plaisir. Si les conditions pour faire aboutir nos demandes ne sont pas réunies, alors il est inutile de discuter, quelque soit le lieu ou le médiateur. Nous devons nous assurer que notre ennemi se trouve dans l’obligation de satisfaire nos demandes.

Comment savez-vous si c’est le cas ?

Notre lutte combine les actions de terrain et l’action politique et nous savons quand cela vaut la peine de négocier. Nous, les leaders politiques, nous prenons les décisions qui s’imposent en lien avec la situation sur le terrain.

A ce propos, Israël a accusé le Hamas de violer le cessez-le-feu mardi dernier. Ces accusations sont-elles justifiées ?

L’ennemi sioniste a fait deux erreurs. La première, c’est d’avoir conduit les négociations menées sous l’égide des médiateurs égyptiens dans une impasse et d’avoir fait avorter toutes les occasions de parvenir à un accord politique et par conséquent il portera la responsabilité de cet échec. La seconde erreur est d’avoir violé le cessez-le-feu plusieurs heures avant qu’il ne prenne fin et d’avoir menti, une fois de plus, à la communauté international et à l’administration américaine en prétendant qu’il répondait aux tirs de roquettes de Gaza. En réalité, Israël voulait lancer une attaque pendant le cessez-le-feu pour abattre plusieurs chefs militaires du Hamas et on en a eu la preuve hier quand ils ont essayé de tuer sans succès le commandant des Brigades Ezzedine Al-Qassam, Mohammed Deif. La seule chose qu’ont réussi à faire nos ennemis c’est de tuer la femme de Deif et son fils Ali. Il ne suffit pas à l’ennemi sioniste de commettre des crimes, il faut encore qu’il mente à leur sujet.

Est-ce que c’est vrai que vous étiez presque arrivés à un accord juste avant que le cessez-le-feu ne soit interrompu ?

Dans les négociations il y a des flux et de reflux, des hauts et de bas ; c’est toujours comme ça des négociations. Mais pendant les deux dernières semaines, l’ennemi a multiplié les manœuvres, les faux-fuyants, les pressions et le chantage pour priver Gaza et la résistance palestinienne des fruits de leur courageux succès et de l’échec militaire de l’ennemi : la direction israélienne vit une crise interne suite à son échec sur le champ de bataille et maintenant elle veut se rattraper. D’abord en prétendant qu’ils ont gagné la guerre parce qu’ils ont détruit les tunnels et les infrastructures de Gaza, ce qui est loin d’être le cas ; et ensuite, en empêchant le Hamas d’enregistrer d’importants gains politiques, en particulier la levée du siège. Mais c’est peine perdue, de même que la résistance est demeurée ferme dans le combat, de même elle le demeurera dans l’arène politique et nous ne renoncerons pas à nos demandes qui sont celles du peuple palestinien, à commencer par la levée du blocus. Notre message au monde, c’est que le temps est venu de régler le problème à la racine en mettant fin à l’occupation et aux colonies, en laissant le peuple palestinien vivre en paix, sans colonies, et en lui permettant de décider de son propre sort, libéré de l’occupation, la dernière occupation de toute la planète.

La médiation égyptienne a-t-elle engendré une amélioration des relations entre le Hamas et le Caire ?

Il est trop tôt pour le savoir. Comme je l’ai déjà dit, nous n’intervenons pas dans les affaires intérieures de l’Egypte, ni dans les affaires d’aucun pays musulman, arabe ou autre. Nous avons rejeté l’initiative de cessez-le-feu égyptienne mais cela ne nous pose pas de problème que les Egyptiens soient les médiateurs car nous tenons à avoir de bonnes relations avec les pays arabes pour le bien de notre cause.

A propos de l’Egypte, a-t-il été question de l’ouverture du terminal de Rafah pendant les négociations ?

Non, parce que c’est un problème égypto-palestinien qui ne concerne pas les Israéliens. Nous en parlons naturellement avec les Egyptiens. Il faut que ce poste frontière soit ouvert comme n’importe quel poste frontière entre deux pays et pas seulement parce que Gaza est coupé de la Cisjordanie. Ce poste frontière entre les Palestiniens et les Egyptiens doit être ouvert comme il se doit entre deux pays voisins.

