Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Notes sur Les communistes et le cinéma de Pauline Gallinari

Au hasard de mes déambulations, j’ai pu acquérir un ouvrage assez intéressant : Les communistes et le cinéma : France, de la Libération aux années 60 de Pauline Gallinari, docteur en histoire contemporaine. Comme son titre l’indique, le livre retrace les relations entre le PCF et le monde du cinéma durant cette période.

Le livre met particulièrement en exergue l’attraction du Parti pour le cinéma comme œuvre de propagande pour les idées communistes, tâche qui s’est avérée très ardue face à la censure de la Quatrième République. Plus encore, est marqué sa volonté de transformer la façon de produire un film, autrement que par le règne des producteurs, par la création ambitieuse de la "Coopérative Générale du Cinéma Français" (CGCF), ou encore par l’opposition du PCF aux accords Blum-Byrnes qui permettaient une entrée sans restriction du cinéma étasunien en France, créant une situation de déséquilibre avec les productions du cinéma français.

Nombreux seront les communistes qui travailleront d’arrache-pied à créer un nouveau cinéma progressiste, éloigné de ce qu’on voit habituellement dans le cinéma français et étasunien, à l’instar des réalisateurs Louis Daquin et Jean-Paul le Chanois ou du critique Georges Sadoul. A cela ajoutons les cinéastes amateurs qui viendront eux aussi tenter de dépeindre le monde tel qu’il est, comme le méconnu Paul Carpita ou le génialissime René Vautier (Afrique 50, Avoir vingt ans dans les Aurès).

Ajoutons bien sûr le militantisme (notamment par l’intermédiaire de France-URSS) pour faire connaître le cinéma soviétique, y compris contre la censure, en cachette, alors que les séances pouvaient être interdites.

Toutefois l’attitude de certains communistes envers le cinéma n’était pas forcément indemne de critiques : il existait en effet un certain sectarisme cinématographique. Sous prétexte de vouloir faire un cinéma neuf et progressiste, des communistes du cinéma jetaient avec dédain tout un pan des genres cinématographiques, comme la romance, l’aventure ou la science-fiction, au lieu de jouer avec les codes propres de ces genres pour les rendre progressiste. Au demeurant cette attitude fermée de certains communistes pour un cinéma purement réaliste (socialiste), ne devant décrire que la réalité sociale et rien d’autre, leur a aliéné certains intellectuels, mais pire encore, elle est allé à l’encontre des « désirs » de la masse des adhérents, les régions où on visionnait le plus de films étasuniens étant souvent des régions avec un PCF fort !

L’autre problème des films produits par les communistes fut celui de la diffusion. Les films une fois finis n’avaient, soit pas de visa du tout, soit seulement un visa non commercial, ce qui ne permettait pas en théorie des rentrées d’argent. D’autres part même avec un visa, les distributeurs étaient frileux avec ces films pour deux raisons :

1) L’anti-communisme qui prospérait dans ces milieux.

2) Les piètres résultats en termes d’audience des films produits dans le sillon du PCF.

En effet, remarquons que sur ce dernier point, même le public communiste ne se bousculait pas pour les films.

Enfin, dernier problème, un peu paradoxale : des films tournés sous l’égide du PCF, soutenus par lui, réalisés grâce à l’effort des militants, n’étaient plus soutenus lors de leur sortie parce que la tactique politiques avait changé et parce que le film ne correspondait plus alors au but poursuivi, à l’instar d’Aubervilliers d’Eli Lotar (1945) ou de Les Lendemains qui chantent de Louis Daquin (1946).

Un livre passionnant à lire et qui permet de continuer la réflexion sur cet art, et sur les moyens de s’en servir pour mener la lutte.

»» http://jrcf.over-blog.org/2018/06/notes-sur-les-communistes-et-le-cine...
URL de cet article 33508
   
Même Thème
Manifeste du Parti Communiste
Karl MARX
Présentation de l’éditeur " On ne peut prétendre que quelques belles pages peuvent à elles seules changer la face du monde. L’oeuvre de Dante tout entière n’a pas suffi à rendre un saint empereur romain aux Communes italiennes. Toutefois, lorsque l’on parle de ce texte que fut le Manifeste du parti communiste publié par Marx et Engels en 1848 et qui a, indéniablement, exercé une influence considérable sur deux siècles d’histoire, je pense qu’il faut le relire du point de vue de sa qualité littéraire ou, (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« (...) on a accusé les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot. »

Karl Marx, Friedrich Engels
Manifeste du Parti Communiste (1848)


Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
41 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
39 
Cette épuisante sensation de courir dans l’eau (plaidoyer pour rompre définitivement avec le PS)
Vous avez déjà essayé de courir dans l’eau ? Epuisant n’est-ce pas ? Au bout de quelques pas, je me dis que j’irai plus vite en marchant. Alors je marche. Comme je n’ai jamais pris la peine de me chronométrer, je ne sais ce qu’il en est réellement, mais la sensation d’aller plus vite et plus loin est bien là. Et quoi de plus subjectif que le temps ? Préambule défoulant : Socialistes, j’ai un aveu à vous faire : je ne vous supporte plus. Ni vos tronches, ni vos discours, ni vos écrits, ni vos (...)
58 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.