Le désarmement de la résistance était-il au programme des négociations ?

L’ennemi a demandé que ce soit au programme, mais nous avons refusé. L’ennemi va persister à le réclamer et nous persisterons à le refuser.

Vous devez bientôt rencontrer le président de l’AP, Mahmoud Abbas et l’Emir du Qatar. Quelles sont les principales questions que vous allez aborder ?

Nous sommes dans un processus de réconciliation avec le Fatah, nous essayons de rapprocher nos positions comme cela est apparu pendant cette guerre. Nous voulons travailler à l’unité nationale et adopter une position commune sur nos objectifs nationaux .

En parlant de coopération nationale, Israël a annoncé mardi dernier qu’ils avaient arrêté un groupe de 93 militants du Hamas qui “préparaient un coup contre l’AP” ; qu’en pensez-vous ?

Ils essaient de mettre la pagaille avec des mensonges. Il n’y a jamais eu de cellule de 93 personnes dans toute l’histoire de la Palestine. Les cellules militaires sont toujours composées de peu de personnes. Ce sont tout simplement les Palestiniens qu’ils ont arrêté ces derniers mois, et ils s’en servent pour monter la Cisjordanie contre le Hamas. L’ennemi qui attaque notre peuple et le torture à Gaza, essaie maintenant de saboter la réconciliation palestinienne en accusant des groupes de préparer des opérations parfois contre l’occupation et parfois contre l’AP. Ce sont des mensonges et les Palestiniens le savent. Nous avons tous le même but : nous débarrasser de l’occupation israélienne. Dans les rangs palestiniens, nous réglons nos différents par le dialogue, la communication et l’approche politique, jamais autrement.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit que "le monde arabe est contre le Hamas", et que seuls la Turquie, le Qatar et l’Iran soutiennent le mouvement.

Ceux qui suivent l’offensive en cours voient le large soutien arabe, musulman et mondial dont bénéficient le Hamas, la résistance palestinienne et ses brigades. Nous ne nions pas que certains régimes (que nous ne nommerons pas) soient contre nous, mais tous les peuples sont avec nous ainsi que de nombreux gouvernements, dirigeants et officiels, certains au grand jour, d’autres en secret. Par contre Netanyahou et l’ennemi sioniste ont peu de gens à leurs côtés et ceux-là nous importent peu. Ce qui est important pour nous c’est de savoir que toute la nation [arabe] est avec nous et qu’elle est fière et heureuse des succès de la résistance. Ce sont les alliés avec l’autre camp, Dieu leur pardonne, qui sont isolés, pas la résistance palestinienne.

Que pensez-vous de la position de la Turquie sur la question palestinienne ?

La position de la Turquie a toujours été spéciale, tant au niveau officiel que populaire. Elle a fait des offres généreuses qui ont été très appréciées des peuples palestiniens, arabes et musulmans et nous n’oublierons jamais les 9 martyrs du Mavi Marmara. Le peuple et les leaders de la Turquie ont pris des initiatives, créé des commissions, influé sur les médias et nous leur en sommes très reconnaissants. Dans la dernière guerre, malgré la proximité des élections, les dirigeants et le peuple turcs nous ont soutenus politiquement et moralement et nous ont fait parvenir de l’aide humanitaire pendant toute la guerre et plus spécialement pendant les cessez-le-feu humanitaire. Je n’ai jamais perdu le contact avec le premier ministre Recep Tayyip Erdogan (et j’en profite pour le féliciter de sa victoire aux élections présidentielles), ni avec Dr Ahmet Davutoglu, le ministre turc des Affaires Etrangères ; nous avons coordonné nos efforts. Nous éprouvons donc de la gratitude pour le peuple turc et ses dirigeants et nous les remercions tous. Je les salue et je leur dis, à eux et à toutes les nations qui nous ont soutenus, qu’ils seront récompensés par Allah !

Qu’en est-il de votre relation avec le Qatar qu’Israël accuse de soutenir le terrorisme ?

La relation entre le Qatar et le Hamas n’est un secret pour personne. Elle n’est pas nouvelle non plus. Le Hamas entretient des relations avec de nombreux groupes et pays arabes, musulmans et internationaux et nous n’avons pas honte de notre relation avec le Qatar. Nous apprécions beaucoup la position officielle du Qatar, l’appui de son peuple, le courage de ses dirigeants et leur contribution. Le soutien du Qatar ne se limite pas au mouvement du Hamas, il s’étend à tout le peuple palestinien. L’ancien Emir Hamad bin Khalifa Al-Thani et l’Emir actuel Tamim bin Hamad bin Khalifa ont soutenu nos positions, sont venus à Gaza et ont joué un rôle clé dans la reconstruction de Gaza. Ils ont aussi pris position en faveur des droits des Palestiniens et ils ont sponsorisé de nombreux meetings à Doha entre les forces palestiniennes, le Hamas et le président Abbas, ainsi que le premier sommet de Gaza pendant l’agression 2008-2009. Tous cela est une source de fierté et d’honneur pour le Qatar et nous devons le remercier et non lui faire des reproches. Le Qatar est fier d’être critiqué par Israël, cela veut dire qu’il est dans le bon camp.

Recevez-vous toujours des roquettes et du soutien d’Iran ?

L’Iran nous a soutenus dans le passé financièrement et militairement, tout le monde le sait. Mais depuis quelques années, notre relation a évolué ; elle n’est pas interrompue mais elle a changé. La situation particulière de Gaza a obligé la résistance palestinienne à rechercher des moyens de s’armer localement et à mettre au point des tactiques militaires créatives qui ont pris le monde par surprise.

Pour certains, la position du Hamas sur la Syrie n’est pas claire ; à quoi cela tient-il ?

Nous ne nous ingérons pas dans les affaires de la Syrie, mais la crise syrienne nous a éloignés de la Syrie. Nous ne nous mêlons pas des affaires des autres. Tout le monde sait que nous sommes toujours du côté du peuple car nous avons de la morale et des principes, mais nous ne prenons pas position dans les crises que ce soit en Egypte, en Syrie ou en Irak. Nous soutenons toujours la liberté et la dignité des peuples selon le droit et la morale.

Si cela permettait d’aboutir à une solution, accepteriez-vous la présence de forces d’observation internationales comme la force intérimaire de la FINUL au Liban ?

Ces forces Internationales ne peuvent intervenir que dans des conflits entre des états indépendants, mais pas quand une nation vit, comme la Palestine, sous occupation. Le camp qui a besoin d’une force internationale pour l’empêcher d’agresser les autres et mettre fin à l’occupation et aux colonies, est l’ennemi sioniste. Quant au peuple palestinien de Cisjordanie et de Gaza, ce dont il a besoin c’est que la communauté internationale le soutienne et parle en sa faveur mais sûrement pas qu’elle le restreigne. Les Palestiniens attendent avec espoir que la communauté internationale les soutienne et qu’elle mette fin aux meurtres et aux vols de l’ennemi sioniste.

Est-il vrai que le Hamas a demandé au Hezbollah d’intervenir et avez-vous l’intention de vous coordonner avec eux dans l’avenir ?

Ce n’est pas vrai du tout ; nous ne leur avons rien demandé. Ce n’est pas la première guerre que nous sommes obligés de faire pour nous défendre contre une agression israélienne. C’est la troisième en moins de 6 ans ; nous nous reposons sur Allah d’abord et ensuite sur nous-mêmes et nous sommes parfaitement conscients de la situation de notre nation ; chaque nation a ses problèmes. En ce qui concerne les autres pays et les autres forces de la nation [Arabe], il y a des choses avec lesquelles nous sommes d’accord et d’autres où nous différons, et le Hezbollah ne fait pas exception.

Au vu des récents développements la guerre risque de se prolonger, le Hamas est-il prêt pour une longue guerre ?

Notre stratégie n’est pas de faire la guerre car les guerres se font entre des états. Nous sommes un mouvement de résistance, mais l’ennemi nous attaque comme si nous étions un état, avec ses avions de guerre, son artillerie, ses forces navales, son uranium enrichi et tout le brutal arsenal qu’il possède. Tout ce que nous pouvons faire est de nous défendre, et nous avons surpris tout le monde en montrant que malgré nos faibles moyens nous sommes capables de nous battre sur la durée pendant les guerres qu’on nous impose, exactement comme nous le faisons dans la résistance. Nous nous sommes préparés pour lutter contre l’occupant par le moyen de la résistance mais si on nous déclare la guerre, nous nous défendrons sur ce terrain-là aussi. La meilleure façon de formuler les choses est de dire que nous menons un combat de résistance et de libération nationale parce que nous vivons sous occupation. Pour ce qui est de notre préparation à une longue guerre, on peut dire que les Palestiniens se préparent depuis 100 ans à se battre jusqu’au bout pour se défendre et défendre leur terre : comment ceux qui luttent depuis 100 ans pourraient-ils être épuisés par un mois, une année et même plusieurs années de lutte supplémentaire ?

Comment analysez-vous la situation de la région après les changements que nous observons actuellement ?

La situation du monde arabe et musulman en général est très mouvante. Il y a beaucoup à faire et il y a des glissements, des progrès, des régressions, des hauts et des bas comme partout quand il y a des changements stratégiques. Le monde arabe et musulman se cherche et essaie de se frayer un chemin, de se construire un avenir meilleur, mais il y a des obstacles internes et externes. Ces interactions complexes et douloureuses engendrent du chaos mais nous attendons beaucoup de l’évolution stratégique de la région. Nous espérons qu’elle se fera pacifiquement et sans effusion de sang et que la cause palestinienne restera la pierre angulaire de la transformation de la nation arabe.

Croyez-vous que la cause palestinienne soit toujours une priorité arabe ?

Je ne doute pas que dans la conscience collective du monde arabe et musulman, la cause palestinienne demeure une priorité. Les pays arabes ont le droit de se préoccuper de leurs affaires intérieures mais cela ne doit pas les conduire à négliger le principal combat. La preuve que c’est le principal combat c’est que chaque fois que la résistance se bat à Gaza, ou en Cisjordanie contre les colons ou à Jérusalem contre le processus de judéïsation, les Arabes oublient leurs problèmes internes ou locaux pour s’occuper des Palestiniens ou au moins manifester une émotion sincère. Quelques élites politiques ou médiatiques ont des partis pris et se comportent mal, mais c’est une minorité qui ne représente pas l’opinion générale du monde arabe et musulman. Pendant la dernière guerre, nous avons vu les pays arabes soutenir fièrement la résistance palestinienne comme jamais auparavant.

Que pensez-vous de la position arabe officielle sur l’agression de Gaza ?

Il n’y a pas de position arabe officielle uniforme. Il y a ceux qui soutiennent ouvertement le peuple palestinien et la résistance et ceux qui restent silencieux ; et il y a ceux qui se contentent de faire le minimum pendant que d’autres se montrent très secourables. Il y a aussi ceux qui nous ont profondément déçus.

Pour finir, avez-vous un message pour le peuple de Gaza ? Et en avez-vous un pour Israël ?

Voilà ce que je peux dire au peuple de Gaza : Peuple de Gaza votre cause est juste, vous faîtes ce que vous devez faire et, si Dieu le veut, vous serez victorieux. Gaza est la fierté de la nation arabe et le symbole de sa gloire ; Gaza est le fer de lance de la nation arabe qu’elle inspire par son exemple extraordinaire. Nous nous battrons tous ensemble, fiers du courage et de la détermination dont font preuve les Gazaouis, et en particulier les jeunes qui ont rejoint la résistance et se tiennent tous unis derrière elle. Gaza est un modèle équilibré de résistance à l’occupant, son idéologie est modérée et sa politique est ouverte sur le reste du monde. C’est tout à votre honneur.

Voilà ce que je dis aux Israéliens : Vos dirigeants vous mènent à la destruction. La force brutale des armes ne changera pas l’histoire et ne transformera pas une mauvaise cause en juste cause ni ne vous permettra de vaincre ceux qui ont une juste cause. Le peuple palestinien tient à sa terre, il se défendra et vous finirez par être obligés de lever le siège et de renoncer à l’occupation et aux colonies. Tant que vous refusez de le faire, vous mettez votre sécurité en danger et vous vous gâchez la vie. Vos leaders vous trompent en vous laissant croire qu’ils vont réussir à briser la volonté d’un peuple libre comme les Palestiniens. C’est une chose impossible.

Traduction : Dominique Muselet

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